‹ Hommes et chosesChapitre 60 sur 95 · GHI · texte numérisé non relu

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Là-(1ossus, nous conspillons aux hummes de jouer aux donl^os et aux chieus de prendre des lièvres.

CHIMIE. Bonaparte appelait la chimie la cuisine de la mMecine. C'est mieux que cela : on peut la nommer aujourd'hui la mère des arts industriels.

La chimie a fait d'immenses progrès , elle en fera encore. Après nous avoir appris à tout analyser, à \fM décomposer, elle nous apprendra peut-être à recomposer quelque chose. Cela fait, où n'arriverait-on pas?

Mais cela peut-il se faire? En ve^rité, il est étrange qu'après avoir de'couvert tous les élëmens qui composent un corps, nous ne puissions pas refaire ce corps, quelque simple , commun et grossier qu'il paraisse. Nous analyserons une betterave, nous en ferons dii sucre, du sirop, du rhum , nous découvrirons jusqu'au principe le plus subtil, le plus fugace qu'elle recèle, et jamais nous ne pourrons refaire une betterave. C'est un corps vivant, dira-t-on , et si nous savions faire un brin d'herbe, nous pourrions faire un cheval, un bœuf, un homme.

Laissons donc la betterave et passons aux corps inertes, à ce silex, à cette ardoise, à celte argile, décomposonsles et tâchons de les recomposer. Y parviendrons-nous? Non; l'art copie la nature , mais ne la refait pas. Là s'arrête aujourd'hui la puissance humaine : est-ce à dire qu'elle s'y arrêtera toujours? Non; demain, peut-être, elle aura vaincu la difficulté.

On pourra nous dire : à quoi bon et pourquoi refaire la nature, puisque nous faisons beaucoup mieux qu'elle? Si la nature a créé des silex pour en faire des pierres à fusil et à amadou, n'avons nous pas fait les capsules et les allumettes chimiques? Si elle a fait des ardoises, n'avons-nous pas fait des tuiles et des pannes plus solides,

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IIS durables et bravant la grêle et le vent? Si elle a it Targile, nVn avons-nous pas fait des pots de toutes s formes et dimensions?

— Sans doute , mais il n'en est pas moins vrai que MIS ne savons pas faire Targile.

Comme je viens de le dire, ne désespérons pas, et la limie, un jour ou l'autre, nous en fabriquera, ne fût-ce le conime objet de curiosité.

Après avoir félicité la chimie sur sa science et ses

ogres, nous sommes bien tenté de lui faire une petite

lerelle, ne serait-ce que pour ne point nous départir

! l'usage que nous avons adopté à l'égard de nos amis

connaissances. Nous dirons donc que la chimie, bien

Telle soit la cuisine de la médecine et la mèrp des arts

du'triels, n'en a pas moins beaucoup plus contribué à

er les hommes qu'à les faire vivre; et sans demander si

pondre fulminante les tue plus vite que la poudre

dinaire, ou celle-ci moins raide que la poudre-colon,

ne vois dans ces brillantes études rien qui ait rapport

l'entretien de Texistence et qui tende à empêcher de

ourir de faim celui qui a besoin de manger beaucoup

)ur peu d'argent. Je voudrais donc que les efforts de la

limie se portassent d'abord sur les moyens d'accroître,

1 France et même ailleurs, la masse de la nourriture

bon marché , en utilisant des produits manducables

ijonrd'hui perdus faute d'être connus ou convenable-

ent préparés.

N'oublions pas que la pomme de terre, les trois quarts e nos légumes et même de nos grains sont d'usage loderne, et pourtant que ces plantes ne sont pas nou- MIos. Dès-lors elles ont crû pendant des milliers d'années uis les yeux des hommes , sans qu'ils eussent même idée de s'en nourrir ou de les préparer de manière à Duvoir le faire. Or, est-il probable que tout a été fait

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à cet égard, et que parmi tant de milliers d^espèces de végétaux qui couvrent la terre, il n'eu reste plus dont nous ne puissions tirer parti? N*en est-il pas qui, soumis à des lessivages, à des préparations, à des mélanges savamment combinés, deviendraient des alimens sains et substantiels? A-t-on fait, à cet égard, des essais suivis? Deux mauvaises herbes, deux mauvaises graines, deux mauvaises racines convenablement mélangées , ne pourraient-elles en faire une bonne?

