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^e notis en recevons. Si tioas n'en ressentions ancnne, ou même si la sensation était unique ou également répétée, nous ne pourrions juger du temps écoulé. Cette appréciation n'a lieu que par comparaison, et pour comparer, il faut au moins deux choses.
C'est aussi ce que nous éprouvons dans le sommeil ordinaire. Est-il profond, nous ne savons pas, en nous éveillant, s'il a duré long-temps, ou plutôt nous croyons toujours qu'il a été très-court. Est-il agité, bourrelé d'ini}uiétudes, il nous paraît long.
Il est des individus , ceux qui travaillent beaucoup de corps ou d'esprit , qui dorment presque à volonté : il leur sufût de se mettre dans une position pour s'endormir.
Dans la douleur morale, quand le sommeil nous a fait oublier un malheur irréparable, l'instant qui suit le réveil est toujours douloureux : notre imagination rafratchie nous montre notre pefte avec toute la violence du premier instant.
Dans la félicité, le sommeil a également renouvelé notre joie. Elle est plus sentie au réveil, elle est plus vive on plus douce.
Le coupable attend et redoute à la fois le sommeil. Ses rêves sont afifreux et son réveil terrible. Dans les prisons, on a souvent proiité du sommeil pour connaître la vérité et suivre les inipressions d'un ctimind. En lui révélant ses songes, l'on obtenait «[nekquefois un aveu.
Il ne fiaudrait pourtant point admieltro' comme preuves ces révélations du sommeil ; et tel mari qui a jugé SB femme coupable sur de semblables indices , a pu se tiromp.er.
Parmi les animaux , même différence que chez les liommes t les plus intelligens sont ceux qui dot* ment le moins, ou dont le fiomfoeil est.Ie plii^ léger.. Le chien
dort souvent , niais il m léveille i IquI instant et wà moindre bruit Le chat dort peu, malgré l'apparence, et a aossi le sommeil très- léger.
Il est des espèces que le Croid cn^urdit et qoi ont nn sommeil consécutif de plusieurs mois, mais ensuite ils restent presque toujours éveillés: tels sont les ours, les marmottes, les loirs, etc. Ces animaux sont loin d'être stupidcs.
L'obscurité est en général favorable au sommeil.
H est pourtant des races qui ne 4orntent que le jour : tels sont tous les oiseaux et tous les ioseetes de nuit. Parmi les mammifères carnivores, notamment ceux dn genre leo , beaucoup rôdent pendant U nuil, non par goût pour Tobscurilé, mais j>arce qu'ils ont plus de fih cilité pour surprendre leur proie.
D'autres quadrupèdes qui . dans Tétat de nahice «a dans les forêts, b^ veillent que le jour, ont été eontrainlsde changer l^^rs jb^)ita4es à «ause du Tobipage des hommes : tels sont les rats., les souris, qui courraient le jour et dormiraient l9^ nuit si on les laissait laire à kmi guise.
Chez les hommes, coip^ne chest les aûmaai, il est un sommeil anormal qui est la suiite d'un état maladif. Pen-dant mon si^our en Bretagne, j'ai entendu citer une jtouiiBfille de Brest qui, e^dornue depuis plusieurs années, ne se réveillait qu'une fois par vingt^qo^tro heures et ae* rendormait immédiatement après avoir prist un peu de' nourriture. Elle avait alors- dix-neuf a^s, était fraîche, assez grasse, et ne semblait niilleu^ent, soupir.
Le sommeil des cataleptiqu^'s , des soinf¥)(Bhules , ieA magnétisés n'a pas encore été bien déOni^ ou plulèil ne Fa pas été du tont. Personne. n'a étudié la question de sang-froid et pour elle-même. On Ta abordée, non pour s'éclairer et pour se former une- of^inion, mai^ pour m\
donna* une sut autres , pour lear démontrer qne tout était on qae rien n^était , et jamais pour voir ce qui était.
Ce n'est pas moi qni tenterai de résoudre le problème, car je suis parfaitement ignorant sur ce point comme sur beaucoup d'antres. Je ne puis ici que citer un fait, parce que je l'ai vu. Etant fort jeune et revenant assez tard de la campagne, je me trouvais à proximité d^un lieu qu'on disait hanté par un fantôme, et je songeais aux récits divers que j'avais entendu faire , quand je crus, à travers les arbres, voir quelque chose de blanc. Je m'arrêtai et vis distinctement un corps qui marchait.
