‹ Hommes et choses (volume 3)Chapitre 61 sur 110 · SOL M · texte numérisé non relu

SOL M

les plas épurés |K>ttent aussi les êtres les plus parfaits.

On comprend alors que ce n^est qu^après diverses modifications dans leur composition, une grande épuration de matière et par conséquent un grand perfectionnement dans les organes de leurs habitans, que ces globes arrivent dans la région du grand astre. La nature des individus est et doit toujours être mesurée à la localité : des créatures aussi imparfaites que celles de notre système ne pourraient exister dans une substance aussi subtile et aussi pure que celle de cette atmosphère centrale.

La matière grossière que ces astres laissent en route sert à former la base de nouveaux globes, ou Taccroissèment de ceux qui sont retenus encore par le désordre de leurs élémens dans la région obscure.

Dans ces matières de rebut , ou cette écume des mondes, restent les germes de tous les êtres que leur appétit grossier attache à des élémens grossiers ; car en s'épurant , tout être est libre de suivre le mouvement progressif, comme il Test aussi de ne pas le suivre en oe s'épurant pas; il Test même de retourner ea arrière en s'enfonçant de plus en plus dans la matière brute ou dans les appétits des sens.

En opposition à cc^ centre de lumière et en dehors de son attraction présente, il est donc une région obscure où des œilliafds de ^obes et de germes assoupis attendent, pour sortir du chaos et entrer dans la voie de Tordre,

que cette attraction les atteigne.

C'est à l'apparition du premier rayon de lumière que

se prononce le premier mouvement d'un globe vers le

centre et la première sensation des germes endormis.

Mais c'est alors aussi que peuvent avoir lieu les grandes

convulsions de ce globe, convulsions qui ne Cessent qoe

lorsqu'il a pris rang dans no S)Stème solaire dont la

marche est régularisée.

tu BOL

Les comètes sont des astres noovélleBieqt sortis de la région obscure,, et qui eherchent mi systèoie où ils puissent se rattacher; ou bien ce sont des astres malades el ifuî, refelés de tout système à caisse du désordre de leurs éiénieBS , Yoot se vaporiser dans l'espace ou rentrer dans la r^ion ténâtreuse^

H est des mondes qui font leur révolution, partie dans la région obscure, partie* dans U région éclairée, parce qu'ils n^ont été saisis qu'à moitié par Tattractioa centrale. Ces mondes passent ainsi de Tordre aq désordre oa âb la tempête au ealise, balayés par des torrens ou vitrifiés par rincendie, sek>n les régions qu'ils parcourent et la natuae des astres dont ils s^approchent.

C'est la position où s'est tro«vée la terre, si l>on en juge aux traces alternatlv^ement ignées ou aqueases qu^ont laissées les convulsions qu'eHe a subies, ce sont ces catastrojdies qui, en détruisant tout ce qui couvrait sa sitrfece, êtres et choses, oui remis en qileslion son organisotâoo commencée et exigé une longue série de siècles pour rendre cette surface^ prop^ro à recevoir de nouveaux germes ou permettre le développement de ceux qui y étaient demeurés.

Ânjouffd'hni , noire marche étant déterminée , notre révolution vers le grand eentro étant commencée , nous sommes, il faut i'espéter, en dehors des atletnles du diaos ; et si nous sommes encore en partie plongés dans les ténèbres , si nous avons nos nuits , du moins elles se sont plus sans t^me, et nous af ons aussi nos beaux jours.

Kos Irembiemens de terre^ nos orages et nos tempêtes, restes des terribles rafieiles dtt monde primitif, ne sont pl^s 4{ue localement meurtriers* H semble même que de siècle en siècle, ces eonv^ilsions de la naluve deviennent moins fréquentes et moins désastreuses. Les comètes ,

fiOL 24S

qui effrayaient tant nos pères , s'approchent moins de notre planète. Les feux souterrains ne font plus surgir de nouvelles chaînes de montagnes, et les océans, retenus dans leurs limites, ont cessé d'engloutir ou de transformer en archipels de vastes continens.

La cause de ceci est peut-être m'oins dans Fassiette qu'ont prise les matières terrestres, que dans les pro» grès que nous avons faits dans Tespace organisé et hors de la région des tempêtes ou de la voie que parcourent les mondes non posés , ces mondes sans systèmes et sans orbites.

