‹ Hommes et choses (volume 3)Chapitre 79 sur 110 · TAX · texte numérisé non relu

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être mieux employés, ne fussent qu'à rétablir les tours des hospices et à prévenir les trop nombreux infanticides connus ou inconnus qu'amène leur suppression.

Lorsque tout le monde, sauf celui qui aime mieux les chiens que les en£ans, est d'accord sur l'excès de la population canine, et qu'il est si facile de la réduire par une mesure productive pour l'Etat, pourquoi ces animaux, plus heureux que les hommes, n'pnt-ils pas aussi leur cote personnelle?

— Pourquoi ? Je vais vous le dire :

Si la proposition de l'impôt est prise en considération, on nomme une commission : or, il y a dix à parier contre un que la commission prendra des conclusions contraires à ta proposition, ou ce qui revient au même, Tamendera de manière à la rendre inadmissible.

— Par, quelle raison agira-t-elle ainsi ?

—-«Par une raison fort simple. De quels élémens se compose une commission ? Elle se compose , comme la chambre elle-même , de propriétaires , d'industriels , de cultivateurs, de mihtaires, d'avocats. Or, le propriétaire a une meute ou au moins un chien couchant, l'industriel en a un autre pour garder la nuit l'entrée de sa fabrique, le cultivateur à ses bergers qui ont les leurs, le militaire a son caniche , l'avocat a son petit toutou qui fait les délices de madame. Comme pas un ne veut se défaire de ces bétes nécessaires ou chéries, pas un ne manque de calculer que c'est fort désagréable . de payer, ne fût-ce que trois francs par an, pour un chien qui souvent n'en vaut pas la moitié.

La chambre dans laquelle, sur sept cent-cinquante membres, il y en a sept cents qui ont par tête un chien an moins, a justem^t fait la même réflexion. Tout le monde étant d'aecord pour dire non, l'impôt sur les ebiois est encore un6 fois à Tau4'eau.

Nous n'avons donc de chance de voir la questioa impartialement examinée que le jonr où , par un hasard rare, il se trouvera une commission, puis une chambre dont la majorité n'ait de chiens d'aucune espèce.

Peut-être regarderez-vous comme exceptionnelles les raisons qui font ainsi tourner à néant les propositioQS relatives à Timposilion des chiens. Non , des prétextes équivalens ou plus futiles encore font avorter les neuf dixièmes des bonnes lois , ou les traduisent en amendemens qui les rendent inutiles, dangereuses on impossibles.

 toute proposition d'une loi nouvelle , un représentant , par cela même qu'il est homme , fait d'abord ce retour sur lui-même: « Qu'estH^e que j'y gagnerai? • on s'il a l'esprit large : « Qu'y gagneront mon parti , mon département, ma ville, ma rue? • Qaant à l'hit* manité, la raison, la religion, la morale ou l'ensemble des choses, il n'en est pas question ; notre éla n'y senge même pas, ou s'il y songe, il ne s'en soucie guère.

Tel est l'esprit du siècle : tout pour soi , rien pour personne ; rien pour la patrie surtout L'on est pour Henri V, pour le comte de Paris an pour ^iapoiéon , mais pour son pays: « Que gagnerai-je à sa prospérité? Le pays me donnera-t-il un ministère, une préfecture , une recette générale ', un cordon , une fortune ? II y aura moins de malheureux , c'est vrai ; mais que tt^importent les malheureux! Je ne le suis pas et je leur fais l'aumône. Le pays est toujours ingrat; tandis que d'un roi ou d'un empereur de ma façon, je tirerai peut-être quelque chose , sinon pour moi qui n'ai besoin de rien , du moins pour mes parens et mes amis.

» D'aiReurs, que me diraient mes éleoteursy si je leur parlais de mon amour pour le pays», si j« ne lear proavais pas que j'ai agi pour eut et pour eux^ setols? Èkl ah! ils m'arrangeraient d^uae belte: maBière; — Bst-œ

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que nous vous avons envoyé là, diraient-ils, i>oar défendre la Seine, le Rhône, le Rhin ou la Gironde? nous vous avons envoyé pour soutenir notre arrondissement , obtenir une route pour la commune , ud clocher pour notre village et des emplois pour nos eofans; bref, vous êtes là pour faire nos affaires et non celles des autres; et si vous recommenoez à vous foire ainsi Tavocat de tout le monde, à nous parler patrie et intérêt général, à l'avenir nous ne vous donnerons pas , et pour cause, une seule de nos voix. »

Ainsi sont les électeurs en 1851 , ainsi sont les élus. Est-ce sans exception? Non, vous pouvez dire hardiment qu'il y en a quatre-vingt-dix pour cent.

Allez donc faire marcher une république avec de tels élérocDs; vous n'avez pas môme fait marcher une monarchie constitutionneUe. Bt là-dessns , j'en reviens à mon dire : il feut mettre un impôt sur les chiens.

TEMPS, DURÉE. Le temps, cfest le mouvement.

Qu'une chose , qu-un être restent immobiles , et le ten^s n'est pas pour eux.

Quand il s'agit des individu», par mouvement j'entends la pensée et le» actes qui en résultent.

La vie ne peut donc ni croître ni décroître tant qu'elle est sans action. Le temps et la durée ne commencent , piMu* les êtres comme pow les choses , qu'avec le mouvement.

La destraction d'une chose inerte , d'un monument , d'une œuvre , d'une créMlon quelconque , n'est que là séfparation dt ses parties , soit par suite d'un choc et d'une volonté, soit par une fermentation et une décom^position nalorelle; Mais quelle qa» soit cette chose, sa fin, comne: son commencement , n'est que son changement

de forme oa sa modification : or , ce changement , ce choc, cette fermentation ne peuvent avoir lieu que par le mouvement. Si le mouvement était impossible, elle resterait toujours dans le même état : rien en elle n'aurait donc ni commencé ni fini.

L'ame a toujours existé , mais elle ne commence à compter le temps , ou le temps ne commence pour elle que lorsqu'elle se met en mouvement et qu'elle s'en rend compte, c'est-à-dire lorsqu'elle pense.

La pensée, c'est le mouvement de l'ame.

Le temps cesse pour elle lorsque ce mouvement intellectuel s'arrête. Le temps recommence quand le mouvement recommence ; et toujours ainsi.

Le temps , la durée , ou ce que nous appelons temps et durée , n'est véritablement que la croissance ou la décroissance des choses, c'est-à-dire leur mouvement et les inégalités de ce mouvement, car un mouvement qai serait toujours égal et sans terme de comparaison ne serait pas encore le temps et ne marquerait rien.

En réalité, il n'y a pas de temps; et cette expression : Us temps qui passe, est inexacte. Ce n'est pas le temps qui passe , c'est la chose sur laquelle notre attention se fixe qui éprouve une variation, un mouvement, uae modification; ou bien si ce n'est pas elle, c'est nous ou notre pensée.

Si, vous admettez ceci, comment admettre qu'une chose commence ou qu'elle finit, ou que le temps ait une action sur elle?

Une chose commence à se mouvoir , c'est-à-dire à croître ou à décroître ou à marcher, mais. elle ne commence pas à être , parce qu'çUe e^t totyours composée de parties qui sooi.

Par cela même elle peut finir dans son action. ou dans la combinaison de ses partie. ^ mais, elle ne peut finir

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