‹ Hommes et choses (volume 3)Chapitre 12 sur 110 · TV · texte numérisé non relu

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sacs , ces ridicules , ces aumônières , ces bourses , ces cabas et autres récipiens nomades qui ont dimiguë et divulgueront encore tant de secrets par l'imprudent oubli de leur propriétaire. Qm de querelles, que de divorces, que de coups d'épée pour des fautes qui seraient restées à jamais enfouies dans les podies , sont sortis de ces malheureux sacs.

On dira qu'il s'en est échappé aussi de bien douces révélations, qu'ils ont souvent été l'entrepOt dts cœurs et la petitie poste des amours.

Je n'en disconviens pas, et nous admettrons ceci comme circonstance atténuante. Mais le plaisir qu'ils donnent ne peut détruire le mal qu'ils ont fait.

Je maintiens donc mon dire, et je vote pour la restauration des poches, vu leur légitimité, car elles datent de la fondation de la monarchie.

POIDS ET CONTRE-POIDS. Nous avons dit ailleurs que le mouvement n'était appréciable que par la compa^ raison ou par le rapprochement d'un autre mouvement, et qu'il serait impossible de s'apercevoir si un corps isolé dans l'espace marchait ou ne marchait pas.

Il en est ainsi de notre planète quand nous ne regardons pas les globes qui l'entourent. Aussi, pendant des siècles, les hommes ont cru à son immobilité.

Us n'ont vu de mouvement terrestre que dans les oscillations du sol ; mouvement devenu sensible pour eux, parce qu'en les séparant de leur base, il o^trariait les lois de l'équilibre et qu'il leur offrait, par sxm intermittence, des termes de comparaison.

De l'équilibre absolu à l'imiDobilité, il n'y a donc pas de différence sensible, bien que l'équilibre puisse exister dans la plus grande. rapidité ;du aiouvement; preuves: la

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marche et la rotation de notre terre. Anssi avons-nons nommé ce mouvement non sensible^ VimmohUité du motàvemenL

Mais c'est spécialement à un corps lancé dans le yide que nous avons appliqué cette définition.

Mous avons ajouté que, dans son isolement, un globe ainsi projeté ne pouvait compter dans la balance des choses, parce qu'étant lui-mlme en dehors de l'équilibre, il ne pouvait concourir à celui d'aucune antre partie de la matière.

Si , dans le vide , ce mouvement est. nul , il retrouve une action quand il rentre dans rensemble et qu'il prend sa place dans le fluide éthéré ou ce que nous appelons le plein. Là , il est le pirincipe ou le type originel de tons les autres mouvemens. On peut même aller plus loin et dire : il n'y a qu'un mouvement absolu , le mouvement direct ou Tentraînement de la dme vers la base. Tous les autres sont des modifications de l'équilibre ou des mouvemens balancés par un contre-poids , c'est-à-dire par un autre mouvement, car le mouvement direct n'est jamais que celui d'ui^e matière pesant sur une autre matière et la traversant plu9 ou moins facilement, selon qu'elle est plus ou moins dense.

On peut donc mesurer le poids au temps que met un corps à en traverser un autre, oii. à l'impulsion qu'il donne au corps qu'il ne peut pas traverser.

S'il est arrêté par ce corps, comme le serait un aérolithe arrivant sur la terre, et s'il s'unit à lui, dès-lors, il pèse et marche avec lui et. cesse de peser et de marcher lui-même. En trouvant une base, il a perdu à la fois sa pesanteur et son mouvement, en d'autres termes, sa spéeialité : il formait un tout, et il n'est plus que la partie d'un autre tout.

Un corps ne pèse que par $011 plus ou moins d'iso-

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lemeitt des autres oorps. Nëanmoins , il ne pèse qae parce que ces corps ou ces matières qu'il côtoie out on poids elles-mêmes et qu'elles lui offrent une résistance. Si elle n'en offrait auenne , il serait là comme dans le vide , et nous retomberions dans ce que nous avons nommé l'immobilité du mouvement on dans une mobilité en dehors du poids et de Té^uilibre.

