V!0 CÉL
CÉLIBAT. La tradition nons dit que rhomme, dans sa pureté primitive, n'était pas sujet à Tamour chamd; que cet amour est une punition et une dégénération de l'ame , ainsi que le prouvent l'espèce d'humiliation que l'être humain attache aux actes de l'amour et la honte qu'il éprouve à se reproduire f honte telle qu'il se cache comme pour commettre une mauvaise action. Mais il n'en est pas moins vrai que c'est là une singulière punition et une plus singulière manière d'en comprendre l'application, car, si je ne me trompe pas, ou l'auteur de la nature a voulu que l'homme se perpétuât comme toutes les autres créatures, ou il ne l'a pas voulu. S'il l'a voulu, l'obligation est générale; s'il ne l'a pas voulu, la défense Test également.
Mais il l'a voulu , puisque c'est une punition. Dès lors nous demanderons jusqu'à quel point il est permis à l'homme de s'y soustraire ou de laisser la corvée à d'autres? N'est-ce pas là un de ses devoirs de conscience, devoir civique et patriotique s'il en fût? Car , ne k perdons pas de vue, il s'agit ici de la continuation de notre espèce , affaire essentielle , très-essentielle m^me , et dont tous les hommes sont également responsables en expiation de leurs péchés.
Aussi semblerait-il que le souverain législateur n'a jamais été parfaitement d'accord avec les casuistes sur le cas à faire du célibat, car il ne traite guère les célibataires selon leui*s mérites; et bien qu'ils se privent, comme on sait , des joies de l'amour , il n'a pas voulu qu'ils fussent exempts de ses peines , et il a ordonné qu'ils auraient aussi , dans cette vie , leur ration de tourment. Puisse-t-elle les en préserver dans l'autre!
Maintenant, pour concilier ces diverses opinions sur le mérite ou le démérite de l'amour, sur sa pureté ou son impureté, et déterminer s'il doit être considéré coffloe
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sentiment ou comme appétit, comme caprice ou comme nécessité, comme peine ou comme plaisir, comme maladie on comme preuve de bonne santé , enfin pour savoir , une fois pour toutes , qui a raison de Dieu ou des hommes, il faudrait, après avoir préalablement entendu les parties , analyser l'amour dans ses causes et dans ses effets. Mais c'est une tâche au-dessus de mes forces. Nous nous bornerons donc à dire que si Tamour est un mal, le mal est universel.
Voyez : Amour.
CENTRE ET CROISSANCE. Toute concentration se fait par deux effets opposés: effort et résistance. Si tout s'en allait d'un côté , rien ne pourrait se joindre ni s'unir.
La concentration s'opère donc par une pression allant de l'extérieur au centre , ou par une attraction partant du centre à l'extérieur.
La concentration de l'extérieur au centre est celle qui a lieu dans l'espace quand un vide s'y ouvre. Le fluide éthéré s'y précipitant de tous les côtés et s'y rencontrant au milieu, doit s'y condenser par suite de la pression des matières qui continuent à suivre l'impulsion et à affluer snr ce point. C'est ainsi que se forment les aérolithes «t les globes.
On peut encore considérer comme une concentration ▼enue de l'impulsion extérieure , celle d'une matière en ftsion jetée dans un moule. Sans doute le choc répulsif Be s'opère qu'à l'extrémité opposée à l'impulsion ; mais la matière violemment arrêtée, tendant toujours à revenir snr elle-même, l'axe ou la partie résistante se reporte encore vers le centre.
La concentration par nne attraction venant du centre
est la plus ordinaire : c'est celle qui fait la croissance des masses ëJdmentaircs et de tous les corps vivans.
Voyons maiu tenant ce que c'est qu'une concenlratioD ou une masse de matière. Si le vide cleodu n'apparaît jamais qu'accidentellement, si Tespace est le plein sans vide, sans interstice, un corps, quel qu'il soit, conteiui dans ce plein et faisant partie de la matière gcnéralc^ ne s'en distingue que par une plus grande densité ou nue plus grande fluidité et par sa spécialité de mouvemeBt ou de pesanteur.
La formation d'une masse n'est donc qu'une séparation de l'ensemble. Mais comme ou ne peut se mettre en dehors de ce qui est partout , elle n'est , comme nous venons de le dire , qu'une séparation du mouveoiKOt général et la faculté acquise à la partie séparée , d'un mobile à elle propre.
Ainsi, un corps n'est un corps que parce qu'il pèse et se meut en dehors du poids et du mouvement de II masse ; car dès qu'il pèse et marche avec elle , il n'est plus un corps ou n'eu a plus rinflueucc.
