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i nominations faites et nos cabaretiers bien contens, ons à leur joie eu décrétant que d'aujourd'hui à , il ne sera plus ouveit de nouveaux cabarets, r cette simple mesure , nous arriverions à n'avoir

que des cabaretiers fonctionnaires , hjonnêtes quelbis, mais révocables toujours; et vos alcools et vos

se trouveraient en régie comme vos tabacs. e sera un monopole sans doute, mais monopole utile, ;qu'il procurera à tous de meilleure marchandise, ou moius de la marchandise innocente et qui ne vous )oisonQera plus.

ous aurez aussi moins d'excès, parce que vous aurez s de moyens de les prévenir. Le cabaretier dont vous ouragerez la bonne conduite par des primes ou l'espoir river à un débit plus lucratif, n'étant plus lui-même

ivrogne , pourra contenir les autres et maintenir le icipe que le charbonnier est maître chez lui. ►eveuu ainsi responsable des désordres qui émaneront sa cave , il ne donnera plus à boire aux gens déjà îs ou près de Têtre.

-es choses étant réglées de cette manière, il en résulî que vous pourrez fermer la moitié de vos hôpitaux, ▼os cours d'assises et de vos bagnes, ce qui encore chagrinera personne.

)ui donc alors aura à se plaindre , puisque tout le Dde y aura gagné en moralité, en tranquillité et en santé; î l'ivrogne aura bu de meilleur vin et qu'il l'aura témoins cher; que l'Etat, ayant moins d'in6rmes à ourir, moins de crimes à punir, moins de prisonniers garder, aura moins d'argent à retirer de ses coffres, fe qu'il en aura plus à y mettre, puisqu'il sera devenu S€ul cabaretier du pays, les autres, ou les cabaretiers >ûiiati£s , n'étant de fait que ses garçons de cave, ^iusi d'accord sur le mai et sur le remède, bourgeois,

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gouvernans, cabaretiers, ivrognes, quelqu^un a-t»il réclamation à faire? Non. Tout le monde ne reconn pas qu'il n'y a rien dans ce que nous conseillons de convenable, de juste, de très-possible , et qu'on ainsi éviter un grand mal et produire un grand 1 Oui. Une fois , deux fois , trois fois , est-ce coraj est-ce entendu? Oui , oui , oui. Personne ne dit i Non. Il ne reste donc plus qu'à se mettre à la bes et à réaliser le projet? Oui. Est-ce Favis de la majo Oui. De l'unanimité? Oui, mille fois oui.

Eh bien ! c'est égal, les choses n'en resteront pas d ce qu'elles sont : les cabarets seront encore des bc et des cavernes; les cabaretiers, des drôles et des poisonneurs ; les ivrognes, des brutes et des meurt approvisionnant les cours d'assises A les bagnes, sommes si bien habitués à tout cela , que non pourrions plus nous en passer. Oui, nous aimons ( nous trompe, qu'on nous batte, qu'on nous tue.

Courage donc, honnêtes cabaretiers, tripotez votre sophistiquez votre eaorde-vie.

Courage aussi, mes joyeux buveurs, tombez su passans et frappez ferme, cela les égaie. Ouvrez i votre couteau et donnez-leur-en dans le ventre, ca fait rire.

Courage enfin, mes bons voleurs! profitez du tapis-f et sous l'égide de l'enseigne et la protection du rai méditez l'effraction et combinez l'escalade. Vive la Hb Que chacun soit libre dans l'exercice de son industri c'est pour que vous le soyez , que nous vous laisson cabarets, et votre providence, les cabaretiers.

CACHOTS ET PRISONS. Le système pénitent de la France, qui était, il y a peu d'années, un des

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naoTais de TEurope, est aujourd'hui Tun des meilleurs: e^iqvi pourtant De veut pas dire qu'il soit bon.

Pour arriver là, il y a encore de nombreuses améliorations à faire, notamment la suppression des bagnes, école de tous les vices, de tous les crimes.

Parmi les amëlioratiens faites, on peut, en prebière ligne, citer celles-ci : '

Rétablissement de prisons spéciales pour les jeunes détenus. i

Le service des maisons centrales de femmes, remis à des sœurs de charité. ' L'interdiction de la vente des alcools dans les cantines. La création deâ prisons celfulaires.

