‹ Hommes et choses (volume 2)Chapitre 61 sur 105 · S8 SOL · texte numérisé non relu

S8 SOL

dire davantage si tout le calorique externe nous Tient do soleil et si chaque rayon , même ceux qui nous parviennent des astres les pins éloignés, ne porte pas avec lui sa chaleur; mais ce qui ne paraît pas douteux, c'est qu'il est des globes moins favorisés que la terre quant à cette chaleur, et la luné est du nombre.

Le soleil fut Tobjet de l'adoration de bien des peuples et probablement des plus anciens. Cela s'explique : aucun spectacle n'a pu frapper davantage les hommes lorsqu'ils ont vu la première fois cet astre dans tout son éclat, et ils ont dû en faire Timnge de la Divinité. ,

Puis , quand ils ont reconnu son influence sur tout ce qui tient à la vie , ils ont pu croire que c'était la Divinité même.

Âujourd'Inii, le culte du soleil n'existe plus que chez les Parsis de l'Inde et de la Perse, et le nombre en diminue chaque jour. C'est encore une idolâtrie qui s'en va.

Celle-ci avait du moins quelque chose de rationnel, et valait certainement mieux que l'adoration du veau d'or ou de CCS hideuses idoles qu'on arrosait de sang humain. Toutefois , je ne propose pas de la rétablir. Ne prions plus le soleil, mais prions Dieu son créateur de vouloir bien nous le conserver.

Le jour qu'il s'éteindrait ou qu'il s'éloignerait de nous, la terre , devenue un immense glacier , n'aurait plus un seul habitant: à moins qu'elle ne fût immédiatement entraînée dans un autre tourbillon et soumise à l'action d'un nouveau soleil , car il ne faut pas croire qu'il n'y en ait qu'un. Chacune de ces étoiles scintillant dans l'espace, si elle ne reçoit pas sa lumière d'ailleurs, n'est autre qu'un soleil qui éclaire et échauffe, comme fait le nôtre, son cercle de planètes.

Mais qu'est-ce que tous ces astres, quelque beaux et éclalans qu'ils nous semblent, près du soleil central,

de la Diirmitë, astre immense autour doqoel drealoit Uras les autres soleils arec leur cortège de lunes et de satdUtes?

Cest de ee soleil central que s'échappent les rayons fn donnent la force et la santé et contribuent ainsi à rendre la Tie douce et heureuse ; mais la terre en est si Isin, qœ ees rayons ne sont pas encore parvenus jusqu'à ■OIS. De là DOS maladies et la prompte décomposition et nos corps.

Espèce étiolée , rachitiqne an moral et au physique , resterons ainsi jusqu'à ce que cette lumière vivifiante ait atteints. 8'il est, comme on dit, des systèmes lobires dont la lumière met trois millioiis d'années pour arrirer jusqu'à nous et que le soleil central soit seule- Mot deux à trois fois plus loin, on peut juger combien •ilre paurre terre toute neuve a encore à attendre.

Il ne faut pourtant pas désespérer toutr-à-fait : si le nleil central n'est pas lui-nnéme une création nouvelle, tt lumière devait être en route depuis bien long-temps qoand la terre a été créée. Ainsi, ce rayon bienfaisant, ee gage d'immortalité pourrait nous arriver d'un jour à Paître.

Peot-étre aussi ce centre d'attraction universelle attire- M vers lui tous les autres corps célestes, et à notre tour nous pourrions entrer dans la région qu'il éclaire. alors notre soleil , comparativement pâle et terne , ne ■ans apparaîtrait plus que comme uu roi déchu.

Devenu inutile ou faisant double emploi , il irait se lémir à son centre dont il n'était, soleil provisoire, fi'une parcelle détachée pour notre usage.

!(e soyons pas ingrats; aimons le soleil et rendons-lui fiiee, car, provisoire ou non, c'est une des grandes néccisîtés de la nature.

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