Après avoir trouvé le moyen de nous nourrir et de nous engraisser, la chimie ne pourrait-elle pas découvrir aussi celui de nous empêcher de mourir avant Tâge, ci nous préservant de quelques maladies dont les causci sont essenliellement de son ressort, puisqu'elles sont pro* duites par les gaz? Par exemple , ne pourrait-elle p» s^occuper une bonne fois de l'assainissement de dos égoûls, de nos marais, de nos usines, de nos théâtres, de nos salons, et de la neutralisation des miasmes mortds qu'on y respire, même sous Papparencc de parfums? H puisqu'on peut décomposer Fair vital , ne saurait-oi pas rendre vital celui qui ne Test plus, ou du moins le rendre moins putride?

La destruction ou l'éloignement de ces myriades d'insectes rongeurs nuisibles à Thomme , nuisibles aux animaux domestiques, nuisibles surtout à nos récoltes, ne rentrerait-il pas aussi dans les attributions de la chimie? Et les gaz qui nous tuent dans nos salons ne pourraientils pas écarter de nos champs et de nos vergers les chenilles qui les rongent?

On dira : il faut que chacun vive. Sans doute; mais ici pourtant les hommes passent avant les chenilles, et une bonne fumigation ou une application de vapeur faite à propos, ne devrait-elle pas les engager à déloger?

Cest de l'agriculture , dira-t-on. Mais pourquoi b

imie ne ferait-elle pas de ragriculturc? L'emploi des grais n'est-il pas , de fait , une application chimique ? ia végétation , qu'est-ce autre chose que l'ébuUition s sucs vitaux mis en mouvement par un chimiste core plus habile que nous et le seul qui, jusqu'à préut, a su faire, défaire et refaire?

CITOYEN FRANÇAIS {Août 1848). C'est un homme rfaitement maître de rester chez lui quand il n'a pas aire ailleurs et qu'il n'est pas de service , comme Idat, garde national, garde mobile, juré ou requis pour le prestation eu nature, toutes choses qui lui prennent, m. an , mal an , une moitié de sa vie ; mais dont il int librement se dispenser moyennant amende et prison, lire même les travaux forcés à temps, s'il les préfère [ service militaire.

Le citoyen français , qui doit la moitié de sa vie à îtat, quand l'Etat ne la lui prend pas tout entière, 1 le faisant tuer sur un champ de bataille ou mourir 1 typhus dans un hôpital, lui doit aussi en droits et ipôts directs ou indirects, un tiers de son revenu ou 1 prix de son travail, sous peine toujours, en cas de lard ou de non-paiement, de saisie, d'amende et de ison, grands moyens conservateurs de la liberté française. En échange ou dédommagement de ces charges , l'inolabilité de sa personne est garantie , sauf le cas de ^ts graves prévus par la loi.

Sont considérés comme délits graves entraînant l'arres- Uon et la détention , toute manifestation inopportune ins un lieu public ; et au théâtre, les sifQets ou autres ruits troublant les acteurs et le commissaire de police. Sont également regardés comme motifs graves , les ^ ipages nocturnes , eussent-ils même lieu le jour ; les

cris , chants et concerts discordans dits vacarmes et charivaris.

Sont passibles des mêmes peines , tous les propos attentatoires aux lois du pays, au gouvernement oa aox fonctionnaires qui le repre'sentent.

Même peine contre quiconque aura crid dans la me des nouvelles fausses ou vraies , ou vendu des journaux autorise's ou non autorisés , ou tout autre imprimé désagréable à l'autorité.

