‹ Hommes et choses (volume 2)Chapitre 81 sur 105 · TOI · texte numérisé non relu

TOI

nous vous avons envoyé là, diraient-ils, pour dé* re la Seine, le Rhône, le Rhin ou la Gironde? nous I avons envoyé pour soutenir notre arrondissement, nir une route pour la commune , un clocher pour e village et des emplois pour nos enfans; bref, vous

là pour faire nos affaires et non celles des autres; i vous recommencez à vous fairô ainsi Tavocat de . le monde , à nous parler patrie et intérêt général , avenir nous ne vous donnerons pas , et pour cause ,

seule de nos voix. •

insi sont les électeurs en 1851 , ainsi sont les élas. ce sans exception? Non, vous pouvez dire hardiment 1 y en a quatre-vingt-dix pour cent, liez donc faire marcher une république avec de tels oens; vous n'avez pas même fait marcher une mochie constitutionnelle. Et là-dessus , j'en reviens à 1 dire : il faut mettre un impôt sur les chiens.

EMPS^ DUREE. Le temps, c'est le mouvement, u'une chose , qu'un être restent immobiles , et le ps n'est pas pour eux.

luand il s'agit des individus , par mouvement j'en- Is la pensée et les actes qui en résultent, a vie ne peut donc ni croître ni décroître tant qu'elle sans action. Le temps et la durée ne commencent, t les êtres comme pour les choses , qu'avec le montent.

a. destruction d'une chose inerte , d'an monument , le œuvre , d'une création quelconque , n'est que la uration de ses parties , sdt par suite d'un choc et le volonté, soit par une fermentation et une décom' Ition naturelle. Mais quelle que soH cette chose, sa fin, une son commencement , n'^t que son ehangemenl?

de forme ou sa modification : or , ce changement , oe choc, cette fermentation ne peuvent avoir lieu que parle mouvement. Si le mouvement était impossible, elle resterait toujours dans le même état : rien en elle n'aurait donc ni commencé ni fini.

L'ame a toujours existé-, mais elle ne commence à compter le temps , ou le temps ne commence poar elle que lorsqu'elle se met en mouvement et qu'elle s'en rend compte, c'est-à-dire lorsqu'elle pense.

La pensée, c'est le mouvement de l'ame.

Le temps cesse pour elle lorsque ce mouvement intellectuel s'arrête. Le temps recommence quand le mouvement recommence; et toujours ainsi.

Le temps , la durée , ou ce que nous appelons temps et durée , n'est véritablement que la croissance ou la décroissance des choses, c'est-à-dire leur mouvement et les inégalités de ce mouvement, car un mouvement qui serait toujours égal et sans terme de comparaison ne serait pas encore le temps et ne marquerait rien.

En réalité, il n'y a pas de temps; et cette expression: h temps qui passe, est inexacte. Ce n'est pas le temps qui passe , c'est la chose sur laquelle notre attention se fixe qui éprouve une variation, un mouvement, une modification ; ou bien si ce n'est pas elle , c'est nous ou notre pensée.

Si vous admettez ceci, comment admettre qu'une chose commence ou qu'elle finit, ou que le temps ait une action sur elle?

Une chose commence à se mouvoir , c'est-à-dire à croître ou à décroître ou à marcher, mais elle ne commence pas à être , parce qu'elle est toujours composée de parties qui sont.

Par cela même elle peut finir dans son action ou dans la combinaison de ses parties , mais elle ne peut finir

daos rjBxistence de ces parties ; et ceci par la raison que ce qui est, a été, non peut-être ce qu'il est, mais certainement quelque chose.

Quant à l'action du temps sur les choses, c'est encore une erreur ; à moins qu'on n'entende par temps les saisons, les élémens. Alors, c'est l'effet d'une chose sur une autre chose, d'un corps sur un autre corps. Mais la durée, prise en elle-même, ne peut rien, parce qu'encore une fois , la durée n'est qu'une figure , qu'un mot , et que si vous isolez ce mot de Faction, il tombe à zéro. Or, une chose sur laquelle rien n'agit ni intérieurement ni extérieurement sera, dans mille siècles, ce qu'elle a été aujourd'hui , sans que sa durée lui ait fait subir de changement ni qu'elle ait pu servir à constater quoi que Ce soit.

