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^orts réunis , amèneront probablement le quatrième suicide.
La chose devient alors une sorte de martingale, et si la grâce de Dieu ne s'en mêlait, il n'y aurait pas de raison pour que la race humaine ne finit comme les moutons de Panurge.
D'après ceci, le nombre des suicides dans un pays ne prouve pas du tout le nombre des malheureux, mais bien plutôt celui des oisifs , des bavards , des plumitifs. La pauvreté conduit rarement au dégoût de la vie, et parmi les gens qui se détruisent, fort peu sont dans le besoin. La perte du superflu cause bien plus de morts volontaires que celui du nécessaire, et les angoisses du préjugé bien plus que celles de la raison : cet homme ne se tuera pas parce qu'il a perdu son ami, sa femme, ses enfans, mais parce qu'il a compromis ce qu'il appelle son honneur.
L'impossibilité de satisfaire un goût, une passion, est encore une cause de suicide, mais- moins* fréquente qne Pabsence de toute passion on de ce qn^on appelle le dégoût de la vie , disposition qui tient du physique et du moral, et qui échappe à la fois aux efiTorts du philosophe et du médecin. Les gens pris de ce mal se tuent sans cause réelle, ou ptutôl; tout est cause pour eux, tout leur apparaît sous un crépe'funèbre» Ce qui intéresse ou amuse les autres , les ennuie , les fotigne , les dés^e , semblables à ces malades qui trouvent un mauvais goût à tous les mets parce qu'ils ont eux-mêmes la bouche mauvaise. Ces hommes sont malades sans doute, mais ils Id sont plus d'esprit que de corps ; bref, ici comme too* jours, ce sont moins les douleurs physique qui poussent au suicide qne les peines morales. On ne se tue pas parce qu'on a faim, on se tue parce qu'on craint de l'avoir.
L'animal, qui peut avoir la prévision du besoin, mais