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Qu^est-ce donc que la probilé? — C'est le sentiment de la réciprocité, et dè&-Iors le principe de la sociabilité ; et ceci dans la nature comme dans la civilisation. Sans réciprocité, l'être, quel qu'il soit, homme, ange ou brute, ne pourrait pas vivre en société, parce que s'il ne comptait pas autrui, lui-même n'en serait pas compté ; parce que la considération qu'on obtient n'est que la suite de celle qu'on donne ou qu'on promet ; parce que sans échange il n'y a point de famille , et que si la force remplaçait le droit , il ne resterait plus sur la terre qu'un seul individu, <ï'est-à'dire le plus fort ou le plus habile. Mais réduit à cette solitude , sa force ou son adresse n'assurerait point sa conservation , aucune créature, dans l'univers, ne pouvant vivre seule.
Admettons qu'elle le puisse : un homme isolé auraitil le moyen d'être probe? Non, dans Facception absolue du mot , car la probité est un acte de propriété ; et si la propriété existe par le seul fait de Texistence d'un possesseur, la probité ne peut cependant, dans cet isolement de l'avoir , trouver son application : ce propriétaire unique ne saurait voler personne, et cela par la raison qu'on ne peut rien prendre à qui n'a rien. Pour que la probité se manifeste , il faut donc la copropriété , c'est-à-dire un partage entre deux êtres au moins.
On dira que la probité peut s'exercer intérieurement, dans l'ame même et par intuition. — Peut-être , mais c'est toujours dans la supposition qu'il y a un autre être qui possède ou qui peut posséder.
La probité , sentiment inné , est donc une qualité réciproque, solidaire, et qu'on ne peut déployer dans l'éigoTSme et la solitude.
Si elle suppose toujours la réunion de plusieurs êtres , eUe comporte aussi des êtres 4'une nature à peu près