Je sais que ces prisons, ou Tisolement des prisonniers, a donné lieu à bien des controverses et à des plaintes graves.

D'après les expériences faites à Clairvaux , voici -les résultats de la' réclusion sohtaire absolue. Première période : ••' Abattement.

Stupéfaction. .1

Deuxième période :^ Excitation violenté. 1 Expression dû regret. " Prière chez quelques-uns i' Cris, menaces, colère chez d'autres.

'Pensée de suicide chez beaucoup.

Troisième période t

Calmé chez tous.

Soumission apparente chez le plus grand nombre.

Bravades chez quelques-uns.

Silence morbe' èhe^ ia plupart.

Affaissement physiqde et moral.

U but remarquer qu^i «'agit ici de l'isolement com-^

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plet, et que ce genre de réclusion ne doit être appliqué que dans des cas extraordinaires, à des individus véritablement dangereux ou à de grands criminels.

La réclusion solitaire momentanée est certainement l'un des meilleurs préservatifs contre la contagion du crime et en même temps un excellent moyen de moralisation. L'expérience a prouvé qu'autant le repentir et l'amélioration morale étaient rares parmi les prisonniers constamment réunis, autant elic est aujourd'hui fréquente chez les prisonniers isolés et convenablement dirigés.

L'une des modifications de l'isolement, la plus convenable ou la moins chamceuse , est de réunir les prisonniers pour les repas. C'est, dit le journal où j'ai hi ces détails , le moyen de les forcer à la propreté et conséquemment à l'ordre , ce qui est un premier pas vers la moralisation.

Ensuite, ce n'est qu'en les réunissant qu'on peut leur procurer l'instruction religieuse, car aller les prêcher l'an après l'autre demanderait trop de temps ou trop de prédicateurs.

Quant au silence absolu, il devient impraticable dans une réunion nombreuse, et dans tous les cas peu utile, parce qu'il tend à abrutir. Or, le but n'est pas d'étouffer l'intelligence du condamné, mais, au contraire, de lui donner une bonne direction en la développant s'il est' possible.

Le silence complet peut être employé momentanément comme punition , mais jamais sans travail , et alors If travail doit être obligatoire. , car on a remarqué que le détenu isolé qui adopte d'abord un métier comme moyen de distraction, s'en fatigue bientôt et ne travaille plus.

M. Jules Garinet, président de l'Académie de Châlons, dans un écrit fort lucide, fait observer avec beaucoup de raison que ce qui s'oppose le plus à ce que le pri-

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ionnier , comme le libéré, redevienne honnête homme, :'est la conyiction qu'il a de Finutililé de ses clTurls )Our le paraître ou l'être en effet.

Le public ne croit ni au repentir ni à Tamendement les condamnés, même lorsque leur peine a été abrégée )ar suite de leur bonne conduite. Il ne voit en eux que les criminels incurables.

Or, le public ici voit tout de travers et agit de même, ^arce qu'un homme a violé une fois les principes so- :iaux, ce n'est pas une raison pour qu'il les viole toujours; ît en le repoussant de toutes les voies honnêtes'', on le brce à se rejeter dans celles qui ne le sont pas.

Le même auteur ajoute que la présence des aumôniers lans les maisons centrales, les écoles qu'ils y ont formées, Jnfin les moyens de lecture et de bonne lecture qu'ils )Dt procurés aux condamnés ont produit sur leur moral loe amélioration sensible.

C'est aux soins (ju'on prend des prisonniers qu'on ïeut juger de l'état intellectuel d'un peuple, de la mesure le sa civihsation et de la bonté de son gouvernement, -hez les nations qui commencent, on ne conserve guère le prisonniers, ^ar la raison qu'on n'a pas de prisons : )n tue les criminels. Quant aux captifs qu'on fait à * guerre , on les tue aussi et on les mange ; ou bien >n les mutile pour qu'ils ne puissent s'échapper; ou bien iDcore on les adopte , on leur fait épouser sa fille ou a sœur.

