‹ Hommes et choses (volume 2)Chapitre 7 sur 105 · PIT · texte numérisé non relu

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ne le crois pas; c'est un sentiment de conservation ou de propriété bien plutôt que la pitié proprement dite. Le. chien défend son maître comme il défendrait sa maison; il va le chercher, s'il se noyé, parce qiiMI y a été dressé, ou que tout individu, dans cette position, lui apparaît comme son maître; mais ce chien n'essaie pas de sauver un autre chien.

Quant à la nourriture que les oiseaux portent aur petits, même d'une antre couvée, c^est un entraînement tenant à l'instinct de la paternité ou à la conservation de l'espèce : entraînement qui existe aussi chez la race humaine, mais qui diffère essentiellement de la pitié.

Si un animal est susceptible de pitié, c'est, je crois, le singe ; il en est des espèces qui semblent souffrir quand on maltraite devant eux un individu de leur race, surtout s'il est jeune, et qui ne cessent de lui prodiguer des témoignages d'affection dans le but évident de le consoler.

Quelques cétacés, les dauphins entr'autres, éprouvent aussi cet attachement de famille : on a plusieurs fois remarqué les efforts que faisaient ces animaux pour remettre à flot ceux de leur espèce échoués sur la plage. Les pêcheurs connaissent si bien cet instinct, que lorsqu'ils en voient un, ils sont presque assurés de prendre toute la bande.

La pitié a aussi sa spécialité , et telle femme qui pleure d'attendrissement en voyant souffrir son perroquet ou son chat, a le cœur sec devant les douleurs de son frère ou de son mari: c'est que la pitié de cette femme est exclusive, elle ne se partage pas.

Ce qu'on prend pour pitié chez certains peuples asiatiques , notamment chez les Indous , n'est souvent que de la superstition, et s'ils épargnent les animaux, c'est moins par intérêt pour eux que «par la crainte de

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