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Le duel Hltéraire naquit de la méchante humeur < pauvres poètes qui, furieux de ce que la critique aya trouve mauvais leurs vers qui vraiment n'étaient pj bons, allaient en demander raison à Taristarque et, à so défaut, à l'éditeur responsable. Les journalistes trouvai qu'il était difficile de tenir à la fois la plume et l'épéf dénièrent la proposition sous prétexte de leurs occnim tions. Le poète critiqué n'y vit qu'une défaite et mém une rétractation , d'oh il conclut que ses vers élaieo excellens , et le public n'en douta pas , convaincu qo*i était que le critique , qui ne sait manier ni l'épëe i le pistolet, ne pouvait se connaître en vers.
11 eut été dangereiix pour la presse de laisser s'ac créditer une semblable opinion. Les journalistes fireii comme les gardes du corps , ils admirent dans leor rangs , ou pour mieux dire, dans leurs bagages, comn partie du matériel , quelques bonnes lames chargéps à soutenir l'honneur de la feuille , comme l'on soutien dans certains lieux 1» vertu d'une belle.
Mais il est bien difficile en ce monde , quand on a I fer en main , de se borner à la parade. Bientôt de I défensive, le journalisme passant à l'offensive, démootr à la pointe de Fépée la vérité de ses nouvelles, l'urbani! de son stvle, l'efficacité de ses annonces et la multitud de ses abonnés.
Dès l'instant que l'agression fit partie de leurs foBC tions, le prix des mamelucks littéraires dut naturellemen hausser. Quelques accidens, en prouvant que Tétat n'ét»i pas une sinécure, en firent monter le prix encore. Bnla la meilleure part des bénéfices passait dans le budge de la guerre, quand quelques chefs de feuilles , soit pa v»)llantise naturelle , soit par économie , crurent devoii monter eux-mêmes sur la brèche. 11 y eut quelques hewu faits d'armes , mais ils furent rares. Au total , on 1*10'
juria beaucoup, on se menaça davantage, et Ton finit par
ie rendre chez le juge de paix.
La littérature à coups d'épée est donc aujourd'hui à
la baisse , et Ton en est revenu à la bonne et vieille recette de Basile : au lieu d'un exécuteur d'ëpée on a un exécuteur de plun3e qui , dès lors , n'a plus affaire qu'aux cannes et manches à balais. C'est déjà une grande amélioration dans nos mœurs.
Mais si les journaux n'aiment plus à mettre flamberge an vent, ils aiment beaucoup à la faire mettre aux autres: à deux confrères, par exemple. Un échange de balles entre deux députés est encore un des objets de leurs conslans efforts. Ils ont beaucoup travaillé pour faire battre un ministre contre un autre, et à défaut, un député contre un ministre : jusqu'à présent , ils n'y ont pas réussi.
lis ont été plus heureux de généraux à généraux et même de pair a pair; mais toutefois, c'est une bonne fortune assez rare.
En attendant mieux , et pour satisfaire leurs abonnés qui aiment fort ces sortes de divertissemens , ils font battre des poètes , des amoureux , des chanteurs , des biographes et des biographes, et quelques ultra ou républicains contre des ministériels.
Pour en revenir aux généralités historiques , nous dirons que le duel n'est pas chose nouvelle. On peut nême dire que sous des formes diverses il a toujours existé; et les deux premiers individus qui, après s'être craché à la figure , se sont pris aux cheveux , sont les I»emiers duellistes. ^
Plus tard , les hommes remarquant qu'ils ne s'assomïnaient pas assez vite à coups de poings , car l'art du boxeur n'était pas inventé , ont pris chacun un bâton. Le résultat laissant encore à désirer, ils ont été chercher ^ nassue.
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Tout se perfectionne. Le fer ayant été décoiiTert, on
vit tout de suite le parti qu'on pourrait en tirer. On en fit des ëpieux, des bâches, des masses d'armes, puis successivement des couteaux, des poignards,' des sabres, des épées. Alors le duel est devenu un art dont on prend des leçons et qu'on nomme escrime, art qui véritablement était nécessaire, sous peine de mort, quand tout gentilhomme devait faire ses preuves, c'est-à-dire saigner un homme ou s'en faire saigner, avec chance de mieox, c'est-à-dire de le tuer ou d'en être tué.
