‹ Hommes et choses (volume 3)Chapitre 100 sur 110 · VIN · texte numérisé non relu

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— Mais il ëcouomise , et met de côte vingt francs sur vingt-cinq.

— Autre inconvénient, car cela ne durera pas toujours. Alors, ce ne sera plus seulement son dîner qui lui pa* raitra mauvais , ce sera son salaire comme ouvrier ; ce sera le prix de son travail comparé avec la rémunération de ce qui, pour lui, n^cst pas un travail, tranchons le mot, de ce qu'il gagnait sans rien faire ; car, en bonne conscience, que fait et que peut faire, dans une chambre législative, celui qu'aucun précédent, qu'aucune étude, qu'aucune connaissance des hommes et des choses n'ont rendu apte à y siéger? 11 n'y fait rien, ou il y fait pis que rien : il bâille ou il crie.

Est-ce à dire qu'il faille l'en exclure? Pas le moins du monde. Avec leur ignorance et leur nullité , je préfère encore les ouvriers aux parleurs éteruels , aux avocats brouillons , car si ces ouvriers ne font pas avancer la raison , du moins ils ne la font pas reculer : ils sont stagnans , mais non rétrogrades. On ne doit donc pas leur fermer .les portes de la chambre; seulement, il faut leur donner les moyens d'y entrer utilement en aidant à leur instruction , à leur développement moral , et y envoyer un homme , non point parce qu'il est ouvrier , mais parce qu'il y est propre , parce qu'à défaut de science et d'esprit, il a au moins du bon sens. Mais le malheur fait que parmi les ouvriers, ce sont précisément ceux-là qui , par défiance d'euxrmêmes et peut-être' des autres, ne veulent pas y aller. J'en pourrais citer vingt preuves.

Revenons à la question du salaire. C'est un mal , puisque cette réfection quotidienne de vingt-cinq francs assimile une magistrature à une œuvre à la tâche, à un métier manuel.

C'est un mal aussi parce qu'elle devient un incitant

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pour les spéculateurs, les affamés, les frfcotears, catégories nombreuses et agiles qu*il faudra ajouter à ceHe des ambitieux parmi lesquels se recrutaient naguères presqu^exclusivement nos députés qui avaient, du moins, le vernis d'hommes d'Etat et la dignité de leur ambition.

C'est un mal encore , parce que c*est un encouragement au commerce des votes.

« Un négociant, disait un journal, désire trouver une somme de cent mille francs ; il en céderait volontiers la moitié à celui qui la lui procurerait. • Ainsi dira le candidat à ses mandataires : nommez-moi, et partageons.

C'est un mal encore par le péché d'envie que ce bon lopin fait naître parmi les éligibles pauvres. l't'y pouvant prétendre tous , ils ne veulent pas le voir à l*un d'eux. C'est principalement ceci qui, dans nos départemens, a empêché la nomination et même la candidature des artisans.— Est-il riche, disait l'électeur artisan lui-même? — Non. — Est-il artisan comme moi? — Oui. — Il est pauvre, il est artisan, donc il n'aura pas ma voix.

Or, il la lui aurait donnée si ce salaire n'eut pas dépassé cinq francs. — Pourquoi ? — Cest que cette somme eut été plus en rapport avec le prix de ses journées; c'est que la distance de l'électeur à Téhi lui eut semblé moins grande; c'est qu'il en eut été moins humilié et, en imagination, moins pauvre; bref, le démon d'envie ne se fut pas mis entr'eux.

Ces inconvéniens ne sont pas les seuls , mais ils suffisent pour démontrer qu'il y en a pins d'un à payer les représentans.

— C'est un mal nécessaire, dira-t-on.

— Un mal n'est jamais nécessaire. Mais celui-ci peut être inhérent à l'éligibilité universelle : renoncer à l'un serait supprimer l'autre.