Un poids n'est donc tel qne dans fa matière moins dense ou moins rapide que ïuî-méme , ou en présence de la possibilité d'un contre-poids et de tous les degrés qui conduisent à Téquilibre , car Finvariabilité de cette pesanteur amènerait finvariabiltté de son mouvement ou cette unité absolue sans terme comparatif, qui équivaut il la nullité. Enfin, un poids n'est un poids que parce qu'ail marche vers un contre-pofds ou une base et que son mouvement varie à mesure qu'il en approebe. Ce eontre-poids trouvé , cette base atteinte , féquilibre est établi , le mouvement cesse et avec lui la pesanteur.

Sans doute ce poids pourra contribuer à la marche ou à la pesanteur du corps qui lut sert de base; mais s'il ' est entraîné dans ce mouvement, s^il est confondu â ce corps, il n'a plus lui-même ni pesantenr ni mouvement, et il ne retrouverait Tun et l'autre qoe si , rompant équilibre, il s'agitait sur sa base et cherchait mi contre-poids en dehors du poids auquel il est uni.

Tel est l'effet d'un boulet que nous faisons rouler sur la terre, il pèse jusque l'instant oh il s'arrête. Quand il a retrouvé son immobilité il pèse arvec la terre , il marche avec elle, mais Ini-^même ne pèse plus , ne sè meut plus, n'est plus un poids distinct, if est une portion de la masse; car ce n'est pas la forme qui constitue nn poids on nn corps, c'est Va spéèialifé du mouvement de ce corps et son action en dehors denietiott générale.

L^on voit que le ttiéeanistoe du moureaienf nhirersel

est simple: c^est Teffiet d'une balance oo d'un poids cherchant son contre-poids. La mobilité des élëmens, la marche des corps célestes, de la terre dle-méme et de tout ce qui s'agite sur sa surface ^ n'a pas d'autre cause. Ainsi, tout mouvement est un eflbrt vers l'équilibre; il n'y en a pas d'autres.

Il existe , en apparence , devx sortes d'équilibre : l'équilibre du poids et l'équilibre du mouvement; maïs en réalité il n'y en a qu'ten, puisqu'il n'y a pas de mouvement sans poids ni de poids sans mouvement.

Dans l'immobilité absolue , rien ne pèse. Dans le mouvement il y a autant de poids qu'il y a de divisions dans ce mouvement. A la rapidité comme à la pression on peut donc mesurer la pesanteur.

L'équilibre comporte deux corps au moins on deux poids, deux forces ou deux pressions dont l'une balance l'autre.

Aroir un poids , c'est èb*e en debors de la masse , dès -lors, avoir une foriM à soi. Peser est la con-^ dition indispensable de la spéôaltlé de la forme et de l'état d'être; c'est par là que commence Taction d'une chose comme d'un individu : la première puissance qu'ils exercent sur la terre, c'est de peser sur elle et indépendamment d'elle.

L'attraction est l'effet d'un poids et d'un contre-poids. « L'attraction réciproque . du soleil et de la terre, dit lïewton, cette attraction, distribuée dans toutes les parties de la natnre , est semblable à l'effort que fait un bateau ou. une pierre et à la réaction que la pierre ou k bateau exercent snr le cbeval. • D'un autre cftté : «.La gravi tation oa pesanteur univeEscUe est la tendance qu'ont tous les corps à se porter les uns vers les autres, depuis les plus gros jusqu'aux plus petits , c'eâ-à<-dlre à»pm les moléoides jusqu'asx oaqps célestes. »

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La pesantear n'étant qa*une pression qui indique une résistance ou une contrepression , elle doit être variable selon les lieux et la position. Aussi un corps pèse moins à l'équateur qu'au pôle , et ce corps qui pèse un kilo sur la surface de la terre en pèserait vingt* trois sur , celle du soleil.

Son mouvement variera dans la même proportion : il tombera de cinq mètres pendant la première seconde. Sur la surface du soleil , il tomberait de cent -quinze mètres pendant la même seconde.

Aux yeux de beaucoup, ce qui fait la dififérence â*un corps lourd à un corps léger, est le moins d'espace que tient le corps lourd ou la plus grande quantité de matière qu'il offre dans un petit volume. On dira : For pèse plus que Targent ; ce qui est uo non-sens ou signifie seulement que Tor tient moins de place que l'argent ou qu'il a plus de poids à volume égal.