Ensuite , quelle est la cause de cette pro|)ension de tous les corps à perdre leur spécialité en s'unissant à d'autres corps , en se concentrant sur un même point? C'est que dans la nature tout tend à l'unité , et que c'est seulement de cette tendance que vient Tattractioa on l'entraînement vers la base.
Mais comment cette base est-elle au centre? Noos venons de voir qu'il n'y a pas de densité on de cooceatratiou possible sans udc résistance au moins égaie à l'impulsion* PcMir que les élémens s'unissent , il iiaot qu'ils se (portent l'un vers l'autre, qu'ils se rencontrent Telle est la co&diiion première de toute création, de toute œuvre.
Ou comprend au^si que pour se reocoabrer , il fmt
Q*ils aient des impulsions diverses. Si l'espace dtait Tide ou un fluide sans mouvement , sans pesanteur , DS résistance , sans action possible sur les corps li s'y condensent , ces coq>s projetés en droite ligne ! pourraient jamais s'unir. 11 n'en est pas ainsi : nte la matière de l'espace est dilatable et condensable, e est élastique et mobile; elle peut donc s'ouvrir à is les mouvemens, se prêter à toutes les pressions, à lies les impulsions , et dès-lors faire coutre-poids à is les poids.
{près sa concentration, la terre, parvenue a la densité it elle était susceptible, ne pouvait dans son isolement sans moyen d'équilibre, avoir un mouvement autre que mouvement vertical , et elle l'aurait toujours eu , à î réaction ne s'était pas fiiit sentir en elle. Sa con* itratiou s'était ofiéréc par une impulsion de l'extérieur 'intérieur. La résistance était au centre. Après la fortien du noyau , ({uand les matièi*es qui l'entouraient été comprimées autant qu'elles pouvaient l'être, d'at- Aives devenues répulsives , elles ont renvoyé vers paec celles qui, continuant à affluer, venaient se briser trc leur densité.
les matières repoussées étant refoulées encore par es qui les suiviiient et pressées ainsi entre deux lacles, prirent une direction borizontalc et formèrent >ur de la planète une sorte d'auréole qui nous appaaujourd'bui en zone d'aérolithes.
le n'était pas assez pour établir un contrepoids, mais itôt la dilatation de son écorce a commencé à lui stituer une atmosphère. Cette atmosphère s'est étendue îessivement, mais sans se détacher du noyau dont elle inait. C'était une extension et non une réduction de tuasse terrestre qui se déployait et occupait plus de 96 sans augmenter <lc matière.
Cette dilatation devait avoir un terme, car si die anit atteint le noyau même de la planète, elle eut fini i»r U réduire à Tétat de ees constellations transparentes et sans consistance que nous nommons nébuleuses. Mais celte dilatation devait être arrêtée par Tobstacle que lui offraient les atmosphères des autres globes. C'est ainsi qa'uB courant vient se briser contre une digue ou un autre courant, et que la violence même de Timpulsion produit celle de la réaction.
Cette réaction de la matière ou ce retour du fluide provenant de la dilatation de Tenveloppe , que nous nommons pression atmosphérique, cette pression ou celle attraction , puisqu'on la considère ainsi , est évidemment postérieure, à la formation de la masse solide de la terre et aussi à la régularisation de son mouvement. La terre, |(i| projetée en ligne droite comme tous les corps denses, isolée et sans atmosphère, n'a pu tendre vers un mouvement oblique, puis horizontal et enfin elliptique ou cirai- j laire , qu'alors que la réaction du centre à la surfiict et la dilatation de son enveloppe s'est prononcée; et cette dilatation n'a dû commencer qu'a l'instant où la planète est arrivée dans une région chaude et éclairée. Les corps, dans cette position, ne se dilatent qu'à la lumière ou à la chaleur, et la formation d'une atmosphère tient d'abord à ces conditions.
L'atmosphère de la terre, pour la maintenir en équilibre et lui servir d'ailes et de supports, a dû être d'un poids égal à celui de la partie restée à l'état de densité.
La formation, la croissance, la dilatation de l'enveloppe et la mise en équilibre des autres globes, et des soleils comme des planètes , ont probablement eu lieu d'une manière analogue. Le rayonnement des étoiles semble indiquer cette projection du centre à l'extérieur et figurer assez bien les jalons que ces globes jettent dans l'espace.
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!e n'est d'ailleurs que comme image que je présente id.
En définitive , tout annonce que pour la terre, comme mr toutes les autres planètes , le mouvement vers Félilibre a eu son principe du centre a la surface et de surface à Tespacc, et que c'est par un effet secondaire ! une pression émanant des autres corps, que ce moument est revenu de l'espace à la surface et de celle-ci centre.
