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Quant aux seigneurs châtelains propriétaires, ils réservaient remploi pour eux-mêmes ; ils en connaissaient tes avantages. Les prisons étaient les comptoirs d'alors. Le moyen-âge faisait, comme on sait, un commerce trèsactif de prisonniers. C'était même un des principaux revenus des barons qui mettaient à rançon les chevafiers pris à la guerre et en tiraient de bons sacs d'écus.
Les souverains eux-mêmes ne dédaignaient pas cet utile trafic. Les barons tendaient des souricières aux vilains et les coifraienl pour en faire finances; puis, les souverains en faisaient autant aux barons, dès qu'ils les voyaient gras et bons à tondre.
Un droit que tous les seigneurs châtelains s'arrogeaient sur leurs ciiptifs et qui, vu la coutume, ne leur était pas plus contesté que le reste, était celui de tortura ou si vous aimez mieux, de question ordinaire et extraordinaire. Les instrumens qui y servaient faisaient toujours partie de Fameublement d'un château bien tenu , et on les y laissait peu chômer, car rien n'était plus commode pour faciliter les transactions et conclure prompteraenl un marché.
Un prisonnier voulait-il déguiser sa valeur intrinsèque et lésiner sur le prix de sa peau , de belles et bonnes cordes, de solides tenîiilles, de forts coins de bois, des chevilles et chevalets , et surtout de bons réchauds à fondre le plomb ou chauffer le fer, étaient là tout prêts pour trancher la question et lever les difficultés. Oui, f tels étaient la jurisprudence d'alors et le matériel de ces singuliers cabinets d'affaires ; et c'est probablement de l'usage fréquent de ce dernier oulil, le fer rouge, qu'est venue l'habitude de dire, quand on veut rondement mener un procès : mettons les fers au feu.
Quoiqu'il en soit, à l'aide de ce simple procédé convenablement appliqué , on arrivait toujours au résultat
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lâirë. Dites maintenant que nos boas aïeux n'avaient •as d'esprit.
Aujourd'hui , sauf dans quelques régimens , quelques •énitendcrs d'enfans et quelques couvents de nones, la orture est abolie. C'est une amélioration sans contredit, ^'ellc soit durable, je n'oserais trop en répondre. Nous voDS repris et restauré de si belles choses depuis trente us, et nous en regrettons tant d'autres, que je ne serais tas étonné qu'on en revînt encore à celle-là.
Sans nous préoccuper de ce qui a été ni même de ce [ui sera, arrangeons-nous de ce qui est et jouissons du irésent. 11 est de fait que l'Etat alloue chez nous tout e qu'il faut pour que les prisonniers soient convelablement logés, vêtus et nourris. Chaque détenu a un itre de soupe aux légumes , de l'eau à discrétion et oixante-quinze décagrammes de pain de bonne qualité. )uand il a de la viande , c'est pris sur le produit de 4>n travail. Il a un peu de vin s'il est malade, ou lorsque e médecin le prescrit.
Le vêtement est une veste, une chemise, an pantalon itune paire de sabots.
Le lit est en fer et il a une paillasse on un matelas )eu épais.
Je parle ici des maisons centrales et des prisons dé- ^aHementales. Les bagnes ont un autre régime , et ce "^^Die est plus doux encore, car on voit fréquemment ^anciens forçais enfermés dans les prisons ordinaires , y omettre un crime pour se faire reconduire au bagne.
On permet généralement aux prisonniers Fusage de la ^lère et de la fourchette, et l'on obtient assez facile- D^t un couteau. 11 est même des prisons ( les prisons XHir dettes) où l'on a le service complet avec porcelaine t vaisselle d'argent.
Chose étrange! c'est qu'on a vu de ces détenus pour
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dettes faire leurs 4binq ans, aQn de cdtttei^ef ' tîèb d^ièté de luxe dont la vente aurait suffi pour les libëfc'ép.'J'CIst une spéculalion comme une autre' et qui prdIiVé' le 't>eu d'efficacité de la détention /dans le cas dont îfs^àgrl. ''
J'ai toujours crurque la condamnation à la pH'sdtfpOti^ ce qui n'était ni i^ne faute ni un délit', iHoraliEfînéV parlant, mais un manquement purement de côtiVeftlTton, était une chose r non-seulement inutile à Tordft '" rt*i!i même fort nuisible. ' La peine it la* prison , 'qtiatid iêllé est momentanée,. >est' mojns dans cette peiOé' itiérDte que i dans la honte qa'on^Y attache. Détruisez dettift honte' èti ■' y condamnant dJbonnêtcs. gens pour de^ faits 'qui ne blessent ni la mocïde, ni Ip délicatesse, ni même VintérÉt public, tels qu'june.dette , une garde non lùontée ,''ttté revue oubliée ,. et voua yous .privez d'un moyen fecfle de réprimer bien des d'ésordres. Le voleur ne rougirt plus de ce qu'il partagei;a .avec l'honnête hom'me. C'ekt'âilfi que par des délits, imaginaires nous sommes^ ' arrivés,* ditt notre civilisation , à faire excuser les cri)wres férltaMpi.
