‹ Hommes et choses (volume 2)Chapitre 78 sur 105 · TAL · texte numérisé non relu

TAL

qai lui agrée le plus et le plus sûr moyen de nous le rendre propice, c^est d'acquitter exactement, et sans y rien rabattre, le mémoire de notre tailleur.

TALENT. Le premier de tous est de savoir persuader aux gens qu'on en a.

Cest aussi celui qu'aujourd'hui Ton cherche le plus généralement à acquérir; et Ton a raison, car une fois acquis , il nous pousse dans les arts et les sciences , dans la politique et les lettres, et nous vaut à la fois Hcfaesse et renommée.

Quand certains grands talens contemporains ne seront plus là pour démontrer leur mérite , je ne sais pas ce qu'il en adviendra, car il sera assez difficile à d'autres de faire cette démonstration.

fil pourtant Ton voit de ces gens trônant au pinacle. On les nomme grands citoyens, grands artistes, grands orateurs, grands administrateurs, grands politiques, grands hommes même.

Ceci n'est pas un des moindres mystères de notre époque , mystère que nos descendans essaieront d'éclaircir , mais il est déjà si peu clair pour nous , que je doute qu'ils réussissent. Ce que je puis seulement y comprendre, c'est que Thomme qui n'a pas de talent, mais qui sait faire comme s'il en avait ou dire sans cesse qu'il en a, aura cent fois plus de chance de le faire croire que celui qui , avec un mérite réel et des œuvres qui le prouvent, n'a personne pour les prôner ou ne sait pas se prôner lui-même.

Ainsi, bonnes gens qui demandez quelle science tous doBBerez à votre fils, donnez-lui celle de faire croire au. talent qu'il n'a pas : cela vaut mieux cent fois que le mérite auqud personne ne croit»

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