Si la forme paraît influer sur la pesanteur, c'est qu'elle influe sur le mouvement ; et die agit également sur cette pesanteur, si vous admettez que, sauf dans le vide, le mouvement fait le poids.

Une voile déployée tombera moins vite qu'une voile ployée. Pourquoi? C'est que la pression, en se divisant et en s'étendant sur un grand nombre de points , est devenue localement moins active que si elle s'était concentrée sur un seul. Telle sa'ait une aiguille que vous auriez laminée , elle ne percerait plus.

C'est aussi parce que le poids de cette voile déployée porte sur une plus grande masse de fluide , qu'elle y trouve un meilleur point d'appui et une plus forte partie de son contre-^poids. Si elle pouvait s'étendre assez pour embrasser une portion de ce fluide ^ale à sa pesanteur, elle ne tomberait pas et resterait indéfiniment suspmidue sur le fluide, en n'ay^t d'autre mipttvemeiit que le sien.

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C'est ce qui est advenu des globes par ta Iransformation de leur enveloppe en matière atmosphérique : cette atmosphère, attachée à leur noyau, fait toujours partie de leur masse. Leur pesanteur spécifique est donc restée la même , et pourtant c'est par suite de cette dilatation de leur enveloppe qu'ils ont cessé de peser directement sur le fluide et qu'ils ont pris un mouvement horizontal, elliptique ou circulaire.

Que cette atmosphère, se condensant, se reploie sur son noyau , ou qu'elle s'en détache et s'évapore , à l'instant chacun de ces globes recommençant à peser sur le fluide, reprendra son mouvement vertical.

Cependant la condensation de la partie atmosphérique du globe n'a pas augmenté sa masse ou son poids effectif, et révaporation de cette atmosphère l'a diminué. Pourquoi donc , sans peser plus et même en pesant moins , ce globe semble-t*il peser davantage? — C'est que bien qu'un corps , en s'étendant , ne diminue pas en poids r^l, ce poids étendu rentre plus facilement dans l'équilibre. Les obstacles qui. s'offrent à son mouvement, in* diquent seulement qu'il commence à rencontrer sa base ou à trouver son contre-poids. Or, la pesanteur n'étant en réalité qu'un mouvement, ce mouvement va être abrégé d'autant. 11 en est ici comme dans la voile déployée; et cette vmle, fût-elle même plus lourde que le fluide, ne tomberait pas encore si le mouvement horizontal de ce fluide compensait, par sa rapidité, la différence de poids ou de densité comparative qui existerait entre lui et cette voile.

Le mouvement peut donc modifier ou annuler la pesanteur , comme il peut modifier ou arrêter un autre mouvement. De deux poids, il peut résulter l'absence de poids ou l'équîiâire. Deux mouvemens opposés pourront amener un effet semblable. Tel ^t bien celui d'une

balanee : égalisez les poids , tout s'arrête. L^équilibre atteint , le mouvement cesse , et avec lui la pesanteur. C'est un mouvement qui annule an mouvement en S'annulant lui-même : le contre-(y)ids, en cessant de balancer le poids, a amené l'équilibre ou l'immobilité.

Le contraire serait arrivé si le contre-poids s'était amoindri : à mesure de sa décroissance , le mouvement du poids aurait augmenté, et la séparation se serait d'autant plus prononcée.

Lorsque le contre-poids aurait été annulé, le mouvement du poids serait devenu direct ou vertical , parce que de ce moment il aurait été entièrement séparé de sa base ou de son principe d'équilibre. Dans ce cas , il ne peut plus avoir d'autre mouvement que celui de la chute.

Or, le mouvement d*un corps qui tombe est d'autant plus rapide qu'il s'éloigne davantage du point d'appui qu'il quitte et qu'il se rapproche de celui qu'il cherche.

Ainsi, un poids ne devient poids qu'à l'instant qu'il perd sa base ou son équilibre , et il augmente de pesanteur à mesure qu'il s'en éloigne ou qu'il se rapproche d'une nouvelle base. C'est donc quand il va Fatteindre qu'il a acquis a la fois l'apogée de sa pesanteur et et son mouvement.