En résumé,^ la. prison ne devrait pas^ seûl^ftiëilt are considérée comme punition , elle devrait Têtre^'àlus^i comme moyen de moralisation. Certainemêht le bdlii'est pas atteint, quand après avoir séquestré un hon1tti'é,''vb(ïS le rendez à la. société plus corrompu et plus daffgeftiiï qu'il n'était, car vous avez ainsi dfcs'séain homtoe t(>lrttt
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Que pourriez-vous faire de pis, si voué étiez' l*etftrt!inî de cette société,; .et, que rdiriez-vous dé celtii '<)tiî féHlt ramasser de jaunes .loups, qui les mettrait èn'Cage ji^nr augmenter leMc^férocité par tous les moyeris possibles'; et cela, fait, qul.h^ lâcherait au milieu d'une ptscé pi' blique sans même crier ; sauve qui ffevtt? 'EVpàutlM n'est-ce pas précisément ce que vous faites!
Voyez : Patronage, peine de mort , prisonniers.
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CALCUL. 11 ne s'agit pas de celui des hommes; nal oe doute qu'ils ne sachent compter, et peut-être vous et moi en avoDS-nous paye Tapprentissage. Il n'est question ici que du calcul des animaux qui , sans y être aussi babiles que nous , u*y sont pourtant pas étrangers : nous liions en offrir quelques preuves entre mille.
les animaux hésitent quand deux ou plusieurs voies le présentent , et ils prennent celle qui leur semble la neilleure. Il est donc évident qu'ils pensent, réfléchissent ît calculent.
Un calcul est une comparaison, dira-t-on. •-*- Eh! )ieD , qui niera que les bêtes ne sachent comparer , ou m d'autres termes, distinguer une chose d'une autre et ihoisir avec connaissance de cause? Offrez deux poignées le foin à un âne , c'est à la plus grosse qu'il courra l'abord, et s'il balance entre deux picotins , c'est qu'ils iont semblables.
Si vous admettez ceci , vous êtes de mon avis : les inimaux calculent.
Ils font mieux encore, ils savent prévoir; et ils le savent )1qs ôu moins , selon leur expérience , leur âge , leur spril et leur caractère. C'est la première chose qu^on lous a enseignée en nous apprenant la feble de la cigale i de la fourmi. Eh ! bien , qu'e8t*-ce que la prévoyance, ÎDon un calcul?
Non^seulement ils sont prévoyans , mais ils sont pni-* lens. Les grues posent des sentinelles. On assure même [ue chaque sentinelle tient une pierre dans la patte, afin [ne. sa chute la réveille si elle s'endort. Ceci est-il vrai? e ne l'afiirme pas , mais le fait de la sentinelle est ositif. Or, si oe n'est pas de la prudence, qu'est-ce donc?
Le sansonnet qui ira, sans difficulté, se percher sur ne vache ou sur un porc , ne le fera jamais sur un }op, sur uu remffd, «u UM outre .Gama68ifin>
En prenant le ponrceau pour son perchoir , ce sansonnet se placera indifféremment sur tontes les parties de son dos , car il n'a rien à craindre de sa qneue. Il n'en fera pas de même sur la vache , il se mettra toujours hors de la portée de celte queue. K'est-ce pas encore là un calcul?
Le calcul serait meilleur , dira-t-on, s'il allait se percher sur un arbre. Non , car sur l'arbre il ne trouvera pas de ces mouches , de ces insectes qu'il aime et qni viennent en foule s'abattre autour de lui.
Qu'est-ce donc que ce tact parfait qu'ont tous les animaux domestiques pour distinguer, parmi les individus d'une même maison , d'une même famille et d'une apparence semblable, ceux qui peuvent leur nuire? Pourquoi ce chien s'enfuit-il devant tel enfant , tel domestique, tandis qu'il est sans cesse dans les jambes de l'antre? C'est qu'il sait bien que le premier le recevra à coups de pieds et le second avec des caresses.
