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cond, puis nn troisième, bref, en deux oa trois ans le voilà chef.
Il ne savait à qnoi attribuer tant de bonheur , quand le mystère s'éclaircit: le prince architrésorier Lebrun avait un cousin de son nom, it l'avait recommandé à un ministre, et par un quiproquo. Ton avait pris pour le cousin du prince celui qui ne Pétait pas.
L'on répara le mieux possible la méprise en poussant le vrai cousin, mais Fautre avait l'avance ; TEmpire s'écroula, et le légitime Lebrun ne put atteindre son homonyme.
J'ai connu un héritier par quiproquo , mais qui l'était en toute conscience; il connaissait peu sa généalogie et croyant que le légataire la savait pour lui, il jouissait, sans remords, d'une belle fortune, lorsque par une circonstance fortuite îl reconnut Terreur: il n'hésita pas mi instant, s'informa du véritable héritier, le découvrit et lui remit son héritage , capital et intérêts.
Cet héritier était un vieillard. 11 avait une fille; elle était belle; mais paWre, elle était restée fille. Devenue riche, elle eut trouvé dix maris. Le vieillard ne voulut pas d'autre gendre que l'homme qui lui rendait son bien; h demoiselle fut complètement de son avis. Notre exhéritier l'épousa donc; il fut bon fils et bon époux. Comment en aurait-il été autrement? il était honnête homme.
QUOI. Façon d'interrroger quand on a mal entendu ou qu'on ne veut pas entendre. C'est plus souvent encore une habitude, assez peu agréable pour les oreilles et aussi pour ceux qui n'ont pas de temps à perdre et à qui, avec ce malheureux quoi, on fait répéter deux ou trois fois la même chose.
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Si quelques gens additioanaient, chacjpie soir, tous les quoi qu'ils ont dits dans leur journée, ils en seraient effrayés eux-mêmes, et au i>out de Yiii^t--cinq années ils verraient qu'ils en ont employé une tout entière à dire quoi, pour en faire perdre au moins autant à ceux auxquels ils Font dit.
Plaît-il est la traduction honnête du quoi^ qu'on ne doit jamais dire à un supérieur. Mais plaU-^l ne vaut pas beaucoup mieux, lorsque lui aussi devient un tic et qu'on le répète a tout propos.
Pour dégoûter du quoi les puristes, car ils se le permettent comme les autres, nous leur dirons qu'ainsi isolé et comme formule d'interrogation, quoi n'est pas français. 11 ne l'est que comme exclamation d'étonnenient ^ou d'indignation : Quoi! vous osez! Quoi! «xkis aivez commis cette action! Si l'on veut remployer comme in* terrogation , il faut dire: De quoi s'agii-il? A qwn pensez-vous ? Mais le quoi tout seul n'est permis quiaux corbeaux, pies et corneilles, et à mon excellent ami, M. D***, qui mourrait certainement d'asphyxie s'il restait cinq minutes sans le dire.
RAIE. De toutes les créutures, il n'en est peut-être pas dont l'aspect soit plus efiErayant que la raie : sa forme plus large que kmgue, sa. queue satanique que termine un dard, ses yeux louches et inégaux, les tubercules armés de crochets qui couvrent sa peau en font réellement un être hideux pour nous; car, certainement, les raies entr'dles se trouvent fort bdles.
On dit que la raie n'a pas le caractère miçux fait que la figure, et que les autres poissons n'ont guère à se louer de ses procédés..
Les hommes aussi ont eu à s'en joindre; la touille, raie sournoise et qui sa cache sous le saMe, a quelquefois, joué aux baigneurs de fort vilains tours, en les électripa^^ comme aurait fiât un prcifes^eur ayec sa inacbi^e.
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On dit qu'il existe dans les mers de Flnde une raie que les marins appellent le grand diable, et qui atteint jusqu'à soixante pieds de largeur; elle peut, sans sMncommoder, avaler un homme.
Si la raie a ses défauts, si elle n'est pas belle, elle a aussi ses qualités : la grande consommation qu'on en fait à Paris et ailleurs l'indique suffisamment. On voit que si la raie mange son homme de loin à loin , l'homme le lui rend bien.
RAISON. DE SON INFLUENCE SUR LA FORME. La raisou n'est que la pensée mûrie par Texpérience et la réflexion. Chose acquise, elle a pour précédent l'instinct qu'elle remplace en beaucoup de cas, mais qui, pourtant, la sert toujours et qui, souvent aussi, la remplace à son tour.
En réalité, l'instinct et la raison n'ont qu'une mêoie base: l'intelligence.
11 y a, dans le passage de l'instinct à la raison, changement de spécialité intellectuelle; aussi l'être, à son début dans la forme humaine, semble-t*il moins capable de fournir à ses besoins matériels et de veiller à sa conservation que le plus brut des animaux.
