‹ Hommes et chosesChapitre 61 sur 95 · CIV 8Î · texte numérisé non relu

CIV 8Î

Tout décédé a droit a la sépnllure, avec la permission do maire ou de son adjoint. En cas de refus de leur part, le commissaire de police peut y pourvoir d'olïice et procéder à Finhumation.

L'individu mort par accident et trouvé sur la voie lublique sera , s'il est reconnu et réclamé , remis à ses )arens; sauf le cas où le tribunal, la commission saniaire ou l'académie de médecine légale et locale , en ordonneraient autrement dans l'intérêt de la vérité ou les sciences.

Toute exhumation ou violation de sépulture est sévèrement interdite ; elle peut néanmoins être ordonnée lar le magistrat ou le suaire de la commune.

Celte formalité est inutile quand il s'agit de travaux Part reconnus nécessaires à la défense du territoire, de racé de chemins , d'études pour les voies de fer , de instruction, de réparation, de plantation dans l'intérêt Hiblic ou particulier.

Les monumens funéraires érigés à la mémoire des lëfunts , ainsi que les dits défunts, seront laissés à la disposition des familles, à la charge de les faire enlever 3t transporter à leurs frais.

En cas de refus ou de non réclamation, les dits restes il matériaux seront vendus h la criée au profit du Trésor.

CIVILISATION. Un peuple n'est pas civilisé parce jo'il compte quelques centaines de poètes, d'historiens, Parchitcctes, de peintres, de sculpteurs, de docteurs ou le musiciens, et quelques milliers d'avocats, de han- )uiers, d'industriels, de lU'opriétaires vivant à peu près ?l raisonnant tout juste. J'appelle un peuple civilisé ;elui dont la majorité a du pain et du bon sens. Or, je le demande, où est ce peuple en Europe? Quelle est,

parmi ces grandes et fières cités, si doctes, si opokatcs en apparence , celle qui , en bien-être réel et en nîsonnement, si Too yeut compter homme par homme, pain par pain , idée par idée , remporte sur un caoti de Bédouins ou une horde de Tartares ?

Faites une visite domiciliaire de maison en maison, de -1 hutte en hutte, dans nos villes de fabrique; interroga les habitans sur leurs moyens de nourriture, d'éducatioi et d'avenir; puis, dites-moi si ce sont là des gens âvilisés. Sur vingt , il y en a dix-huit qui ne saveM pas faire une addition, dix qui ne pourront pas signer leur nom , et il n'y en a pas un qui puisse vous dire s'il aura demain un morceau de pain et si le snriendemain il ne ■ sera pas mort de faim.

Si vous êtes curieux de connaître leurs morens de persuasion et le procédé par lequel ils moralisent leur famille et l'initient à la conduite, à l'ordre, à l'humanité, ils vous montreront leur poing ou un bâton : c'est leur procédé d'éducation civile et religieuse.

Quant à leur délicatesse ou leur moralité , présentezvous avec un sac d'écus et marchandez leur vote et leur conscience : s'ils hésitent , c'est que le sac ne ieor semblera pas assez plein ou qu'ils n'y verront que des gros sous.

Et vous appelez cela un peuple civilisé! S'il l'est, où en trouvercz-vous qui ne le soit pas? Et ceux qne vous nommez sauvages , en quoi sont-ils inférieurs à celui-ci ?

Peut-être croirez -vous que ce sauvage raisonne moins bien que votre homme des villes : faites causer l'ouvrier de fabrique et dites si, même chez les Hottentots , si parmi les Nègres et les Papoux , il est possible de rencontrer un être plus ignorant et plus stupide?

Ce nègre sait peu de chose, il est vrai; mais il pent

se tenir sur ses jambes. Eh ! bien , deux jours pjar semaine, cet ouvrier ne le sait même pas, et c'est ivremort que vous allez le ramasser dans le ruisseau, tandis foe sa femme et ses enfans à jeun vous demandent l'aumône; et voilà l'homme civilisé!

Quant à cette civilisation, considérée comme gouverlement, à quoi mènc-t-^lle? De quoi garautit-elle le jouverné? Est-ce de la peste , de la guerre ou de la àmine? Loin de l'en garantir, c'est tout cela qu'elle lui procure.

La peste, en le parquant dans un taudis infect où 'impôt lui interdit l'air et la lumière.

La guerre, en le contraignant à prendre un fusil pour ontenir des principes et des intérêts qui ne sont pas es siens.

La famine, en le privant de ses bras durant les plus ^Ucs années de sa vie , employées à manier ce fusil ; luis en lui enlevant, par des droits excessifs, pendant le este de cette vie , la moitié de sa subsistance ou du Mïx de son travail.

Et il est des hommes assez aveugles pour applaudir à lu tel régime , pour prétendre que c'est la civilisation UTiyée à son apogée ! Moi, je dis que c'est la barbarie laus toute sa hideur. Je dis que la barbarie est où a misère en haillons jonche le pavé des rues. Je dis joe ce possesseur de palais, que cet homme riche, intrait , intelligent , que vous citez comme représentant a civilisation, ne la représente pas , puisque lui et ses •areils ne forment pas la vingtième partie de la masse, t que les dix-neuf autres vingtièmes ne sont absolument ne ce que je viens de vous dire : des brutes ou des Kndians.

En vérité., il faut que l'aveuglement soit bien grand liei nous autres Européens, pour que nous nous vantions

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