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sillanimité. Pour fuir le spectre qui le poursmit, rhomme bourrelé se précipite dans la mêlée, au travers de Tiucendie ou d'ua torrent furieux, et il n'osera pas rester seul dans Tobscurité ou traverser un cimetière â minuit; il fera un long détour pour ne pas apercevoir la tombe de sa victime: le repentir traversera les mers pour aller la chercher et y verser une larme.
. Le remords n'adoucit pas les nuBurs, ne calme pas les passions; au contraire, il les rencT plus âpres, plus acerbes, plus malfaisantes; il ne sotiffre pas une injure, il est colérique, envieux , vindicatif, impitoyable. Malheur à Faccusé s'il est son juge; malheur à ses sujets s'il est roi. Simple particulier, sa femme, ses enfans, ses valets, soufifrent toujours plus ou moins de son humeur.
Le repentir n'est à charge à personne, il est patient et indulgent; il est prompt à excuser, lent à punir, car il se trouvera toujours plus coupable que celui qu'il punira.
Ses vices sont l'insouciance, la lenteur, la paresse. On tirera plus d'élan, plus d'activité, plus d'action, plus d'œuvres bonnes ou mauvaises du remords que du repentir; mais on obtiendra de celui-ci plus de réflexions , plus de conseils: il fera un penseur, un philosophe. Le remords fera un poëte, un chansonnier, un grand peintre, un grand musicien ; oui, par l'effenrescenee qu'il imprime aux passions, le remords peut développer l'imagination Jusqu'au génie.
Le remords est alternativement bavard ou taciturne; il se métie de tout et voit partout des acousatairs et des bourreaux; ou bien devenu expansif par caprice ou par ivresse , il prend le premier venu pour son confident et se dénonce lui-même.
Le repentir. est à la fois moins confiant et moins soupçonneux; il s'adoucit au repentir d'aotmi.
Le remords n'cvst point calpaé par Taspect ou le sen*timent des remords d'un autre, au eootraire, ii y puise une oouvette activité.
Deux cœurs unis pa^ le repentir pourront s'estimer et se chérir.
I>eux êtres liés par le crime se déieront l'uu de l'autre, se haïront, ou ne vivront en paix que par crainte ou par intérêt: dès qu'ils le peuvent, ils se fpiest.
Le remords va /quelquefois se cacher dans un cloître; il se fera trappiste. Quand la repentir se fait moine, il choisit un ordre moins austère.
Le remords conduit souvent à la folie. Le fou lui-même est susceptible de remords, il ne Test point de repentir.
Le remords, comme une maladie aiguë, tue en peu d'heures ou bien nous^porte au suicide.
Le repentir peut nous faire mourir de langueur, mais point d'un seul coup, et jamais il n'armera notre main contre nous-même.
Le remords se débat en montant à l'échaifaud; le repentir y monte calme et résigné. La mort même ne détruit pas la différenee, elle n'e£face les dernières pensées ni de l'un ni de l'autre, et à l'aspect de la tête d'un supplicié on pourra dire s'il est mort avec le remords ou avec le repentir, car l'un est le désespoir et l'autre est l'espérance.
Pourquoi? C'est que le rq^eatir, a dit un moraliste» est une seconde innocence. Le remords n'est que la .conséquence du crime et sa punition;, le repentir en est le baume et le rem^e.
Voyez: , Regret. ' . - •
KEMPLACEIHENT MILITAIRE. {Septembre 1848). Le remplacement, comme il existe aujourd'hui, doit-il
oQ ne doH-il pas être maintena dans nos lois? Telle est la question: tâchons d'y répondre.
Nous avons dit ailleurs que la conscription ou le recrutement, ce vasselage moderne, était incompatible avec la liberté. Dans un gouvernement libre , si quelque chose doit surtout Têtre, c'est le choix d'un état; car il n'est pas plus licite de forcer un homme à être soldat, qu'il ne l'était naguère de l'obliger à être moine. Aussi avons-nous ajouté que le recrutement militaire était le plus lourd, le plus inique, le plus désastreux de tous les impôts, et que l'Europe lui devait:
10 L'étiolemeiit de la famille pauvre;
2<> L'accroissement de sa misère;
30 L'affaiblissement de son intelligence;
40 Sa démoralisation, son bescrin d'émeutes et de révolutions;
fi^ La désorganisation sociale et le retour vers la barbarie.
L'étiolement de la famille, — parce qu'on ne garde pour la perpétuer, que les sujets infirmes, malsains ou mal bâtis.
