‹ Hommes et choses (volume 2)Chapitre 46 sur 105 · H REP · texte numérisé non relu

H REP

Il est pourtant des gens qui représentent par goût; ils aiment à avoir la foule cbez eux, non une foule d'amis, ne vous y trompez pas, car ils n'en ont peutdtr^ pas un seul, mais la foute de ces gens qui se prouvent moins bien cliez eux que chez les autres.

Cet homme donne des fêtes magniGqucs ; il a , chaque semaine, uu excellent dîner; il accable ses invités de prévenances; il jette Tor à pleines mains pour que rien ne leur manque, et il n'est pas un seul d'enlrVuz de la peau duquel il donnerait cinq cenittmes. Oui, il ne ferait que rire si on lui disait qu'ils viennent, en quittant sa ts^le, d'être noyés ou pendus. Mais l'amphitryon aime les repas et ne les aime pas solitaires; ses convives ne deviennent qu'une addition à la dinde truffée et au pâté de foie gras: ils ne sont là que pour en relever te goût, comme le persil pour orner le bœuf.

Ou bien encore, en les invitant, c'est une dette qu'il acquitte ou un placement qu'il fait. Il les invite, parce qu'ils l'ont invité et qu'il veut qu'ils l'invitent encore; C'est un dîner qui lui en vaudra dix , qui lui en vaudra viegt, ou bien qui lui procurera une place, une femme, une maîtresse, un cordon, une fourniture, peut-*être tout cela à la fois.

Chacun dit tout haut: c'est un homine extrêmement honorable , et tout bas : c'est un gourmand qui n'aioie pas à manger seul , ou bien c'est un spéculateur égo&te qui travaille à sa fortune.

Au total, je ne blâme pas la représentation, bien au contraire. Ce bal aura fait vivre cent ouvriers pendant un mois, et ce dîner à la Lucullus qui me procure une mauvaise digestion, en' fait £aire de très-bonnea à vingt iQjQrchcinds de coine^tibles.

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RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE ET SOGIAlE.

(Juin 1848). Inreûtion moderne et phrase de Tépoqae, que les um prononcent avec amour, que les autres entendent arec horrenr. D'aiîleors, n'allez demander ni anx nns ni aux autres ce que cela veut dire, car je vous réponds qu'ils ne vous le diront pas; s'ils vous le disent et que vous ayez compris , je vous serai fort obligé de m'en faire part.

La République, c'est le gouvernement de tous. La République démocratique, c'est encore le gouvernement de tous. La République démocratique et sociale, c'est toujours le gouvernement de tous : alors , pourquoi trois mots au lien d',un?

On me répondra qu'il y a aussi la République aristocratique, laquelle n'est plus le gouvernement de tons. Hélas! c'est qu'il en est ainsi de toutes les Républiques.

Si l'on veut aller au fond des choses, il faudra bien reconnaître qu'il n'y a pas encore eu sur la terre de Traie République ou de gouvernement collectif, et qu'il est à croire qu'il n'y en aura jamais, par cette raison bien simple , que là où tout le monde commanderait , il 0*7 aurait plus personne pour obéir; ou bien encore, çn'où il n'y a pas à obéir, il n'y a plus à commander.

La République, comme l'entendent les chefs d'un gouvernement qui, d'après son programme, ne devrait pas avoir de chefs, consiste dans la délégation des pouvoirs de la majorité à la minorité ; dans l'annulation volontaire de cette majorité qui, pour un temps, se désiste de ses droits eu faveur d'un certain nombre de délégués. De leur c6të, ces délégués abandonnent leur pouvoir h quelques nns d'entr'enx autour desquels tout le reste bourdonne comme funt les mouches après un coche, suçant par-ci par-là un peu tout le monde , jusqu'à ce ^Cf gorgées, elles tombent sur le dos pour digérer et faire place à d'autres.

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