Faut*il donc détruire cette éfigibiltté et se priver du

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conconrs d'hommes utiles , seulement parce qu'ils sont pauvres? Non, tout homme honnête et capable doit être éligible : le nombre n'en est déjà pas si grand pour qu'on en éLimine. Dès-iors, une rétribution est indispensable. Ne pas raccorder à l'élu qui 'ne peut vivre sans die, c'est , de fait , annuler son élection ; c'est lui prendre d'une main ce que vous lui avez donné de l'autre.

Si je conçois qu'on l'accorde à Thomme qui en a besoin, je ne m'expKque pas pourquoi on la donne à celui qui peut s'en passer , et moins encore pourquoi la loi l'oblige à la recevoir. Ceci n'est pas seulement une erreur, c'est un abus*

— Mais ne pas la<Tecevoir, c'est humilier le pauvre.

— Prétexte.

— Mais c'est iaire deux classes de dépotés, c'est mettre une déinarcatioa entr'eux.

— Mensonge. Cette démarcation n'existe-t-elle pas de lait? Le député qui a vitigt mille francs de rentes et qui touche en sus vingt-cinq francs par jour, en a-t-*il moins vingt mille francs de plus que celui qui n'a que ces vingt-cinq francs? M. *** le- comte, le marquis, le propriétaire millionnaire, est-il devenu l'égal de M. *** manoeuvre on domestique, parce qu'il touche journellement le même salaire? Non. M. le marquis a sa voiture, ses gens, et vit au premier, dans un vaste hôtel. M. le manœuvre, s'il a de la conduite , va à pied , loge au grenier et vit où il peut , à soixante-quinze centimes par repas.

Les vingt*cinq francs par jour n'égaNsent donc rifen. Ils servent à l'un à vivre, ce qui est juste; et à l'autre à satisfaire ses caprices, ce qui ne l'est pas, parce qu'en définitive c'est le contril)uabIe, c'est le pauvre qui paie, et qu'avec ces vingt-«inq francs, vingt-cinq familles au» raient peut*^étre été sauvées de la iarim.

D'ailleurs» pourquoi vingl-^sinq francs? Est-ee qu'tt9 IV 20

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homme, quels qne soient son appétit et son ampleur, ne peut pas vivre et se loger avec cinq fraucs par vingts quatre heures? Est-ce que sur trente-six millions de Français, il n^y en a pas trente millions qui vivent à moins?

— Mnis la famille des reprësentans pauvres , de quoi vivrait-elle?-— Eh! bien, ajoutez cinq francs pour la fa* mille, en tout trois cents francs par mois, ou trois mille six cents francs par an. Quoi! n'est>oe pas assez? Mais comptez donc: de nos cent mille magistrats, fonctionnaires, employés, de nos cinquante mille officiers, il n^y en a pas six mille qui, après vingt-cinq ans de service, d'études, de travaux, de dangers, oiin d'un métier souvent plus rude que celui de manœuvre , arrivent à ce traitement de trois mille six cents francs. Ne voyez-vous point que par cette magnificence, que par cette aisance obtenue sans travail, vous dégoûtez le pauvre du travail?

Quoiqu'il en soit, va pour les. dix francs par jour, mai» que FEtat n*en paie que la mcnndre part, et que les contribuables pauvres n'en paieftt pas une obole.

— Où les prendre, direz-voits?

-— Oà ? dans la poche des reprësentans riches. Oui, ce sont eux qui doivent supporter la dépense de leurs collègues pauvres. Ah! citoyens reprësentans, vous prêchez la fraternité: c'est donc a vous d'en donner l'ex^nple. Entre frères, entre collègues, tout est commun tant qu'on siège ensemble.

ie, taxerais donc les députés d'après leur revenu ou knr traitement. Des sommes reooeillies » je formerais noe masse qui serait repartie entre tons, en raison in-* verse de leur fortune: de façon pourtant que l'iatlemnité journalière accordëe aux plus pauvres n& pourrait pas excéder dix francs, ni celle laissée aux ridies descendre pliis bas qut cinq centimes*

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Si la chambre n^avait pas assez de membres riches pour défrayer tous les membres pauvres, TEtat alors, et seulement alors, y subviendrait.