C'était à la fin de l'automne, et il faisait un froid assez vif. Aussi , le fantôme s'étant rapproché , ne fûs-je pas peu surpris de voir qu'il était en chemise; et la lune s^ëlant montrée, je reconnus distinctement, malgré Tétraogeté du costume , un homme , M. fi***, ancien magistrat, qui ne passait nullement pour un coureur de QMit. D'ailleurs, le costume était peu de saison, et il marchait gravement, les bras croisés, à petits pas et comme quelqu'un qui se promène dans sa chambre.
Il passa et repassa près de moi sans me voir , et à mon. grand étonnement, il ne paraissait nnllement souffrir du froid.
' Je ne doutai pas qu'il ne fût somnambule , et je me décidai à l'aborder. Je le touchai , il s'éveilla immédiatement et parut moins surpris qne je n'aurais pu croire, de se trouver dans cette position. Il me reconnut et me pria de le ramener chez lui, d'oti il était sorti dans un de* ses accès, parce que, me dit-il, son domestique avait oublié de fermer la porte de sa chambre.
On m'a dit que , dans ma petite enfance , je courais aussi la nuit tout endormi; je ne me le rappelle pas. Mis plus tard , quand la manie poétique me tenait , il
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m'est arriyé, eir rêvant, de faire des vers dont au réveil je me souvenais en partie. J'en ai inséré quelques-uns dans mes œuvres.
Millevoye le poète m*a raconté qu'il avait aussi fait des vers en dormant. H ajoutait même en avoir écnt et retrouvé le matin sur son chevet ou sa cheminée.
Tout le monde connaît le songe de Tartini et la sonate que le diahle, posé sur son lit, lui avait jouée une certaine nuit , puis répété sur sa demande. Ce rêve l'avait tellement impressionné, qu'il soutint jusqu'au bout que cette célèbre sonate n'était pas de lui.
An surplus, il est peu de personnes qui, en dormant, n'aient cru entendre une musique délicieuse et même la composer et l'exécuter.
Dans ces pensées du sommeil et ces actes de l'ame , nonobstant Pcngourdissement des organes, il me semble qa*on peut entrevoir quelque chose de la vie d'outretombe, de la vie en dehors de l'enveloppe et fonction* nant sans l'intervention des sens. La vie de l'ame et celle da corps sont deux choses distinctes. Ce qui assoupit l'une peut ne pas assoupir l'antre, et dans aucun cas ne saurait l'annihiler.
La mort, ainsi que le sommeil, n'est qu'un repos mo* mentané de la vie , repos qui a aussi ses rêves , rêves doux ou pénibles, et qui sont une récompense pour les bons , une peine pour les méchans , et toujours une préparation pour l'avenir.
Voyez : Innées,
SONNETTES. Le serpent de notre paroisse en était aussi le sonneur-carillonneur. Les plaisans rappelaient le serpent à sonnettes, et le brave homme faisait dignement marcher ces deux musiques, dont Tune était la
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compensation de Fantre : s^îi vons endormait )e jour avec son serpent, il yoos réreillail la nnit avec ses sonnettes.
Son carillon se composait de petites cloches avec lesquelles il jouait faux à ravir» depuis le Magnificat jusqu'à la Parisienne, qu'on pouvait facilement confondre dans la même harmonie. Mais que Dieu lui fasse paix , car il est mort.
11 n'en est pas de même des sonnettes \^ elles vivent encore.
Je connais une jeune femme qui n'a pas de talens dits d'agrément , sans doute par antithèse , et elle n'ennuie jamais son mari en sonpirant la romance ou en tapotant les touches d'un piano. Cependant elle n'est pas étrangère à la musique , et il est un instrument non moins insipide qu'elle touche du matin au soir, instrument qui se tire et qui , sans être aussi bruyant que beaucoup d'autres, exprime peut-être mieux l'impatience, la colère, bref, toutes les phases convulsives d'un cerveau fantasque el hargneux. Cet instrument est la sonnette, meuble bat des bonnes et des valets, et non moins détestable pouf kfi voisins: sonnette qui* jour et nuit,, trépigne et carillonne, et semble avoir des crispations ou des attaques de nerfs. Aussi à ce son, chacun en proie au cauchemar, voit non-seulement le cordon , mais la virtuose pendue «a bout.
La sonnette n'est ici qu'un accident privé , agacement intérieur et fléau particulier; mais elle devient quelquefois une calamité publique dans les assemblées délibérantes, moins parce qu'elle sonne trop que parce qu'elle ne sonne pas assez quand elle devrait sonner toujours.
On dira qu'elle n'y pourrait suffire. Alors , au lieu d'une, il en faudrait une douzaine. Peut-être serait-il bon d'en mettre une au cou de chaque député qui de-