Même peine contre celui qui y aura étalé un objet quelconque sans permission ou sans patente ; ou biei qui y aura stationné ou fait partie d'un rassemblement |i de deux personnes au moins.

Est encore un délit grave entraînant remprisonncmcot, la vente clandestine ou publique du tabac quand il est bon, c'est-à-dire non autorisé par la régie.

Sont traités comme infraction aux lois, tous les matquemens aux arrêtés de la police générale, de la police municipale, de la police rurale et de la police militaire. Seront en outre justiciables des conseils de guerre, tous les crimes et délits pouvant compromettre la sûreté de$ places fortes et le salut de la République , tels que de monter sur les parapets et de s'arrêter derrière I guérites.

En ce qui concerne la garde nationale, sont considéré comme délits graves et motivant la suspension de la liberté individuelle , les manquemens aux appels , aox revues et aux exercices; bref, à un service civique quelconque.

Nul ne peut être incarcéré que sur un mandat d'amener régulièrement délivré par un magistrat délégué à cet effet.

Sont dispensés de ce mandat : les commissaires et agens de police, les maires et adjoints, les huissiers, Ifô

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larmes et gardes-chanipétres , les agcns du fisc, les les nationaux, les ofliciers, sous-ofôciers et soldats l'armée de terre et de mer; enfin, en cas d'urgence, ; les citoyens âges de vingt-et-un ans et au-dessus ou dessous.

e domicile est sacré. Deyient punissable et passible dommages et intérêts , quiconque s'y introduit sans eu du propriétaire ou du locataire, ont exempts de cette disposition les fonctionnaires agens de la force publique désignés dans l'article cèdent.

.a visite corporelle est non moins expressément délue, sauf à l'entrée ou à la sortie du territoire de la publique ; et partout ailleurs , en cas de suspicion itime de fraude ou de détention de papiers et autres els suspects.

^ermis à tout citoyen français d'aller , de venir et de nilcr librement, avec passeport et sous la surveillance magistrats , commissaires , ageiis civils et militaires lieux qu'il traversera , lesquels agens devront se e représenter le dit passeport à l'entrée des villes, irgs et villages, et plus particulièrement sur les routes traverses , pour constater l'identité du voyageur. Ils Tont , en cas de doute , le faire arrêter jusqu'à plus pies reiiseiguemens. Ce passeport est bon pour un an, [ont Français a le droit de pétition. Tout fonctionnaire, ninistrateur ou magistrat, à qui une pétition est ressée, a celui de ne pas la lire et de n'y p]ft répondre. Hnl n'est tenu de recevoir un pétitionnaire , et il a ijours le droit de le congédier.

Tous les citoyens ont la faculté de se réunir; comme ssi tout maire , adjoint , commissaire , préfet , souséfet, agens, sergens, gendarmes, sont autorisés à les empêcher.

La liberté de la pensée est assurée à tous. Permise chacun de publier librement son opinion ; sous peioe de saisie, amende et prison , si celte opinion n'est p« celle de l'autorité ou du parti qui la remplace.

Sous les mêmes conditions :

Liberté de l'enseignement.

Liberté de conscience.

Liberté entière du commerce pour tout ce qui n'est pas prohibé à l'entrée , à la sortie ou à Tintérieur de la République.

Circulation libre de toute marchandise , sauf déd»ration, visite, sondage, mesurage , pesage, plombage, acquit-à-caution, passavant, congé, passe-debout, acquiH et permis, exigibles à toute réquisition, ainsi que l'osverture des caisses, balles et ballots.

La confiscation est abolie; la saisie seule est permise. En matière de finances , toute saisie doit être coostatée par deux agens du fisc munis de leurs comniissioos. Tout citoyen français non repris de justice peut remplacer les agens du fisc.

La confiscation immobilière est également interdite et la propriété est garantie par la Constitution , sauf le cas où le conseil d'Etat , celui de préfecture , le jury d'eipropriation , le génie civil et militaire , le comité de défense des places , côtes et frontières , en ordonnent autrement.

