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On a peine à croire qiiMl puisse Pclnporter sur celai des caresses , et c'est pourtant vrai : on se fatigue plus ▼ite de celles-ci que des antres; et tel individu qui dédaignera celles de sa femme et de ses enfans ou ne les souffrira pas une fois par mois , ne sera pas satisfait si, dans ses rixes de cabaret, il ne s'est pas fait souffleter une fois par semaine.
L'amant heureux est souvent pris de cette manie bd- ^ liquense , et parce que sa maîtresse Taime , il a besoin que quelqu'un le déteste. Il ira donc chercher noise au premier venu, et sa belle Ten chérira davantage: à moins pourtant qu'il ne revienne avec le ne^ cassé et l'œil poché; alors, il y aura revirement, cl c'est son adversaire qu'elle adorera.
Remarquez qu'une caresse faite à votre chien produit sur lui le même effet et le dispose si bien à la hargne, que , dans sa joie , il ne manquera pas d'aller mordre un passant. '
Tout ceci est fort bizarre et annonce que le congrès de la paix aura fort à faire pour nous en inspirer le goût.
YEUX. On a nommé les yeux miroir de l'ame, et l'on a eu raison : l'homme qui veut déguiser sa pensée, s'exerce d'abord à de'guiser ses yeux. Celte précaution a été et est encore la providence des opticiens et marchands de lunettes, car tout le monde n'en porte pas pour cause de vieillesse ou de myopie.
On a remarqué que la plupart des ambassadeurs et agens diplomatiques avaient des lunettes; ils devraient en avoir tous, du moins tant qu'ils sont en fonctions.
Je conseillerais aussi les lunettes aux notaires et à leurs premiers clercs. La chose ne serait pas non plus inutile aux procureurs de la république. Elles sont in-
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dispensables aux aviocalSy et elles le seraient aux représeataus si la salle était moins grande ou plus claire. . Les hommes louches peuvent toujours s'en passer: comme on ne sait où ils regardent ni ce qu'ils re* gardent, on ne peut saisir l'expression de leur regard. Aussi presque tous les grands politiques louchent ou par nature ou par intérêt; et en •diplomatie, les beaux yevsi sont les yeux de travers.
Rien ne contribue plus que les yeux à la beauté ou à la laideur. On ne sait pourquoi tçlle figure réputée belle nous déplaît, et telle autre complètement laide nous agrée; c'est la magie des yeux q^i agit sur nous sans que nous le sachions •nous-méme.
Les anciens, qui se connaissaient en physionomie, ne donnaient pas de traits hideux à Méduse; au contraire, ses imagos ont toute la finesse du beau type grec Ils la faisaient belle, sauf les yeux auxquels ils attachaient une expression véritablement diabolique.
Millon, en habile homme qu'il était, po^ar rendre son Satan effrayant, ne Ta pas fait laid; tout au contraire, il lui a donné la beauté, sauf encore les yeux.
J'ai vu , en visitant les bagnes et les prisons , des criminels admirables de beauté lorsqu'ils sommdllaient. Quvraient'ils les yeux, ils étaient hi<}eux.
La chose est peut-être encore plus frappante chez les femmes : belles dans le calme, horribles lorsque la passion les transporte, et toute la métamorphose vient encore de l'œil.
Aussi, messieurs et mesdames, et vous mes bons petits amis, écoliers de toutes les tailles, quand vous vouliez faire quelque sottise, couvrez-yous les .yeux« Q^aad vous Tavez faite, couvrez-vous-rles encore.
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ZACINTHE. « Plante , dit le Dictionnaire , dont les feuilles sont excellentes contre les verrues. »
Il y a bien vingt plantes, non comprises Téclaire et lès pommes de rénette, qui ont la même réputation, ce qui n^empéche pas les verrues de croître et prospérer quand elles ont rencontré un sol qui leur convient.
Or, leur sol est une chair vivante, et quand elles s'y plantent, ce n'est pas petite affaire que de les en dé*planter. En extirpe-t-on une, il eu vient deux, et ainsi de suite.
Qu'est-ce donc qu*nne verrue? Est-ce un végétal? En vérité , on le croirait , car elle a des racines qui kl font ressembler à un ognon de tulipe.
n est nai que les cors en ont, mais tes cors sont
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aassi des verrues et des pins malignes, verrues contre lesquelles la zacinthe, réclaire et les pommes de rënette peuvent encore moins que sur leurs analogues innocentes, les verrues sans douleur.
Si celles-ci avaient été une maladie réputée dangereuse , si jamais quelque notabilité en était morte , il est à croire que la science en aurait trouvé le remède ou du moins la médecine et que nous n'en serions pas encore à la zacinthe. Mais la Faculté ne s'occupe pas de ces misères , elle les laisse à la nature et aux charlatans.
ZÈBRE. Il passe pour être plus entêté encore que le baudet son parent, et il est réputé indomptable, parce qu'il se refuse à la selle comme à Fattelage ; probablement qu'il a des raisons pour cela. C'est dommage, car c'est l'animal le mieux vêtu qu'on puisse voir, et nos plus belles fourrures , nos plus fines draperies n'approchent pas du velouté de sa robe de lin , rayée de blanc et relevée de noir.
Il mérite d'ailleurs une si riche parure. Ses formes sont à la fois vigoureuses et légères , sa jambe fine et son jarret d'acier. Ses yeux expressifs sont alternativement doux et fiers.
rionobstant tant de qualités, il est des gens qui, ne voyant que ses oreilles, le qualifient d'âne sauvage. 11 y a alliance, nous venons de le dire, mais ce rapprochement n'a rien dont il doive rougir , et l'âne lui-même est une créature fort estimable : sobre , patient , courageux, il n'a de vices que ceux que nous lui donnons. Quant à moi, j'aime les ânes.
Ane ou non,. le zèbre, quoiqu'on en dise, deviendrait domestique et privé si Ton voulait sérieusement qu'il