‹ Hommes et choses (volume 2)Chapitre 38 sur 105 · RAT · texte numérisé non relu

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yaient, à leur tour, perdre leurs yeux quand ils ressemblaient à ceux d'un homme.

Reste à savoir si Thomme et le chat en auraient valu davantage , ou si le premier en eût mieux trouvé son chemin et le second attrapé plus de souris? C'est aux jurisconsultes maures à résoudre la question.

En France, pays de la galanterie, on dit en style populaire: j'ai eu des raisons avec ma femme; ce qui signifie: j'ai cassé un bâton sur le dos de ma femme; je lui ai poché un œil ou enfoncé une côte! De toutes les raisons voici certainement les moins bonnes, bien qu'elles soient très-faciles à saisir.

Il y a aussi des raisons de camarade à camarade. « J'ai eu des raisons avec lui, mon magistrat, dit ce vaillant de cabaret au juge d'instruction, il m'a donné un coup de poing, je lui ai rendu un coup de couteau; ce n'est pas ma faute s'il est mort. >

Il y a beaucoup d'autres raisons de même nature, ou des raisons qui ressemblent fort à des sottises. C'est de celles-ci que Ton fait la plus grande consommation en Europe et dans tous les pays civilisés; c'est le principal article du commerce d'échange et la matière première de la diplomatie, de l'éloquence judiciaire et parlementaire.

C'est aussi le fond de la science de l'avocat et le but de toutes les études de droit. C'est pour n'en ignorer aucune et, s'il se peut, en ajouter quelques-unes à la richesse de nos codes, qu'on prend ses inscriptions.

On en conçoit le motif: les bonnes raisons viennent tout naturellement; il n'y a que les mauvaises qu'on doit apprendre. Heureusement que nulle part les professeurs ne nous manquent.

Ten connais qui, bien qu'ils professent depuis vingtcinq ans à l'Académie, à la tribune, partout, n'y ont,

dans leur vie entière, jamais donné une raison qu'on puisse nommer bonne, et cela, non {Kir ignoranoo ou méchante intention, mais parce qu'ils prennent toojoars les mauvaises pour les bonnes. Douiez maintenam des fruits de l'éducation et des avantages de la science.

RANCUNE. La rancune est la vengeance qui sommeille, qui temporise, qui boude ou qui n'ose pas.

La vengeance est le crime du fort; la rancune est le vice du faible.

C'est ainsi que l'homme est plus vindicatif, la femme plus rancunière. Mais la rancune des femmes, par sa durée , par sa persévérance , est souvent plus dangereuse que la haine des hommes.

Par l'abus de la loi du recrutement, Napoléon, en blessant les femmes comme épouses et comme mères, s'en était fait des ennemies qui n'ont pas moins que l'Europe coalisée, contribué à sa chute.

RAT. Il n*y a eu ni rat cdtiqne, ni rat gaulois^ ni rat romain ou gallo-romain. Les rats ne parurent en France qu'au cinquième siècle , et nous les devons aux croisades. Us sont sarrasins. Cest un bienfait des croisades à ajouter aux autres.

REACTION. (Sep^em&re 1848). H y en a une , mais d'où vient-^lle?La France était républicaine en février; pourquoi ne i'est-elle plus en septembre? Quels furent les réactionnaires, et qui sont-ils encore?

I^es réactionnaires furent les républicains de la veille fpû, tout en prêchant l'égalité, ont voulu diviser les

citoyens en Francs et en Gaulois , et se proclamer eux* mêmes les barons de la république.

Les réactionnaires sont les rétrogrades ou ceux qui, en 1848 , ont fait la même faute que les royalistes en 1814; qui, comme eux, n'ayant rien oublié ni rien appris, ont, au lieu de marcher en avant, tenté de nous ramener en arrière.

Les réactionnaires sont les parodistes de la Convention, singes maladroits, même dans leur singerie; car ils ont gâté ou rendu suspect ce que la Convention avait fait de bon et de progressif.

Les réactionnaires sont ceux qui ont pris la tejnpête pour pilote; ceux qui, agitant les masses, en ont voulu faire le mobile directeur de Faction gouvernementale; ceux qui n%)nt pas compris que la souveraineté de la foule n'est que celle de l'émeute, celle du torrent qui passe et ne fertilise rien, celle de la foudre qui ^rise et n'édi6e pas.

Les réactionnaires sont ceux qui, aux mots, ont sacrifié les choses ; ceux qui ont revêtu la liberté nouvelle du suaire de l'ancienne; ceux qui, au lieu d'une République d'ordre et de paix, d'une République jeune et féconde, nous ont montré la vieille de 93, dégoûtante de sang et de boue; ceux qui, coiffés du bonnet rouge, se sont faits les admirateurs de Marat et de Robespierre ; eeux enfin qui nous ont lait entrevoir la Terreur et son instrument néfaste.

Les réactionnaires sont les faiseurs de circulaires comminatoires ou insolentes, qui, en blessant toutes les susceptibilités, en effrayant toutes les libertés, ont éionSé en France k sentiment républicain , que l'on a confondu Mfeç leurs élucubrations stupides.

Les réactionnaires sont les commissaires ignares ou jpacplés, pivoyés .dans les jprç^pes pour y refaire

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