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C'est probablement la dernière fois qu'elle Ta fiiit, car, de ce moment , les soucis qui entouraient la fiimille royale et ses embarras devinrent de jour en jour plas graves, plus menaçans, et la catastrophe qui renversa Charles X était si facile à prévoir, qu'il est impossible qu'elle, si clairvoyante, en ait pu douter.
SIMPLICITÉ. Dans notre civilisation maniérée, la simplicité est devenue si rare que lorsque, par hazard, nous la rencontrons, nous restons devant elle comme en extase.
C'est qu*il est bien plus facile de l'admirer que de la peindre et surtout de l'imiter. Il est telle femme laide qui fera tourner toutes les têtes seulement parce qu'elle est simple et naturelle.
Celle qui, à cette simplicité, joindrait Fesprit et la figure, deviendrait la reine du monde.
SINGER 9 IMITER, COPIER. L'être terrestre a la faculté de tout copier, mais il ne peut effectivement rien produire que lui-même. Dans tout le reste, il n'est qu'imitateur; les arts et la poésie ne sont qu'une imitation plus ou moins exacte, plus ou moins grAcieose et colorée. Le premier des peintres, comme le premier des poètes, ne fut qu'un copiste ; et il n'y a effectivement qu'un producteur: Dieu.
Mais c'est moins de l'œuvre que nous avons à parler, que de la propension à faire ce que font les autres. Le besoin de l'imitation, notamment chez les êtres faibles, est l'un des plus impérieux de la nature; dans certaine position il est pour ainsi dire involontaire, et je ne sais quel entraînement mécanique nous fait répéter la grimace que nous voyons faire.
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L'imitation semble alors venir d'un fluide qui, en agissant sur les muscles de Fun à la suite d'une affection morale, transporte sur un autre le reflet purement matériel de cette affection. C'est ainsi que cet amateur, wnsible à la musique, laissera voir sur sa figure les sensations de son ame et que celui qui le regarde, sans lue cette musique l'impressionne, sans même qu'il puisse l'entendre, répétera dans ses traits les mêmes mouvemens; se dernier, à proprement parler, ne sera que le miroir de Tautre.
C'est également ainsi que la contraction qu'éprouve le nsage d'un homme qui a peur s'imprime sur le visage de celui qui le voit, avant qu'il n'ait peur lui-même: effet qui tient plus aux nerfs qu'à la volonté, et qui, purement machinal, n'a que l'apparence de l'imitation.
L'homme, nous venons de le dire, est essentiellement imitateur, c'est à ce penchant à l'imitation que nous devons toute société. Sous ce rapport, l'imitation est un bien, mais elle a aussi ses inconvéniens , et peut-être, ne sont-ils pas moins nombreux que ses bienfaits , car l'homme est plus porté à imiter ce qui est nuisible que ce qui est utile. C'est ainsi que le vice se propage et que le mauvais exemple a plus d'influence que le bon: le mauvais a pour aide nos passions, et le bon n'a que la raison, qui est un auxiliaire assez froid et jamais très-pressé de se mettre à l'œuvre.
Dans les arts, l'imitation a été funeste quand, reiwussant la nature, elle a voulu copier l'art, parce que prenant souvent cet art pour le vrai, elle est tombée dans le faux.
Je ne me suis jamais expUqué pourquoi, dans les écoles de dessin, de peinture ou de sculpture, on commence par faire copier des copies; c'est, selon moi, le contraire qu'on devrait faire > on donnerait la nature
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pour modèle au débutant, sauf à rectifier ses fautes par des copies qu'on lui présenterait ensuite comme terme de comparaison.
11 en est de même dans Fart du comédien; on exote le débutant ou il s'exerce lui-même à copier tel ou tel acteur, c'est-à-dire l'homme tel qu'il est sur la scène, mais non tel qu'il est dans le monde.
On répondra à ceci que dans le monde les hommes sont également en scène; que toute la difiîérence pour relève serait d'imiter un mauvais comédien au lien d'ea copier un bon. C'est possible; mais aussi c'est l'homme quand il revient à sa nature et à sa belle et bonne nature que je vous dis d'imiter.
Une imitation, non moins funeste que l'imitation dn faux, est celle du laid, du hideux, du dégoûtant. Le dégoûtant est à la mode; nous semblons nous plaire à remuer des ordures et à en composer nos livres et nos tableaux.
C'est celle impulsion d'imitation mauvaise qui, après la dégénération des mœurs, a amené celle du goût et bientôt celle des arts, car, ici encore, tout se suit et sVnchahie : le mauvais poète fait le mauvais peintre qai lait le mauvais sculpteur et le pire architecte, et tous ensemble ne font que la répétition dn mauvais goût da public. Il est certain que si ce public réprouvait le mauvais, le mauvais ne surgirait pas; il ne naît que des encouragemens qu il lui donne.