Chez les peuples non sauvages, mais barbares, le sort l«s prisonniers est ordinairement horrible. C'est à l'é- KHiue de la féodalité qu'on a construit, en Europe, ces oubliettes, ces cages de fer, ces cachots souterrains où on PS enchaînait au roc pour ne jamais les déchaîner , et on y retrouve encore leurs squelettes dans les fers. C'est {u'alors on ne croyait pas complètement se venger ou

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venger la loi, en tuant un homm3 d*an conp et en an Joôri on aimait mieux le faire mourir en détail en dix an^.

Chose étrange ! des hommes enfermés jeunes dans ces lieux humides, privés d'air, de clarté, de chaleur, n'ayant pour lit que h pierre , pour nourriture que du pain et de Teau , sont néanmoins parvenus à la vieillesse. En vériféj il faut souvent beaucoup de choses pour tuer un homme.

Dans cette position ,^ passant de Pétat humain à f^at animal, cet homme arrivait enfm à une sorte d^existèneè végétale, et il vivait là- à peu près comme vit un lierre sur une ruine ou un lichen contre une muraille; mais bî le lichen ni le lierre ne pourraient exister sans' lumiëré! J*ai donc raison de dire que l'homme a la vie dure.

Sans doute beaucoup de ces captifs mouraient aV'aht l'âge, mais c'était souvent par accident. 11 suffisait d'ode absence ou d'un oubli du gardien. Séparés par cèiit pieds de terre du reste des vivans, leurs cris se perdaient sous les voûtes, ..et ils étaient morts de soif oa de faim quand çn sa. souvenait, d'eux.

De temps en temps aussi l'oubli pouvait être volontaire. C'est véritablemept fort ennuyeux de descendre fcentcinquante marches tout les vingt-quatre heures pour porter du pain à un homme.

Les cages ou les prisons au grand air, sorte de caisses à barreaux de fer qu'on appliquait sur le portail d'une église , étaient plus expéditives que les cachots. Là , les prisonniers bien aérés, bien éclairés, bien nourris, car le peuple ne les laissait manquer de rien , n'en Couraient pas moins en peu de mois. Le soleil, le vent et la pluie en avaient bientôt fait justice. Ajoutons qu'on ne mettait ordinairement dans ces cages que des 'co(ïniïis avérés, posés là pour la moralisa tion des passéns', a peu près comme des cadavres au gibet.

Aujourd'hui, grâce à Dieu, nous avons renoncé à ces

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fineincns Je cruauté. 11 n'y a plus de cages adossées à } églises, on n'en voit que dans nos ménageries pour

tigres, les sin;;es et les lions; encore sont*^Iles si les et si commodes, que beaucoup de gens se tiennent pour heureux d'avoir , en cas de vacance , la -vivance des dites bêtes.

Quant aux oubliettes , il reste bien par-ci , par-lù , ns nos bonnes villes et nos municipalités champêtres, elques souvenirs de ce genre, quelques voûtes noires, dques cachots souterrains qu'on utilise pour y déposer

mendians, les ivrognes, les vagabonds ou les voyageurs 15 passeport. Les prisons neuves sont réservées pour les lis criminels qui , en ceci , ne sont pas les plus mal rtagés. Mais comme leur bail est le plus long, il est 4e de leur donner le meilleur gite.

Autrefois, peut-être ceci existe-t-il encore dans quelque uveruement européen, TEtat n'assignait rien pour la urriture des prisonniers. Leur existence dépendait de ir travail quand on voulait leur permettre de travailler, i de lu charité publique. Lorsqu'il n'y avait ni travail

charité , le prisonnier mourait. Ceci paraissait tout nple, et il était réputé mort naturellement. En e£fet, !fi de plus naturel que de mourir de faim quand on a rien à manger.

Ce n'est guère que sous Louis XIU que le gouverne" ent s'aperçut qu'un prisonnier pouvait avoir les mêmes !SoiDS qu'un homme libre. Mais dix siècles s'étaient oulés sans qu'une telle idée fût venue à personne, de anière qu'entre un prisonnier et un homme mort , il y avait que la fantaisie du geôlier.

C'était un excellent métier que celui de gouverneur î geôle. Aussi , dans les états royaux , étaient-ce des ipèces d'abbayes ou de canonicats qu'on donnait à des ipitaines et autres lauréats militaires.

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