L'accroissement de la misère, — Le soldat improductif, comme nous le fesons , est une plante parasite qui épuise le sol sans donner de fruHs : c'est une charge pour tous, y compris lui-même. 11 faut bien que le travailleur, ce travailleur qui est son père ou son frère, travaille pour deux, si lui, soldat, lui le plus valide de la Camille, ne travaille pas. Il faut même que ce père, que ce frère travaille pour trois, si après l'avoir nourri, il doit encore l'habiller, l'armer et l'équiper; car, qui fait vivre le soldat, qui l'entretient? Le travailleur. Chaque fois qu'on lève un soldat, ce sont donc trois hommes à qui on prend le tiers de leur substance , ou qu'on force à travailler un tiers de plus qu'ils ne le devraient pour vivre eux-mêmes.
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Cette charge ne cesse pas de peser snr le trayaillear, même quand le conscrit a fait son temps. Parti avant d'être bon ouvrier, il n^est pins onvrier dn toot qaand il revient. C'est donc nn nouvel apprentissage qu'il lui fimt faire. Mais l'instant est passé; il a perdn à la fois le goût et l'habitude du travail, et toute sa vie il reste oisif on travailleur médiocre.
L'affaiblissement de VinteUigence , — le métier de soldat abêtit l'homme: il en fait une machine ou un sanvage. La démoralisation, — le célibat militaire ou la vie de garnison ne moralise pas; sept années d'amour volage disposent pen à l'amour fidèle, et pas davantage à celui do foyer et des joies domestiques.
La désorganisation sociale, — le soldat eât moins di^ posé à édifier qu'à détruire: son métier n'est pas de faire vivre.
Ces arméeâ permanentes ou les masses d'hommes que, pour les alimenter, il faut annuellement arracher à la terre qu'ils fécondaient, au métier qu'ils rendai^xt pro* docteur, sont la véritable cause de la misère de l'Europe, de son affaibliissemetit physique et de sa décadence morale. La nécessité de ces armées, si elles sont devenues Q^saires, prouverait seule le vice de notre système gouvernemental et du peu de sympathie qu'il rencontre chez les masses. Ite vous y trompez pas, c'est moins contre l'invasion étrange que ces légions sont debout que contre les révolutions intérieures: or, que penser d'un gouvernement qui est obligé d'armer la moitié des gouvernés pour se défendre oontre l'autre moitié?
Oui, la conscription est le fléau de notre époque; mais comme le mal existe de longue main, et qu'on ne peut le détruire en un jour, nous bornant ici à la question du remplacement, nous disons: si le recrute* ment forcé est une plaie, si ce remplacement ne la guérit
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pas, it ne peut Don plqs VëMdre, car il ne porte préjudice à personne; et si le paam est naSieurenx d'être soldat iBalgrd iiii, il ne ie sera pas moins quand le riche le sera avec lui.
D'ailleurs, puisque l'Etat reut la conscription, il faut que cette conscription atteigne son but , et que le conscrit soit aussi bon soldat qu'il peut Pétre. Sans doute, l'homme destiné à être laboureur ou ouvrier de fabrique n'est pas toujours propre à faire ce bon soldat, mais il y est moms impropre que celui qin a été élevé pour être mé> decin, notaire ou commis. Ainsi, le gouvernement, en acceptant le conscrit apprenti-laboureur en échange du conscrit apprenti-notaire ou avocat, ne perd pas au change. On a pu remarquer que, plus un homme a l'esprit cultivé, plus il a le cœur haut et fintellîgence étendue, moins il est apte à certains métiers, notamment à la discipline et à Pobéissanoe. Vous pourrez en f^ire un héros , s'il a devant lui la perspectire d'être officier ; mais s'il est condamné à être toujours soldat, ou s'il le croit, il ne sera certainement pas un bon soldat.
Puis, nous vous soumettrons ce dilemme: ou ce jeune homme riche et bien élevé, que vous forcez à servir, prendra les habitudes des soldats, c'est-à-dire que, re-^ Bonçant à son éducation, à ses façons polies, il adoptera celles du corps^e-garde et de la taverne; on bien, gardant sa politesse et ses formes d^ salon , il présentera avec le Sfddat, son égal, un contraste qui frappera celui-ci, blessera sa susceptibilité et éveillera , sinon son antipathie, du moins un défaut de camaraderie qui, tôt on tard, deviendra une source d'embarras pour l'Etat. Vous en avez eu la preuve lors de la création , sous l'Empire, des véiites et dés gardes d'honneur , et sons la Restauration des gardes du corps: l'armée se divisa en deux camps, dont sortit presque la guerre civile.
