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qui le fait : c'est la sottise qui gnérit la sottise , qui k déracine et l'anéantit. Alors, on devrait lut rendre grâce; mais par malheur, elle remplace toujours celle qu'elle tue, et comme die ne l'a tuée que parce qu'elle est la plus forte , l'homme débarrassé d'une erreur se trouve soos le poids d'une plus grosse.
U faut bien croire que ceci tient à la forme humaine, à la localité , à l'atmosphère terrestre qui renferme des molécules d'absurdité, comme les marais des molécules putrides. Si ces émanations marécageuses ne sont, ainsi qu'on le prétend, que des germes vivans, que des insecte microscopiques, acares yenimeux qui s'attsKîhenl à nos corps , qui les pénètrent par les pores, on peut en induire qu'il en est de même des miasmes assotttsans : ces miasmes animalisent l'esprit et lui font tout voir avee les yeux de la stupidité.
Si cette explication ne paraît pas satisfaisante, ce qui est possible, si l'on veut que la matière et la santé ne soient pour rien dans ce goût pour les sottises , nous dirons alors qu'il tient purement à la volonté et à un penchant pour tout ce qui est étrange. Or, la sottise, qui est une expression du faux, doit être étrange par cela même qu'elle est en contradiction avec ce qui est naturel et juste ; elle a toujours un air de nouveauté très-propre à mettre en goût les curieux.
C'est donc pour elle-'même et pour ses agrémens que l'homme la chérit et lui reste fidèle. C'^t une maîtresse an minois chiffonné , à l'esprit tortu et capricieux , qui a plus d'adorateurs et fait plus de passions que cette femme d'une beauté régulière. Pourquoi? C'est que celleci est comprise tout d'abord, elle est belle, elle est ad<mirable, personne n'en doute ; tandis que près de l'autre on doute de tout , on est toujours à se demander : estelle joliey est-elle laide? marehe-t-elle droit ou va-t-^Mle
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dé travers? Cest on mystère ÎDcessant, an logogripbe qui tient continuellemenl Fesprit en suspens et rattache par le tourment même qu'il lui donne. Bref, on aime la sottise , on la respecte , on Tadoce , parce qu'on ne la comprend pas ; et la preuve, c'est que le jour où le voile se déchire , où il est bien avéré quelle est la sottise , personne n'en veut plus.
Aussi, la puissance de la sottise n'est réelle, n'est durable que lorsqu'elle est si bien mélangée, tissée, truffée si Ton veut de raisons de toute sorte, qu'il devient io^ possible de les séparer, de distinguer le bon du mauvais et de faire nettement la part du vrai et du faux.
Quand la sottise est de tradition, quand elle est bronzée par le temps et qu'elle a acquis son vernis antique, sa patine , elle est à peu près inamovible : la mettre en doute devient une témérité, un blasphêuio; et au bon temps de l'Université, un écolier aurait été fouetté à la porte du collège, puis congédié honteusement, s'il eut dit que Polyi>hemc avait deux yeux.
Aujourd'hui, on est un peu plus tolérant sur cet article; on peut dire qu'une sottise, fût^elle grecque ou romaine, est une sottise. On peut même le prouver et la faire rayer du dictionnaire, mais à la condition expresse qu'on la remplacera par une. autre. Si cette clause n'est pas remplie, vous vous ferez avec l'Académie une fâcheuse affaire, car le savant pur-sang , le savant de la wille roche en tient le compte exact, et s'il n'en veut pas une de plus, il n'entend pas en avoir une de moiusi ni une petite pour une grosse. Aussi a-t-on écrit dix fois plus de livres pour défendre la sottise que pour étendre la raison.
Chaque siècle a eu, d'ailleurs, sa sottise de prédilection. 11 y a eu sucoessivement la sottise héNlique, iMrologifue,; magique, poétiquke, monarchique, répuhlir
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caine, coBStiUitiooneile , représentative, blancfae, verte y tricolore , rouge, etc. Nous en sommes maintenant à la sottise démocratique, la plus bavardp de toutes, et sous ce rapport , la plus favorable à la médiocrité , la plus mortelle au génie.
Que cette manière d'atteler les hommes au char de l'Etat soit beaucoup plus ms^uvaise que les autres, quand d^ailleurs on ne les attèle pas, comme aujourd'hui, dos à dos, les uns devant, les autres derrière, ce n'est point ce que je veux dire , vu que je n'en sais rien. Seule^ ment , je me suis aperçu que si elle rend la sottise de la tête plus difficile, elle facilite un peu trop celle de la queue. On voit moins de grosses absurdités , mais on en voit beaucoup plus de petites, car chacun veut créer la sienne et la léguer à la postérité.
SOUFFRANCE, DOULEUR. De toutes les langues, la plus universelle, la plus intelligible, c'est la douleur; pour elle , il n'est pas besoin d'interprète. Là , pas de confusion, pas d'oubli, pas de cause d'ignorance possible, et l'homme, comme l'animal, sait toujours où le bât le blesse, où l'aiguillon le pique.
Le plaisir est faible ou nul quand il est solitaire; il lui faut de la con(ipagnie, ou au moins un. tête-à-téte* Pour la douleur, c'est inutile ; elle se suffit à elle-même»
Le plaisir n'alTeete qtCun sens ; la souffrance attaque rétre par tous ses organes.
Le plaisir est ordinairement suivi de la souffrance. La souffrance ne l'est pas toujours du plaisir , sinon de celui d'en être délivré.
Les plaisirs sont en petit nombre , diffieiles à saisir, soQ?ent coûteux. La douleur est partout et ne coule tm» Variée à Tinfini, il n'est pas un seul i^int de aotr^