Quant au rôle que joue ici le développement de la voile ou de l'atmosph^ , il est nettement définie U& corps n'augmente d'étendue qu'en se déployant ou en se dilatant : or , la dilatatioA est tott}ottrB une tendanoe ou un rapprochement vers l'équilibre , comme la ooii« densation en est l'éloignement; non qu'un corps dense ne puisse trouver sa base ou son coatre-poids , mais il le trouve plus difficilement ^ parce qu'il a plus de raoiMlité, et qu'en outre de sa pesanteur spécifique v il a oeHe de son mouvement* BptoBTant nmns à^doMàta

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dans sa marche que Ze corps dilaté, û a moins de chance de s'arrêter.

On dira que lorsqu'on jette , du haut d'un clocha , la voile ouverte et la voile ploy^ëe , c'est cette dernière qui arrive la première et coûséquemment qui a rencontré le plus tôt sa base« Ceci n'est qu^apparent; si la voile déployée reste plus long-temps en Pair , c'est que l'air lui fait obstade; c'est quf , par son poids ou son mouvement, cet air lui sert de contre-poids et de point d'appui. Cet appui est insuffisant sans doute, puisque la voile déployée finit par arriver à terre ; mais elle y arrive obliquement ou horizontalement et après maints et maints temps d'arrêt, parce qae dès son point de départ , elle entrait dans la voie de l'équilibre , et que si le fluide atmosi^érique avait eu un peu plus de densité, il l'aurait arrêtée.

La dilatation est done un acheminement vers l'équilibre, et c'est presque toujours au moyen d'un fluide ou de la dâatation d'une portion de leur enveloppe, que les corps célestes se soutiennent dans ^espace et harmonient leur éqoilitM'e à leur mouvement ou à leur immobilité relative.

Ce sont donc ordinairement les eorps étendus qui font contre-poids à ceiix qui ne le sont pas, et les parties Itères qui servent d*aîles on de balaneiers aux parties lourdes ou condensées.

Il faut bien qu'il eti soit ainsi; la masse du fluide éthéré, considérée dans son ensemble, excède infiniment celle de la matière dense. Prise partiellement ou dans chaque système de monde, cette masse de fluide ne peut pas non plus peser moins que celle des corps de ce système: la preuve, c'est qu'ils restent suspendus, tournant sur leur base d'éther comme les billes sur le tapis d'nn billard.

Un corps dense, dira-t-on, est bs^ancé par un corps dense ^ et ils se santiennent par lenr attraction ou leur

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mouvement, ce sont ici les deux plateaux de la balance.

Rien de mieux; mais ce n'est pas asse^ que les deux plateaux soient en présence, il faut une force qui les y maintienne. Faites disparaître tonte la matière fluide de l'espace, n'y laissez que des corps denses et indilatables, il n'y a plus d'ëquiUbre possible, tons ces corps projetés dans le vide vont marcher en ligne droite sans jamais se joindre , sans Jamais s'arrêter ; ils resteront indéfiniment à la même distance relative, parce qu'ayant tous le même poids, quelle que soit leur différence de volume, ils auront tous le même mouvement.

La régularisation du mouvement ou le mouvement autre que la chute ou que la projection directe, enfin tous les mouvemens qui constituent les divers degrés de rapidité ou d'efforts vers l'équilibre, ne sont donc que la conséquence du rapprochement et de l'union des corps denses et des masses fluides. Aucun ordre n'est possible dans un fluide sans parties denses, et ne Test pas davantage dans une réunion de corps denses sans fluides.

11 est même indispensable que la masse de fluides excède celle des corps denses ; si le contraire arrivait , le mouvement de oeitx-ci serait sans cesse arrêté ; aa lieu de chercher une base , il la rencontrerait partout , et quand, par la réunion de tous ces corps, la niasse dease, devenue unique, aurait entraîné son contre^poids dans une masse égale de fluides, tout encore deviendrait immobile et mort.

Chaque région de l'espace ou chaque délimitation de l'étendue , car là aussi , puisqu'il y existe un ordre de choses, il y a des limites aux choses, ne comporte donc qu'un nombre de corps denses dont le mouvement, le volume et le poids peuvent être déterminés d'après ceux du fluide qui les envdoppe. C'est ainsi qu'une rivière,

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qa'ane rade, qu'an bassin ne recevra que des navires dont le tirant d'eau est en rapport avec sa profondeur.

