‹ Hommes et chosesChapitre 69 sur 95 · COM M · texte numérisé non relu

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C'est encore la pression qui fait la pesanteur. Supprimez Faction d'un corps qui cède sous un autre , il n'y a plus de poids.

C'est donc d'elle que naît l'équilibre. Le poids est une pression, le contre-poids en est une autre.

Le mouvement d'un balancier n'est qu'une pression Bitemative ou une pression repoussëe par une autre : Dn poids balancé par un poids.

L'attraction est aussi une pression. Le mouvement régulier des corps célestes est l'effet d'une impulsion continuée par une pression : c'est un contre-poids opposé èk un poids, c'est un corps suspendu entre deux pressions et glissant entr'elles. Ainsi s'opère le mouvement de la terre autour du soleil. Elle y cherche son point d'appui ; mais son atmosphère , comprimée par i'atmo- 0fik^e du soleil, lui oppose une barrière continue. Si ta pression cessait, si un vide s'ouvrait, la terre serait immédiatement projetée sur le soleil.

Maintenant, qu'est-ce que la pression ? Qu'est-ce surtout ipie la pression atmosphérique? On peut, à la rigueur, expliquer son effet à l'air libre ; mais sous un toit, dans vue cave , au fond d'une mine ù mille pieds sous terre , «HDment s'en rendre raison? Et si le poids n'y varie pas, ne peut-on pas se demander s'il y a une pression atmosphérique?

Le tournoiement de la terre sur elle-même présente vue difficulté non moins grande. Comment concevoir une force qui puisse lutter contre cette force? Comment CMnprcndre qu'un homme marche dans le sens opposé ^ tournoiement, et tandis que la terre tourne de l'est i Pouest, qu'il puisse aller de l'ouest à l'est?

Mais l'atmosphère de la terre tourne avec die? Qu'importe! si l'atmosphère a un mouvement, il faut néces- ^^ement, si l'habitant de la terre peut aller et venir «

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qa'il combatte ce mouvement, qu'il le remonte, comme il ferait du courant d'une rivière.

Le mouvement des vents et des courans aéneos n^est pas plus explicable ; il est difficile de l'accorder avee h rotation dans un même sens on une pression constamment la même.

Mais il s'agit moins ici de la pression atmosphëri([« que de la pression en général. Pour la définir, il fint indiquer ce qui l'amène, en reprenant les choses d^n peu plus haut.

Rien ne se soutient sur rien , c'est4-dire sans one base ou un contre-poids. Il n'y a donc aucnn corps isolé dans l'univers organisé.

S'il y avait quelque part un corps unique , ou fflâne une suite de corps sans rapports entr'eux, ils serainl immobiles on ils tomberaient en ligne droite; et ce motvement vertical durerait jusqu'à ce qu'ils aient troaié une base ou un contre-poids.

Telle est la loi invariable de l'équilibre. C'est cette loi, ou la nécessité d'un point d'appui, qui fait partont la pesanteur.

Cette pesanteur croît à mesure que le corps tombant approche du but ou de la base où il tend ; non que cette base l'attire , mais parce qu'il perd d'autant plœ l'équilibre qu'il s'éloigne davantage de son principe, et qu'il est en même temps pous-^c plus fortement par la pression du fluide supérieur cherchant aussi son point d'appui.

Ce qui constitue la mesure du poids , c'est donc celle du mouvement , et réciproquement. Nous sentons la pesanteur parce qu'il y a pression, et il n'y a pression qw par le mouvement.

Le mouvement a lieu par suite de la séparation, comme la pression elle-même. Dès que la matière coffl-

primée n'a plus de mouvement , la pression a cessé ; et cela , parce qu^il n'y a plus de séparation entre les parties de cette matière ou entre cette matière et sa base.

La pression cesse également si la base disparaît: alors la matière se dilate ou fuit.

La densité des corps est une pression qui n'est ellemême qu'un effet de la loi de l'équilibre. Les molécules ne s'assemblent et ne se pressent que pour se mettre d'à-plomb. Quand elles se dilatent ou se séparent , c'est encore par une conséquence de cette même nécessité.

La transformation des substances, leur décomposition ou le passage d'un état à un autre, est la suite de la séparation, comme la séparation l'est du mouvement, et réciproquement. Cette série de causes et d'effets est indispeosable à l'œuvre. Si la matière compacte ou fluide reste au même point, si partout une masse en comprime une autre, tout est immobile, rien n'est possible.

La pression serait donc nulle sans le mouvement, comme le mouvement le serait sans un interstice ou un iBoyen d'élan. Pour frapper avec une masse, il faut un espace libre : tout le secret de la pression est là.

Nous avons vu que l'absence de pression, de même que cette pression absolue ou la densité complète , amènerait, avec Fimpossibilité du mouvement, celle de fonivre. Il est facile de comprendre qu'un corps qui se dilaterait indéfiniment, cesserait d'être un corps ou d'avoir une pesanteur à lui propre, car cette pesanteur n'est plus la sienne lorsqu'elle est répartie sur d'autres corps. Cet ^tat , en suspendant toute pression et conséquemmcnt toute contre-pression , arrêterait tout mouvement.