L^imitalion qui joue un grand rMe dans le eode social ou rag^lomération des hommes par villes, provinces et royaumes, est aussi pour beaucoup dans Passociation des' animaux enlr'eux« et de ceux-ci avec les honmes.
IVwr vivNi ensemble, il 6int voyioir ensemble ob certain nombre de choses semblables, fm si on ne le rmt pas^ savoir céder à la v«»lonlé d*aatnù. ànon fl en
résulterait bientôt incompatibilité, pais désorganisation de la société.
L'association n'est donc véritablement qu'une conséquence ou une application du penchant à Timitation, et cette association a des résultats plus ou moins utiles, plus ou moins progressifs , selon que l'impulsion imitatrice a pris sa direction.
L'imitation chez les animaux renfermés dans un cercle pins étroit que chez les hommes, n*est, aux yeux de beaucoup , qu'un mouvement mécanique. Ceci est vrai quelquefois, et nous avons vu que les hommes n'en sont pas entièrement exempts-, mais cet état mécanique n'est pas plus ordinaire chez les uns que chez les autres , et eonme nous, les animaux ont leur imitation réfléchie: ib veulent copier et ils copient , et quand un perroquet apprend à parler et un serin à seriner, ce n'est certaioement pas par une imitation involontaire ou un entraînement purement machinal. Le perroquet imite les paroles , comme le serin les notes de l'instrument , parce ^e les sons lui plaisent; il imite enfin parce qu'il désire savoir, et il le sait parce qu'il le répète pour l'apprendre.
L'imitation involontaire est dans cette terreur coui^nlsive qui saisit un troupeau à l'aspect du mouvement feffroi de l'animal qui est en tête.
C'est aussi à cette impression en quelque sorte électrique qu'on peut attribuer ces brusques mouvemens fane volée de pigeons quand, se dirigeant à tire-d'aiie rers un but, ils s'en détournent spontanément et se jettent tous à droite on à gauche, comme s'ils étaient MUS par une machine.
Cette espèce d'impulsion se fait aussi sentir dan3 i|uelques*uns de leurs cris d'appel : à un signal donné , ils font tous entendre les mêmes sons.
Dans leurs chants , la chose se passe différeniment : IV 10.
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Toiseau écoute avant de prononcer sa phrase, et il répète celle qu'il a entendue , car Toiseau chanteur, même dans rëtat sauvage, a son chant naturel et son chant acquis ; il trouve , dans ses parens ou ses voisins , des professeurs, et il en reçoit des leçons.
Limitation ou l'éducation qui n'en est qu'une des voies, ne se borne pas là chez les oiseaux. 11 n*est aucun de nous qui n'ait vu une hirondelle invitant ses petits à voler. Sa première leçon est de leur en donner l'exemple en voltigeant doucement autour du nid; elle sait que les petits la regardent et s'unissent à elle d'intention. Ne le font-ils pas, elle insiste; elle s'en approche, leur présente de la nourriture, puis s'éloigne un peu. C'est ainsi qu'elle leur inspire peu à peu le désir de venir à elle. La volonté éclose , l'exécution suit. Bientôt vous les voyez voleter timidement d'abord , mais les progrès sont rapides, et après quelques jours d'exercice, ils sont en état de suivre leurs parens.
Dans la construction des nids , il y a à la fois impulsion , instinct , imitation et expérience , c'est-à-dire que l'oiseau fait son nid par une force innée qui Py pousse et lui en indique les premières conditions. Ensuite, il le perfectionne par imitation ou par sa propre expérience. Les oiseleurs distinguent fort bien le nid d'un jeune couple de celui d'un plus âgé.
Parmi ces derniers , on reconnaît aussi celui qui est l'œuvre d'un individu intelligent et soigneux. L'oiseaa négligent ou pressé fait son nid tant bien que mal , et quoiqu'établi sur le même plan', du premier coup d'œil on en saisit les défauts. L'oiseau lui-même finit quelquefois par les voir et les corriger.
Dans la migration des animaux , s'il y à une cause déterminante , l'absence de nourriture , le besoin d'en chercher et conséquemment la nécessité d'aller dans les
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ux où il y en a ; cette cause ne peut être connne on oaprise de tous les émigrans. Les plus jeunes émigrent r imitation ; ils suivent le torrent. Ce sont les vieux i guident les autres. 11 y a chez eux souvenir ou tration; à moins de supposer en eux une puissance de os extraordinaire ou la faculté de voir ou sentir des •jets éloignés de plusieurs centaines de lieues , ce qui est guère probable, quelle que soit la hauteur où ils ilèvent.
L'imitation a aussi son influence sur les passions des limaux. Qu'un chien provoqué se mette en colère, qu'il isailie un passant, tous les chiens qui surviendront en ront autant; ils aboieront, se fâcheront et mordront i passant seulement par imitation, car ils n'ont pas été révoqués.
