‹ Hommes et choses (volume 2)Chapitre 62 sur 105 · M^ SOL · texte numérisé non relu

M^ SOL

SOLEIL CENTRAL. La quantité d'astres qui briBqit au ciel est immense ; ils y sont par millions » par mttliards, mais enGn ils n'y sont pas innombrables, ear tout se compte dans le ciel comme sur la terre , et si la multitude des globes augmente tous les joura» chaqae jour cependant a eu son nombre appréciable.

Eh! bien, au centre de ces milliards de globes, il ea est un où réside le principe de ratlraction unifierselle. Cet aîné des globes s'accroît sans cesse de tous les autres qui tous se dirigent vers lui et successivement s'y unissent.

Sans doute ce mouvement de concentration est extrêmement lent; il n'est pas sensible pour nous, homaes de la veille, mai$ il n'en existe pas moins.

Si cette marche générale vers un centre et ce mouvement d'ensemble n'avaient pas lieu , comment Tordre se maintiendrait-il entre ces myriades de sjfstèmes in* dépendans Tun de l'autre? Entraînés chacun dans nne direction différente, ils se rencontreraient tnévitablemoit, et s'entrechoquant, ils se briseraient.

En attirant sans cesse les globes , cette puissance régulatrice qu'on pourrait appeler l'axe de l'univers les retiendrait dans leur orbite , à peu près comme un tourbillon qui , en entraînant les corps , les force, par la rapidité même de son mouvement circulaire , à garder leur distance.

L'attraction de ce soleil central agirait, non dans immensité tout entière, mais dans l'espace matériel dont s'est emparé l'œuvre. Son effet commencerait là où le chaos cesse et oii l'ordre se pose. C'est par le premier rayon de la lumière , signe précurseur de la vie , que le principe organisateur s'annoncerait.

Ces globes sont attirés vers le grand tout par un effet égal à celui qui attire les corps moindres vers les plos forts , et qui peut être à la longue réunira les satellites

i leurs planètes et celles-ci à leur soleil : sorte d*attractioii moléculaire qui interviendrait dans l'attraction uni^ Terselle et qui agirait sur les masses comme elle agit sur les fNiroelles et les atomes.

Ce mouvement vers le soleil central aurait lieu , non par globe isole, mais par système planétaire. Le soleil oa Tastre principal de chacun de ces systèmes deviendrait le régulateur de la marche , et ce serait par lui et en mvant insensiblement son mouvement que les planètes se rapprocheraient du centre universel.

Cette marche de tous les systèmes vers Tastre central l'effectuerait par un mouvement qu'on pourrait comparer à une spirale ou une volute dont la pointe tendrait à se reposer sur le centre.

Ainsi , la lune faisant son mouvement autour de la terre, la terre autour du soleil, le soleil ferait le sien eu se rapprochant imperceptiblement du centre universel.

La tendance des planètes vers le soleil et de celui-ci vers le soleil central pourrait ne pas être continue et avoir ses temps d'arrêt , ses mouvemens variables ou alternatifs et même rétroactifs.

Dans tous les cas, cet effet de concentration, soit qu'il lût incessant ou qu'il eût ses siècles de repos , serait commun à tous les systèmes, à tous les astres, même à ceux que nous appelons étoiles ^xe»*

Si l'on n'admet pas l'absorption des globes les uns par les autres et de ceux-ci par le soleil centrai , on peut croire que tous ces soleils et leur suite arrivent soceessiveflient vers ce centre, non pour se confondre fB lui , mais pour se grouper autour et former une iamense couronne de lumière nuancée de mille et mille couleurs dont celles de notre ciel, relevant de tous les scintiliemens de notre soleil, n'approchent pas.

Li lumière qui éclaire certsdoi astres qui n'en ont

point par eux-mêmes oa qui sont trop éloignes du soleil de leur système pour en recevoir, n'est que la réveii)ération de ce soleil central, foyer du jour éternel.

Cet océan dV'toiles qui nous entoure ne serait ainsi illuminé que par les rayons du centre; et tout gigantesques que sont ces corps , ils ne seraient que des atomes, comparativement à ce grand foyer.

Ce n'est donc qu'un très-faible reflet de la lumière centrale qui parvient jusqu'à nous ; reflet qui nous arrive renvoyé d'astre en astre et de dixième ou de vingtième main peut-être.

Le grand astre n'est point encore visible pour notre terre , parce que sortie à peine de l'espace obscur et n'étant éclairée qu'à moitié, cette terre est aux limites de la création, aux extrémités de l'univers organisé.