Nous avons encore sous les yeux des exemples de ce able mouvement: les volcans, tous les projectiles que as poussons au moyen du choc, du salpêtre ou du c, vont aussi du centre à la surface, puis reviennent •s le centre.
3n peut induire de ceci que l'attraction est une conttralion qui n'est elle- même que la nécessité d'une !e, «l'un point d'nppui, d'un contre-poids. >aiis la concentr:)tion ou la pression vers un centre, il aurait pas de densité ni de corps possible. Jans le mouvement contraire ou le retour du centre s la superficie, il n'y aurait ni dilatation, ni dissoion, et toute masse serait indestructible, 'ette impulsion vers un centre vient d'une pression érieure ou d'une attraction intérieure; mais c'est orairement l'union de ces deux causes qui amène la icentration des matières ou la formation des masses, centre attire et la pression maintient sur ce centre parties attirées.
i'est ainsi que l'atmosphère dos globes, se rencontrant sens contraire dans l'espace et faisant opposition ou itre-poids l'une à l'autre, se soutiennent l'une par l'autre ►eu près comme des œufs mis en pile, •'il arrivait que ces globes perdissent leur atmolère , tous alors reprendraient leur mouvement en
ligne droite, ou bien, attirés par la masse la plus foite, ils cesseraient d'être des corps distincts. Joints à celte masse qui leur servirait de contre -poids , ils saivraicDt son mouvement, sans avoir de mouvement à eux.
Outre cet équilibre d'ensemble , il y a l'équilibre de détail : c'est celui des parties ou des masses détachées et cherchant leur niveau sur le sol même. Il n'y a là encore qu'une dérivation de l'équilibre ou de la concentration générale. Ici vous ouvrez un trou , Teau en jaillit ; là vous en ouvrez un autre , l'eau s'y précipite. L'une comme l'autre cherche un point d'équilibre et ne s'arrête que lorsqu'elle l'a trouvé. Toute concentratioB des matières, ou toute formation des corps, est établie sur un principe analogue.
Ne perdons pas de vue que pour les petites masses, comme pour les grandes , il faut un centre de formation, centre d'équilibre , si vous voulez , enfin un point sw lequel se portent à la fois l'effort et la résistance et où les matières se rencontrent. C'est la condition expresse de toute création, c'est vers ce point que les molécflles se précipitent en se pressant les unes sur les autres. Y a-t-il attraction réelle? Non , il v a besoin d'une base ou d'im appui.
Quand une roche se forme, c'est de la molécule pr^ mière ou de celle qui doit un jour être le centre que part son rayonnement ou le principe de sa contexture. Cette molécule est comme l'axe sur lequel vont jooer tous les poids et contre-poids.
La formation et la croissance d'un corps vivant partent également d'un centre. C'est un germe qui remplace b ^et devient la pierre fondamentale de Foenvre. extérieure, poussée sur ce point , s'y arrête y trouve une résistance égale à l'im- Fy amène. Mais de plus que la molécule
également d'u
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centrale, qui n'est qu'un axe et un pivot, le germe a une faculté aspirante ou attractive. Ce germe attire à loi fes matières extérieures , puis les projette en dehors , mais la pression les contient et les empêche de s'écarter iodéliniment du centre d'attraction.
Le mécanisme constituteur développé par le germe vital est analogue à celui qui amène la formation des masses inertes. C'est encore une molécule qui , mise en mouvement par la perte de sou équilibre, se précipite snr une autre qu'elle met également en jeu , et ainsi de suite, jus(iu'à ce qu'elles se soient toutes étayées les unes par les autres. Vous pouvez voir cet arrangement des molécules dans les couches concentriques des arbres , indiquant à la fois F âge de la plante et le mécanisme de sa croissance.
Celte croissance a lieu non pas seulement de l'extérieur «u centre , mais du centre aux extrémités , par une attraction à la fois horizontale et verticale.
Le mouvement de la végétation qui, contrairement à la gravitation , marche dans deux sens opposés , c'est-àdire qui porte la racine vers le centre de la terre et la cime de l'arbre vers le soleil, serait inexplicable sans cette nécessité du contre-poids ou d'un poids opposé à nn poids. La force des racines est en général proportionnée à celle de l'arbre , non en étendue , mais en «dhésion au sol; et ces racines descendent ou s'étendent à mesure que les branches montent.
La croissance a donc eu lieu du centre aux extrémités : l'axe se pose, puis chaque partie , branche et racine , se développe par un double mouvement; mcmvement alter- Bitif peut-être, mais dont l'un toujours compense l'autre; fX la croissance n'est terminée que lorsque l'équilibre est complet. Alors le mouvement extérieur s'arrête et la décvoitsaDee commence.