‹ Hommes et choses (volume 2)Chapitre 6 sur 105 · PIT · texte numérisé non relu

PIT

n'est pas plutôt hcfrs de danger , qo'il le repoasse avee dégoût t et qu'il serait plutôt tenté de le battre que de le consoler. Bref, il a sauvé cet homme par respect pour soi-même, mais non par diarité pour lui.

Cet égolsme est plus sensible encore quand Tindividil en péril est l'un de nos proches, de nos compagnons on de nos supérieurs. Malgré ces qualités, il est possible que nous n'ayons pour lui ni estime, ni amitié; il se peut même que nous te haïssions et que sa vie nous soit aussi préjudiciable que sa mort nous serait utile, et cependant pour te sauver, nous nous eiposerons à périr nous-mêmes. Pourquoi ? Cest que sa mort serait pour nous, non-seulement un remords^ mais un opprobre. Ici nons craignons à la fois te reproche du monde et celui de notre conscience. Sans doute te danger que nous allons courir pour sauver cet homme que nous haïssons, est grand , mais il ne Test pas plus que celui auquel nous resterions exposés si nous ne le sauvions pas ou tout au moins si nous ne l'essayions pas, car le regret et le mépris qui en seraient la suite, nous conduiraient à la mort ou à une existence pire que cette mort. Ici, la pitié, te eourage, l'humanité ne sont donc encore qu'un calcul : c'est à nous et à nous seuls que nons avons songé.

La pitié effective ou ce dévoûment sans arrière-pens^ qui liait que nous nous sacrifions à autrui , est plus fréquent chez les femmes que chez les hommes: cette mère, cette éponse, ne pouvant sauver son enfant ou son mari, meurt avec lui. S'il y a des exemples de ceci chez tes hommes, ils sont rares.

Les animaux sont -ils susceptibles de pitié? Quand un chien défend son maître on qn'il se jette à Peau pour sauver un enfant qu'il n'a jamais tu, lorsqu'un oiseau porte la becquée aux petits rinodonnés d'oae antre mère, est-ce la compassion qoi les y pousse? Je

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