Les lapins, les lièvres, les perdreaux se sauveront devant une fouine, une belette, un putois, et jamais devant un herbivore, quelque gros qu'il soit.
Ce chien affamé ou seulement gourmand voit une table servie : il est seul , nul ne le regarde , il a faim. Qui l'empêche de manger? La prudence. Il calcule que s'il le fait, il sera châtié, et que le châtiment sera pis que la douleur de la faim ou que le plaisir qu'il aura à satisfaire sa gourmandise. Il sent donc que le mal futur peut excéder le bien présent. Or , ceci encore n'est-il pas un calcul et un calcul parfaitement juste?
En voici un autre presque digne d'un naturaliste : le chat, quand il a pris une soiiris, la laisse courir. Il n'en fera pas de même d'un oiseau : il sait que Fun a des ailes et que l'autre n'en a pas.
L'esprit d'à-propos de l'animal apparaît plus évidemment
encore dans les moyens qu'il emploie pour surprendre sa proie ou pour ne pas être surpris lui-même, li n'est aucune espèce qui n'ait ses ruses soit pour se défendre, soit pour attaquer, et qui ne les applique selon la circonstance.
Le formicaleo ou fourrai-lion est un ver hexapode de la grosseur d'un cloporte. C'est la larve d'un de ces insectes ailés dits demoiselles qui ne vivent que de proie.
Le fuurmil-lion, dans son état ailé, n'est pas embarrassé pour sa nourriture : il chasse près des eaux comme l'hirondelle. Mais lorsqu'il n'est qu'un ver et qu'il ne peut pas courir , que d'industrie ne lui faut-il pas pour se procurer cette proie qu'il n'obtient qu'en lui tendant un piège ou en l'attirant à lui! Aussi sa persévérance et son habileté sont-elles devenues proverbiales.
L'araignée est une créature aussi patiente que dissimulée. Chacun a pu remarquer l'astuce qu'elle déploie pour s'emparer de ses victimes sans combattre et sans coup férir. Toujours elle apprécie avec justesse la mesure de sa force et de celle de son adversaire. Elle ne craindra pas d'aller droit à une petite uiouche prise dans sa toile; mais si la mouche est grosse ou si c'est un insecte qu'elle De connaît pas , elle tourne autour , hésite , réfléchit , > l'entoure de plus en plus de ses filets, attend qu'il soit affaibli et immobile ; et malgré toutes ces précautions , fenoDCc quelquefois à l'attaquer et l'abandonne parce qu'elle y voit une imprudence.
Le singe estime beaucoup les grosses huîtres qui couvrent les rochers de certaines parties de la côte d'Afrique ; et quand la mer se retire et que le soleil brillant les engage à s'entr'ouvrir , il manque rarement d'aller à leur recherche. Mais par l'expérience acquise à 8« dépens, qu'en se fermant elles peuvent lui prendre la P3tte, il commence, dit-K)o, par y jeter une petite pierre.
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L'animal sait combiea'de temips il mettra pour frauchi une distance, et -ir-fout -nécessairement qu'il le sache puisqu'il arrive à Phcuredite. Les troupeaux qu'on laiss aux champs et qn'tne nourriture de leur goût âttehJ a logis, ne se tromperont ni d'heure ni de portée ^
C'est surtout dans les grands voyages que ceité in telligence des animaux a di'oit:' d'étonner, car lorsqu'il veulent revenir au* lieu d'où ils sont partis ^' ce «?« pas un simple calcul qu'ils ont à faire, c'est une sùil de remarques. Ce n'est qu'ainsi qu'ils peuvent reïrouve leur route et accoihplirleur retour. On cite des exciirsidn à peine croyaWeS' par les distances et les difffculW qu'elles présentent ' ••: - - m "
M. Ruppel s'est* assufé qu'en Abyssinie , les flépïâfi sauvages et les"siTigf6 n'hésitent pas à traverser ae plateaux élevés de: huit tnille pieds au-dessus du nivea de la mer et par wne' latitude de seize degrés. Le ligi royal pénètre aussi fort avant dans le nord de rAsic!'
Les albatros, -les ftrus, les^ paille-en-queue vont jusqu' quatre à cinq ■ ccnlis lieues «n mer. Les pétrels vot plus loin encore. La tortue elle-même ehtréprena à( voyages très-longs ; on fen a rencontré par la ikiïë de trente dcgrés^nerd âf mi-chemin des îles Açorès ei'c
celles de Baham». î^