SOC
pays qui n'ont eu aucune communication entr'eux , die vient seulement de la conformité du climat ou de quelque circonstance locale. La volonté humaine n'a sur la terre qu'un nombre de combinaisons possibles, et les mêmes formes, les mêmes besoins doivent produire des faits analogues. 11 faut donc soigneusement distinguer de Timitation ce qui n'est que la conséquence d'une même position, des mêmes élémens ou de la même nécessité.'"' Voyez: Mode,
SOCIETES SAVANTES. La France n'a certes rien à envier aux pays qui l'entourent quant à l'esprit , l'indastrie et le confortable de la vie ; cependant il existe dans ces pays quelques bons usages qu'elle pourrait prendre.
En Allemagne , par exemple , il n'y a pas deux catégories d'hommes de lettres, de savans ou d'artistes, et ceux d'une grande ville ne témoignent pas un superbe dédain à ceux d'une ville moyenne , et ces derniers à ceux d'un bourg ou d'un village.
S'agit-il d'un peintre, d'un musicien, d'un poète, on s'informe de son œuvre , on le pèse , on le juge sans s'inquiéter si cet œuvre a été conçu ou exécuté à Vienne , à Munich , ou bien dans quelque bourgade ignorée.
11 n'en est pas ainsi en France: nous y sommes généralement convaincus que rien de bon ne peut sortiir d'ailleurs que de Paris. Si nous admettons jusqu'à certaiiB. point que la province puisse produire un vrai savant .^ un grand artiste , il est complètement impossible , selorm nous, que cet artiste, que ce savant fasse quelque chos^ de bien autre part qu'à Paris.
Ce préjugé est tellement enraciné, et dans les dépar— temens comme dans la capitale , qu'il est devenu à peu
près invincible. Dès -lors , qaels que soient le talent et ks efforts d'un homme qui éludie hors de Paris ou qui ne s'y rend pas annuellement pour s'y faire voir et pour préconiser son œuvre , il est sûr de vivre et de mourir ignoré.
 l'appui de ceci, je pourrais citer bien des exemples, et tous ces exemples ne seraient pas nouveaux , car il ne faut pas croire que ce préjugé contre les provinces date de notre siècle ; non , il est ancien et antérieur à la révolution. La seule différence est que c'était parmi les gens du monde qu'il régnait presqu'exclusivement, et qu'aujourd'hui c'est surtout parmi nos hommes d'étude. Nos sommités littéraires, dans leur prévention contre la province , non-seulement n'y encouragent pas ceux qui y étudient sérieusement, consciencieusement et ne les aident en rien, mais semblent en toute circonstance fort disposés à faire le contraire.
Quant a s'occuper de leurs œuvres , c'est ce qui n'a jamais lieu , et si l'Académie et ses quatre classes acceptent les livres des auteurs de province quels qu'ils soient , si même elle leur répond fort exactement par une lettre imprimée qui est la même depuis trente ans, jamais elle ne lit ces livres, ou lorsque cela arrive, cas fort rare , c'est que l'auteur aura parmi les acadé- Qiiciens un proche parent ou un ami intime.
Si les auteurs de département doutent de ce que j'avance ici , je les prie de jeter un coup d'œil sur les ^yons de la bibliothèque de l'institut : ils y retrouveront ^r œuvre vierge , c'est-à-dire les pages non coupées , >auf le titre. La raison en est que nos académiciens font <fes livres, mais n'en lisent pas.
SOLEIL. C'est le grand cuisinier de la nature ; c'est
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loi qui donne à toute chose le goût et la couleur. Il fiait le sucre , il fait les fruits , il fait les fleurs avec leur arôme et leur parfum.
Le soleil ne fait pas la vie, mais il la met en mouvement. S*i\ cessait de paraître, à Tinstant la nature s'assoupirait, tout deviendrait immobile. Voyez une mouche au soleil et une mouche à Tombre, et regardez si votre mine, quand le thermomètre est chez vous à ^x degrés au-dessous de zéro, est la même que quand il est à dix au-dessus.
Un homme qui a froid , fût-il le plus spirituel des hommes, a toujours plus ou moins Tair d'un imbécile. Je dirai plus , il l'est de fait. Demandez au premier de nos poètes si jamais il a pu faire un vers avec les pieds glacés et la roupie au nez.
Quant à la beauté, à la dignité, à l'élégance des manières, elles disparaissent aussi avec l'influence de l'astre. L'homme le plus beau, le plus noble, le plus grand, quel air a-t-il quand il frissonne? L'air ignoble et piteux.
Combien de héros qui chantaient victoire n'ont-4l8 pas, saisis par une bourrasque de grésil ou de neige fondue, courbé la tête, prêts à échanger leur ëpée contre un parapluie.
Vainement un magistrat célèbre , Bailly , a dit qu'il tremblait de froid et non de peur; je dirai que si le frisson que produit le froid n'est pas un manque de cœur, c'est une voie qui y mène.
Mettez en présence Hector et Achille , tous 4aix mr trépides et superbes, ce sont deux lions prêts à s'élaneer l'un sur l'autre. Puis tout'*'à-coup faites-leur passer im vent coulis entre la peau et lu cuirasse, faites qu'As grelottent enfln, si la situation dure, ils jetteront lears lances pour souffler dans leurs doigts.
Non encore une fois , il n'y a pas de héros ^avee des
engdiures; et Alexandre n'eut jamais vaincu les Perses ni pris Babylone, s'il eut trouve dans sa route Thiver et vingt-deux degrés au-dessous de zéro.
L'amour, l'amour lui-même, ne renaît qu'avec le soleil et ne résiste jamais à l'absence de son inQuence féconde oa de sa douce chaleur. Que le lit conjugal reste à une température an peu au-dessous de zéro, et c'en est fait de la raee humaine.
Si l'on nous dit que les hommes vivent sous des latitudes très-froides, et que parmi ces hommes il y en a même qui ont leur grâce et leur génie , témoins les Kosses qui ne sont pas plus stupides que d'autres, nous répondrons que les Busses n'ont pas toujours froid, qu'il en est même beaucoup qui ont toujours chaud, grâce à Fexeellence de leurs poêles et de leurs fourrures.
n feut donc reconnaître que l'existence humaine est toute factice dans certains pays ; et sans l'expérience et le raisonnement qui nous font chercher des habits , Utir des maisons et allumer du feu, nous ne pourrions y vivre.
La chaleur est donc nécessaire à la vie ; elle fait partie de la vie même. Il n'est pas un seul être vivant , pas même un seul végétal, qui n'ait en lui une chaleur relative. La chaleur interne de l'homme peut s'élever jusqu'à garante degrés , mais elle est ordinairement de trentesix à trente-sept.
Chez les animaux , tels que les chiens et les chats , ^ est de trente-neuf à quarante. Chez les oiseaux dont ^ chaleur interne est la plus forte, le thermomètre monte ^quarante- deux et quarante-trois degrés. Mais si le soleil ^t habité, il faut bien accorder à ses habitans une chaleur interne bien autre que celle-ci.
Je ne sais si l'on a pu calculer la marche de la chaleur ^ ses rapports avec celle de la lumière ; je ne saurais