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nid. A toutes ces choses il tient autiant et aveo plas âtt> raison peutnétne, qne rhomme à son or ou à ses pieiveriosik
Quand cette avance n^est, chez la brute, qae pré^oyaoec on amour de la famille, elle devient une qualité, presqno* une vertu. Cependant, il y a des animans réellëmestf avares, c'est-à-dire égoïstes ou envieux. Un ohiew repu» v* enterrer un os> seulement pour empêcher son compegndil' d'en profiter; et il défendra rapproche d'une proie vingt fois grosse comme lui. Bien différent en ceci du coq qui», avant de toucher au grain qu'on lui jette, appelle ses poules pour en prendre leur part, ou à- la fcmmii qui va cher<^«l^ ses compagnes pour partager une mouche.
L'avarice de certains animaux va> jusqu'à ne pa» voubir qu'un autre qu^eux boive à un ruisseau, à un étang, i une rivière. Parce qu'ils y ont bu une fois, ils? s'« croient les propriétaires. \
Tel autre s-ddjugera le droit de chasse on de pâture \ dans un canton , une forêt , une plaine , et n'y tolèref* | que sa femelle et ses petits. Encore les en chassera-l-il dès qu'ils deviendront assez forts pour se suffire à euxmêmes.
Lorsque deux fouines, mAle et femelle, se sont étaWicsdans une maison, elles éloignent toutes celles qui voudraient s'y établir. Elles ne tolèrent même pas les autres, petits carnassiers et les poursuivent avec acharnement.
Le sentiment qui dirige ici la fouine est encore celui de la propriété. Elle craint que des voisins voraces n'enhpiètcnt sur ses droits et ne s'emparent de ce qu'elle se réserve pour elle-même. C'est de la prévoyance, mais delà prévoyance avare; car elle agirait de même, y eut-4il dix fois plus de nourriture qu'elle n'en pourrait consommer.
Ce que nous appelons vigilance dans un chien , on ce soin qu'il prend d'écarter du logis les mendians , de se
jetCT'sar te TOteRPS* en souvenCi cher leur arraoher ce qu'ils emportent; louche de ibrt près à Tavarice. Il se regarde eoiDiiM l« co propriétaire de la maison et de tont ce qui sY trouve. Ainsi identifie à la propriété, la portion qu'on €n dëtaehe lui paraît prise sur la sienne : cVst , selon W, on tort qu'on loi fait. Ost son bien qu'il défend. SU n'en était pas avare , il n'en serait pas le gardienidèle.
Chez quelques hommes, l'avarice est une réaction de la prodigalité. Ih passent d'un extrême à l'autre; ils ont traversé la raison-.
Parfois cette prodigalité n'est qu'apparente. C'est une afsrice diéguisée, une avarice qui jette une poignée d'or ponr en ramasser deux.
Le joueur lui-même ne joue que parce qu'il croit gngner. CfSt un avare téméraire qui risque le tout pour le tout. Opendant ceci sort du caractère de l'avare proprement et , qui n'est pas hardi , tant s'en fout. Sa timidité , fli ce qui concerne son trésor, est devenue jiroverbiale. lévéfent sa cachette par l'inquiétude qu'il témoigne quand on en approche, il le perd par l'excès même des précautions qu'il prend pour le conserver. Ainsi font encore les animaux.
n est te! avare à qui son avarice coûte plus que le luxe et la magnilicence du prodigue. L'intérêt qu'il pourrait tirer de l'argent qu'il enfouit suffirait à l'aisance de sa vie entière et aussi au bien-être de tout ce qui Tentoure. L'homme qui dépense pour faire travailler le pauvre est véritablement utile. Par cela même , l'avare qui arrête h circulation dies capitaux devient véritablement nuisible, «t en se privant du super(k| , il Ole aux autres le nécessaire.
Cette manie d'enfouir, toute anormale qu'elle semble, est pourtant dans la nature. 11 y a des animaux enfouisseurs
et qui veulent aussi avoir leurs joyaux et leur trésor. ■ On devine facilement quel est le motif du chien qui enfoiÀ un os : cVst prévoyance ou jalousie. Mais pourquoi tei corbonu, pourquoi la pie cuchent<ils une pièce de monnaie, une bague , un morceau de verre ou tout autre objet inutile à leur nourriture? Pourquoi ont-ils un lieu df recel dont ils tenteront, de même que Tavare humain, de vous écarter par ruse ou par force? N'est-ce pas ici;; je le demande, Tavarice bien caractérisée? Et dans detdl |{ animaux, la chose est-elle explicable? ; \
Il y a des avares magnifiques , c'est-à-dire qui , éoh noines jusqu'à la lésinerie dans leur vie privée , seront généreux jusqu'à la prodigalité dans une occasion d'apparat: Ce contraste est même assez fréquent, et quand un avait se décide à donner, il donne ordinairement plus qu'ui autre. Je pourrais citer des exemples étranges de cette^ prodigahté d'un pingre.