Les édifices publics et particuliers sont placés sous la sauvegarde de la loi, et nul, s'il n'en est propriétaire, ne peut en ordonner la démolition totale ou partielle. Celte défense ne s'applique pas a l'architecte du département , à celui de la ville , à l'ingénieur local , an commissaire-voyer , au conseil d'arbitrage et à celui d'alignement qui , dans tous les cas , sont autorisés à faire démolir d'office, comme gênant la circulation, tout

édifice arançant trop sur la voie publique ou n'avançant pns assez. La démolition a lieu aux frais du propriétaire; itiais les matériaux lui appartiennent.

Le citoyen français a droit à Pair et à la lumière , Dais seulement sur la voie publique. Chez lui, Tair et a lumière sont soumis à un impôt dit des portes et enétrcs, 11 peut s'en affranchir en ne recevant de jour t d'air que par la cheminée et en entrant par le oupirail de sa cave.

Liberté à tout citoyen de boire à sa soif chez lui u ailleurs ; mais défense , sous peine de saisie , coniscation et amende , d'y porter ou faire porter aucun Iquide.

Ne sont pas comprises dans la défense , Teau fraîche l l'eau chaude, quand elles sont douces ou non salées. Les lois somptuaires étant abrogées : tout Français, quel ne soit son sexe , peut se vêtir à son gré , en se onformant aux règles de la décence.

Ne font point partie des costumes permis , ceux qui istingucnt les différentes catégories de fonctionnaires t les divers corps de Tarmée.

Sont également prohibés les mascarades et déguiselens, excepté pendant les jours dits gras ou de carnaval, rec l'autorisation de la police. Cette autorisation ne era accordée qu'aux agens de la dite police et aux fonconnaires chargés de la surveillance des rues et lieux ubiics.

Tous les Français étant égaux devant la loi: les trianaux doivent accueillir leurs plaintes sans distinction e rang ou de fortune. Sont seuls exclus de cette isposition , ceux qui n'ont pas d'argent pour payer s frais de greffe, d'expédition, de jugement, etc. La justice est gratuite.

Tout citoyen âgé de vingt-et-un ans est électeur. Son

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vote est libre , sanf réyocation s'il est employé , oa la salle de police s'il est soldat , et son renvoi s'il est agent civil , commis , marchand ou ouvrier dëpcndant d'an patron quelconque; sauf enfin, s'il est patron lui-méiDe, le bon plaisir du journal de la localité.

Tout individu a droit de contracter mariage, quand il n'y a ni empêchement ni opposition.

Ont droit de former opposition au mariage, les pareni, le maire et ses adjoints, le colonel si le futur est militaire, ou son directeur s'il est employé , son patron s'il est ouvrier , enfin toute personne qui croit devoir k faire.

Chacun est admissible aux emplois civils et militaires, soit par voie d'avancement , soit par celle d'élection, à la charge de justifier qu'il a les qualités requises ei qu'il peut remplir les conditions exigées.

Les conditions exigées et les qualités requises pou tous les emplois civils et militaires, sont de bonnes protections , notamment parmi les journalistes , quand oi n'a pas le bonheur de l'être soi-même.

Les fonctions mises au concours appartiennent de droi à celui qui a mérité le plus de suffrages.

Les concours sont publics et ouverts à tous. Nul n' est admis que sur un certificat attestant qu'il est api à concourir. Les juges du concours peuvent seuls déli vrer ces certificats.

Toute personne a le droit de tester et de recueill un legs, en se conformant aux lois sur la matière. El peut aussi recevoir un don de la main à la main, ma seulement à domicile. Tout don sur la voie publique e interdit. Quiconque y acceptera une donation pourra et condamné à trois mois de prison , privé de ses droi civiques, et à rexpiralion de sa peine, conduit au de'p de mendicité.

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