C'est que cette raison en se dégageant de cette ma~ tière a, nécessairement, moins d'affinité avec elle, et qu'elle commence à placer la vie hors de la terre en s*âevant vers le ciel.
La raison étant la conséquence de l'application des facultés et de h réflexion ^ et le raisonnement n'étant lui-même que la mise en œuvre de la raison, aucun être, en s'éveillant pour la première fois sur cette terre, depuis sa déchéance ou son expulsion du ciel on d'nn monde meillear, n'a pn tranver en lui la raison; il n'a
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dû Tacquërir que par tine expérience de la vie terrestre et en obtenant successïTement une série de petasées, en mesurant ces pensées , en les rapprochant et en les combinant.
La raison comme Tinstinct qui n'en est qu'une nuance, est donc toujours une chose acquise; elle n'a, dans sa plénitude, été donnée à aucun, et ses degrés de crois* sance suivent toujours ceux des efforts que chacun fait . pour Fobtenir.
Ainsi, c'est seulement après avoir traversé un grand nombre de formes que Pélre devient raisonnable; il le devient par cette expérienee que laisse le souvenir et qui, dès la naissance, se manifeste en lui par ces actes, ces désirs, ces volontés, ces idées que nous nommons innées.
Ce n'est donc pas des impressions d'une seule exis* tence, d'une seule fiace de la vie, que se compose la raison, mais de l'ensemble de toutes les sensations passées dont la mémoire s'attachant à Famé a suirécu à la forme.
Ainsi, l'instinct d'un animal des classes les plus rapprochées de l'homme, est le résumé des sensations» des pensées, des volontés qu'il a retenues de son passage dans d'autres formes inférieMres; tandis que la raison de l'homme se compose de tous les instincts qui lui restent de sa vie animale, instincts perfectionnés par l'expérience et le rapprochement.
S'il s'agit d'un homme supérieur, à ce résumé de tous les instincts animaux il faut ajouter cekii de sa raison préc^ente, car il n'est pas à croire qu'il arrive aiyom^ d'hui à rétat d'homme pour la première fois.
C'est par la conséquence ^e ceci que, dans le ver, ta liiasse des idées inifées ou des souvenirs qu'il apporte en naissant, est moins étendue que dans l'oiseau, et elle Test plus dans l'homme que dans l'un et l'autre ; il sufOt
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d'examiner im jeune sajet de chaque espèce pour ea être conyaincu. 'A mesure que Fêtre grandit , il roit pins loin devant; lui, et cela parce qu'aussi il voit plus loin en arrière ou qu'il a la conscience et Texpërience de plus d'étènemens passés.
L'instinct et la raison étant ainsi transmissibles cPune forme à une autre, ce que nous avons fait pour per^ fectionner notre esprit et l'instruction que nous avons acquise dans une vie ne sont pas perdus pour nne autre rie. fen vain, la vieillesse semble éteindre notre intelligence et en effacer les souvenirs , ils ne font que sommeiller et nous serviront plus tard, car rien de ce qui est inhérent à l'ame n'est destructible. L'ame peut reposer momentanément, mais jamais elle ne peut rien oublier. C'est dans cet oubli impossible qu'est surtout la punition du mal comme la récompense da bien.
Noos le n^étoBs : l'être qui feit des eforts ponr étendre son intelligence y parvient. Nous en avons jerarméllement des preuves , et ceci dans l'animal comme dans rhomme. Cesl par cet effort ou cette volonté qae «6 qne nous appelons instinct, dans cet animal, produit ties aeieg qui appt^hent de la raison.
Si l'animal peut devenir plus que l'animal , comment l'homme ne pourrait-^ il pas atteindre plus haut que rhomme? Aussi y att«int-il.
Si la raison s'étend selon que la pensée ^ëthre et se complique , on peot croire que la forme se complique dans la même proportion, bien que celte complication ne soit pas toujours immédiatement visible à nos yeux , parce qu'elfe commence par ta forme interne ou celle qui teuche à la substance 4ie l'ame.
Nous voy^s donc la matière suivre toutes les topdificaiions croissantes de la pensée. H en serait de même des modidcàtlons décroissantes; mais nous avons supposé
id un être allant toujours en avant, c'est-à-dire acquérant sans cesse de nouvelles pens^, les retenant par le souvenir, et les combinant d'après un principe juste. Mais s'il n'acquiert aucune de ces pensées , ou s'il les perd après les avoir acquises, rintelligence ne s'é* tendant pas , la forme ne gagnera pas davantage ; . l'être restera indéfiniment au mène point.
