‹ Hommes et choses (volume 3)Chapitre 24 sur 110 · S4 QUI · texte numérisé non relu

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ne devrait-il pas être de raser ces boages infects où le peuple languit sans jour, sans eau, sans air, et d^élever à leur place des maisonnettes saines, propres, aërëes, ayant des portes qui ferment et des fenêtres qui s^ouvrent? N'en doutez pas, la moitié des maladies du pauvre viennent du logis; la moitié de ses vices en viennent aussi. Si les cabarets sont si constamment habités, c'est que les maisons ne sont pas habitables.

QUIPROQUO. Le quiproquo a tué plus de gens que la peste, et Ton se brouille. Ton se bat. Ton s'égorge bien moins pour des tofts réels que par malentendu; aussi, les individus qui entendent mal sont-ils généralement plus susceptibles, plus querelleurs que ceux qui entendent mieux.

D'ordinaire, les quiproquo amènent des incidens fâ~ cheux; cependant on a quelques exemples du contraire.

Un petit commmerçant, de mon voisinage, fait un jour une commande de trente barriques d'huile d'olive. Par un malentendu, son correspondant de Marseille lui en envoie trois cents : le pauvre marchand qui ne pouvait , qu'à grande peine, couvrir le prix des trente barriques, et qui, en honnête homme qu'il était, n'achetait que ce qu'il pouvait payer, se crut perdu ou, ce qui revenait au même pour sa probité , à la veille d'une banqueroute.

Mais la Providence veillait. Une hausse générale des denrées fit doubler le prix des huiles: il rendit les siennes, devint un gros négociant; il est aujourd'hui rentier et millionnaire.

Un employé nommé Lebrun, commis à douze cents francs , jeune et capable , mais sans fortune ni protection et débutant dans l'administration, reçoit, sans l'avoir demandé, un fort bel avancement, puis bientôt un se-

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