‹ Hommes et choses (volume 3)Chapitre 47 sur 110 · ROM · texte numérisé non relu

ROM

Poarquoi eette inconstance de la gloire ou du publie? C'est qn^apparemment on peut faire un bon roman sans faire une bonne ehose ni même une belle chose , et qu'en lîttératnre ce qui n'est ni beau, ni utile, passe vite. Quand un roman soirit à la saison, quand il dure des années et atteint son demi -siècle, vous pouvez affirmer que ce n'est pas un roman. 6il Blas et Don Quichotte n'en sont certainement pas , et la preuve, c'est qii'on y trouve à la fois du naturel et du bon sens. Allez donc chercher la raison dans les romans du jour, vous l'y trouverez comme l'exactitude historique.

Et pourtant il y a des faiseurs de romans qui seraient capables de faire autre chose. N'est-ce pas pitié de voir des hommes qui auraient pu laisser un bon livre, un livre utile, perdre leur vie à ce pitoyable métier. Sans doute lenr gazouillage amuse, mais pas plus que celui de teHe ou tcRe linotte qui charme aussi le voisinage. En lisant ces bdies choses, à quoi donc reconnaît-on fauteur? A la signature. Effacez-la, et vous les croirez toutes de la même main; faites mieux, supprimez les titres, et vous pourrez y Voir toujours la suite d'un même conte. Cest que parmi ces mains qui tiennent la pkrme , il y a vingt pattes de singes.

Lorsque, par fantaisie ou pour plaire à sa cousine, an peintre célèbre a peint un éventail ; huit jours après , vous voyez cinq cents éventails , œuvres d'autant de barbouifleurs : chacun a voulu faire le sien , et Fun vaut f autre. N'importe, il n'en est pas un seul qu'on n'attribue au grand maître.

Les romans-feuilletons sont aujourd'hui un des grands élëmens du succès des journaux. Dignes pendans des annonces et réclames, ils en ont toute la conscience et futilité. Cest à qui rfes deuî industries nous fera avaler le plus de boulettes et de drogues. Cependant des deut

exploitations, je préférerais encore Pexploitation purement pharmaceutique, elle nous tue de temps à autre, c'est vrai: ce n'est que quelques malades de moins, et la médecine n'est à autre fin que d'en diminuer le nombre. Mais rindustric jromancière attaque la vie dans sa source; c'est aux gens bien portans qu'elle s'en prend; c'est la génération entière qu'e^e empoisonne, et les poisons qu'elle débite sont bien plus perfides, bien plus inévitables , parce qu'ils nous atteignent en tous lieux , parce qu'ils nous pénètrent par tous les pores. Partout les journaux arrivent, partout les feuilletons traînent: la jeune femme les lit, la jeune fille les lit, l'enfant les lit: or, je vous le demande, qu'est-ce qu'ils y apprennent, ou plutôt qu'est-ce qu'ils n'y apprennent pas, et que leur reste-t-il à savoir quand ils les ont lus.

En vérité, on condamne tous les jours, pour attentat à la pudeur, quelque méchant ivrogne qui, peut-être|, sans y entendre malice, aura pris par sa jupe une bergère errante, et l'on n'y condamne pas MM. tels et tels hommes moraux, à ce qu'ils disent, qui flétrissent l'imagination de nos adolescens avec leurs peintures erotiques et des orgies incessantes. Nous sommes vraiment d'é* tranges gens , et nous entendons singulièrement la m^orale.

ROND. On a pu remarquer que la ligure arrondie est une de. celles que nous offre le plus souvent la création.

Il en est de même du geste qui tend toujours à s'arrondir , et du mouvement d'un projectile qui finit ordinairement par une courbe. Faites courir une boule sur le sol, elle tournera sur elle-même; agitez le graia dans un crible , il se dessinera c;n cercle et demi-cercle.

Jetez une pierre dans l'eau , des ronds s'y succéderont. Que la lumière y réfléchisse ses rayons: il en résultera un arc.

Les trombes, les tourbillons ont la forme ou le mou- Tement circulaire.

Les bulles d^air qui se dégagent de Feau et de tous les fluides , présentent aussi Tappa renée globulaire.

Il y a donc une cause qui impriùie cette forme nonseulement aux choses, mais au mouvement, et qui dirige ainsi eelui de presque toutes. les substances.

Remarquez que tonte répandue qu'elle est, la forme ronde est ordinairement la suite d'une action ; la matière ne s'arrondit que par un arrangement ou au moins par un frottement. Les formes produites par un choc, une secousse, une convulsion, bref, par ce que nous nommons un accident, sont angulaires, prismatiques, rarement ronde%.

Ceci ne se borne pas aux élémens qui nous touchent, et ce n'est probablement sur la terre qu'une dérivation (le ce qui existe dans l'espace. Si nous en jugeons par ce que nous apercevons de l'organisation céleste, les astres, le soleil , toutes les étoiles fixes ont une forme à peu près sphériqué; toutes les planètes sont rondes, et leur marche elliptique ou circulaire a pour centre un autre astre rond lui-même.

Tous les systèmes solaires forment un cercle. Si ces cercles ne nous apparaissent pas, ou s'ils nous semblent tronqués, c'est qu'il est des globes intermédiaires que nous n'avons pas découverts encore, mais que nous découvrirons un jour, car le point où ils sont peut, dès ce moment, être calculé d'après la position, le volume, le poids et la marche des autres globes du système.

Ces myriades de cercles en font eux-mêmes un autour d'un astre gigantesque , centre de tous les centres et de tous les ronds.

Qu'on se figute une vaste roue tournant au milieu

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