PEU
profession ; Il semblait que la pear avait saoté de l'un ^ Tautre* C'est que , probablement , Tan était un faux brave, et Fautre un faux peureux.
Il y a des peurs collectives et en quelque sorte ëpidëmiques. L'histoire oite des armées ainsi frappées d'une terreur que rien ne justifiait. On a vu deux armées en présence prises la même nuit du même mal, s'enfuir chacune de son côté.
. Cette panique peut saisir une nation tout entière. En 1791, SUD le bruit répandu, on ne sait comment, qu'une bande de brigands s'approchait, n'a~t-on pas vu vingtcinq millions de Français barricader leurs portes et aller se cacher dans leur cave. La stupeur était telle, que oui ne songeait à prendre les armes; et bien qu'aucun brigand n'ût paru , aujourd'hui encore les vieillards perlent de cette terrible journée avec tous les signes d'un invincible effroi. Oui, après cinquante ans et plus, ils ne sont pas encore rassurés.
N'a^t'on pas vu > deux ans plus tard , ce peuple se laisser décimer par quelques centaines de sicaires tremblant euxi-mêmes devant leurs complices , tandis qu'aux frontières et eontre l'ennemi extéfieur, ce même peuple Qombattait en héros? Mais chez lui, en proie à cette espèce de fascination on d'engourdissement stupide qu'éprouvent les poules à la vue de la fouine , il n'avait d'autre énergie que celle d'offrir sa tête 6u couteau. . Malgré le mal que produit la peur, il ne faut pas trop s'en plaindre* Considérée sous ses rapports généraux et d'apri^ son influence conservatrice, la peur est utile sur la terre. Elle y est même indispensable, car elle est, pour tous , la première garantie de l'ordre et de la pro* ^iété. Oui, sans la peur, l'homme n'aurait aucun frein; et s'il ne fait pas plus de mal , c'est qu'il y a un enfer là'-bas et ici un commissaire de police. On me dira que
tous les hommes ne sont pas ainsi. D*dccord , mais 4^€st da moins la grande majorité.
La penr est donp la tiase de l'ëdifiee social et la cause première de la drilisation. Otez la crainte du besoiti oa seolemenl de la solitade, il n'y a plus ni nation ni fa^ mille. Chacun vivant au jour le jour, il n'y aurait point d'aisance, point de. richesse: la pauvreté serait partout; car la prévoyance aussi est le calcul de la peur.
Sans la peur, pas de gouvernement. Quels que soient le code, la diarte, la constitution que vous imaginiez , il faut bien que vous y fassiez entrer la peur. Elle en est à la fois la morale et le bourreau. Il est vrai que vous pourrez la remplacer de temps en temps par Te»pérance ; mais Pespérance est une modtication de la crainte : on ne peut espérer que ce qu'on n'a pas et ce que Ton craint de ne pas a Voir.
Ensuite, que votre gouvernement s'appelle monarchie ou république, qu'il n'y ait qu^n roi ou qu'il y en ait plusieurs , ils ne sont tels et ne restent tels que par là crainte qu'ils vous inspirent. Cessez de les redouter, ils cessent de régner. La peur fait donc à la fois les rois et les sujets.
Sous quelque point de vue qu'on l'envisage, la peur est ici*bas la première condition de tout acte et oonséquemment la mère de toute œuvre.
Voyez : Courage.
'Pi Alfa ET PIAIfISTE; Une chose ^i ébaMra bien nos enfans , s'ils veulent y croire , c'fôt que noni ayons sérieusement pensé qu'on pouvait devenir un grandi homme en tapotant plus ou moins légèrement snr des touches d'ébènë on d'ivoire, ou en touchant ce que nous appelons le piano. Or , c'est pourtant ce qui existe :
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Bom atons k grand Â, le grand B| k. grand G, le grand D, enfin, toutes les lettres de Falphabet formant me pléyade d'illustrations devaÉt laquelk» non seulement la France, mais FAUtemagne^ mais F Angleterre» mais l'Europe s'agenouillent; grands hontsiea qK^eatoure une renommée et qui excitent une admiration bien autre qne celle dont Matière, Comeitte, Radae, Boileatt, Raphaël, Midiel-Ange, voire même certains eapitainee, ministres, princes et rots ont joui de leur virant , car ni leurs soldats, ni leurs commis, ni kursi peuptes, et moins encore les peuples étraii^«^, ne les portèrent en triomphe ou ne détdèretil les chevaux de leur voiture four s'y atteler eux-mêmes: chose qui arrive tous les jours aux -dits {grands hommes du clavier et qui est si ]Hen passée en coutume, qu'on risquerait de se faire la* pider si on mettait en doute qu'un tel hoimeur ne leur «fit paa dft.
Gemment pen^on devenir un grand homme en tapotant sur des toudies et par quel procédé y parvient-on? Geci pouvant être utile aux pères et mères qui voudront avoir m grand homme dans leur iieiraille et beaucoup dVgent dans leur poche, je vais en donner la recette avec l'infik traction pour l'employer.
Achetez dans une vente iin elavedn «ou piano réformé, du prix de vingt- cinq à treofte ffaiKS. Joignez-» y un tabouret de deux francs. Prenez ensuite un gamin de quatre à cinq ans parmi les vôtres si vous en avez, ou à Fhôpital si vous n'en avez pas.
Après vous être assuré qiiMt a des doigts longs ^ pas trop sujets aux, crampes ou aux engelures, vous aurez peu a vous occuper du reste de Findivi4n; qu'il soit beau ou laid, droit ou tortu, spirituel ou bête., peu importe: de longs doigts, c'est le point nécessaire.
Le sujet ainsi dioisi, plantez-le sur le tabouret en Iftce