‹ Hommes et chosesChapitre 32 sur 95 · BOU SU · texte numérisé non relu

BOU SU

iractère lui manque, s'il est faible et poltron, il ne vous )adera pas davantage. La cause en est simple : la auderie étant un terme moyeu, dès qu'on oblige celui ni boude à se prononcer, ou il vous rend son amitié, a bien il renonce à la vôtre; et dans un cas, comme ans l'autre, il ne boude plus.

Quant aux enfans , le meilleur moyen de les guérir e celte disposition à bouder, c'est de les amener à dire ourquoi ils boudent.

Les animaux boudent. L'éléphant, le chien, le singe, î perroquet, l'àne, le mulet, bouderont leur maître. La bouderie, qu'à leur lèvre mousue, à leur front plissé, leur œil errant, on reconnaît chez les hommes, s'aperçoit bez les animaux à leur tête basse, à leur regard obHque. !'est presque toujours l'envie ou la jalousie qui la fait âître.

Votre chien vous tourne le dos et cesse de remuer I queue, si vous caressez devant lui un autre chien ou m enfant étranger. Le chat suspend son rourou et 'éloigne. Le perroquet fait entendre un murmure de Décontentement et de reproche, puis il cesse de parler, 1 retourne à sa cage s'il en est dehors, ou va se percher or le bâton le plus éloigné de vous , la tête contre la Buraille, et il restera là, pendant de^ heures, morne, ilencieux.

De même que chez les hommes , il y a des animaux importés et d'autres boudeurs. Si ce perroquet est en ^ère, il ne se contentera pas de ce silence: il criera, iienacera et pincera , s'il le peut, vous ou l'individa loi excite sa jalousie.

Ainsi fera le chien. Le chat est plus maître de lui ou Pha dédaigneux : quand sa jalousie est trop forte , il *'ett va et ne reparaît plus.

U mulet est très-boudeur , mais c'est une bouderie

sournoise qui se change en désir de vengeance et qm finit par éclater. Ici c'est bien plutôt la dîssimolatioii que la bouderie. Aussi doit--on le ranger parmi les ciractères haineux.

L'âne a une bouderie plus franche ; elle est donee et patiente, et ne se manifeste guère que par Pair abattQ et découragé de ses oreilles. C'est un homme qui se croise les bras ou qui les laisse tomber de désespoir.

Eu résumé, chez les animaux comme chez les hommes, i la bouderie annonce toujours de l'orgueil ou de la sus- .1 ceptibilité. Toutefois , on peut être susceptible sans être ^ boudeur : on se fâche vite , mais on s'apaise de même, j Ordinairement l'individu simplement susceptible vaut mieux que le susceptible boudeur. Le premier est également sensible aux bons procédés , tandis que l'aatre ne l'est souvent qu'aux mauvais.

Au total, le voisinage des gens boudeurs ou susceptibles est partout assez incommode. Leur caractère ressemble à un sable mouvant où l'on craint toujours que le pied vous manque.

BOUILLON. Un homme invente une marmite qui fait d'excellent bouillon. Malheureusement sa marmite qu'on nomme autoclave avait beaucoup de rapport avec ces autres inventions qu'on appelle, selon leur dimension, grenade , obus ou bombe , de manière qu'on courait presque autant de danger à faire sa soupe qu'à aller livrer bataille à Wagram ou à Waterloo.

Cependant l'amour du bon bouillon l'emportait sur le péril, et d'autant plus que celui qui le prenait n'était pas toujours celui qui le fesait. Conséquemment , lorsque, par manière d'acquit et simple averlissement, la marmite avait de temps à autre brûlé les jambes à qudqoe gâte-

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