‹ Hommes et chosesChapitre 57 sur 95 · CHE · texte numérisé non relu

CHE

Or , k quoi bon et qu'est-ce que cela pitAire? €eh

prouve , répondra Démocrite , que le vulgaire est à la fois stupide et cruel.

CHEMINEE, CHAUFFAGE, COMBUSTIBLE ET FUMÉE. L'homme élève des palais, il fonde des empires, il mesure le soleil et ne peut pas empêcher une cheminée de fumer.

Pourquoi aussi y a-t-i! des cheminées? Pourquoi h fumée n'irait-elle pas se perdre sous nos planchers on dans nos caves, pour nous chauffer les pieds on famer nos jambons? Elle monte, dira-t-on. Faites-la descendre, ou bien ce qui vaudra mieux encore , annulez-hi oa consommez- la sur place.

A ceci vous gagnerez, en outre, de débarrasser le toit de vos maisons de ces lourds appendices , cause incessante d'accidens, et qui, n'étant jamais d'accord avec le reste de la bâtisse et le plan de l'architecte primitif, sont encore plus ridiculas qu'ils ne sont dangereux. Sans doute, avec un peu de soin et de goût, vous auriez pu les cacher, les déguiser ou les façonner en colonnes, piédestaux , vases , statues ; mais , je vous le répèle , mieux vaut n'en avoir pas du tout et faire en sorte que votre fumée , en s'enfoncant sous terre ou en se consQmant sur place, cesse d'obscurcir le soleil et d'infecler l'atmosphère, car il ne manquerait plus, pour compléter l'œuvre et l'agrément, que vous lissiez monter vos égoûls en jets d'eau.

On a fait plus d'un essai contre la fumée; mais comment les a-t-on faits et par qui l'onl-ils été? Parles fumistes qui ne vivent que de la fumée. Aussi q«'est-il arrivé ? Cest que sous des noms , des formes on des apparences différentes , nos foyers ont toujours eu pour

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mission d'amener la plus grande consommation de cornbaslible avec le moins de chaleur possible. Or , Tune des condilions d^existence de cet état de choses, cVst la famée.

D'ailleurs, le reste de nos maisons, disposé à Favenant, Test de manière à avoir peu de soleil, beaucoup de vent et pas de jour, si faire se peut: le soleil, le jour et le vent n'ayant pas été prévus dans le noble et bel art de Tarchitecture , ne peuvent dès- lors figurer dans les détails d'un plan et d'un dessin d'artiste. De sorte qu'en précautions contre les rhumes et les vents coulis, et en procédés pour nous chauffer sans fumée et surtout sans noQs ruiner en bois et en charbon, nous en sommes à peu près au même point que feu nos pères les Welches et les Gaulois , qui s'inquiétaient peu des cheminées , parce qu'étant rarement chez eux ils trouvaient plus commode , quand ils voulaient se chauffer, de mettre le feu au logis ou au bois le plus voisin de leur halte.

Comme nous n'avons plus cette faculté ou ce moyen, d'ailleurs peu économique , il Jaudrait tâcher d'en découvrir un autre , ce dont je ne me flatte pas, vu mon i^orance en ces matières. Mais sans autre prétention que d'aider aux tentatives des autres, nous allons poser ici (luelques observations critiques , en commençant par la fomée , pour laquelle , sans même en excepter celle de t*bac, nous avons personnellement une antipathie trèsgrande, bien convaincu qu'elle tend à aveugler Phomme, A Thébéter en altérant son goût physique et moral , à le rendre égoïste, grognon, et en définitive, à le conduire 8U marasme et au suicide.

Nons disons donc : moins vous consommerez de comestible, moins vous aurez de fumée ; mais dans votre système actuel, moins aussi vous aurez de chaleur. Or, Qe pourriez-Tous pas encore remédier à ceci , avoir

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