‹ Hommes et choses (volume 3)Chapitre 10 sur 110 · PLE · texte numérisé non relu

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L'absence totale da vide ne serait pas chose utile ; le vide est nëoessaire pour constituer le mouvement et le jeu des parties élémentaires, mais il doit, être divisé. Quand il prend de retendue , il en résulte toujours quelque désordre: les trombes, les tourbillons, les ouragans et antres phénomènes atmosphériques qui se font sentir à la surface de notre planète, ne doiirent pas être étrangers à sa présence.

Mêlé à la matière, le ride est indispensable à la production. Isolé , il serait stérile. Un monde placé dans le vide ne serait qu'une masse inerte , parce que dans le yide, il n'y a ni génération ni végétation : si ce monde , séparé du reste de l'univers, avait chaleur et lumière, il fondrait qu'elles émanassent de lui-même.

Lorsqu'un vide s'onvre autour d'un astre, c'est au moment qu'il se constitue, c'est quand les matières les plus proches s'étant subitement condensées, d'autres matières n'ont pas immédiatement rempli l'espace qu'elles abandonnent. Le voisinage d'un globe éclairé ne comporte donc pas l'existence du vide étendu, et s'il existe , c'est à une distance incommensurable de tous les globes, de tous les soleils.

Dans notre atmosphère terrestre, ce vide étendu n'est nulle part à l'état normal : c'est un accident , un effet errant, une crise, une transition; s'il est stable, c'est par subdivision et parce que les portions de matières dans lesquelles il se trouve sont elles-mêmes fixes et immobiles.

Les astres les plus denses sont ceux qui ont en eux les vides les plus minimes et les plus de divisés. Ces astres ont aussi le plus de puissance d'attraction.

Le vide qui se manifeste autour d'un globe quand sa concentration a été spontanée , est comblé par les matières fluides se précipitant de l'espace et par celles qui

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s^échappent de sa propre masse par saite de k pression. Ces matières poussant eo sens contraire et allant a V^n^ contre Tune de Fautre, ne se confondent pas. C'est ainsi que se forme Tatmosphère d'un nouveau globe: c'est un fluide contenu par un autre fluide marehaot en seas contraire.

L'immensité visible et éclairée n'est donc, probablement, qu'une suite de substances et de corps qui s'étayent, s'unissent, se croisent ou s'entrechoquent, mais finissent toujours par se mettre en équilibre.

Si ces astres font leur révolution et touraent sur euxmêmes , s'ils se maintiennent dans leur position respective, c'est qu'ils nagent dans un fluide toujours indispensable à réquilibre et à l'attractioa.

Ainsi, partout où un corps se soutient, la matière y est, parce que rien ne surnage dans le vide.

Partout OLi ce corps a un mouvement circulaire et elliptique, non-seulement il est entouré d'un fluide, mais il y est accompagné d'un ou plusieurs corps en rapport avec lui , et d'une dimension assez forte ou d'une rapidité assez grande pour lui faire contre-poids.

Qu'il y ait eu et qu'il paisse y avoir encore des globes entraînés momentanément dans le vide et projetés en ligne droite, c'est ce qu'on peut affirmer sans s'écarter de la vraisemblance. En 1572, une étoile parut dans la cou» stellation de Cassiopée; son éclat, dit-on, surpassait celui de toutes les autres étoiles. N'est-ce pas à l'ouverture d'un vide qu'on doit attribuer cette apparition?

Dans cette hypothèse, ce seraient de très-grands vides se manifestant dans l'éther à la suite d'une commotion électrique ou d'un resserrement subit des matières éthérées se précipitant vers un centre d'attraction, qui changeraient la position d'un astre et peut-être de tout un système.

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La terre dle^même aurait ëtë compromise plus d'une Ms dans ees mses ée la création. Ces corps errans, dits âoiles filantes , ces néfoHthes que nous voyons pénétrer dans son attraction, n'y arriveraient que par l'effet d'un vide résultant de la condensation qui les aurait produits.

Cette condensation elle-même serait la conséquence d'fin premier vide; raf&nence des matières s'y précipitant et se rencontrant ati centre, amènerait la formation d'une masse d'autant plus compacte que )a pression aurait été pins intense.

Si une cause quelconque interrompait la marche des éiétneas entraînés dans ce vide onvert autour d'une masse on d'un globe, et si, an même instant, un fluide arrivant dans une autre direction s'interposait entre ce globe et ce torrent de matière , il en résulterait un cercle solide aotour du nouvel astre, à peu près comme Tattoena de Saturne et probablement celui de beaucoup d'autres globes et dé la terre même , car il n'est pas à croire que cet entourage soit spécial à une seule planète.

Les matières les plus dilatées peuvent ainsi , par la force de la pression sur tous les points et la rapidité du noQvement, être concentrées tôut<i-conp.

11 est vrai que la concentration cesserait bientôt, si le vide restait ouvert autour de ce noyau qui finirait par se dilater pour rc»npfir ce vide. Il hn faut donc une atmosphère ou un m<Mrrement de rotation pour le contenir dans son ^t compact.

Quant- aux astrîeg errans, leur mouvement résulterait d^nn ballottage entre le vide et le plein, d*nn vide relatif pent-être : ce seraient des g\(Afts dont tme face se serait OHverte et dont Tin^Heur se tenrplifaît ou se viderait par cette ouverture, seloki qu'Us traverseraient des matières plus denses ou plus dilatées; de là viendrait la cbevdttre ou la queue des comètes.

Tout astre creux est susceptible de deTenir errant; il suffit qu'il s'entr'ouvre. Par la cause contraire , tout astre errant peut devenir fixe comme semblent les étoiles, ou à mouvemens réguliers comme sont les planètes.

Quelle que soit d'ailleurs la densité d'un corps, elle n'est jamais entière ou absolue , car du moment que l'équilibre du vide et du plein n'existerait plus entre les molécules d'une masse » cette masse éclaterait ou tomberait en dissolution.

Pour permettre la marche et même l'existence des corps célestes , il faut bien que le vide soit fractionnel en eux et hors d'eux, car si l'espace était uniformément rempli , tout y serait immobile et impénétrable, conséquemment immodifîable , et chaque chose resterait éternellement dans le même état et la même position.

D'un autre côté , si le vide n'était pas partiel et par fractions, si l'infini était le vide, si les matières n'étaient pas toutes retenues ou étayées l'une par l'autre , une masse, en écartant la plus voisine, finirait, de proche en proche, par jeter dans l'abîme du vide celle qui se trouverait la dernière ou aux extrémités de. la région matérielle. Alors , le vide gagnant sur la matière ou celle-ci se trouvant repoussée vers le vide et s'y dilatant indéfiniment , elle s'y vaporiserait tout entière ; car, qu'est-ce que la totalité de la matière « quelqu'immense qu'on la suppose, si Tinfini, si Fimmensité réelle est le vide? Comment admettre un équilibre, un ordre stable dans les cor^ et dans touTre, si ce gouffre sans fond existe? Comment expliquer que tout ce qui est ne s'y perde pas, ou plutôt ne s'y soit pas déjà perdu, et quel raisonnement nous montrera que tout ne se confond pas , si tout n'est pas retenu par une force intérieure ou. extérieure ?

Ajoutons qu'il n'y a ni force ni levier possibles sans

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