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11 faut seulement ; le .régulariser et ne le rendre a| cable qu'autant qu'il soit réd , c'ést-à-dire qu'il soit le vote de celui qui a voté. . Ouvrez à tous les mânes voies; offrez à tous les. mêmes droits, mais faites acheter chacun de ces droits par une vertu au moins.
Dans rëlat actuel des choses, ce. droit de suffrage, bien loin d'être utile au peuple, n'a été, jusqu'à ce jour, qu'une arme entre les mains de ses ennemis. On a abusé de son ignorance et on en a abusé contre lui. 11 faut donc que le peuple cesse d'être ignorant ou qu'il cesse d'être électeur , car il vaut mille fois mieux pour lui ne l'être pas, que de l'être comme il l'«st aujourd'hui.
Faites donc qu'il comprenne avant de le faire voter; et gardez-vous d'oublier ce que j'ai eu l'honneur de vous dire : si, pour vous, la qualité de citoyen ne comporte pas l'intelligence, si vous mettez sur la même ligne le savant et l'ignorant, Kindividu qui pense et celui qui ne pense pas, l'homme honnête -et rangé et le vagabond qui n'est ni l'un ni l'autre, si vous leur donnez la iQéne valeur morale et 1& même ascendant politique, enfin t^ils ont les mêmes droits sans avoir les mêmes mérites, tous arriverez à un nivellement sans doute, mais à ce nivellement rétrograde qui ramène une nation vers la terre et la conduit pas à pas au plus honteux et au plus lonrd de tous les despotismes: celui de la sottise, . . Hélas ! je croyais que son règne était passé-; je me suis trompé! et le bon sens, mis à l'ordre du jour, est encore une fois renvoyé à la question préalable!..;
SUICIDE. En l'an de grâce ia37, quelques amateon ayant vanté l'excellence du suicide , sans toutefois cft faire usage pour eux-mêmes , la mode en pnt^ et aujourd'hui 17 juillet 1851 , elle dure encore, «t Tob se
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si plaisir. Il n'y a pas jusqu'aux enfans qui ne se
ocurent ce passetemps pour se dispenser d'aller è
cole.
On s'étonne que le suicide soit ëpidémique, rien pour-
Bt de plus simple ; et je conçois la contagion morale
m moins bien que la contagion physique. En eifet,
mitation est , de tous les entraînemens de ce monde ,
plus fort, le plus général, et le petit calcul qui suit ra voir pourquoi un suicide- peut et doit même en smer un autre.
Pour faire une chose , il faut le vouloir , et pour le >nloir , il faut y penser. H est donc évident que si rsonne ne pensait à se suicider, nul ne se suicidecait. Qu'il arriva que cette idée de se tuer , qui n'était nne à qui que ce soit pendant un siècle ou plus, entre i beau matin dans la cervelle de quelqu'un , qu'il la ilise , qu'on le sache et qu'on en jase , ce qui se fait rtout où il y a des commères , il est clair que ceci
A>nner matière à réflexion et commentaires à toutes ; langues à vingt lîeues à la ronde. Les unes désap- Miveront le suicide ; les autres , sans l'approuver , ne Pont pas qu'il a tort; d'autres enfin lui donneront nplètement raison. Bref, i force de s'en occuper, d'y ager , d'en parler , le goût ou le caprice de mourir indra nécessairement à l'un des discoureurs. Que celui-ci fasse comme le premier, qu'il veuille solument se satisfaire, qu'il se tue: redoublement de nmérage, de réflexion, de commentaires, de coups de igue enfin; et s'il y a le double de gens qui songent
suicide, il y a le double de chances pour qu'un troime en essaie, et c'est aussi ce qui arrive. L'action des langues se quadruplant, il y a en montent quatre fois plus de commères et quatre fois tuij, de beaux esprits tenant la plume qui, par leurs
»to SUI
efforts réunis , amèneront probablement ]& Quatrième suicide.
La chose devient alors une sorte de martingale, et si la grâce de Dieu ne s^en mêlait , il n^y aurait pas de raison pour que la race humaine ne finit comme les moutons de Panurge.
D'après ceci, le nombre des suicides dans un pays ne prouve pas du tout le nombre des malheureux, mais Inen plutôt celui des oisifs , des bavards , des plumiti£s. La pauvreté conduit rarement au dégoût de la vie, et parmi les gens qui se détruisent, îoH peu tiont dan» le besoin. La perte du superflu cause bien plus de morts yoloBtaires que celui du nécessaire, et les angoisses du pr^ogé bien plus que celles de la raison : cet homme ne se tuera pas parce qu'il a perdu iton ami, sa femmp, ses enfans, niais parce quHl a compromis, ce qu'il appelle son homieiir.
L'impossibilité de satisEdre un gpAt^ une passion, est encore une cause de suicide, mais mmns fréquente que l'absence de toute passion on ide ce qifon tppttte le dégoût de la vie , disposition qoi tient dn physiqiie et du moral, et qui échappe à la ibis aux efforts du phi» losophe et du médecin. Les gens pris dé ce mal se tuent sans cause réelle, ou plutôt tout est cause ^pour. eux, tout leur apparaît sous un crêpe funèbre. Ce q|ui Intéresse oo amuse les autres, les ennuie, leb fatigue v les désde, semblables à ces malades qui trouvent ^un mauvais goût à tous les mets parce qu'ils ont eux-mêmes la bonebe mauvaise. Ces hommes sont malades sans doute, mais ils le sont plus d'esprit que de corps ; bref, ici comme ton* jours, ce sont moins les douleurs physiques qui poussest au suicide que les peines morales.- On ne se tue: pis parce qu'on a faim, on se tue parce qu'on craint de ravoir. *
L'animai, qui peut avoir la prévision 4a faesoîni
sa su
QQO: celle . da imalheurt ne peut jamais It^e misëi malheuceux que Thomme , et oe qui le prouve , c'est qu'il ne souffre jamais au point de désirer la mort ; il ne se tue pas, et de tous les êtres de la terre, l'homme est le seul capable de suicide.
On dira que c'est parce qu'il est le seul capable d'une comparaison entre la vie et la mort. — Non, l'homme se tue par crainte de la souffrance : il la redoute plus que la mort; et cependant, nous venons de le dire, il se toe rarement par suite de douleur physique, ce qui démontre encore combien les affections morales sont plus poignantes^ plus vides d'espérance, plus difficiles à supporter.
. Dans le suicide, c'est l'ame qui tue le corps ; c'est le moral qui, d'intention comme de fait, brise le physique en BOUS désaffectionnant de la vie. Jamais le corps ne peut avoir un motif de se détruire , en supposant qu'il en ait la possibilité , car le corps b& sent rien par hiimême,, puisqu'il ne vit que par la présence de l'ame. C'est dans l'ame que sont la cause et le moyen de destruction de ees corps. Prétendre qu'un corps peut se tuer, ^est comme si l'on disait qu'une pierre peut se briser par sa propre volonté.
L'homme qui se suicide est convaincu qu'il détruira son corps,, mais non qu'il détruira son ame. 11 se tue à toot hasard, il désire le néant, mais sa conscience lui dit qu'il y a un Dieu et qu'il n'y a pas de néant.
Cependant , à mes yeux , le suicide n'est pas du cou-^ rage;. il ne pourrait être considéré comme tel ou comme acte de force et>de vertu, qu'autant qu'il aurait pour but de procurer un grand bien à ses semblables ou de leur éviter un grand mal. Par exemple : un personnage royal sert de brandon aux discordes civiles, aux agitateurs de la patrie ; il se tue pour arrêter l'effusion du