‹ Hommes et chosesChapitre 63 sur 95 · CLO S · texte numérisé non relu

CLO S

On baptise les cloches, on les oint d'eau bénite, on les couronne de fleurs, on les habille de velours ou de soie, on les encense, on les prie. Si on ne les adore )a8, bien peu s'en faut. C'est que les cloches ont de grandes vertus : elles aident au salut des virans et au loalagement des morts. C'est l'accompagnement indislensabie de notre entrée dans ce monde et dans Tautre, it sans cloches on ne pourrait , dans la chrétienté , ni laitre , ni vivre , ni mourir. Ajoutons qu'elles font les loces.

Eh ! bien, nonobstant cette haute utilité des cloches et a grande faveur dont elles jouissent, au risque même de Kisser pour leur ennemi personnel el Favant-coureur de 'antcchrist, je veux dire leur fait, principalement à celles le cette bonne ville» qui sont bien les plus babillardes, es plus commères , les plus insupportables , les plus )étes cloches que jamais sonneur mi mis en branle, îst-ce sa faute? Est-ce la leur? De tous les deux, peut- !tre. Quoiqu'il en soit» il semble qu'elles aient juré iaine à la mesure et à l'harmonie, et qu'elles s'entendent >our produire la plus détestable cacophonie qui jamais lit insulté à l'art des accords.

Or çù , mesdames les cloches , seriez-vous devenues hérétiques, ou ce qui est pis, païennes et bestiales? ^a lieu d'honorer le ciel , que par état , comme par levoir, vous êtes chargées de tenir en joie, auriez-vous intention de lui donner un charivari?

J'ai assisté à ceux, de glorieuse mémoire, qui furent ■ctroyés à Brest à de hautes notabilités civiles et roili- Bires. J'en ai entendu aussi à Nantes , à Rennes et à îuimper, tous lieux célèbres par leur talent charivarique, t pourtant j'atteste qu^il y avait aussi loin du bruit de ^ milliers de casseroles, sonnettes, cresserelles et trom- ■cttes détonnant toutes ensemble, à votre effroyable

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