PIA
France, Tespoir de TÂngleterre, l'envie de ^Italie, Toi^gueil du monde entier.
Nous ne parlerons pas des autres morceaux; ils ne diffèrent du premier que par le silence d'un bon nombre de notes qui ne peuvent plus sortir du malhenreux in* strnment parvenu au dernier degré de phtbisie, et qui rend , ea râlant , ses derniers soupirs. Anssi , par une inspiration heureuse , le grand artiste finit par une b»* taille, et les Griailicrïes peu harmonieuses de la machine détraquée sont tout-à-fait en situation.
Ici arrivent les vers, les couronnes, et ce qui est pins expressif encore, la prière de donner un second concert. Le grand homme est attendu à Paris , à Londres , à Berlin, partout; mais il ne peut résister aux vœux d'une population entière: U donnera son second concert
Comme celui-ci n^exdtera pas moins d'enthousiasme, il sera suivi de quatre autres , car un graiid artiste ne dédaigne jamais les grandes recettes et ne quitte la place que lorsqu'elle est à sec. Il est bon d'ajouter qu'aux yeux de beaucoup de connaisseurs en musique, c'est le chiffre de l'argent gagné qui établit la démarcation entre le grand et le petit pianiste.
D'où vient cette vogue du piano , le plus coûteux, le moins durable, le plus ingrat et le moins chantant de tous les instrumens dignes de ce nom? Je ne saurais le dire. Le piano est un meuble ; il est bon pour le compositeur , quoiqu'une épinette vaille tout autant. U n'est pas mauvais pour l'accompagnement, quoiqu'un clavecin vaille mieux en ce qu'il couvre moins la voix. Mais comme solo, comme instrument chantant, le piano n'est pas supportable, et une trompette même sans dé, un trombone, un serpent, un flageolet, s'ils sont justes, flatteront plus l'oreille et offriront plus de ressources au vrai musicien, à l'homme dont le coeur chante ou qn|
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sait hïte chanter Finstrument. Or, le piano ne chante ni ne peut chanter, parce qu'il ne peut ni tenir ni filer on son : faites donc chanter un toume-hroche 1
Pourquoi y a-t-il tant^de grands pianistes? Pourquoi tout individu, s'il a une main bien conformée, peut-il le devenir? Cest qu'il ne faut pas Itre musicien ponr être pianiste, qu'il est même inutile d'avoir le sentiment de rintonation et du chant, de la musique enfin.
Aussi, l'auditeur qui voudra être de bonne foi et en même' temps de sang-froid , l'auditeur qui pourra oublier un instant la réputation de l'exécutant et la dextérité de l'exécution et ne juger que le résultat, dira que, quels que soient la difficulté vaincue et le talent même, ce résultat est toujours pitoyable; s'il intéresse un moment, il devient bientôt monotone, puis mortellement ennuyeux. Cet éternel tapotage, ce tic-tac de moulin qui domine touà les efforts , toutes les inspirations , et qu'on « ne cesse jamais d'entendre, ces sons qui retombent à chaque effort, qui s'éteignent dès qu'ils commencent, pourraient servir à dessiner l'impuissance. C'est un asthmatique qui veut respirer, c'est un fantôme qui veut crier et dont la voix expire, c'est la machine visant à la parole; c'est la poupée qui dit: maman ^ et qai , quoiqu'on fasse, n'en dira pas davantage. Enfin le talent du plus grand ^aniste n'est pas même, jusqu'à ce jour, parvenu à la hauteur d'un orgue de Barbarie qui, à l'aide de ses tuyaux, peut, du moins, étendre, fondre et unir les sons*
Réservons-donc le {ûano pour l'accompagnement, pour la composition ou les concerts de familles, pour la con-* tredanse surtout; laissons-le figurer dans les duos, trios^ quatuors, quintetti, et Qiême, de temps à autre, dans les symphonies. Mais point d'improvisations, point de morceaux seuls, ou qu'ils soient si courts, si courts qu'ils ne laissent pas à j'enQui le temps d'aitieindre l'auditoire*
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Ce petit article ou ropinion qu'il manifeste , regardée comme une hérésie, révoltera plus d'im noble dilettante. Parler mal des pianos et des pianistes , c'est le fait d'un welche, d'un barbare, pis encore, d'un malintentionné, d'un radical , d'un <»)mmnniste , d'un homme qui veut commencer ainsi la démolition de l'édifice social. Aussi le bon public et les luthiers surtout, les pins intéressés dans la question, n'en couronneront -ils pas moins les grands pianistes et même les petits. Qu'il en soit ainsi , je le veux bien, mais qu'ils se pressent les uns d^offrir des couronnes et les autres de les recevoir, et qu'ils les entassent bien sur leurs fronts, car ce qne font naître le caprice et la mode est ordinairement de peu de dnrée. Encore quelques années, et il en sera du piano comme il a été du luth et de la tyre, ce sera l'instrument d'nn autre âge, qui ne figurera que dans les cabinets d*éludeR , les tableaux de mœurs et les romans historiques; et le grand pianiste, de même qne le célèbre canard de Vaueanson, sera rangé parmi les pièces mécaniques qui ont fait honneur à l'industrie du dernier siècle.