Le singe est partout considéré comme le symbole de imitation. Elle est chez lui à la fois un besoin et un laisir. Sa nature Ty porte comme son goût.
Remarquez que ce sont les êtres supérieurs à lui- Aêffie qu'il cherche surtout à imiter. Il imitera un autre iioge plus gros, plus fort, plus leste, plus intelligent lue lui. Il imitera l'homme de préférence encore, et le ?1qs souvent qu'il le pourra ; mais bien rarement il imitera le chien, et jamais Tàne, le mouton, le veau.
L'homme aussi n'imite que ce qui le frappe, l'étonné et offre à ses yeux une sorte de puissance, de supériorité , ou au moins d'agrément. Malheureusement, c'est ^'il trouve souvent ces qualités dans ce qui ne les a Ptt ou même dans ce qui a le défaut contraire; et c'est sinsi que l'imitation devient si souvent nuisible et ré- ^grade.
Nous avons parlé de l'impulsion imitative delà mode, sorte d'entraînement par lequel le caprice du premier ^enu qui se sera montré pendant deux heures sur un
boulevard ou une promenade avec un diapeau àgmnd os petit bord , un collet d'habit large ou étroit, Ta gagner Paris, puis la France, puis FEurope, et sucoessiTement toutes les autres parties du monde.
Cette fièvre d'imitation de mode s'étend quelquefois aux choses les plus inutiles, les plus absurdes, ajoutons les plus répugnantes.
II passe un jour dans la tête de je ne sais qitfle lenme mal élevée de se faire apporter, à ia fin d'un repas, une cuvette avec de l'eau tiède, et là, sans quitter la table, de se rincer la bouche, puis les mains, au grand ëbabissement de tous les convives. La dame était jeune, jolie et a la mode, on le souffrit. Comment ne l'auraiton pas souffert, elle était chez elle; mais ailleurs on en jasa comme d'une indécence et même quelque chose de pis. Eh! bien, six mois après, il n'y avait pas en France un repas d'apparat à la fin duquel on ne vous apportât, sur la table même, un bocal d'eau chaude dont chacun, qu'il eût des dents ou qu'il n'en eût pas, se croyait obligé de se servir pour se rincer la bouche avec un bruit plos ou moins prononcé, puis un haut-le-corps et un vomissement dans le dit bocal, le tout à la face de chacun'^ et depuis dix ans cela dure , et en durera peut*êlre dise encore.
Je cite ceci comme l'un des exemples d'imitation qn^s la postérité aura le plus de peine à ovoire, tandis qo'aiB.— jourd'hui bien des gens ne croiraieiH pas que quelqu'avn y ait pu voir une inconvenance.
On ne croira pas davantage 'quil dit été de mode ^ même parmi les plus jolies femmes et les plus coquettes , de se fourrer dans le nez une drogue noire et poanC^ dite tabac en poudre , et d'établir ainsi au-dessus de sa Wuebe uu caulète permanent.
Cette manie se passe, mais elle a étéremi^aeée, Aee
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kt hommes» par une autre qui est pire. La pipe, naguère eaeore abandorraée à la oauaiUe et considérée comme le signe caractéristique des mœurs populacières, est devenue l'un des attributs du bon ton. Il n'est pas un romancier en vogue qui ne représente son héros le cigare à la bonche, appelant baume «et parfum ce qui, un jour, sera nommé fumigation et employé seulement contre l'asthme et la pituMe.
11 en est de même de la nourriture : la mode a fait manger avec délice, par les hommes d'une génération, ce que ceux de la génération précédente rejetaient avec d(^oût. Les Grecs et les Bomains achetaient au poids de l'or des mets dont un mendiant affamé ne voudrait pas aujourd'hui.
Telle est la conséquence de l'imitation ou de la mode; elle fausse la réalité des choses et jusqu'aux sens même, et nous fait trouver une saveur et une odeur douce et agréable à ce qui n'est que méphitique et nauséabond.
Malgré la propension à l'imitation et la faciUté avec laquelle les modes et les usages gagnent d'une contrée à Moe autre , il ne faut pas toujours en conclure que ce qui est semblable est imité. Il y a une imitation, et nous l'avons déjà citée, qui n'en est réellement pas une, puisque la volonté n'y entre pour rien. Par exemple : qu'un homme de Paris se promenant dans le bois de Boulogne et qu'un Polynésien errant dans la forêt vierge se prennent le pied ^Qs une souche , ils feront le même geste et la même grimace , parce qu'ils auront la même crainte , celle de tomber sur le nez. Es^-ee ici de l'imitation? Non, c'est Dne convulsion , une eoiitraetion nerveuse. L'imitation B^est réelle que lorsqu'elle est volontaire : hors de là, il y a analogie d'effet parce qu'il y a identité de cause, mais il n'y a pas imitation.
Quant à la ressemblance de certains usages dans des