Mais une peur me vient : c'est que cette proposition ne paraisse anarcbique et montagnarde. Quel autre , en effet, qu'un ennemi de la république, peut trouver injuste de donner vingt^cinq francs par jour à celui qui en a déjà le double, le triple, le quadruple, et ceci pour rémunération de trois à quatre heures de séance jour* nalière, déduction faite des dimanches et fêtes, ainsi que des jours de promenade, de congé, de sommeil, etc., etc. Si Ton allait y voir une atteinte à la dignité de la chambre, une attaque au gouvernement, crimes prévus, etc., etc....

Assez, assez; si j'ai fai^i, je me repens. Admettons que je n'ai rien dit. Je vote pour le projet contraire , c'est-à-dire pour qu'on paie les re{»résentans en raison directe de leur fortune, et d'antmt plus grassement qu'ils seront plus riches, ce qui d'ailleurs est conforme à l'usage. Quand vous donnez .un poor^boire à un serviteur, il est toujours mesuré sur la fortune de celui qu'il sert : un franc au vulet du fermier , cinq à celui du propriétaire , dix au laquais d'un minisire , vingt à cehii du président du conseil : c'est le tarif ordinaire. Adoptez-le donc et intiUilez-le : dbambre de 18#6, tarif républicain.

VIPERE. Animal sans pattes, et aussi à deux pattes, deux mains et une langue.

Nous avons parlé des bécasses et de leurs coups de bec. Les bécasses agacent, picotent, égratignent même, et si elles font parfois beaucoup de mal, c'est sans autre intention que d'en faire un peu et parfois même de n'en pas faire*

Mais la vipère , oefie à deux mains et à deux pattes , tue avec la volonté de tuer , et ^le est d'autant plus

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dangereuse que rien n'annonce le venin qu'elle porte. Souple, insinuante, elle s'approche de vous pour étudier Fendroit sensible , Teudroit mortel. Puis , prudente à l'excès, elle vous fera piquer pAr une autre qu'elle aura piquée elle-même. En vous transmettant son venin par un intermédiaire, elle fera doux victimes d'un coup.

Cependant la vipère n'est pas une bêle féroce, elle ne mange ordinairement qu'à sa faim. On ne peut pas non plus l'appeler rancunière , elle n'en veut pas plus à celui qur lui a fait du mal qu'à celui qni lui a fait du bien. C'est la mesure de son dard qu'elle veut prendre , c''est une expérience qu'elle désire faire; c'est nn être qui se porte bien , qu'elle veut voir languir et mourir pour jouir de ses convulsions. On peut la comparer à un pra* ticien opérant sur la vie, non ponr l'avancement de l'art, mais pour l'agrément de la chose , pour le spectacle de la mort. Bref, la vipère aime les combats humains comme un autre aime les combats de coqs , de chiens ou de taureaux. C'est ainsi qu'elle méditera silencieusement les moyens de mettre deux individu^ aux prises, de brouiller le iils avec le père, le mari avec la femme , d'empêcher un mariage ou de faire naître un procès; et tout ceci sans danger pour elle-même, car ce n*est pas par l'injure et la menace qu'elle y parvient, mais par un propos mielleusement empoisonné, par un mot à double entente, par un éloge même, par un avis anonyme, lettre sans signature et à l'écritnre déguisée on falsiûée. Tels sont ses moyens et ses armes.

La vipère est surtout redoutable quand elle se fait pamphlétaire ou journaliste. Malheureusement, c'est son état de prédilection , et l'on en rencontre de cette profession dans presque toutes nos villes, petites et grandes.

