‹ Hommes et chosesChapitre 35 sur 95 · BOU 2S · texte numérisé non relu

BOU 2S

'an individu sans se plaire à verser son sang, jamais elle a existii, qui obligeait en France bourreau à remplacer son père, était absurde injuste. Quoiqu'il en soit, par obligation ou famille Samson a occupé cette place à Paris jieurs générations, et je crois qu'elle Voccupe sont, dit-on, des gens doux et humains, qui ; rien pour adoucir les derniers momens des bréger leurs souffrances, e bourreau est presqu'une sinécure depuis te à la mécanique et surtout depuis qu'on ne censé à la torture. Singulière invention que

C'était une chose merveilleuse que de voir

graves, de braves gens peut-être, calculant nventaut des machines, composant des ingréaf pliqucr commodément la souffrance à leurs ;t aiguillonner leurs douleurs; puis, ajoutant

médecin muni de drogues pour éloigner le

et empêcher que la chose ne finît trop tôt rtant ce que nous voyions encore en France ; un siècle , quand les dames de la cour, les

société? , les savans et les juges s'évertuaient t leur imagination pour trouver, contre Da-

effcts nouveaux et particulièrement atroces.

Paris , en cette circonstance , s'était fait

des supplices ne nous est pas exclusif. Les de tous les pays se sont exercés à la découperfçctionnement des tortures et des instru- 1 donnent. Ils ont fait mieux , ils ont voulu u svstème de destruction leur vînt du ciel ; le fut leur divinité. , ils ont mis près d'elle »rtionnaire chargé d'exécuter ses arrêts, si que les Grecs ont eu leurs furies, les

Carthaginois leur Moloch, les Indous leur Siva, 1 dinaves leur Hela.

Quelquefois même les peuples ont fait mieux peint leurs dieux déchirant des créatures ou eux-mêmes les coupables. Belle occupation pour

En vérité, les hommes ont une singulière m( rendre hommage à la Divinité. Après avoir 1 bourreau , on ne doit plus s'étonner si on Ta thropophage et si on a cru , qu'après avoir hommes, il les mangeait.

Ce n'est pourtant pas chez nous la cuisine du 1 il est bien trop difficile pour cela, le digne h( mange , comme une personne naturelle , des n et de bons poulets gras.

BOUTEILLE. Une bouteille est une boutei le cabaretier à la pratique qui trouve petite ce lui présente.

Sans doute, à la vue, une bouteille est une 1 mais au contenu c'est autre chose; et de celle retier à la bouteille honnête et légale, on peut sur la différence du quart , donc vingt-cinq p de bénéfice pour le vendeur.

Pourquoi la prendre , dira-t-on ? Hélas ! vous conscience du délit que lorsque la bouteille < car à l'extérieur, celle qui paraît la plus grai pas toujours celle qui contient le plus.

Comment réduit-on la bouteille a l'intérieoi réduire à l'extérieur ? — Par l'épaisseur du verre par le rétrécissement non du goulot , mais di suit ; enfin par l'immense rentrée qui , sous le cul, pénètre dans l'intérieur du vase et enlè? quart du contenu.

Un habitué de table d'hôte , lorsqu'il avait en face fielque innocent, pariait toujours de faire tenir un verre vin dans une bouteille pleine. L'innocent prenait bien ctement la mesure du vide qui restait entre le bouchon et le vin , puis il supputait mathématiquement la ndeur du verre : cela fait , se croyant sûr de son it, il pariait. Les enjeux de'posés, l'habitué retournait la uteille et versait le verre de vin dans la rentrée du fond, grand ébahissement de Finnocent, qui réclamait bien un peu , mais que Tauditoire condamnait à payer.

Cette rentrée existe d'ailleurs dans de très-anciennes iK>uteilles. On prétendait qu'elle était nécessaire pour que la bouteille posât , quoiqu'elle ne soit jamais appliquée aux bouteilles destinées à contenir de l'eau, qui ('n'eu posent pas moins bien.

11 faut dire, en faveur de nos pères, qu'ils y mettaient de la discrétion. Ce n'est qu'avec le temps qu'on est irrivé à l'énormité actuelle , et l'on peut suivre , à la ' profondeur des culs de bouteilles, les progrès de l'indnstric commerciale.