Si le soldat riche est républicain , dira-tron , s'il coin-' prend les devoirs de la fraternité, il emploiera son aisasice à rétablir l'équilibre, il achètera la camaraderie qu'il n'a. pu conquérir, et partagera sa bourse avec ses frères d'armes. .
Sans doute, il le peut, et probablement il le fera,, mais les choses en iront-elles mieux? Demandez auxche£^ de corps comment servent ces soldats rentiers et bons enfans? Ils vous diront qu'il n'en faut qu'un dans une compagnie pour la rendre la plus mauvaise du régiment.
Ce n'est pas seulement à l'indiscipline et au désordre que conduit l'or' du conscrit riche. Il fut un temps où la réquisition, puis la levée en masse, obligeaient aussi tout Français à servir en personne. On vit alors , dans les rangs , des soldats milUonnaires. Que s'ei^ suivait- il? C'est que nonobstant l'esprit radical du joury, les soldats et jusqu'aux sous-ofBciers étaient les trèshumbles valets de ces favoris de Plutus: ils montaient la garde pour eux, pansaient leurs chevaux, ciraient leurs bottes; bref, jamais chevalier banneret n'avait eu tant d'écuyers ni de pages. Aussi, lorsqu'à cette même époque, les ofQciers furent nommés par élection, tous les grades revinrent à ces turcarets militaires: ils achetaient leurs épaulettes chez le traiteur au prix d'un dîner fin, arrosé du meilleur.
Cela valait-il mieux que le remplacement? Non; car on, fut obligé, après quelques mois d'expérience, de renoncer aux élections régimentaires. S'il en était ainsi alors, il en serait ainsi aujourd'hui: le contact du soldat doré ne ferait qu'aider à la corruption du soldat pauvre.
Vous prêchez l'égalité, cette vertu des Républiques; héias! dans les Républiques même, l'égalité tombe devant
la fascination de l'or. C'est que le riche en a trop,
direz-vous. Je vous r^ondrai : il en aurait moins , que
le mal subsisterait encore. La preuve , c^est que lorsqu'un soldat a cent sous dans sa poche, il a pour sujet son camarade tant que la pièce dure.
Sans vouloir vous faire communiste , Je vais vous indiquer un moyen qui .peut contribuer à ramener un certain équilibre dans les fortunes, et sans appauvrir beaucoup le riche, aider largement au pauvre.
Sous la féodalité, le noble pressurait le vilain, il s'en ÊBisait servir; mais aussi il ne le forçait pas à se battre: il se battait pour lui et au besoin se faisait tuer pour le défendre. Aujourd'hui c'est le contraire ; c'est le vilain qui se fajt tuer pour le noble; et j'entends par noble celui qui a de bons biens au soleil ou beaucoup d'écus dans son cofire: c'est de nos jours la seule noblesse reconnue, la seule qui ait cours. Puisqu'il y a échange de rôle , il faut que ce soit le noble qui paie le service du vilain. Qu'il le paie donc et si bien que le vilain dise: le métier me convient.
Mais que le marché soit loyal, que le vilain vende sa peau ce qu'elle vaut, ou, si vous aimez mieux, ce que vaut celle du noble si l'expertise démontre qu'elle vaut davantage.
Que le prix du remplaçant soit ainsi établi sur l'aisance, la richesse, le revenu du remplacé ou de son père, en tenant compte d'ailleurs des charges de celuici ou du nombre de ses enfants.
Sans doute le riche achètera son remplaçant plus cher qu'aujourd'hui , et même très-cher s'il est très-riche. Mais aussi l'artisan, le laboureur, le petit rentier qui voudra garder son fils, en aura la possibilité, puisqu'il ne sera taxé qu'à une somme établie sur son avoir , ou , s'il n'en a pas, sur le prix moyen de ses journées payable à long terme.
Avec les sommes ainsi recueillies, le gouvernement
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formera nne masse commune destinée à assurer une pension à tout remplaçant qui aura servi pendant un temps donné, pension qui augmentera avec ses années de service.
Pour accroître le capital des retraites, les soldats, notamment ceux dont Féducation militaire sera faite, pourront être employés à des travaux publics ou particuliers; ils recevront à cet effet un supplément de solde, dont une partie leur reviendra immédiatement, tandis que Fautre ira grossir le fonds des pensions.