Si Ton peut mesurer la masse d'eau que déplacent ces navires, on peut estimer la masse de fluide que déplace un globe. La pesanteur spécifique d'un globe nous donne celle de son contre -poids , comme celle de ce contre* poids nous indique l'étendue et la profondeur de la masse étbérée qui le compose.

Quand une trop grande séparation se trouve entre un globe et un autre globe et que la masse de fluide est hors de proportion avec le mouvement et le poids de ces globes, il est probable qu'il existe, entr'eux, un ou plusieurs corps célestes non encore découverts. En rappro* chant les distances de la pesanteur et du mouvement, on pourrait même arriver à montrer la place où ces astres se trouvent. Ce calcul, tout hasardé qu'il semble, n'est pas impossible ; je le prouverai ailleurs. Enfin, entre la masse dense et la masse fluide, il doit partout y avoir des rapports positifs , et par la mesure de Tune on doit arriver à celle de l'autre.

Ainsi, telle étendue ou telle pesanteur spécifique d'éther comporte tel poids de matière condensée ou tel nombre de globes. 11 ne peut guère en être autrement. De même qne la matière dense, le fluide éthéré a son organisation et son mouvement. Que ce flnide soit divisé en zones , en tourbillons, en atmosphères, en balles, en nébuleuses, il n'importe ; dès que chacune de ces divisions a une destination fixe , il faut que des étais , des jalons , des bornes, un moyen de maintenue quelconque serve à définir chaque division et lui conserve la place , la forme , le mouvement et l'étendue qui lui sont assignés dans l'ordre céleste. Or , ces jalons , ces limites , cette charpente du fluide, sont les corps denses. C'est ainsi que les masses granitiques retiennent et solidifient les parties molles

de la terre, et que les os sdatiennent ta chair et le sang des corps animaux.

En définitive,, tont objet, ^élque dirisë et lonrd qaMl paraisse, peut rencontrer son eontre^poids dans le fluide mêaie le plus léger : la différence n'est que dans la dimension. Mais cette dtiérence n'a rien de pins étrange que celle de la livre de plume mise dans la balance en regard de la livre de plomb et maintenant le plateaa sur la même ligne.

Il est encore une circonstance qu'il ne tant pas perdre de vue : les rapprochemens suivans la feront comprendre. Le point d'appui d'un homme qui marche n'est pas seulement la terre sur laquelle il pose le pied, c'est la colonne atmosphérique qui l'entoure. Ce ne sont pas les ailes de l'oiseau qui vole qui font son eontre-poids, c'est la masse d'air qu'il met en mouvement an moyen de ses ailes.

Ce n*est pas non plus le nez de l'équilibriste qui soutient la plume de paon qu'il 7 maintient debout , c'est le fluide qui l'entoure et les monvemens qne finit l'homme.

Dans l'équilibre des corps célestes, il faut donc, qnand on a la mesure de leur poids, tenir compte de ce que le mouvement (Vte ou ajoute à ce poids, et aussi de ce que le mouvement du fluide Ote ou «joute au contre^poids.

La mesure du mouvement fait celle de la pesanteur, avons-nous dit; mois nous avons dit aussi que certains mouvemens équivalaient à l'immobilité. Le mouvement qui fait la mesure du poids , parce qu'il s'aecrott toujours en s'éloignant de la base qu'il quitte, est le mouvement direct ou de la chute.

Le mouvement horizontal ou circulaire, celui qui s'opère dans le rayon de l'équilibre, équivaut à l'immobilité, et dès-lors n'ajoute ni n'(^te rien au poids. Mais dans

aacun cas , le mouvement ne peat alléger le poids ; seulement il le déplace , il Fétend et le fait porter » comme la voile déployée, sur un plus grand nombre de points d'appui.

La rapidité du mouvement horizontal d'une masse produit ici l'effet de la dilatation. Dans une position comme dans Fautre, la pesanteur spécifique ou la près* sion reste la même; mais elle cesse plus tôt dans le premier cas , parce qu'elle atteint plus vile son point d'équilibre.