Nous avons vu une collection de bouteilles historiques qui remontent au XV« siècle : alors la rentrée du fond était presqu'insensible et seulement de quelques hgnes. Vers 1600, elle n'était encore que d'un demi-pouce; en 1650 , elle a atteint le pouce ; en 1700 , le pouce et demi.

Elle se maintint long -temps à ce point. Ce ne fut qu'en 1798 ou 1799 et après la tourmente révolutionnaire, qu'elle atteignit les deux pouces francs.

Mais de 1800 à 1840, ses progrès ont été immenses. On l'a vue à la fois s'élargir et monter, et enfin envahir te quart du contenant, puis le tiers.

Si l'on n'y met ordre , elle sera bientôt à moitié et finira par toucher le goulot.

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Heureux encore si la qualité du vin nous eut mages de l'absence de quantité ; mais rien moinî cabarelier a voulu gagner sur la liqueur, le v( voulu gngner sur le verre. Il n'était plus gentil et n'avait plus à défendre son honneur ni celui Mettant donc de côté les anciennes ordonnan prohibaient certaines matières dans la vitrificatio employé ces matières comme moins chères ou difficiles à fondre, et il a fait des bouteilles trans le vin en vinaigre.

Il est assez étrange que le code, qui se mêle ( tolère cet étrange abus , et que la loi qui punit langer et le boucher vendant à faux poids, sere couragcr le cabareticr qui vend à fausse mesu verrier qui l'y aide.

La raison, c'est que si le public perd à cela , gagne.

BRÉTAÎLLELR OU DUELLISTE. Ferraill dès le moyen -âge, un vice français qui a gngné 1 Un vieux proverbe disait que si le diable so l'enfer pour se battre, il se trouverait aussitôt un pour accepter le défi.

Celte manie qui , pendant la révolution , était dans les classes bourgeoises singeant la noblesse avaient proscrite, et qui, sous l'empire, n'arrivai jusqu'aux officiers supérieurs , avait repris fav( la restauration. Charles X, tout dévot qu'il étail pas ennemi des duels, et il ne tolérait jamais pri un officier qui avait refusé de se battre. C'était des idées chevaleresques du prince autrefois ieune alors pénitent, mais toujours brave; Dieu, ma mon épée, disait-il en achevant son confitem. S

l%ne , les coups d'épée étaient donc fréquens parmi les

liciers.

Plus tard , le duel quitta Tarmée pour le civil. 11 Igna même la magistrature. Ce fut à la chambre qu'il

riot siéger, et un député ne montait jamais à la tribune ir contredire une opinion sans courir risque de rece-

?foir, pour réplique , un coup d'épée ou une balle dans

fi tête. Etrange manière de faire des lois et de donner exemple de Tordre !

Le député qui se mettait ainsi en scène le sabre au poing, était-il brave? J'en doute. La véritable bravoure M monte pas sur les tréteaux pour dire : j'ai du courage. Ajoutez que les cartels se transmettaient par la voie ies journaux , afin que personne n'en ignorât. C'est une p^nde hypocrisie que celle qui nous porte à tuer un jkomme pour faire croire à une bravoure que nous [n'avons pas.

Pour dégoûter du diiel, on pourrait d'abord ordonner fœ quiconque se battrait en duel sans en avoir fait la riéclaration préalable, serait considéré comme coupable it tentative d'assassinat.

S'il y avait mort d'homme , le meurtrier serait resfOQsable des dettes du défunt. En outre, il serait tenu êe donner des dommages et intérêts à sa famille. I En cas de blessures, ces mêmes dommages et intérêts pourraient être également réclamés par les parens, selon h gravité du cas.

Enfin l'Etat aurait droit d'exiger une amende avec la contrainte par corps.

Quand il y avait récidive, la loi roulait, dans certains P^TSf que les duellistes fussent placés sous l'échafaud le Jwr d'une exécution. Ce n'est pas ce que je propose; i^is on pourrait les condamner à la détention comme ^ereux.

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