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discordance , qu'il y a d'un mirliton à un trombcme.
Je n'ignore pas, mesdames les cloches de notre bonne ville, que dans une intention sans doute louable, toqs avez voulu , à Timitatiou de vos voisines de Flandre et d'Artois, nous donner de petits airs de carillon , et qœ depuis une dixaine d'années vous avez régulièrement , i tous les baptêmes , à tous les mariages , voire même ï quelques enterremens , selon votre idée , essayé de non chanter : Ahl vous dirai-je maman, ou Que ne suis-je k fougère ! L'intention était bonne , c'était pour nous hm rire. Mais pour faire rire les gens , il faut se borner è les chatouiller, et se garder de les écorcher. Or, sar les six notes dont se composent ces airs, vous avez toujoon soin d'en faire trois fausses et d'en laisser une de côté: de façon que l'air va justement comme nue pie à qui on a cassé une aile.
Ceci ne serait rien , on s'accoutumerait à votre air boiteux , si chacune de vous s'entendait pour donner k ton à son tour; mais vous faites, pardonnez-moi l'eipression , comme les grenouilles dans un marais : dès qu'une s'est mise à coasser, il faut que toutes les autres suivent. Mais encore les grenouilles , toutes grenouilles qu'elles sont , ont-elles le bon sens de coasser la même note, peut-être parce qu'elles ne savent que ceDelà. Vous êtes mieux douées sans doute; mais à quoi bon, si c'est pour faire pis que celles qui le sont moins? Si Tune de vous commence en sol , l'autre attaque en la, une troisième en si, une quatrième en ut, puis en vient une cinquième qui entonne un majeur quand les autres sont eh mineur , ou un trois-temps pour faire niche au deux -quatre. Jugez de l'effet !
Ne craignez-vous pas que le bon Dieu qui, non plus qu'un autre, n'aime la mauvaise musique et pas plus les sottises chantées que les sottises parlées , ne se
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3che enfin, et ne vous jette, vous et vos sonneurs, par es fenêtres de vos clochers , avec défense de vous re- CYcr jusqu'à ce que vous ayez appris à chanter juste, n mesure, et non comme des créatures ou des poissardes D goguette ?
Mais j'y pense. N'y aurait-il pas un peu dMntention dans otre fait et ne feriez-vous pas comme ces joueurs de idie ou de hautbois qui s'exercent à fausser le plus ossible, afin de contraindre l'infortuné à la porte duquel s s'arrêtent, à pa^er leur silence? Est-ce que vous royez, par hasard, contraindre ainsi le bon Dieu à vous ivoyer de la manne? Quoi! impudentes, c'est en vocirant devant l'Eternel , c'est en lui montrant le poing ae vous voulez lui soutirer des grâces 1 Ah ! je ne l'étonne plus si vous êtes si mauvaises envers les viîns ! si , non contentes de les poursuivre pendant le ur de vos lamentables clapissemens , vous vous plaisez icore à troubler leur nuit en imitant , par je ne sais sels capricieux tintemens , les accens convulsifs du «sin !
Mais malheureuses, vous ne comprenez donc pas les ^séquences de cet abominable jeu? Les pauvres gens le vous éveillez en sursaut et qui, à votre appel falcieux, se jettent en bas de leur lit, vingt fois trompés is vos fausses alarmes , ne s'éveilleront plus lorsque le inger sera réel, quand leur maison et même la vôtre ront en flammes, quand enfin sonnera le tocsin véritable^ Ainsi, vous faisant incendiaires, vous voulez, à vos autres éfaits, cloches folles et malveillantes, ajouter celui d'aider ( gens à brûler , non-seulement en ce monde , mais ;8si dans l'autre ; car, à moins qu'ils n'aient la patience ! Job , tous vous ont dit : racca , en vous maudissant I fond de leur cœur.
