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Eh bien ! q«Mid' ces animaux ont fait ces longues p rigri nations awefr' l'ihtenèion ' de les faire , ' croyez-Vôî qu'ils n'ont pas celle du retour? Et s*ils reviennent prt cisément à leltr^ pâturage < à leur nid, à leur trou douterons-nous qu'ils n'aient pas la mémoire des lieux ) une teinte degéogpaJAie?
Quant au cafour proprement dit ou à là science Ai nombres, elle^ësli familière aux animaux. La poule' s^î perçoit à l'instant s'il lui manque un poussin; elle en quelquefois dcJlwc orf'plu*i'et'il est des hommes qii'i savent pas compter jusqu'à dix.
Le coq est tout aussi habile. Ud indtayer habitant les environs d'Abbeville avait trente pouleis quHl laissait vaquer dans les champs. Deux fois par jour 'ië coq hes reconduisait au logis. SMl eorJ^apquait une, il le voyait de suite, partait aussitôt, allai( courir de champ en champ, de basse-cour en basse-cour, et lorsqu'il avait' retrOtfvë Ifl fugitive, il la ramenait, malgré les efiforts des aiitVes coqs contre lesquels souvent Jl lui fallait combattre.'
Quant à Festime des distances , on l)eùt dire (jne l'animal a lo compas dans Fceil. S^agit-ril de satiter im fossé, il en mesure exactenaqnt la largeur, il voit s'il peut le franchir et va tombev juste au point ou il vent tomber. ' ■•''
Il en est de même quand il guette une proie. 'Lé martin-pêcheur se met au bord dés cours 'd'edu,pérchié sur une pierre ou une branché , pour y attendre • te poisson. Quand il s*élance , c'est toujours un peu au-^ dessus du courant. Aussi, il ne manque "pres^tie' Jâtttatts son coup. ' -.
Cet esprit de calcul desianimaux s'aperçoit jusque dans les plus faibles. Ce petit.. coléoptère vient peut-être' dé fort loin. C'est l'air qui nous l'apporte, raaii^ non saris sa permission. Il a profité ;d'un souffle' tavoralfle ^' il n'ignorait pas qu'il popvait ainsi ' racourcif ia Wftitie. Reprendra-t-il la même voie? Non',' il pt'éfère ce!fe'*âe terre. 11 a hésité pourtant, car il avait déployé ses ailes. Maintenant il les rentre ^ous ses hélitres f irri'a'^Votlhi qu'essayer le vent et s'assurer s'il était fafvorable. ' H ne Pa pas jugé tel; ou bien encore celte placé 'était: le térïué de son voyage. C'est là qu'il doit trouver qiiel^de chdfe qu'il cherchait; et s'il s'y est abattu, s'il k'y 'e^ âW-été, ee n'est pas sans cause : il avait ses raison^. '"'" "^'""
Si de la prudence ressort la prévoyahce, céllfe-ci 'ciàhdteft à Famonr de Tordre , à l'esprit d'ensemble, qui lui-même
produit celui d'association. C'est peut-être à Texemple de ces espèces qui vivent en famille que nous devons ces approvisionnemens communs, ces greniers d'abondance, ces secours mutuels appliqués chez eux, non-seulement par famille, mais par nation, par masse d'individus intéressés à un même état de choses.
C'est évidemment par des mesures concertées et consenties que , dans les ruches et les fourmilières , les insectes qui les habitent établissent des magasins et conservent des provisions.'
Les conservent-ils sans apporter quelques soins à celte conservation, sans les garder, sans les défendre? Non, elles seraient bientôt la proie des maraudeurs ou des tribuns poussant à la sédition, car les ruches et en général toutes les associations d'animaux ont aussi leurs vicissitudes et leurs révolutioffs , qui , comme chez les hommes , sont causées par les individus qui veulent prendre à ceux qui veulent garder, ou s'appliquer à eux seuls ce qui appartient à tous.
Si les magasins ainsi attaqués sont aussi défendus, si le bien commun est mis à l'abri des ambitions privées, il est certain que l'esprit de prévoyance et de juste répartition n'est pas étranger à cette famille , et qoe ce sentiment n'y est pas non plus purement mnchinal, puisque tous les individus ne l'ont pas également.
Lorsque les animaux sociétaires forment un établissement ou en acceptent un , pensez-vous que c'est au hasard et dans le premier endroit venu ? Non , ils apportent dans leurs choix autant et plus de soins que nous en mettrions nous-mêmes.
Quand ce choix est fait , c'est encore par des procédés analogues aux nôtres qu'ils disposent leurs travaux d'établissement. Avant de commencer le transport des matériaux , ils applanissent le chemin et agrandissent
les trous par lesquels ils veulent les faire passer. Ainsi font les fourmis et toutes les mouches à miel.
Voulez-vous leur épargner cette peine et leur donner un logis tout lait, elles ne s'y jetteront pas en aveugles; et si vous mettez des abeilles dans une nouvelle ruche, leur premier soin est de l'examiner en tous sens et d'en conigcr les vices <^t les défauts. Si elle n'est pas bien close, elles en bouchent tous les trous avec une gomme plus ferme que la cire et qui n'est destinée qu'à cet usage.
Les termites , grosses fourmis africaines , recouvrent leurs ruches d'une croûte dure et solide. Frappez sur cette croûte , à l'instant il arrive des sentinelles pour voir ce qu'on demande ou quel péril menace l'établissement. Pratiquez-y une fissure, les ouvrières accourent, examinent la brèche , s'éloignent , puis reviennent avec les matériaux nécessaires pour commencer l'ouvrage.
