TAX
' TAXE SUR LES CHIENS. Depuis vingt ans, voilà dix fois au moins que je vois reparaître aux chambres législatives ou dans les conseils généraux, la proposition d'e'tablir une taxe sur les chiens. Cette proposition est toujours motivée sur des causes graves et parfaitement rationnelles.
« 11 y a sans doute des chiens utiles, dit la proposition, mais il y en a aussi qui ne le sont pas. On en peut même citer qui sont parfaitement nuisibles. >
Les chiens utiles sont les chiens de berger, les chiens de garde et quelques chiens de chasse. Mais à quoi bon ces roquets qui, embusqués sur leur porte, n'ont d'autre occupation que d'aboyer à la lune, courir après les chevaux, se ruer sur les passaris et leur implanter les dents dans les mollets quand ils en ont et qu'ils croient pouvoix le faire impunément?
A quoi servent ces énormes dogues que leurs maîtres, aussi grossiers qu'eux, n'aiment que parce qu'ils étranglent proprement un animal inoffensif et un homme au besoin?
A quoi servent les chiens de chasse qui ne chassent pas ou qui , par leur manière de chasser , font plus de tort à un champ en une heure que tous les animaux nuisibles de la commune n'en feraient en un an?
A quoi servent ces chiens flâneurs qui infestent nos villes dont ils battent continuellement les rues, ne rentrant chez leur maître qu'aux heures de repas et proûtanl de toutes les portes ouvertes pour aller prendre leur dessert chez autrui ?
A quoi servent enfin les chiens enragés qui, annuellement, causent de si terribles accidens?
Tout ceci saute aux yeux , et ce qui n'y saute pas moins, c'est que les douze à quinze millions de francs que coûtent annuellement à nourrir les trois à quatre millions de chiens qui pulhilent en France iK>arraie8t