Dans votre intérêt, comme dans le nôtre, n'y auraitril
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pas moyen de s'entendre? Est-ce que vous en seriez moins cloches quand vous sonneriez avec un peu ptes de justesse et de mesure, et même quand vous ne sonneriez que quinze heures sur vingt-quatre? Remarqua qu'en sonnant toujours, c'est, pour bien des gens, comme si vous ne sonniez jamais ; car vous leur avez tellement endurci le tympan, qu'ils ne vous entendent plus et qu'ils demandent quelquefois dans leur bienbeareusc surdite' : il n'y a donc plus de cloches en France?
Cet inconvénient n'est pas le plus grave. Il y a des personnes qui , en haine de vous , ont pris en horreur le clocher , puis l'église tout entière , et qui , pour ne plus vous entendre , sont parties pour T Algérie , afia de s'y faire Turcs. Voyez , imprudentes , à quoi vous exposez les âmes! Prenez garde que les fidèles n'enminent vos papiers et qu'ils ne vous demandent si jamais Moïse, si David, si Salomon ont fait sonner les cloches. Savez-vous bien que dans le temple il n'y en avait pas une seule; qu'il n'y en eut jamais ni à Jérusalem, ni à Bethléem, et que la nuit de la naissance de Notre-Seigneur on n'entendit pas le plus petit carillon ? Savez-vous aassi que c'est sans cloches qu'il convoquait ses disciples et rassemblait le peuple? Que jamais cloches n'annoncèreot l'heure des évangiles, et pourtant qu'on s'y disputait les places , chose qui n'arrive pas toujours à ceux qui ont les cloches et paient les journaux pour les annoncer à leur prône? Bref, c'est sans cloches qu'il sauva les hommes.
Les apôtres n'en usèrent pas davantage pour répandre la foi sur toute la terre ; et plus tard , les martyrs et les confesseurs montèrent au ciel sans qu'un coup de cloche annonçât leur départ ou leur arrivée. Enfin, les trois quarts de ces milliers de saints et de saintes que vous prétendez fêter à toute volée, ne savent même pas ce que vous voulez leur dire; car ils étaient saints
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avant que les cloches ne fussent saintes, ayant même qu'elles ne fussent nées. Aujourd'hui encore , ils ne XHDprennent pas en quoi un chaudron d'airain , dans eqnel bat un morceau de fer , peut contribuer à la lainteté et être agréable à Dieu qui, probablement, ne net pas grande différence entre la plus belle cloche du (lus beau clocher de la terre et le grelot du hochet de 'enfant ou de la marotte de la folie.
Quel rapport surtout yos cloches peuvent-elles avoir vec les trépassa pour qui vous en faites une si fuieuse dépense? Si un homme, une sonnette à la main, lUait se poser à côté d'une tombe et sonner sans ^it aux oreilles du mort , on dirait : cet homme ne ait ce qu'il fait. S'il prétondait que c'est agréable au nort , on dirait : il a perdu la tête. Enfin , s'il ajoutait : na sonnette expie les péchés de ce mort et le met en laradis, on s'écrierait: il est fou à lier.
Eh ! bien, que la sonnette, au lieu de peser un quar- «ron , pèse trois quintaux , qu'au lieu de s^appeler lonnette elle s'appelle cloche, par cette seule différence le nom et de poids, ce qui était absurde va selon vous lerenir très-raisonnable, et qui plus est, très-saint. Et Mt à coups de sonnette devenue cloche que vous aller Eaire fléchir la justice de Dieu et d'un coupable faire un innocent! Et vous avez le front, matérialistes que vous tes , de nous débiter de semblables énormités ! Ne »oyez-vous donc pas, qu'elles sont attentatoires à la ma- Nté de Dieu et à la religion?