Quant au mouvement du fluide qui sert de contrepoids à un corps dense, il rentre dans les méoieSr conditions que ce corps; ici, comme toujours, le mouvement ou la pression uniDoirme amène l'équilibre ou l'annulation du poids.

n importe donc peu que la matière qui entoure un corps soit agitée : si cette agitation est partout égale , le corps contenu n'en est pas moins sans poids ou sans mobilité. Le poids ou le mouvement ne recommence que lorsque l'équilibre est ébranlé : ce poids , ce mouvement, augmentent à mesure qu'ils s'éloignent de l'é* quiiibre et que le contre-poids devient de plus en plus inégal au poids.

Cependant une nouvelle impulsion imprimée à ce contre* poids , en changeant sa direction , le rapproche de l'équilibre ou de l'égalité des poids. Le u)K)uvement alors paralyse le poids ou le régularise, car entre deux corps de dimensions diverses , la rapidité de l'un compense l'excédant matériel de l'autre.

Quand un corps , même en mouvement , est soutrau d'une manière égale par tous les corps. qui l'entourent, il ne pèse plus sur aucun : la pesanteur agit surtout de haut en bas ou perpendiculairement, car le mouvement oblique, horizontal ou circulaire „ tant qu'il présente un

équilibre parfait, équivaut à Fiinmobilité ou à Tabsence de pesanteur.

Si ce mouvement devient vertical , à l'instant Féqui— libre cesse ; la pesanteur recommence et s'accroît tant que le mouvement vertical continue , et il continue jusqu'à ce qu'il trouve une base ou un nouveau contrepoids.

Remarquez que cette absence de contre -poids n'est jamais absolue , même dans le mouvement de baut en bas. La preuve , c'est que ce mouvement est variable et croissant ; aussi n'est-il jamais tont-à-fait direct ou décrivant une ligne exactement droite.

Quoiqu'il en soit, ces faits ramènent à cette conclusion que l'équilibre n'est que la cessation de la pesanteur, et que le poids d'un corps diminue à mesure qu'il s'éloigne de la marche verticale.

La pesanteur ou la pression n'est donc que le mouvement de haut en bas , et tout mouvement oblique ou horizontal est une déviation et une diminution de la pression, et ceci parce que ces déviations du mouvement direct annoncent toujours une résistance et dès-lors un principe de contre-poids, d'équilibre ou de base.

Sans doute le mouvement de haut en bas peut continuer malgré ces déviations, et il en est ainsi de tous les corps qui tombent dans un fluide , mais ce mouvement devient plus lent et la pesanteur moindre , parce que chaque déviation est une sorte de temps d*arrêt ou un commencement d'équilibre. Que cette déviation se prononce tout-à-fait , que le corps qui descendait verticalement soit entraîné horizontalement, la pression ou la pesanteur cesse.

Le mouvement vertical ou la pesanteur croît donc avec la distance et la durée , tandis que le mouvement tendant à l'horizontalité diminue avec elles et arrive ,

quand cette horizontalité est complète , à Téquilibre parfait qui équivaut, pour nous, à rimmobilité. De la pesanteur à la non-pesanteur, la différence est ici celle du mouvement vertical au mouvement horizontal.

Ainsi , pour matérialiser notre idée , les planètes projetées du soleil et les satellites projetés des planètes n'ont cessé le mouvement qui les en éloignait que lorsque la résistance du fluide qu'ils traversaient est devenue plus forte que l'impulsion qui les poussait ; et cette résistance a acquis cette force, seulement quand la masse projetée a cessé de marcher en droite ligne et a décrit une courbe. Si elle a pu décrire cette courbe, c'est que la projection n'a pas été verticale, sinon la séparation eût été définitive et le corps lancé eût trouvé cette base sur un autre corps ou s'en fût créé une.

Comment, d'horizontal, le mouvement du corps projeté est-il devenu elliptique ou circulaire? C'est encore ce qu'explique cette nécessité de l'équilibre. La courbe achevée, il fallait ou qu'il conservât son mouvement^ et décrivît une nouvelle courbe, ou bien qu'il prît le mouvement direct; ce qui n'eût pas manqué d'arriver si, projeté en dehors de l'attraction ou de l'équilibre du globe dont il émanait, il fût tombé dans le vide ou dans l'atmosphère d'un autre corps. Ceci n'arrivant pas , il fallait ou qu'il revînt sur ses pas et qu'il retombât sur le globe d'où il avait été détaché, ou qu'il trouvât son point d'appui en dehors de celui de ce globe.

