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de notre humanité » de nos lumières , et que nous noos appelions les sages de ce monde. Si jamais, ici-bas, il apparaît de véritables sages et un peuple réellement dvilisé , que diront-ils de nous ? Et qu'en pensera 1b postérité? Comment qualifiera-t-elle notre orgueil? Hâ»! je le crains bien , ce regard de dédain que nous jetons sur nos pères, nos iils , avec plus de raison , le jetterait sur nous.
Sans doute , il y a moins de superstitions religienses qu'il n'y en avait autrefois: mais il y a plus de préjugé politiques ou sociaux. N'en est-ce pas un, et de la pire espèce , que celui qui nous fait dire qu'il ne peut y avoir de gouvernement et de peuple, si la pauvreté n'est pas le partage d'une partie de ce peuple?
Qui nous fait croire qu'un pacte social est équitable, bien qu'il ne soit profitable qu'à la petite minorité?
Qui nous fait faire, pour maintenir cet état de choses, des lois contraignant une moitié de la nation à se to tuer pour l'autre?
Je vous le demande encore : qu'est-ce qu'une cifilisation où les neuf dixièmes des civilisés souffrent di la faim ou en meurent? Où neuf autres dixièmes saven à peine compter jusqu'à dix et sont, en raisonnement au-dessous des barbares?
Chez un tel peuple , à quoi bon vos livres qu'il n peut pas Ure ; vos philosophes et vos moralistes qu'il n comprend pas ; vos chefs-d'œuvre de sculpture , d'ai chitecture qu'il distingue à peine d'une échoppe ou de 1 borne du coin , et qu'il brisera de préférence si vous ! laissez faire?
Mais ces livres, mais cet exposé de ses droits, tenc vous beaucoup à ce qu'il les comprenne, et n'avez-vw pas , dans vos combinaisons léoniennes , compté un p( sur son ignorance? Ne craignez-vous pas qu'en devenu
moins stupiile , il ne devienne moins crédule , conséqoeiDinent moins soumis? Sericz-voiis d'avis que la misère est la première garantie de Tobéissancc, et qu'un peuple est ingouvernable par cela même qu'il est heureux? Est-ce pour cela que vous le maintenez dans sa misère et son abrntisscmejit? Je n'ose Taflirmcr, car vous ne cessez de dire le contraire , et je suis porté à croire qu'il y a dans votre fait plus d'insouciance que d'intention.
Ecartant donc la question de préméditation , nous dirons : non, ceci n'est pas la civilisation ; c'est la barbarie constituée, c'est l'iniquité érigée en principe et en droit.
Ce n'est pas non plus un gouvernement, car le devoir de tout gouvernement est d'assurer le biennUre de tons, on au moins de la plupart.
Si ce gouvernement n'y parvient pas, il doit abdiquer, car il n'a pas su remplir sa mission ou il ne l'a pas pu , et dans l'un ou l'autre cas , il doit en remettre le brdcau à un autre. •
Si j'étais chargé de faire une charte, n'importe ponr quel [)euple, mon premier article assurerait un asile, du travail ou du pain à tout citoyen.
Le second article prohiberait l'oisiveté, le vagabondage, et prononcerait l'expulsion de la communauté de toute personne valide qui ne pourrait justifier de ses moyens de vivre sans travailler ou faire travailler.
Le troisième serait l'obligation imposée aux parens, ou î leurs représcntans, d'envoyer leurs enfans aux écoles, H une pimition exemplaire pour ceux qui ne le feraient [>as.
C'est dans ces garanties contre la faim, contre l'ignorance, que je verrais un premier pas vers une civilisation réelle ou un bien-être commun. Hors de là, je rcgarkrais notre état social et notre constitution soi-iMsant
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libérale , comme une illusion ou iine tromperie , et je dirais : sous le gouvernement dit libre et constitationnd, ou bien encore démocratique et républicain, s'il y a antant de pauvreté qu'il y en avait sous le régime féodal, c'est que ce gouvernement dit libre et constitutionnel ne vaut pas mieux que l'autre. S'il y en a plus, c'est qu'il vant moias et que la civilisation a rétrogradé et la liberté avec die, car la première liberté , celle sans laquelle tout le reste n'est rien , c'est la liberté de vivre ; et elle n'existe pas pour celui qui n'a ni pain ni travail , ou bien qui, ks ayant, n'a pas la certitude de les avoir le lendemain.
Bonnes gens qu'on gouverne par des mots, tâchez doue d'obtenir qu'on vous mène par les choses, et tâchez d'apprendre à distinguer les uns des autres. Ne vons laissez pas engluer aux belles phrases, et quand on voas cornera aux oreilles: liberté, patrie, gloire, victoire, examinez d'abord ce qui vous en reviendra , c'est-à-dire si vous paierez votre pain et votre viande meilleur marché, ou si vos impôts seront moins lourds , enfin si on exigera un peu moins de vos bras, de votre temps ou de votre sang.
Si les choses doivent rester ce qu'elles sont , si l'on ne vous prouve par francs et centimes , que vous y trouverez votre compte, tenez-vous pour certain qu'on se moque de vous et que ces paroles dorées n'ont ponr but, s'il ne reste rien à vous prendre, que de garder ce qu'on vous a pris et de maintenir l'exploitation libre de la majorité imbécile par la minorité malicieuse.
GLOGIIES. Elles sont presqu'un article de foi, et dans notre siècle de tolérance, on risquerait beaucoup moins de nier la divinité de Jésus-Christ que la sainteté des cloches.