‹ Hommes et choses (volume 2)Chapitre 26 sur 105 · PR · texte numérisé non relu

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semblable et dont les besoins et les passions sont de même essence. Entre deux individus chez qui les plaisirs, les douleurs , les désirs et la volonté seraient absolument distincts, entre lesquels enfin il n'y aurait rien de commun ou nul rapprochement possible , il ne pourrait y avoir ni bienfait ni grief: car ce n'est pas assez que deux créatures existent pour qu'elles puissent se mettre en rapport , il faut encore qu'il y ait en elles un organe sympathique et entr'elles au moins une sensation sur laquelle l'une ou l'autre ait prise.

De ce qui précède, on peut d'abord induire ceci : l'improbité exprime toujours un tort fait ou à faire.

Pour faire ce tort , il faut que la volonté prenne quelque chose qu'elle ne doit pas i>rendre.

11 faut, en outre, que cet objet soit à quelqu'un et encore que celui qui le prend le sache; car, si l'objet n'est à personne ou qu'il le croie ainsi, il ne commet pas réellement un acte de mauvaise foi.

Mais sans dérober matériellement, sans empiéter sur la propriété, on peut cependant commettre un acte d'improbité, en nuisant à autrui dans son individualité, en blessant son corps ou son ame , en lui causant une douleur physique ou morale. Pour cela , il faut avoir une influence sur cet être, savoir en quoi on l'a, et en le sachant, pouvoir combiner le moyen d'en faire usage.

Telle est la suite de calculs ou de sensations réfléchies qu'amène la conscience de la propriété. Or, l'impossibilité de ce sentiment d'où dérive directement la probité mère de la justice, son impossibihté, dis-je, quand il n'existait qu'un être propriétaire, explique la loi imposée au premier possesseur. La défense de Dieu à Adam, défense qui fait la base et le principe de toutes les lois et de toutes les religions et qu'on trouve sous des symboles

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