Voyez: Bruit.
PIE. Une pie avait été élevée dans une basse-cou^ avec une nichée de canards; tous les jours on faisait sortir les canards pour les mener dans un plant voisin: la pie sortait avec eux. Un jour, la domestique ayant oublié de les y conduire, les y trouva néanmoins. Le lendemain, il en fut de même; bref, elle s'aperçut' que c'était la pie qui faisait la conduite, piquant de son bec les traînards pour les empéehet^ de rester en arrière. -Cependant à mesure que les canards grandissaient et engraissaient , on lés prenait pour la table ^ du maître ; la. pie soignait tes sur^vans.' Enfin, il n'en resta pftrs
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qa^nn; Margol le oondaisit à la pâtare comâie die avait iait ies antres.
Un j«)ur 9 la cmsinière Tonlut le prenâre ponr la broche: Margat cria beaiiconp^ et voyant que ses cris ne disaient rien, elle s'élança sur la servante , la blessa à coups de griffes et de bec, puis prit son vol et ne reparut plus.
Ce qae je viens de dire, je ne l'ai pas vu, mais on me Fa raconté, et j'y crois, car si Margot ne l'a pat fiiit elle en est bien capable.
PIED. An lieu d'apprendre le latin aur eoffens , je leur apprendrais à se servir de leurs pieds : car, pourquoi ne se sert-on pas de ses pieds comme de ses mains? Est-ce qne les nourrissons ne s'en servent pas quand vous les laissez libres? Essayez plutôt: ils serreront vos dpigts avec les doigts flexibles encore de leurs petits pieds.
Les Chinois brisent les pieds des petites filles; nous y ajoutons ceux des petits garçons. Oui , par nos usages bizarres ou absurdes, nous paralysons une bohne moitié de notre individu physique et moral. Nul doute que l'usage des pieds, dans certains métiers dits manuels, n'aidât beaucoup à avancer la besogne. Plusieurs peuples asiatiques , mieux avisés que nous , savent en tirer parti pour une foule de choses , sans compter celle de mardier.
Celle-là même nous l'avons restreinte, autant que pos* sible, au moyen de chaussures merveilleusemtent propres à nous £aire rester en route et auxquelles, pourtant , nous demeurons fidèles depuis dix siècles: probablement parce qu'en outre de leurs autres inconvéniens , (slles coûtent cher et durent peu.
Nous avions imaginé , toujours dans la crainte d'aller
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trop vfte , la culotte serrée , qui joignait la cuisse au cou-de-pied en supprimant Farticulation du genou, qu'elle ne permettait plus de ployer. Là culotte, tu son excessive incommodité , avait prospéré pendant trois cents ans , quand , allongée et élargie , elle devint pantalon.
Les pantalons rendaient libres le mouvement des jambes et des pieds, mais c'était trop bien; aussi cela ne durat*il pas , et l'aisance qu'ils nous donnaient , une fois reconnue , nous y avons remédié en inventant le sonspied qui, tirant à-hu tandis que la bretdle tire à^dia, réunit l'avantage de nous empêcher à la fois de marcher et de nous asseoir.
Voyez: Ficelé.
