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on point d'appui : ce point d^appui, où le tronver dans le vide et même dans une matière qui, n'étant ni palpable ni condensable, ne serait susceptible ni d^nnion ni de résistance? Une telle substance n'en serait pas une, puisqu'elle n'en aurait aucune des qualités ; elle serait encore le néant. Elle ne pourrait donc être ni le prin^ cipe ni la base de quoi que ce soit, et encore moins de toute chose.
Or, cette base générale, ce point d'appui, ce fondement de l'œuvre, ce moyen d'union des parties entr'elles, enfin cette force matérielle qui^ sous là main de Dieu, em* pêche la dilatation des corps ou leur chute éternelle , c'est l'universalité de la matière, c'est que cette matière est partout; c'est que l'immensité entière est le plein, que le Tide n'occupe qu'une portion très-minime de l'espace et n'a été répandu dans cet océan de matière que pour en permettre le mouvement*
Nous pouvons ajouter que cette plénitude de l'espace est indiquée par la multiplicité des astres , dont certainement nous n'apercevons que le moindre nombre. Si la matière n'était point partout , comment se seraient-ils formés , comment s'en formerait-Il encore? Il faudrait qu'ils empruntassent la substance d'un autre globe; ce qui arrive quelquefois, mais non toujours, car alors la multitude de ces mondes serait limitée : l'uii invariable** ment remplacerait l'autre. Or, je ne crois pas que cela puisse être , car il n'y a pas de bornes à la création.
Voyez : Vide moléculaire.
POCHES. Un Européen pourrait-il vivre sans poches? J'en doute : je n'en ai jamais vu qui n'en ait pas deux au moins.
Le goût des poches semble être dans la nature , et
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cbéz Fenfant, la première floche est souvent sa première joie : c^est de ce momeDt qu'il se croit propriétaire et seigneur suzerain d^un immeuble.
Quant à moi , je n'ai jamais étë plus fier que le jonr ou j'en ai senti une à la gauche de ma jupe , car je n'avais pas encore de culottes ; et si jYprouirai plus tard une autre bouffée d'orgueil , ce iîit quand j'y mis mon premier sou.
J'étais donc heureux de ma poche unique; mais l'ambition vient avec les chausses : chaque fois qu'on me prenait la mesure d'un vêtement nouveau, j*intriguais, je cabalais et, sous main, cajolais le tailîeur pour avoir une poche de plus. De sorte que de vêtement en vêtement, car j'avais soin, a cette intention, de les user le pins vite possible, j'étais arrivé à posséder quatorze poches bien comptées, et je n'avais pas encore sept ans. Que serait-il arrivé si Tainbition des poches avait connue dans une progression croissante, et combien n'en aurais^je pas aujourd'hui?
La raison venue , je m'en suis tenu à mes quatorze , en ayant soin , ponr le maintien du principe , qu'il y eut habituellement quelque chose dans chacune , ce qai n'était pas toujours facile, va la dimension exiguS de qiielqoes*unes ou leur siCnation peu commode , car j'en avais par tous les degrés de latitude et longitude de mon individu.
Quand toutes mes pochés étalent garnies, on aurait pu me comparer à ces ctfbinelt de Hollande aux vingt tiroirs, aux vingt secrets. Je n'en étais pas moins trèssatisfait de moi-même; je pouvais dire, comme Bias : oninia mecum porto. Je n'étais troublé dans ma joie que lorsqu'ayant besoin de mon thoucboir, de mes gants ou de tout autre objet indispensable; je ne me rappelais plus dans laquelle , de mes quatorze poches , je l'avais mis , ressemblant , en ceci , à un propriétaire de vingt
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châteaux. Forée alors était de les vider toutes, non séms grande fatigue , car il en était où ma main ne pouvait parvenir qu'en mettant habit bas.
Faisant un jour cette exhibition , un gamin de forte race se rua sur moi et lit rafie de tons tes objets que j'avais étalés sur la route.
Je voulus d'abord protester en lui allongeant un conp de poing ; mais sa mine était si peu engageante et ses façons si lestes , qae je me tins fort heureux qu'après avoir pris le contenu , il ne lui viht pas Ai tête de prendre le contenant, c'est-à-dire mes quatorze poches, qui faisaient , à mes yeux , le mérite principal , sinon l'unique, de mon costume.
Ce petit accident contribua , plus que tout autre , à me guérir des poches et de la manie du mecum portxt.
Pour rentrer dans les généralités, je dirai qu*il existé des poches qu'on pourrait, à l'inventaire de ce qu'elles renferment, comparer à des voitures de déménagement; et lorsque l'on portait des redingotes dites à la proprUtaire, on a vu deux à trots industriels associes y mettre la dépouille d'un magasin.
La privation de poches dans certains costumes militaires, cdoi du hussard, par exemple, a fait prendre en grippe cette arme à bien des soldats et même à des officiers , tous , en leur qualité dé Français , également amateurs de poches. La sabretache en tient lieu. Mais comment! c'est un sàc toujours battant aux jambes et qu'il faut aller. chercher au talon. Cela vaut celle que j'avais au dos.
QoMd les pfOcHes tie fiirent plus de mode , on pHt
en horreur les femmes qui en avaient ; et j'ai eonnu une
personne fort recomdiandable et belle à ravir qui , pour
cela seul y était signalée comme tin monstre.
CeFeBdapt, kB poefties à defaedre v^laiàit bien H&B