La grossièreté des élémens de notre globe, les signes encore récens des convulsions qu'il a éprouvées , l'im* perfection des êtres qui l'habitent , la . fragilité de lemr forme et la multitude des maux qui les accablent, conséquence des émanations délétères de la matière, annoncent que nous sommes à peine échappés au chaos , et que cette terre nouvellement habitable n'a pas atteint les régions du ciel où les élémens épurés s'harmonisent et prennent leur assiette déûnitive.

Mais soit que la lumière nous gagne , soit que noos gagnions vers cette lumière, il est à croire que le pre* mier pas est fait et que, sortie pour toujours de la nuit éternelle, la terre marche enfin vers ce centre de la vie.

 mesure que les globes en approchent , les jours «y deviennent plus longs , et la durée des corps ou de ce que nous appelons la vie, moins briève : on ne l'y compte plus par années, mais par siècles.

La nature des êtres ou leur organisation étant toajonrs en rapport avec celle du globe qu'ils habitent, les globes

les plus ëparës portent aussi les êtres les plus parfaits. On comprend alors que ce n'est qu'après diverses modifications dans leur composition, une grande épuration de matière et par conséquent un grand perfectionnement dans les organes de leurs habitans, que ces globes arrivent dans la région du grand astre. La nature des individus est et doit toujours être mesurée à la localité : des créatures aussi imparfaites que celles de notre système ne pourraient exister dans une substance aussi subtile et aussi pure que celle de cette atmosphère centrale.

La matière grossière que ces astres laissent en route sert à former la base de nouveaux globes, ou Taccroissement de ceux qui sont retenus encore par le désordre de leurs élémens dans la région obscure.

Dans ces matières de rebut , ou cette écume des moudes, restent les germes de tous les êtres que leur appétit grossier attache à des élémens grossiers ; car en s'épuraut , tout être est libre de suivre le mouvement progressif, comme il Test aussi de ne pas le suivre en œ s'épurant pas ; il Test même de retourner eu arrière en s'enfonçant de plus en plus dans la matière brute ou dans les appétits des sens.

£q oppositiou à ce centre de lumière et en dehors de son attraction présente, il est donc une région obscure où ^ milliards de globes et de germes assoupis attendent, pour sortir du chaos et entrer dans la voie de Tordre, ^IK cette attraction les atteigne.

C'est à l'apparition du premier rayon de lumière que se prononce le premier mouvement d'un globe vers le ^ntre et la première sensation des germes endormis. Mais c'est alors aussi que peuvent avoir lieu les grandes <^uvulsions de ce globe , convulsions qui ne cessent que lorsqu'il a pris rang dans un système solaire dont la iQarclie est régularisée.

S4i SOL

Les comètes sont des astres noavenement sortis ^ la région obscure , et qui cherchent on système où ik puissent se rattacher ; on bien ce sont des astres malades et qni, rejetés de tout système à cause du désordre de leurs élémens , vont se vaporiser dans Tespaee <m rentrer dans la région ténébreuse.

Il est des mondes qui font lenr révolution, partie dans la région obscure, partie dans la région éclairée, parée quMIs n'^ont été saisis qu'à moitié par Fattraction centrale. Ces mondes passent ainsi de Tordre au désordre on de la tempête au calme, balayés par des torrens oa yitriGés par l'incendie, selon les régions qu'ils parcourent et la nature des astres dont ils s'approchent.

C'est la position où s'est trouvée la terre, si l'on en juge aux traces alternativement ignées ou aqueuses qu'ont laissées les convulsions qu'elle a subies , ce sont ces catastrophes qui , en détruisant tout ce qui couvrait sa surface, êtres et choses, ont remis en question son organisation commencée et exigé une longue série de siècles pour rendre cette surface propre à recevoir de nouveaux germes ou permettre le développement de ceox qui y étaient demeurés.

Aujourd'hui , notre marche étant déterminée , notre révolution vers le grand centre étant commencée, noos sommes , il faut l'espérer , en dehors des atteintes da chaos ; et si nous sommes encore en partie plongés dans les ténèbres , si nous avons nos nuits , dn moins elles ne sont plus sans terme, et nous avons aussi nos beaux jours.

Nos tremblemens de terre, nos orages et nos tempêtes, restes des terribles rafales du monde primitif, ne sont plus que localement meurtriers. Il semble même que de siècle en siècle, ces convulsions de la nature deviennent moins fréquentes et moins désastreuses. Les comètes ,

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