PINCETTE. Un vieux garçon avait une servante , comme toujours. Il avait aussi une cuisine, et dans cette cuisine une pincette. Un jour la pincette disparaît. La servante , grosse ^lle assez fraîche , qu'on appelait Marie, cherche, cherche encore, cherche toujours, et ne peut découvrir le meuble égaré.
Ces recherches durèrent huit jours, et tout le voisinage en était en émoi. Enfin, le neuvième, une voisine qui aidait la digne servante à retourner , pour la vingtième fois, tous les meubles de la maison, se sentant essoufflée, s'appuie sur le lit de la bonne fille. Qu'y sent-elle? La pincette cachée entre deux draps. « Âh! ma pauvre Marie, s'écrie-t-elle , quel bonheur! la voilà votre pincette; elle était au milieu de votre lit et tout en travers. »
La bonne voisine alla conter partout le hasard qu'elle avait eu de retrouver la pincette du voisin.
€hose étrange! c'est que celui-ci ne lui en sut pas le moindre gré, et la bonne Marie pas davantage.
PITIE* C'est toujours par le mal qu'on ëproure ou qu'on craint d'éprouver, qu'on s'intéresse au prochain^ et nous le plaignons d'autant que nous sommes plus sosceptibles de souffrir. On peut donc , jusqu'à certaiii point, mesurer à cette sensibilité physique la sensibilité morale, puisqu'il est évident que l'être qui n'aurait aucune idée de la douleur, ne pourrait ressentir de pitié pour personne.
Nnl doute que le tempérament, ou le plus ou moins d'irritabilité des nerfs, n'influe beaucoup sur les moyens de supporter la souffrance , et conséquemment sur la souffrance elle-même qui, poignante dans celui-ci, sera presque nulle dans celui-là. Cette différoice agira éga«lement sur le sentiment que nous aurons pour autrui, car, ne nous y trompons pas, c'est toujours soi qu'on considère en lai.
Il ne suffit pas, pourtant, d'être sensible à la douleur physique, de la ha'îr, de la repousser, potur éprouver la pitié: il faut que notre expérience ou notre intelligence soit assez étendue pour que nous puissions comprendre que les causes qui nous font souffrir peuvent faire souffrir autrui. Si la brute ne connaît pas la pitié, c'est que son intelligence n'est pas assez élevée pour faire ce rapprochement.
€'est la même ignorance qui rend impitoyables le petit enfant, l'idiot et le sauvage. Ils ne comprennent pas qu'ua autre qu'eux souffre, ou s'ils le comprennent, ils ne conçoivent pas qu'il y ait du mal à le faire souffrir , puisqu'ils ne souffrent pas eux-mêmes.
La pitié est donc une sorte de répercussion da mal
d'antrui sur notre propre individu. Nous sommes telle-^
\ ment pénétra de sa position , de la souffrance qu'il
' éprouve ou qu'il va éprouver , que nous en ressentons
une partie. C'est ainsi qu'un homme se précipite dans
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b feo pour en retnrer c«liii dont il entend les eris de douleur: il ne peut endurer ces eris; il faut quMl fuie eu qu'il seeoure ce ma|he»renx, parce que la crainte de se brûler est moins crneHe pour lui que celle de v<»r cet homme que le feu dévore et d'entendre ses plaintes.
L'animal on Fhomae insensible ne comprend rien à ceci ; il n'éprouve que la satisfaction de ne pas brûler lui-même. Que lui importe que cet individu. brûle! c'est, pour lui, une souche qui flambe, un tison qui fume.
La pitié de l'un, comme l'insensibilité de Fautre, naît évidemment de l'amour de soi. Mais dans le premier cas, i^est un amour généreux, c'est l'amour ^un homme qui sent la puissaoee de la réciprocité. Dans Taulre, c'est r^lsme de la brute et la tranquillilé d^un cœur stupide.
La pitié n'est pas toujours fondée sur la sensibilité réciproque ou la conscience du mal d'autrui. Tet homme aans pitié agira précisément comme le plus sensible , il exposera sa vie pour sauver son semblable, et pourtant il n'éprouvera, pour ce semblable, aucun sentiment de sympathie.