Il est (les gens dont l'avarice ne se porte que sur oi \ seul objet : tel est le collectionneur ou l'amateur proprement dit. 11 vous prêtera volontiers mille écus et ne voudra pas vous confier une coquille d'un sou ou une médaille de six liards.
Chez lui, rien de ce qui concerne son ménage n'est sous clé: provisions, vin, liqueurs, tout est à la merci de chacun. Mais vous ouvre-t-il sa galerie, sa serre ou son médailler, il a les yeux sur vos mains, sur vos poches, sur tous vos mouvemens, et il serait tenté de vous fouiller quand vous sortez.
C'est ainsi que j'ai rencontré des avares de fruits, des avares de fleurs. Ils dépensaient vingt louis pour vous donner à dîner, et si vousl eussiez pris une rose dan» leur jardin ou une cerise sur l'arbre , ils vous auraient volontiers traduit en justice et fait condamner comme voleur.
L'avarice de cet autre maniaque ne se portera que sur les habits. 11 les brossera lui- même , de peur qu'on ne Jes lui use, et les portera râpés jusqu'à la corde. Sur tout le reste, c'est un homme comme un autre.
Son voisin, au contraire, tient peu à ses habits, et son domestique en a à revendre. Il n'aime que ses souliers et KS bottes. 11 les considère comme une partie de lui-même. Sont-ils usés , il ne peut se décider à en faire faire de nenfe , et il dépense en ressemelage et raccommodage , pour avoir des savates, le double de ce qu'il en coûte à im autre pour être bien chaussé.
J'ai connu un écrivain fort dépensier, dissipateur même, qui était , en ce qui concerne le papier blanc , d'une iTarice sordide. 11 eut mieux aimé donner trois exemllaires de ses œuvres qu'une feuille de son pa))ier. 11 euployait pour ses manuscrits tous les chiffons qui lui iMbaient sous la main , et se crevait les yeux à tracer As caractères imperceptibles pour économiser, dans son anée, une demi -rame de papier de trois francs cinquante centimes.
Tel autre aime la propreté. En effet, tout dans son logis est net et parfaitement tenu. 11 en est de même de ses habits. Pourtant il passe pour peu propre, car on ne lui a jamais vu une chemise rigoureusement blanche. C'est qu'il ne peut se décider à payer une blanchisseuse. Cette dépense le révolte, toutes les autres lui coûtent peu.
i'ai entendu citer un très-riche personnage qui avait une horreur invincible pour tout genre de paiement. Il «imait les dettes et les créanciers , comme un autre les déleste. Vingt fois il s'est fait saisir pour le seul plaisir de la chose ; car il regorgeait d'or et il en donnait à pleines mains, mais c'était toujoure à ceux à qui il n'en devait pas.
U devait cinquante louis à l'un de ses amis peu for-
tjam qui, vingt fois , les lui avait inutilement TëeUmè. jj Cet ami ayant enfin atisolument besoin de son ^rgent^ entre un uiatin chez lui et lui dit: J'ai une traite il. deux mille quatre cents francs è payer à l-instant inéoiQ, voiilez-vdus me les prêter? — Très-volontiers, dit W.iK***. L'ami lui renvoie le lendemain douze cents francs. en, lÉ écrivant : Merci , nous sommes quittes.
Parmi les grands seigneurs anglais , on cite plusieun avares de cette trempe. C'est Tavariee des dettes. Ils t amassent, ils en font collection. Manie dangereuse, eut' elle est quelquefois exploitée par des fripons, et le capitri se trouve absorbé avant que le propriétaire sVa doute.
On prétend qu'un diplookate eiflèbre, M. de T***, a«ât ce goût des dettes et qu'il ne soldait jamais rien que sur sommation et par ministère d'huissier.
C'est, au total, un fort vilain goût, car c'est odiii jÉi bien d'autrui. Si l'on ne se ruine pas soi-m^e, on mm f le fournisseur , on afauie l'ouvrier qui attend son salaifo; • et on le vole de fait quand, après avoir ajourné SM-! paiement d'année en année, on ne lui paie pas l'intérêt de la somme ainsi déloyaleiiient*retenue.
L'avarice, comme toute autre passion, quand elle est ancienne et qu'elle a suivi un homme daus toutes les phases de la vie , imprime sou caractère sur sa iigtire. Elle est visible dans sa démarche, ses gestes, ses traits, ses regards, dans toute sa personne.