Gare au premier synode, gare qu'examen fait de vos ftres, vous qui vous êtes introduites dans le sanctuaire ^mme grillon sous l'âtre, on ne vous prouve que vous tfêtes ni un commandement de Dieu, ni un commande- >ûeat de l'église; mais que d'origine tout-à-fait mondaine ^ même un peu païenne, vous tenez de fort près à Satan
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et à SCS pompes. Enfin , ne me forcez pas à révéler, qu'instrument d'un cuUe peu canonique et nées inter pocula , ce sont les bacchantes et les corybantes qui, les premières, vous ont mis en branle.
Encore une fois, ménagez un peu plus le pauvre monde. Sonnez les matines, sonnez la messe, sonnez les vêpres les jours qu'elles doivent être sonnées, mais retenez-roos un "peu sur les noces , sur les baptêmes , sur les entcrremcns et beaucoup sur les fêtes de votre invention qui, depuis quoique temps, se multiplient à un tel poiat, que la semaine ne leur suffit plus , et qu'on jour non férié, un jour sans grande sonnerie est aujourd'hui, dans notre bonne ville , un phénomène qui ne se présente pas deux fois par mois.
A tant de griefs, j'ajouterai que vous pensez fort mal: vous u'ôtcs pas du tout républicaines et l'égalité est votre bétc noire. Que le pauvre se marie, qu'il naisse ou qu^ meure , dédaigneuses des petits , si vous ne vous taisez complètement , c'est un simple murmure , un maigre bourdonnement que vous faites entendre. Mais est-c« un riclm qui vient au monde ou qui en sort ;» est-ce un gros mort, comme disent les bonnes âmes, quel carillon! quel fracas ! Oui , votre voix retentissante semble narguer le malhoiireux qui ne peut la payer. Est-ce là l'équité? Est-ce la charité? Non, mesdames les cloches, c'est autre chose ; et si Satan est le père de l'orgueil, vous en êtes la voix.
Hélas ! l'abus conduit souvent à mauvaise fin. Ce n'est pas assez de faire joyeuse vie , il faut faire vie qoi dure. Si vous en croyez un homme qui vous veut moins de mal qu'il n'eu a Tair , ne sonnez pas trop fort, si vous voulez sonner long- temps. Rappelez-vous les jours néfastes où l'on vous mit en gros sous. Aujourd'hui, comme tout se perfectionne, on vous mettrait en centiflies.
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Moi, vieil ami de l'hcirmonie , je ue demande ui run ni Tautrc ; je désire seulement qu'on vous motte au diapason et qu'il vous plaise de sonner , sinon moins fort, du moins plus iuste.
CLVh {Avril 1848). Mot anglais, celte ou saxon, bas* breton, peut-être ; n'importe, j'en laisse l'étymologie aux Bavans.
Quant à la chose, nous en dirons deux mots; et pour premier, je la déclare mauvaise.
La preuve sera brève. Les jacobinières ,de 1791, 1792, 1793 étaient des clubs > et Danton, Marat, Robespierre, Carrier , Collot d'Herbois et autres , des clubisles. Les journées de septembre, les noyades, les mitraillades, toutes les listes de proscription émanèrent des clubs.
Cependant on a rouvert les clubs en 1848 , et bien les gens étaient disposés à y refaire ce qu'on y avait Erit.
Aussi, à ce mot, dressant les oreilles, nous leur avons crié : à quoi bon la chose ? Car , en résumé , quelle est-elle?
Club, réunion de gens qui ne sont rien et qui visent à être quelque chose.
Repris de justice, ouvriers fainéaus , habitués de cabiret, étudians traîneurs de rue, avocats sans causes» B^ocians en faillite ou prêts à l'être , notaires ruinés » agcos d'affaires véreuses , intrigans de tous les pays , OKMichards de toutes les polices, tels ont toujours été et tels seront encore les élémens des clubs.
^ussi, un conseiller de l'école de Machiavel engageait ^ premier consul , qu'effrayaient les sociétés secrètes , à bisser momentanément se rouvrir les clubs de la capitale. 'C'est une excellente souricière » lui disail-il; nous les