Ce ssera môme le contraire. Traversant un pont, il est coudoyé par un homme qui, enjambant le parapet, se pvécipile dans la rivière. Son premier mouvement est de maudire cet homme qui lui cause cette émotion désagréable. Cependant, mu par la curiosité, il s'approche et le voit qui lutte contre la mort. Alors, bien qu'il ne eonnaissc pas k'mdividu , il s'élance et le sauve. Est-ce pitié? — Non, — Est*^ce intérêt? — Non. C'est par \m mouvement qui lui dit qu'il n'e doit pas laisser noyer cet homme , parce que hii-même tiendrait pour lâche celui qui, le voyant dans la même position, l'abandonâerait à son sort. Cette conduite annonce du courage , de ^ vertu , de la délicatesse si vous voulez , mais ce de la pitié. Cel* en est si peu, qite le quidam
n'est pas plutôt hors de danger , qu'il le repousse avec d^oût, et qu'il serait plutôt tenté de le battre que du le coDSoIer. Bref, il a sauvé cet homme par respect pour soi-même, mais son par charité pour hii.
Cet égoisme est plus sensible encore quand Tindivida en péril est l'un de dos proches /de nos compagnons ou de nos supérieurs. Malgré ces qualités, il est possible que nous n'ayons pour lui ni estime, ut amitié; Il se peut même que nous le haïssions et que sa vie nous soit aussi préjudiciable que sa mort nous serait utile, et e&» pendant pour le sauver , nous nous exposerons à pém nous-mêmes. Pourquoi ? C'^st que sa mort serait pont nous, non-seulement un remords, mais un opprobre. Ici nous craignons à la fois le reproche du monde et celui de notre conscience. Sans doute le4anger que nous allons courir pour sauver cet homme que nous hafEssons, est grand , mais il ne l!est pas plus que celui auqiid nous resterions exposés si nous ne le sauvions pas ou tout au moins si nous ne l'essayions pas, car le regret et le mépris qui en seraient la suite, nous condiûraieRt à la mort ou à une existence pire que cette mort. Ici, la pitié, le courage, Thumanité ne sont donc encore qu'un calcul: c'est à nous et à nous seuls que nous avons songé.
La pitié effective ou ce dévoûment sans arrière*pensée qui fait que nous nous sacrifions à autrui , est plus fré^ quent chez les femmes que chez les hommes: o^te mère, cette épouse, ne pouvant sauver son enfant ou son mari, meurt avec lui. S'il y a des exeneiples de ceci chez les hommes, ils «ont rares.
Les animaux sont -ils su5cept9)l^ de pitié? Quand un chien défend son maître ou qu'il se jette à l'eau pour sauver un enfant qu'il n'a jamais vu, lorsqu'un oiseau porte la becquée ^ux petits 'abandonnés d'nne autre mère, est-ce la compassion qui les y (pousse? Je
tie le crois pas; c'est un sentiment de conservation ou de propridtë bien plutôt que la pitié proprement dite. Le chien défend son maître comme il défendrait sa maison; il va le chercher, s'il se noyé, parce qu'il y a été dressé, ou que tout individu, dans cette position, lui apparaît comme son maître; mais ce chien n'essaie pas de sauver un autre chien.
Quant à la nourriture que les oiseaux portent aux petits , même d'une autre couvée , c'est un entraînement tenant à l'instinct de la paternité ou à la conservation de l'espèce : entraînement qui existe aussi chez la race humaine, mais qui diffère essentiellement de la pitié.
Si un animal est susceptible de pitié, c'est, je crois, le singe ; il en est des espèces qui semblent souffrir quand on maltraite devant eux un individu de leur race, surtout s'il est jeune, et qui ne cessent de lui prodiguer des témoignages d'affection dans le but évident de le consoler.
Quelques cétacés, les dauphins entr'autres, éprouvent aussi cet attachement de famille : on a plusieurs fois remarqué les efforts que faisaient ces animaux pour remettre à flot ceux de leur espèce échoués sur la plage. Les pêcheurs connaissent si bien cet instinct, que lorsqu'ils en voient un , ils sont presque assurés de prendre toute la bande.