Néanmoins ces fonds seraient loin de suffire si les armées demeuraient ce qu'elles sont; mais la misère croissante des gouvernemens et la banqueroute qui les menace les forceront tôt ou tard à réduire leur budget militaire. Alors une partie des sonunes économisées étant employées à rétribuer convenablement les soldats restant au corps, leur position sera tolérable. Ils pourront s'attacher à leur service , y voir un état. C'est ce qui arrive dans les pays où le recrutement forcé n'existe pas.
En attendant,, pour suppléer à l'insuffisance du fond des pensions, vous pourrez réaliser en faveur des vieux soldats ce qui n'est encore qu'en promesse: leur conférer successivement et à mesure des vacances, ces petites places dites monnaie électorale, qui ne sont ordinairement données qu'à la faveur , à l'importunité ou à Tintrigue. Les travailleurs auront ainsi moins d'occasions de quitter leurs outils qui souvent leur offrent plus d'aisance , plus d'indépendance que ces emplois toujours suppressibles ou réductibles ; tandis que ces .mêmes emplois , joints à b pension militaire , aideront à la subsistance des hommes qui, en vieillissant dans les camps, auront passé l'âge et Fhabitude d'un travail manuel.
Avec cette certitude de ne pas aller, sur leurs lauriers, mourir à l'hôpital, bien des soldats, j'en suis certain, resteront sous les drapeaof».
in RSN
Je rësnme mes propositions :
Réduire successivement les armées de terre et de mer an chiffre indispensable.
Diminuer dans la même proportion le nombre des engagemens forcés.
Arriver ainsi à supprimer ces engagemens.
Faire de la carrière militaire une profession qui assure à celui qui Tembrasse les moyens de subsister, quand il sera devenu impropre au service.
Maintenir le remplacement , et en mettre le prix en harmonie avec la fortune de chacun.
Interdire toute transaction particulière relative an remplacement, dont le soin sera exclusivement conGé à l'Etat.
Ceci admis , la loi du remplacement pourra être établie sur les bases suivantes:
« Tout citoyen français, âgé de vingt ans est soldat; mais il peut être dispensé d'en faire le service, moyennant une somme qui ne pourra excéder ni être
moindre de et qui sera prise sur son revenu net,
déduction faite des charges ci-après indiquées.
{Spécifier queUes sont ces charges)..
» Les sommes ainsi retenues serviront à pourvoir an remplacement et à assurer un avenir aux remplaçans, pris, autant que possible, dans les rangs de Tarrnée. •
RENOMMEE 9 VOGUE. Nous sommes dans une région obscure. A peu de distance , au-dessus de notre tête, nous apercevons une zone lumineuse dans laquelle nagent quelques individus. Nous faisons mille efforts pour arriver à cette lumière; quelquefois nous arrivons jusqu'à la ligne de démarcation; d^antres fois nous la dépassons de toute la tête et retombons dans le sombre. H y a bien pea d'individus qui parviennent à en sortir tout entier et à se soatenhr ùim la partie brïlIiJMie.
La renommée des rois et des conquérans tient souvait à peu de chose : à un écrivain et à un imprimeur. Faute de Tua ou Fautre, la postérité ne saura pas même leur nom.
La manière dont certaines renommées sft font et se défont en France ^ pourrût devenir le. sujet de corieuses études.
11 est tel individu dont le. talent comme écrivain, compositeur, architecte ou peintre^ a été unanimement admiré pendant un demi-siècle , et qui , non moins uiia<nimement, est aujourd'hui cité pour n'avoir jamais eu aucun mente.
Cette réaction a même atteint quelques hommes histo^ riques, et j'en ai connu un qui a été altevnativement un brigand , puis un héros , puis un brigand , puis un héros ; et aujourd'hui il n'est plus ni l'un ni l'autre.
M^® Lenormand, ta tireuse de cartes, a eu aussi une immense réputation. Son grand art était de se faire payer six louis ce que Ton paie aineurs six sous.
Quant à son esprit, il était très-supérieur à celui des neuf-dixièmes de ces sibylles qui courent les foires pour Famusement des cuisinières ; et cette supériorité est quelque chose, car jamais sibylle n'a passé pour. sotte. C'est un état qui, comme celui d'avocat, exige une certaine dextérité de langue.
La renoàmiée s'acquiert quelquefois à bien • moins de frais
Une actrice r que le public 4a Paris aocueiliait froidemmit, s'avisa un- jour dans une pièce où elle faisait semblant de jurer et de fumer , de me plus faire ce> semblant, mais de jurer réellement et mettre de vvai tabac dans sa pipe. A cettQ odeur de taverne, à ces Manières de grenadier, le môme publie^ et e'éteit la neilteure sodélé de Pam,- se trouva saisi^.d'nii' » gpmà