Si l'être, sans perdre ses idées ou son intelligence acquise, en fait un mauvais emploi en l'appliquant à des combinaisons fausses, è des actes contraires à cette intelligence même, ou à ce qui est juste et droit, il résiiltera de celte marche anormale un effet rétrograde qui doit aussi se r^orter sur la fdrme et la faire des-* cendre d'un ou plusieurs degrés.
n en est ici pour la formation) d'un corps par l'applîeation des fecultés créatrices de Tame, comme il en serait de l'emploi, plus m moins raisonné, des couleurs sons les pinceaux d'un peintre , qui fera uti ehef-d'ceuvre ou une croûte selon ce qu'A âuri^ de Science et de génie et qu'il en saura U9$r.
Dans l'être comme dans le tableau , tout se pose où la pensée le pose; et le plus ou le moins de mérite de l'ensemble vient de la distribution plus on moins logique des matériaux. Ces matériaux, en servant à Pœuvre, ne la constituent donc pas : ici , comme toujours , c^est l'intelligence, c'est la réflenon qui édifie.
Bt cette réQexion , cette raison ntère de Foeuvre , ne peut nailre comme l'œuvre même que de la volonté.
Là, comme partout, le bien produit le bien, le mat produit le mal. De l'absence du bien et du mal résulte la stagnation. Si l'être ne fait rien pour conserver ce qu'il a, ou ^a fait ce qu'il faut pour le perdre, il le perd; et quand il Ta perdu il faut qu'il l'acquière de nouveau.
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U y a donc ici une action complexe: l'effet physique suit l'effet moral, et le développement intellectuel amène la progression matérielle; enfin, l'extension des organes ou leur accroissement de puissance donne à Famé le moyen de faire un pas en avant, ou plutôt l'y pousse naturellement, comme elle la rejetterait en arrière si elle avait pris la marche contraire.
Telle est la création , telle elle se continue et se continuera sans cesse : l'impulsion divine n'a point de terme; elle est éternelle comme le principe dont die émane , elle est égale pour toutes les créatures. Cha* cune est ainsi ce qu'elle s'est faite: elle est où elle s'est mise. L'homme est homme parce que, soutenu par la main de Dieu dont il s'efforce de se rapprocher, il s'est fait homme. U devient ange parce qu'il se £ait ange, ou il retombe à l'état animal parce que, s'éloignant de son principe divin, il s'abrutit et se lait animal. Toujours libre dans son choix, s'il rencontre en lui des obstacles, c'est que lui-même les y a créés; nés de sa volonté même oiu de l'abus qu'il en a fait, ils indiquent la plénitude de sa liberté: les entraves qu'il éprouve dains une vie sont la conséquence des actes d'une autre vie.
iinsi , la différence de forme parmi les êtres ^ent de la différence de raison. La différence de raison vient de la différence de conduite ou de la combinaison plus oa moins logique des pensées.
Ces pensées qui survivent à la forme , pensiées heureuses ou malheureuses, douces ou cruelles, justes ou fausses , se manifestent à chaque renouvellement de forme , par les prédispositions que chaque être apporte en naissant.
Reconnaissons donc ceci : la progression comme la décroissance de la raison, de même que celle de Tinstinct, enfin y l'état de chaque créature a été, est et sera
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toujours la coasëqneBce d'une même cause : la volonté. Tous les êtres émanent de Dieu, Â tous il a donné les mêmes facultés et la liberté d'en user. La dissemblance des individus ne prof ient que de l'usage inégal qu'ils ont fait de ces facultés. Leur forme et leur intelligence présentes donnent la mesure de leurs actes passés, de même que leur forme et leur intelligence futures donneront la mesure de leurs actes présens.
La raison peut croître jusqu'à certain point sans que la forme change de classe ou de degré, et ce qui le prouve, c'est la différence, c'est la variété de figures et d'intelligences qui existe parmi les êtres d'une même Camille.
En outre du perfectionnement individuel, il y a aussi m perfectionnement d'ensemble, et chaque être en gagnant par sa propre expérience doit gagner aussi par Fexpérience des autres , notamment cbex les classes assez avancées pour établir et conserver des monumens aidani à leurs souvenirs.
La forme présente étant la conséquence de la forme passée, c'est toujours la même intelligence, la même raison qni croît sous des formes diverses: en d'autres termes, c'est l'individualité qui chemine à travers des corps différens. Ainsi , nous pouvons prendre pour une succession d'êtres l'apparition successive d'un même individu. Pourquoi? C'est que cet individu n'a pu ae» quérir assez pour arriver au type supérieur, ni perdre assez pour tomber au type inférieur; alors il change d'enveloppe sans^anger de forme ni de classe.
La raison, chose acquise, a donc aussi son organe acquis, organe qni commence seulement à apparaître dans l'homme et qui, probablement, est son signe distinctif et constitutif, ou celui qui, en établissant la différence entre lui et le plus intelligâit des animaux, IV 6