‹ Hommes et choses (volume 3)Chapitre 107 sur 110 · ZEB · texte numérisé non relu

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le fût. Je ne crois pas à rinsociabilité absolue, même chez les bêtes ; toutes ont paru insociablos avant d'être apprivoisées,' et je suis convaincu que pendant bien des siècles, les bœufs, les chevaux, les ânes et peut-être les moutons eux-mêuies ont e'té réputés indomptables.

Lorsque Bonaparte commandait en Egypte, il reçut en présent un très-beau zèbre. Désirant le conserver, il le fit embarquer pour l'Europe, en compagnie d'un maréchaldes-logis de chasseurs qu'il chargea d'en prendre soin et de le conduire à la Mal maison où résidait alors Joséphine.

Le maréclial-des-logis obéit, et quoiqu'il ne se fit pas faute d'appeler son pupille bourrique, et que celui-ci, assez mal élevé, lui eut, quand il lui faisait sa toilette, allongé plus d'un coup de pied on^ de dent, ils arrivèrent tous les deux en bonne santé à Paris, d'où, selon sa consigne, mon sous-officier le conduisit à la Malmaison.

Cependant, soit que par suite de la mauvaise conduite de son élève et de son dégoût pour Tétrille , il l'eul trouvé indigne de sa. sooiëté, soit qu'il fut naturellement orgueilleux, il avait sa mission sur le cœur. Aussi, en le présentant à la femme de son général , il lui dit : « Madame, voilà la bête, elle n'a manqué de rien; elle a été bien pansée, bien bouchonnée, comme vous voyez; mais je vous dirai , sous votre respect , qu'un sousofficier de chasseurs n'est pas fait pour conduire un âne. »

 son retour d'Egypte, Napoléon s'informa du zèbre, et Joséphine lui raconta la colère de son conducteur. Cet orgueil de l'uniforme et cette dignité de soldat ne déplnrent pas an général, et comme à cette époque on exigeait moins de science que de bravoure , il le fit officier.

Dès ce moment , mon homme perdit tonte rancune contre son compagnon de route; il conçut même pour

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