L'escrime eut donc et a encore ses professeurs et même sa langue qui , depuis quarante ans , me bourdonne aux oreilles. J'entends encore mon vieux prévôt d'armes, qui n'était pas plus bête qu'on ne l'est ordinairement dans sa profession , m'expliquer à sa manière les quatre parades, tierce , quarte , octave , demi-cercle , puis me dire à l'oreille : « Il y en a une cinquième qui n'est permise qu'en se battant et jamais en faisant assaut, et qa^on nomme la prime ou parade de la main gauche. »
Cette confidence faite : « Fendez-vous, me criait le bonhomme d'un voix de taureau ; en dehors le genou droit! tendez le genou gauche ! l'épée à la hauteur de l'œil! le pommeau à la hauteur du téton ! au changement d'épée, partez , passez le dégagement ; dégagez en tierce aa forcement de fer et entrez droit. »
Ici le respectable professeur me faisait le salut d'ép^ et demandait un verre de vin qu'on s'empressait de lui servir.
C'était le tiers de la leçon ou de mes douleurs, car il m'ennuyait prodigieusement, d'autant plus qu'il parlait du nez et criait comme un sourd.
Le vin bu et dégusté, ce qu'il faisait tout seul à son grand regret, nous recommencions de plus belle : « Portez l'épée en tierce, monsieur, un parement de fer; donnez
te coup de seconde ; tournez la main en tierce et ajustez. La tête droite; surtout ne levez pas le pied; ne vous abandonnez pas en avant; que tout vienne du poignet; baissez-le donc; serrez votre jeu, serrez encore. La pointe au corps de l'adversaire. Et ce bras gauche , comment Ta-l-il ? allons donc , monsieur , attention ! que faites- Yous? et ce jarret, tendez-le donc en vous fendant! Passez le dégagement sur les armes , sous les armes ; soutenez votre corps , monsieur ! Deux tours d'ëpe'e sous les armes, deux tours d'ëpe'e sur les armes ; ne cherchez poiot mon fer , toujours la pointe au corps , monsieur ; rentrez la saignée ; ajustez ; point de roideur ; parez votre tierce légèrement ; tierce sur tierce , quarte sur quarte; un tour et demi; dressez, baissez, levez le poignet; feinte seconde sur les armes; feinte seconde dans les armes ; dégagez , etc. »
^M Tout ceci est-il dans le livre ? Est-ce la véritable langue |. de l'escrime ou celle de mon vieil instructeur? Je n'en sais rien , car je n'ai jamais eu la tentation d'en savoir plus. Si je me rappelle si bien ses leçons, c'est que tout le profit que j'en ai tiré est un grand coup d'épée, sans préjudice des petits. C'est peut-être pour cela qu'ayant gardé un peu de rancune à la chose, je parle de l'art si cavalièrement.
Nous disions que le duel n'était pas nouveau. On peut même dire qu'il est très-ancien, et, jusqu'à certain point, antérieur aux hommes, puisqu'il remonte aux animaux. C'est, leur manière ordinaire de vider leurs différends. ^s batailles rangées sont fort rares parmi les bêtes, et 'on ne connaît guère que des escarmouches. Mais les "Uels y sont très-fréquens. Le coq est naturellement querelleur : on le verra en toute circonstance provoquer un îutre coq, ordinairement par jalousie, mais quelquefois 9Ussi par jactance et parce qu'on l'y excite. 11 est tel
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coq brélnilleur dont le métier est de gagner des ou de divertir les spectatoars. 11 le sait si bien, q se bat que quand on le regarde, et qu'il se laisse par un coquelet dans une basse-cour où il n'aura témoins que des oiseaux de son espèce.
Ces coqs gladiateurs n'en jouissent pas moins grande considération en Angleterre et ne sont dédaignés dans certaines provinces de France. Dan des cantons de Basse-Bretagne, chaque écolier es priétaire d'un coq avec lequel il se présente dans la une époque de l'année. Ces oiseaux y combatten à tour un à un , et celui qui , après avoir renvcr adversaire , chante monté sur son corps , est pr< roi de la fête. N'est-ce pas là un véritable duellis
Le chien a été nommé hargneux et ce n'est pa raison , car il ira attaquer un autre chien sans prc tion et seulement parce que son maître est à dei et qu'il est sûr d'en recevoir un applaudissement i vainqueur et un secours s'il a le dessous. N'estencore là le caractère du bravache qui n'attaque que lorsqu'il se croit le plus fort?
L'exiguitc de leur taille ou leur faiblesse ph n'ôte rien à la turbulance de certaines races.
L'oiseau nommé combattant ne peut pas vivre rixe , il faut qu'il cherche dispute à quelqu'un le duelliste par nature.
Le grillon , malgré sa petite taille , n'est pas querelleur, et il aime fort à se donner une petite p avec un confrère ou un voisin.
Les souris sont aussi pas mal belliqueuses. Les neaux francs le sont excessivement : c'est probiiblei cause de cela qu'ils ont hérité du nom des Francs, V brétailleurs des barbares. A moins que ceux-ci ne se parés du nom des moineaux : c'est possible. Les mo;