Or , il le trouve dans l'horizontalité même de sa marche; car il n'a pu marcher ainsi, que lorsque la résistance du fluide qui le séparait du globe dont il * venait, a été égale à la pression qu'il faisait subir à ce fluide. Cette égalité acquise , l'équilibre en résultait , et la pesanteur cessait : ce corps avait trouvé un poids égal à son poids.

Pour être ^compris, car il se peut qae ceci ne soit pas complètement intelligible , je vais le jrépéter en le formuLint par un autre exemple.

La projection d'un corps en dehors d'un autre corps est une infraction à la loi de Fattraction et de l'équilibre. La projection de la terre, si, en effet, elle émane du soleil , a dû avoir lieu par un éruption volcanique ou une opération analogue à cdle d'un canon chassant ,un boulet. Tant que ce boulet n'aurait pas atteint les limites de l'attraction terrestre, il demeurerait dans l'équilibre de la terre et ferait partie du poids de cette terre et non de son contre-poids. Alors, il faudrait bien qu'il revint à son point de départ, c'est-à-dire à la terre, ce qu'il ferait en plus ou moins de temps, selon qu'il prendrait, dans sa chute, un mouvement plus ou moins direct.

S'il sortait de cet équilibre de la terre, s'il arrivait sur un corps formant contre-poids à cette terre, le résultat serait encore le même ; il parviendrait au centre d'équilibre de ce contre-poids, il y trouverait sa base en s'y annulant, en devenant partie de ce tout.

S'il tombait dans un espace neutre ou en dehors de toute attraction , de tout poids ou contre-poids , enfin dans un fluide où il n'y aurait aucune autre concentration que lui-même , il n'en cesserait pas moins de marcher en ligne droite et , tôt ou tard , il prendrait un mouvement horizontal , c'est-à-dire le mouvement vers l'équilibre.

Alors ce boulet aurait trouvé son contre- poids soit dans une masse de fluide égale à lui-même, soit dans un mouvement de ce fluide contre -balançant son poids ou son mouvement.

Il pourrait le trouver aussi par la dilatation d'une partie de sa masse, dilatation qu'amène «ne chalear

intense, ainsi qu'il arrive des comètes quand elles ap« prochent du soleil; comme dans ces comètes cette dilatation ne s'étendrait qu'à un point suffisant pour ^alîser le poids* de la partie dense à celui de la partie dilatée, et rendre la masse totale plus légère qae celle du fluide qui doit la soutenir : à l'aide de l'une de ces transformations, ce boulet suspendu flotterait dans le fluide comme une bulle d'air ou bien comme un oiseau à l'aide de ses ailes.

La légèreté plus grande encore du fluide dans lequel peut se soutenir nn corps, nécessite seulement la plus grande difotation de ce corps ou d'une partie plus notable de sa masse.

Si l'atmospbère terrestre devenait plus légère , les oiseaux cesseraient-ils de voler? Non, leurs ailes devien* dndent plus longues ou leurs corps moins lourds.

n en est ainsi d'un globe ou de tout corps isdé: son atmosphère ou sa partie dilatée s'étend selon le besoin: ce n'est qu'une question de temps. Son mouvement perpendiculaire ou sa projection directe ne peut avoir qu'un temps : il faut , têt ou tard , que sa marché tourne à l'oblique, à l'eHipse, à Fhorizontal, cfest-à'-dire à Féquilibre, ou bien qu'dles'itrrête, oe qui est encore l'équilibre.

C'est probablement après avoir traversé cette suite d'incidens et complu leur contfe-^poids.^que les planètes projetées du soleiU oa les satellites projetés des planètes, ont cessé le mouvement direct qui les en éloignait , et qa'a commencé leur courbe ou leur premier -mouvement elliptique autour du corps principal.

On v<Ht que l'absence d'un contre^poids ne pouvant

avoir heu que dans le vide^ c'eât àà seulement qu'un

corps peut décrire une ligne exactement droUie« Dans un

fluide , quelque dilJ^ qall soit> 4ans Féthec même , ce

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