Chose bizarre! c'est qu'dle semble moins dangereuse dans ces dernières que dans les autres: la distraction

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et le mouvement des capitales offnnt pins de moyens de neutraliser ses poisons. Biais dans les provinces, quand ses blessures ne sont pas mortelles, elles ne se cicatrisent pas; et les plus honnêtes gens ne peuvent dfacer, même par les plus nobles actions, par toute une vie pure et intègre, la piqûre du reptile.

11 y a deux espèces de vipères : la vipère née vipère et qui pique pac nature, et la vipère d'occasion. L'une pique pour tuer, Tautre pique seulement pour piquer.

Mous avons parlé de la première; nous dirons un mot de la seconde.

C'est une bête Venimeuse sans doute, mais plus inconséquente encore : elle veut jouer et vous donner un petit coup de langue, et sa langue vous empoisonne sans qu'elle veuille trop vous empoisonner. Elle ne connaissait pas toute la malignité de son venin, elle s'en doutait seulement et li'étîHt pas fâchée d'en acquérir la certitude.

Moins cruelles que les antres, ces vipères sont pourtant plus dangereuses. 11 n'est presqu'aucun moyen de s'en préserver , parce qu^elles mordent sans que rien puasse faire prévoir leur morsure, et qu'elles atteignent ainsi ami et ennemi. On croirait que la surabondance de leur poison les oblige à s'en diUiv^er sur le premier venu et qu'elles le piquent, non pour lui faire du mal, mais pour se bire du bien et pour la conservation de leur précieuse santé. Vous avez donc moins à vous plaindre d'eltes que de votre mauvaise étoile qui a voulu que vous vous trouviez sous leur dent quand leur accès les prend.

Les homra^s traitent souvent les femmes de vipères; les femmes pourraient leur retourner le compliment, et peut-être. se tromperaienl-^les moins. Le fait est que la vipère n'a pas de sexe ; elle pique parce qu'elle est méchante, et non parée qu'elle est homme ou femme.

Cependant, on pourrait faire une catégorie distincte

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des enfans vipères, car ceux-ci le sont sans qu'ils sVn doutent. Les blessures qu'ils font ne sont ni !es moins fréquentes ni les moins terribles , et la paix do ménage a souvent été troublée par le gazouillage de petits vipéraux à peine gros comme une allnmette. L'aspic se trouve ici caché dans un bonqnet de fleurs ou un cornet de bonbons. Aussi, gens de tonte taille et de toute couleur, quand vous avez un secret, ne te laissez pas deviner aux enfans, pas plus anx vôtres qu'à ceux des autres, et souvenez-vous des enfans terribles.

La conclusion de ceci, c'est que grande ou petite, la vipère de la civilisation, la vipère des boudoirs, la vipère des salons, est infiniment plus redoataèle que la vipère des broussailles. Cette dernière ne pilpie qne quand oa Finquiète, elle se défend et n'attaque point. Elle a, en outre , plusieurs bonnes qualités : de tontes les mères , c'est la plus tendre, la plus soigneuse ; elle Téîlle sur ses petits avec la sollicitude la plus touchante; elle leur donne , au moindre danger , un refuge dans son sân , oui , elle les cache dans seâ propres entraillcB : elle les avale; puis les dégorgeant, les rend à la liberté quand Fennemi est loin.

Elle est susceptible de s'apprivoiser, et ses caprices mlême ne sont pas dangereux, si Fon a le ëoin de lui faire épancher son venin en Fohligeant à mordre an morceau d'étoffe ou tout autre objets

Mais il n'y a nul préservatif contre la vipère humaine ; ele ne s'apprivoise qu'en apparence , et son venin ne tarit jamais.

Quant à ses petits , si elle en a , elle lois apprend à darder leur langue , et elle s'en sert comme auxiliaires. C'est donc spécialement contre les vipères humaines qu'il faut vous tenir en garde, car elles ne sont pas même bonnes à faire de la thériaque.

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VIVEUIl. Mol nouFean qui veui dire un homme qui aime a vivre; mais à vivre comme quoi? Comme un im« bëcile et un goinfre.