Mais ce n*cst pas assez que notre terre soit hors de leur atteinte, H fiaut que tout notre système le soit; et la rencontre de ces globes errans ou qui , n'ayant pas encore été saisis par Fattractton centrale, passent d'une attraction dans une autre, est toujours à redouter. Mais ils n'apparaissent, comme on l'a vu, que sur la limite de la région du chaos , et s'ils s'en écartent , ce n'est jamais à une très-grande distance.

Si nous les voyons apparaître autour de nous, si les corps de notre système et nous-mêmes en avons été atteints, si nous pouvons l'être encore, c'est, je viens de le dire , parce que nous sortons à peine de cette région inorganisée , et peut-être que nos co- planètes n'en sont pas encore sorties.

L'existeuce et la durée d'un monde ne sont donc en* tièreraent assurées que lorsque le système dent il fait partie est entré tout entier dans l'attraction du soteil central , et qu'aucun des mondes qui le composent ne touche à la région ténébreuse. Tous les globes d'un système se tiennent : ce sont comme les fruits d'un même arbre ou les membres d'uu même corps; et le choc qui atteindrait l'un dérangerait l'harmonie des autres.

lY 11

tiê SOL

Mais dès que cette attraction a enveloppé le système tout entier , dès qu'il a pris rang dans ce mouvement d'ensemble , c*est ordinairement pour nVn plus sortir , car de jour en jour s'éloignant du danger, il se. rapproche du centre.

Ainsi, avec le temps, les rayons du grand astre central s' unissant à ceux de notre soleil , alongeront nos jours, adouciront nos frimas et donneront à nos saisons une régularité dont nous sommes loin de jouir.

L'épuration successive des élémens en bannira aussi les substances délétères dont les émanations funestes empoisonnent Fatmosphère et produisent les épidémies qui frappent tour-à-tour les hommes, les animaux et les végétaux même.

Qu'elles soient déjà moins fréquentes, moin^ homicides qu'autrefois , c'est ce qu'il est permis de croire : les ravages du choléra ne sont point comparables à ceux de la lèpre et de la peste. Cette amélioration en annonce d'autres.

Nous nous résumons ainsi:

Au centre de Tunivers organisé est l'axe de la création on le point de départ du mouvement, de la lumière, de la chaleur, de l'attraction, de Télectricité, enfin de toutes les grandes causes et des grands effets de la nature.

Tous les globes de l'espace sont soumis à une loi générale qui les porte vers le centre.

Ce centre est aussi celui de l'ame et de la vie. C'est donc là qu'est Dieu, Dieu qui de là s'étend dans l'immensité , mais qui a là sa base et son point d'appui , parce qu'il est le père de l'œuvre et qu'il vit.

SOLITUDE. Pourquoi tel homme aime-t-îl à être seul? C'est qu'il trouve de lui à Jni une conversation

plas doDce, plus savante, plns.spiritaelle peut-être, qae celle qu*il trouverait de lui à un autre.

SOMMEIL. L'être dort d'airtaot plus qu'il est plus faible inteilectuelleuient , ou d'un rang plus inGme dans la création. La plante dort plus que l'animal , ranimai plus 'que riiomme. Parmi les homnies , l'enfant et le vieillard dorment plus que Tadulte; l'homme de génie moins que l'homme qui n'a que de l'esprit, et celui-ci moins que l'idiot.

Si les fous dorment peu, c'est qu'ils ne sont pas idiots, tant s'en faut ; c'est qu'ils ont beaucoup de pensées, souvent trop , et que c'est toujours la pensée qui nous empêche de dormir. Ajoutons que c'est aussi la pensée qui détermine la folie et qui la continue.

Les songes prouvent, jnsqu'à certain point, que Tame ne cesse jamais d'agir. Si l'on admet que la pensée peut s'arrêter, un homme qui dort complètement m^ peut plus rêver. Mais ce qui est plus probable, c'est que l'a me ne peut jamais dormir d'une manière absolue, car ce sommeil ne différerait en rien de la mort.

Le sommeil de l'ame , qni a pu durer des siècles , des millions de siècles et qui dure encore pour des myriades de créatures, n'est qu'un assoupissement pouvant cesser à tout instant , parce qu'il comporte une sensibilité toujours présente. Mais cette sen^bilité n'étant qu'une sensation uniforme, l'ame ne peut s'apercevoir si elle a dormi une minute ou un siècle , car ce sont les éréoemens et le changement de position morale on la diversité des pensées qui nous donnent la mesure du temps.

La durée n'est donc pas dans le temps lui-même, mais daus ce qui s'y passe et dans le contraste des vibrations

Page 1