L'avare ordinairement est maigre , son front est soucieux, ses regards inquiets. Il se méfie de tout le monde ^et même de sou meilleur ami; non qu'il le croie capable .de le voler, mais il craint qu'il ne l'induise en dépenses ou qu'il ne lui emprunte quelque chose.
.Quand cet avare marche, il semble à peine oser toueber la terre. Se défie-l-il de sa sohdité? Pense-t-il qu'elie va manquer sous ses pas? Non, il a. peur d'user ses souliers* S'il était seul, il les porterait à la main.
fuMl soit jeune encore , son front se ride et la lie s'étend sur sa tcuipe. C'est qu'il n'a qu'un jouissance , la vue de son or , et qu'il en a mille *ances ; car la plus petite perte , ou seulement la le réprouver, lui serre les tempes et lui torture
i ses soucis et sa maigreur, ou peut-être même de celte maigreur, l'avare se porte bien. 11 est il vit long-temps. C'est qu'il est très-sobre, qu'il 1 et mange moins. Or , Iqs trois quarts de nos cnuent de nos excès de table. La sobriété est
bon côté de l'avarice ; elle est utile à l'avare , toutefois , il ne la pousse pas jusqu'à se laisser le faim. H y en a des exemples, •oche de la mort ne délruit pas l'avarice. On en 5férer la perte de la vie à la dépense qu'eut eneur guérison. On en a vu même lésiner sur leurs ntef rement, ou bien encore mourir sans vouloir
le lieu 011 ils avaient enfoui leur trésor. Espéraienttrouver dans l'autre monde? Etait-ce la force de le ou simple aberration? Je pencbe pour cette
opinion; car arrivée à certain .point, la passion
éteindre complètement la raison.
BANQUET PATRIOTIQUE {Novembre 1848). 0 Cornus, où en sommes-nous? On politique dans la sanee,^ et quelle sauce!!! Les portières en étaient! 0 désolatioil| Les cuisinières s'y mettent!
Lisez les journaux du 21 novembre 1848 , artideii Banquet des femmes démocrates,
La première révolution, la seconde, la troisième, h quatrième , etc. , etc. , avaient respecté la cuisine , ce sanctuaire du foyer, ce dernier asile de Fhomme sodaL Là , on pouvait manger , sans conteste , son bœuf MX , choux ou aux carottes, ses œufs à la poêle ou à la coquet rouges à Pâques et blancs tous les autres jours de TanDée. Mais aujourd'hui , allez-donc les mettre blancs deranl certains banqueteurs , et rouges devant tels autres ; ife
BAH Iti
TOUS les jetteront à la face : ils feront pis, ils tous dâ)iieront xm discours.
Otemps maudit ! Pour potage, on vons«ert des paroles; pour M, des paroles ; et encore des paroles pour dessert, et des iroles pour café. Ah! si du moins elles étaient gaies, si c'était ne de ces bonnes chansons, comme en faisait Panard el omme en hit encore notre Béranger. Mais ici la poésie vaut I chair, elle vous prend à la gorge, elle vous tient aux dents. fTallez pas aux banquets , tne direz-vous. Y aller ! A loîns qu^n ne m'y traîne. Mais ce n'est pas assez qut e les fîiir, ne voyez-vous pas qu'ils vous poursuivent! t s'ils vous attrapent, et si leurs émanations vous salissent, et s'il vous faut en avaler le^ miasmes ! Ne vous hje pas dit qu'on faisait banqueter nos femines! Nos enmes au banquet!! Qu'y font-elles, les malheureuses? [ foment-elles? T portent-elles des toasts au rhum oa a cognac? Horreur des horreurs ! ! Le serpent ne lit ■toger à la première que la moitié d^une pomme; et irintenant que font-ils manger aux nôtres? <}n^on prononce la séparation ! Qu'on rétablisse le di-** orce! Qu'on se hâte, ou la race humaine est une fois de lus frappée d^anathème.
Ce divorce lui-même est-il une garantie? Peut*ii Behidre toutes les délinquantes? Tout homme a-t-il une ■nne, cuisinière légale et canonique? Les célibataires, s hommes d'église, vivent-ils de l'air du temps? N^ont- 8 pas aussi des ménagères, des directrices du pot au u? Et si, elles aussi, adeptes de l'infernale chaudière, ont dans ces banquets sataniques , comme naguère les ureières au sabbat, ces célibataires innocèns doivent-tls lOttC mourir victimes du brouet noir? Non; c'est tin ■ilnnent, une cour prévotàle, une chambre ardente, un il de justice qu'il faut contre ces renégates de la sdienele potagère, contre ces Locustes de la niarmite.