Une colonne de fumée s'échappe d'une cheminée, elle monte lentement vers le ciel: si vous calculez, par son mouvement , l'espace qu'elle parcourt , vous avez une idée de la durée. Ici , ce que vyus appelez le temps , c'est la mesure ou le calcul de la distance. Que cette colonne de fumée devienne tout-à-coup immobile, qu'elle ne puisse ni monter ni descendre , qu'elle reste pour Féternité dans la même situation, elle pourra vous servir encore à apprécier l'étendue ; mais quant au temps ou la durée, elle ne le pourra pas. Pourquoi? C'est que la dur^ n'est pas , et que c'est le mouvement que nous prenons pour elle.

Je sais que, rétorquant l'argument, on peut dire: la durée est, et elle ne paraît cesser que lorsqu'une chose se modifie ou que son mouvemement s'arrête. Mais cette objection n'est qu'une démonstration de plus , puisque la conséquence^ est la même.

Que sont donc la naissance et la mort? Qu'est-ce aussi que cet intervalle qu'on appelle la vie?

La naissance est le premier pas visible d'un moate* ment qai recommence , moareaient qui ne fait ptt k durée, mais qui la marque par tes modifications de ce mouvement même.

Croire que cette naissance ou cette première phase d*un mouvement soit le principe de Fêtre, est ane errenr. Ce mouvement aurait-il lieu si son principe ou sa eavse n'existait pas?

Quand il s'arrête eu quand nous cessons de le voir fonctionner , nous disons : « Il n^ a plus d'être , la vie ou le principe du mouvement est anéanti, l'individu est mort. »

Ceci est encore inexact. Le mouvement n'est plus visible sans doute, peut-être même est-il suspendu, nais sa cause, mais son principe subsistent; et il ne s'agit plus que de la simultanéité de quelques circonstances pour qu'il réagisse, pour que la vie, qui jamais n'a jm être qu'assoupie, reprenne son mouvement, et que le temps recommence à marquer pour elle.

Nous avons expliqué ailleurs pourquoi cette vie n'éttit pas un élément collectif et comment elle ne variait ni ne pouvait varier dans son individualité. Cette indivis dualité, qui est la vie même, peut donc sommeiller, p^ttt donc varier indéGniment dans sa puissance , e'est-à-<Kra affecter successivement toutes les formes et tous les degrés de l'intelligence, mais elle ne peut pas plus cesser qn^dle n'a commencé.

Ce qui commence en elle, comme ce qui ce^se, c^est chacune de ces formes, de ces positions, de ces modifr cations.

Remarquez que c'est précisément cette diversité de N" tuatiou, leur changement, leur inégalité et leur contrasté, qui font la vie, l'âge, la duréCv Admettez que Tame reste invariablement dans la même position , Tame n'est pltur

TU 3m.

m principe intrte; die a la ùculté de vivr«, mais réalité elle ne vit pas.

lue cette position ne varie que d'un à deux comme »alancier d'une pendule, si l'ame n'est plus complèteil inerte , cette vie toute mécanique diffère peu de e inertie.

tendez à cent, à mille ces variations possibles ou ces Bgemens de mouvement, la vie encore se trouve ré- £ à peu de chose.

faut, pour que la vie soit dans toute sa plénitude,

rame puisse éternellement et indéfiniment changer r^on, de globe, d'élément, de forme, de sens, de sées, de tout enfin, sauf d'individualité, 'est le plus ou moins de pensées possibles dans 9une de ces situations , qui fait ainsi chacune des ses représentant l'état progressif ou décroissant de iividu.

essors 9 c'est le plus ou moins d'abondance et de »loppement de ces pensées qui établit la différence animaux aux hommes , et de ceux-ci aux êtres sueurs, aux créatures extrà-terrestres.

ans ce mouvement éternel, en présence de toutes ces isformations qui ont l'éternité et l'espace pour care et qni jamais ne cesseront, parce que dès l'instant

la faculté du mouvement serait détruite l'ame ne it plus , que sont les jours , les mois , les années , siècles, les millions de siècles? Chaque dernier instant t-il pas, pour Findiridu^ comme le premier? La dif- Dce de chacun de ces instans peut-elle être autre

cdle qu'il y met, c'est-à-dire celle des actions qu'il met ou des sensations qu'il éprouve? Si son corps lit se briser, si la dissolution l'atteint, c'est que ce ps est fait d'élémens divers et qu'aucune union d'éens n'est étemelle, parce qu'ici encore l'éternité serait

Fimmobilité pour la matière , et la mort oa le sommeil pour Tesprit.