Quand les castors ont fait leurs digues et qu'accidentellement l'eau suinte et mine leur travail , sachant par expérience que le moindre retard augmentera le mal, ils ne perdent pas un instant pour te réparer.
La fauvette de roseaux établit son nid entre les tiges, à quelques pouces au-dessus de l'eau. Le nid est fait de manière à ce que l'eau ne puisse y pénétrer. 11 est amarré aux plantes par des liens soHdes, et quand l'eau monte, il surnage comme une petite barque.
Les animaux les plus ineptes en apparence, les huîtres, <lui servent de terme de comparaison à ce que nous Nommons une bête, ont pourtant de l'esprit à leur manière. Elles savent, en changeant de place, en s' enfonçant dans le sable, fuir leur ennemi. Elles lui résistent ^ême jusqu'à certain point , en faisant jaillir l'eau de leur coquille ; enfin elles le pincent cruellement en fer- "■^nt brusquement cette coquille.
L'animal connaît le parti qu'il peut tirer cTutie aatre espèce. C'est ainsi que le Corbeau suit le sanglier qui , en fouillant la terre , 4ui fournit des vers , des lar?es et des graines; et quèf le âanâonnet accompagne le corbeau dont il cènnaîb la prtideftce. -'
Le rouge-gorge eômî>ie aUSsi sur le secours de l'homme. « Dans;le5 villes , s'il fait froid ,' il vient, dit un auteur anglais, frsrpper auli' vitres ^s nieisons, et si l'on ouyre, ÎL entre, il* y l'esté- 'tant que la terre est couverte de frimats. *
« Aut' champs, il devient le comfi'àgnon du bûcheron; il s'iippcoche pour se chauffer fi' son feu , il becquette son.pnin et voltige* toute la* jotffnée- ïiutour de lui en faisant cnt«ndré un petit cri 'd'afliitié *el; de reconnais-
sance. ». ' ' " • ' '■
IVnUtrOs animatix plus hardis*'entrei)'t sans en demander la pGpmission; ils s'ekiiparent de la'demèù'rc tie l'homme, oà ils appliquent à leur' us{%e ce qu'il réiërvàit pour le sien.
Le rat, parasite dé la ' nftaison -, s'ait tres-Kien , malgré chat et ' ratière v^ trouver m abH dommode et une nourriture abondante. ^
Pour se pi\ocurer tant d'avantages" aii miliieu de tant de périls, doutez-voùs qu'il ait bien étlidié vos bîàbitudes et qu'il ne sache pas, 'tout aussi bidn qUé vous, oh. vous mettez vos provisions? 11 1e sait souvëtft mtèux, et si vous oubliez quelque chose, 'lui'^nc Foublie pas.
Fait-il jour chez vous^èu êtes-voùs éveillé, il né Tigiïore pas. Alors s'il veut changer de' plaCe, c'est douéément, à petit bruit et sur la pointe deà pattes qu'il tnarcherâ.'
Étes-vous couché et votre lumière;' es^elle' 'éteinte:' à moi le logis, dit-il. Il ne se gêné plùè, il sait biéii qoe vous ne vous lèverez pas pour côufiF après ftii. C'est donc à grand bruit qu'il prendra '*^es ébats. Il ira vous narguer jusque dans votre alcové? Plus ariàadèoî
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icore , il voudra profiter de votre chaleur : il ira coûter avec vous. Oui , il établira son nid dans votre lillasse et y logera ses petits. Je le demande , n'est-ce is ici Fexploitation de Thomme par les rats? Puisque nous en sommes sur l'habileté de certains liinaux pour se loger et vivre à nos dépens, en voici un cemple plus frappant encore raconté par un bon et vérique habitant d'une petite ville située an pied des Alpes : Ayant un jour un ami à dîner , il voulut avoir une )uteille de vin de son petit caveau. Il e^i faisait peu âge, quoique Suisse, et depuis plusieurs moié nul n'y ait entré. 11 y envoie un domestique! qui revient 'tout Faré en disant qu'il n'avait pu l'ouvrir et que 1^ portd ait barricadée en dedans. Grand émoi dans la maison, 1 l'on crut un instant que la cave était devenue ume iverne de voleurs. C'était autre chose ; et après aVoir lincu l'obstacle , on trouva une marmotte échappée du us voisin et qui, pour dormir à son aise, avait coiù^scjué caveau à son usage.
Après avoir construit un nid avec tous lés chiffons, ébris de paille et de foin qu'elle avait pu, réunir*, elle rait condamné la porte par un amas isolide de terre ' et c décombres; et pour n'être pas- troublée par les Tats u'elle n'avait pu mettre dehors , elle avait eniouVé éori t de chevaux de frise ou d'une fortification de tessons e bonteilles , qui formait un demi-cercle d'iine parfaite xactitude. Or , l'adroite bête avait fait tout cela sans imière. Qu'aurail-elle fait si elle en avait eu? Nous ne finirions pas si nous, voulions rechercher tous % eas 0^ cet esprit de mesure et de précaution 'dd '\i rute se manifeste, et nous en donnerions bien d'autres xemples. Nous le répétons donc avec une entière coniction : instinct ou raison, l'animal pen^e, vaut, réflédhit t calcule.