La pitié a aussi sa spécialité, et telle femme qui pleure d'attendrissement en voyant souffrir son perroquet ou son chat, a le cœur sec devant les douleurs de son frère ou de son mari : c'est que la pitié de cette femme est exclusive, elle ne se partage pas.
Ce qu'on prend pour pitié chez certains peuples -asiatiques , notamment chez les Indous , n'est souvent que de la superstition, et s'ils épargnent les animaux, c'est moins par intérêt pour eux que par la crainte de
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pëcber. M. Hamilton, Toyageur anglais, voulant indiquer Fusage du microscope à un prince indien, fit le geste d'attraper une mouche; aussitôt toute la cour fut en émoi : chacun, et le prince lui-même, tremblait qu'il ne la tuât, et ce même prince faisait décapiter un homme pour la moindre faute.
Les anciens ont beaucoup écrit sur la pitié, et les Romains comme les autres, mais ils l'entendaient d'une singulière façon. Bien que Juvenal ait dit que la na* ture, en nous donnant des |jarmes, a voulu nous donner un cœur compatissant, rien de plus despote, de plus froi«dément cruel que ces célèbres r^ublicains : leurs cirques, leurs jeux et la façon dont ils traitaient leurs esclaves, prouvent assez qu'ils ne connaissaient guère la pitié.
Senèque ne veut pas que le sage éprouve la pitié, parce que, selon lui, c'est une faiblesse et un état de soafErance, mais il conseille de faire tout ce que ferait un homme compatissant.
C'est aussi l'avis que nous vous offrons en faisant observer, toutefois, que la pitié n'est pas chose que l'on aecepte ou qu'on repousse à volonté: sans doute, on peut n'y pas céder, mais ce n'est pas ceci que prétend Senèque , puisqu'il veut qu'on agisse comme si on en avait même quand on n'en a pas.
PLAGES. 11 ne s'agît pas de donner des places aux hommes, mais bien des hommes aux places, a-t-on dit depuis long^temps, ce. qui est une raison ou une sottise» selon qu'on vest l'entendre. Si l'homme fait souvent bt place, non moins souvent c'est la place qui fait l'homme; et tel serait un fort mauvais commis à la barrière, qui est un fort bon ministre à portefeuille.
Que cherche-t-on donc dans certaines places qui ne
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rapportent ni ^oire ni profit? Je n'en sais rien. On les aime par tradition, probablement parce qu'autrefois elles rapportaient l'on et l'antre, et qu'on espère qne les choses reviendront ce qu'dles étaient.
Sans entrer ici dans nne distinction qui paraîtrait oiseuse, nous dirons que, de nos jonrs, il existe véritablement une monomanie de places; c'est à qui en voudra, à qui en obtiendra à tout prix, même aux dépens de son repos, de sa Fortnne, de sa vie. On répondra : c'est pour l'honneur. — Peste, quel honneur ! Vous n'avez donc jamais rien lu, jamais rien vn? En France , les gens en place sont les véritables parias de la nation; c'est à qui leur en dira, c'est à qui leur en fera: dépntés, journaux, gamins, chiens et chats, ils ont, après eux, tout ce qui pique, pince, égratigne ou mord. Le député ne croit pas avoir rempli son mandat, s'il ne leur a pas arraché au moins une plume ou une poignée de cheveux. Le journaliste perdra ses abonnés, s'il ne leur dit pas quotidiennement une gueulée d'injures proportionnée à retendue de ses colonnes. Le gamin croirait se manquer à Ini-même, s'il ne leur envoyait pas son lopin de boue. U n'est pas jusqu'à l'âne qui , en les voyant à portée , ne leur lance sa ruade, convaincn que ce sont eux qui font renchérir les chardons.
Eh! bien, à l'imitation du chien qui s'attache d'autant plus à son maître qu'il le bat plus fort et plus souvent, remployé tient d'autant plus ferinement a sa place qu'elle lui cause plus de déboires, et ceci parce qu'il voit à son dos vingt candidats qui demandent k le remplacer. Il est alors dans la situation de ces oncles qui ne meurent jamais, par la seule raison qu'ils voient qu'on attend leur succession, et qui se cramponnent à la vie, moins pour les agrémens qu'.^ y trouvent que dans la CBainte d-en procurer à d'autres.