Un viveur est celui qui, n'ayant que vingt francs, en mettra quarante à son dîner, et attrapera une indigestion qui lui en coûtera autant en drogues et en médecines.

Ccst celui qui, dans un banquet,, sera gris an premier service, impertinent au second, et soufQeté au desserte

C'est un homitae qui, admis dans une maison honnête, reçoit ordinairement l'invitation de n'y plus revenir.

C'eett un homme enfin qui n'a p>as assess d'esprit pour être aimable, pas assez de bon sens pour être utile, pas même assez étf raison pour être heureux. En place d'avoir une maîtresse fidèle, il en a deux qui ne le sont pas. Au lieu d'avoir un bon cheval, it anra trois rosses.

Pervertissant toni; ce qu'il touche, un viveur est une peste pour la jevrnesse. S'il est militaire , il corrompt sa compagnie. S'il est bourgeois , il devient le flëau de la vïtie qu'il habite»

Â-t-il un revenu , il mangera en six mois celui d'une année, et en trois ans le capital, ptiis il ira finir à l'hd* pital s'il est honp^e, ou au bagne s'il ne l'est pas.

C'est, en toute circonstance, un animal fort ennuyeux. S'agit-il d'une a^ire sérieuse, il l'entrave par ses remarques saugrenues ou ses quolibets hors de propos. Dans une partie de plaisir , il répand l'embarras et te méfiance , parce qu'on le voit toujours prêt à dépasser le but : son incessant bavardage , ses cris et ses éclats de rire vous étourdissent, et sa' grosse joie vous attriste.

S'il a une certaine position sociale , s'il a beaucoup d'or surtout, il se croit tout permis. S'il n'en a plus, it se le croit encore, parce qu'il n'a plus rien à perdre» pas même l'honneur* '

Le viveur marié sera mauvais mari, mauvais père. S'il

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n'est point trompé par sa femme, c^est (pi'elle est laide ou qu'elle a une vertu plus qulhumaine, car il fait tout ce qu'il faut pour l'être. Il lui raconte toutes les bonnes fortunes qu'il a et même celles qu'il n'a pas. 11 lui dira aussi celles qu'il compte avoir. Plaignez, après cela, le pauvre homme , s'il est sbjet aux accidens et s'il crève d'une purgation arsenicale.

Quant à la physionomie du viveur, si toutefois le viveur a une physionomie , c'est celle d'un sensualisme grossier ou d'une tendresse alcoolique. Son costume , bien que des plus belles étoffes et du plus beau linge , a toujours quelque chose de débraillé,, sans avoir rien d'arlistique ; il est le contraire de ce qu'^n appelle tiré à quatre épmgles; sa chemise est ouverti?!, son gilet déboutonné , sa cravate chiffonnée. Il y a enfin , dans ses habits comme dans sa personne, quelque chose de flasque et d'abandonné: chez lui, tout traîne ou pend»

Nous n'avons parlé que du viveur de Paris; le viveur de province lui est encore inférieur. C'est un hoinme passant sa vie dans les cafés ou les estaminets ; c!est,, à proprement parler, un godailleur, sorte de bête gloutonne tenant autant du pourceau que de l'espèce humaine. Le vivear de Paris est débraillé, celui-ci est sale et puant.

Néanmoins , en province eomlne à Paris , il est uùe sorte de viveurs qui n'en ont que l'apparence et qui , sous l'enveloppe d'une grosse gaîté et d'Une prodigalité de gestes et de paroles, trouvent le moyen de faire payer « les autres. Ces viveurs parasites, spéculant sur la facilité des viveurs réels ou de fonds et sur la vanité des sots, les guettent partout, ils les amorcent au moyen de quelque avance de politesse ou qiielquç seuiblant de confidence et d'amitié. Ce sont em qui vous consulteront sur des affaires qu'ils n'ont pas, sur des constructions qu'ils ne foat pa6 faire, etc.

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