Sans doute il est des parties de Tespace où l'immobilité des ëlëmens existe ; mais si Famé y est y elle y sommeille , et ce sommeil ne cesse que lorsque rinertie de la matière cesse.

Dans ces régions où tout est immobile , il n'y a pas de temps ou de durée, puisqu'on ne peut rien mesurer. N'est-ce pas sur la mobilité des astres ^ sur le calcul de leur mouvement , que nous mesurons le temps? Or, supposez que tout-à-coup les astres deviennent fixes, qoe la terre soit immobile, que les vents se taisent, qoe la mer n'ait plus de reflux ni les rivières de cours, bref, que sur la terre comme dans le ciel rien ne bouge, la vie nécessairement s'arrêterait aussi. Mais ne s'arréUtelle pas, quel moyen resterait-il d'en marquer la mesure ou ce que vous appelez le temps?

Entouré de cette immuabilitë , de cette impossibilité de déplacer ou modifier la moindre partie des élémens, quelle action resterait praticable à l'être? Et sans possibilité d'action, où serait celle de la pensée? Â quoi e& pourrait servir la faculté?

La vie, ou si vous aimez mieux, l'action de l'âme, est donc non-seulement dans la faculté du mouvement et là possir biiité de communiquer ce mouvement aux corps inertes, mais aussi dans cette marche incessante que le grand organisateur des choses. Dieu, a imprimée à la matière.

Cette intervention directe de la Divinité était ici indispensable, car si les causes générales étaient soumises aux caprices des créatures , si les lois organiques de l'univers n'étaient pas dans la main d'un seul , il e& résulterait la confusion , le chaos , et dès-lors encore l'impossibilité de l'œuvre , car aucun calcul , aucun plan n'est exécutable là où il n'y a rien de fixe ou d'arrêté;

et dans un tel inonde aussi Ton ne pourrait mesurer ni le temps ni la durée.

Pour rendre Faction de la vie applicable ou du moins rationnelle, il faut donc la possibilité d'un double mouvement: le mouvement de Fensemble ou la marcbe régulière des mondes et des éiémens, et le mouvement de la vie , passible des effets de Tensemble , en ayant la conscience et la sensation.

On comprend, d'ailleurs, que cette influence de l'ensemble ne saurait être absolue dans ses conséquences. Qae l'être soit invinciblement emporté par le mouvement général, que sa volonté ne puisse rien, qu'en résulteraitil? Il y aurait un ensemble , mais il n'y aurait plus d'être , ou il n'y aurait que des êtres inertes qui ne difi^reraient point de la matière.

Que l'élément au contraire, et son mouvement, soient complètement annulés et pour jamais arrêtés on modifiés par l'individu, il y aura entrave pour tous les autres, et, comme nous venons de le dire, chaos, désordre, impuissance ou immobilité.

La liberté de l'être n'est donc pas moins nécessaire à la marche des choses ou au développement de la vie, que la stabilité des lois qui régissent ces éiémens, lois qoe le grand régulateur des choses peut modifier, mais qu'il ne modifie ordinairement qu'à la longue.

Cependant cette régularité de la matière et de ses aoddens n'est pas universelle : s'il est des parties de Fespace Oi!i tout est immobile, il en est d'autres où rien ne l'est et où la matière est dans une ébullition continuelle. Dans le premier cas, l'ame est inerte ; dans le second, elle est dans une agitation convulsive qui équiyant à l'inertie, parce qu'elle ne peut rien constituer, rien maintenir , rien élaborer. Si l'enfer matériel est quelque part, évidemment c'est là.

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