Pour rendre ceci intelligible , je le répète en d'autres termes : un corps n'exerce une pression, il ne pèse et ûe se meut que par son isolement des matières qui l'entourent , car s'il fait corps avec sa base , il n'est

pli» an corps lai-mémé. Mais sans feire eor|»s aveceef matières et dès-lors en conservant sa spédaltté, il n'a pourtant un poids ou un mouvement qu'autant que ces matières en ont uq elles-mêmes, et que par quelque point de contact avec elles, il peut, en étendant ce contact oa cette pression, f trouver un contre-poids.

€e contrepoids trouvé, l'équilibre est étabti, le moiH vement a cessé et avec lui la pesanteur. 0ès ce nuHnent, ce corps n'exerce plus de pression , parce qu'au lieo de peser sur ces matières , il pèse avec elle» : la masse b plus forte a absorbé la moindre. Ce corps cesse 4*en être un, il n'a plus de mouvement à lui.

L'équilibre n'est donc que la cessation du mouTemeit: cessation d'où résulte celle de la pression et de la pesanleir.

En voici encore un exemple:

Un corps dur d'un pied cube qui se dilate en vapear, peut remplir un «space de mille pieds et plus. Aiiaî dilaté, il n'a rien perdu de sa matière ni dès--lors de si pesanteur spécifique. S'il nous semble moins lourd êm la forme de vapeur , c'est que dans l'état compMt nous le portions tout entier sur une partie de nous, tandis que dans fétat de vapeur il pèse sur la totalité de notre corps et même sur tous les corps qui nous environnent, d'où il résulte que nous n'en supportons réellement que la moindre portion. L'équilibre, au lifH de porter sur un seul point, porte sur plusieurs.

Si la pression atmosphérique est aussi intense qu'on le suppose, elle n'est point directe ou perpendicularc; car si elle l'était , nous serions dans l'impossibilité d'agir. Il y aurait autour de nous un mur qui bods arrêterait. Cette pression est oblique ou horizontale : la propension qu'ont tous les corps à s'étendre horizontalement rindique. Mais cette propension doit être essentiellement mobile et variable.

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La pression atmosphérique n^âst qu'un effet d'équilibre omme toutes les autres pressions. C'est le fluide qui herche sa base et vient la trouver sur la terre, poussé li-ffiéme par une autre masse de fluide qui cherche aussi on point d'appui. Ne perdons pas de vue que rien, dans univers, ne se soutient sur rien. C'est ainsi qu'à l'aide i'aa contrepoids ou d'une pression réciproque, tous ks orps se maintiennent les uns par les autres. Quand me masse ou une portion de fluide est projeta en droite igné , fait toujours anormal , c'est qu'elle a perdu sa iression ou son équilibre. Le chaos n'était autre que la datation des atmosphèores ou le relâchement de la près-

iiOD.

Si la chute verticale des corps existe encore dans laelque région de l'espace , c'est à distance du monde vganisé et hors de la portée présente de la lumière ou lu premier effet de la pression ; car la lumière elle-ffiême, «tte lumière qui marche , est une pression : elle a sa lesanteur ou son impulsion.

 mesure qu'elle atteint les corps non éclairés ou qui mt cessé de l'être, cette lumière, en les pénétrant, les imollit et détermine la dilatation de leur écorce. C'est une cession qui en modifie une autre.

Ces parties dilatées , en s'étendant , s'arrondissent en uréole ou atmosphère, principe d'an contre-poids.

A mesure que cette atmosphère-contre-poids se conititne , le mouvement direct se ralentit , il commence à devenir oblique : preuve que la pression du fluide extérieur >git sur l'une de ses faces.

La dilatation de l'écorce continuant , l'atmosphère 'étend progressivement jusqu'à former un poids égal à > partie non dilatée. Alors l'équilibre est atteint. Ce ;lobe, soutenu par son atmo^hère, comme le serait tue balle de plomb entourée de liège, nage tout entier

dans le fluide éthér^ , dont la pression est répartie sur toutes ses faces; et son mouvement, au 'lieu d'être direct, est elliptique ou circulaire.

Si Ton nous demande pourquoi cette atmosphère ne s'étend pas indéfiniment dans Tespace , nous répondrons: que plus légère d'abord que le fluide éthéré, elle est successivement , par suite de la dilatation de Téeoree da globe , devenue plus lourde , et qu'elle doit être ainsi retenue par son poids sur le noyau de ce globe , contre lequel elle fait pression , pressée elle-même par Tatrao- *^ sphère des autres globes.

Ramenés l'un vers l'autre, ces globes tendent, d'ailleurs, non-seulement à se grouper , mais à se rapprocher, par groupe, d'un point central.

Voici comment :

Outre la pression réciproque des mondes on des atmosphères contenus les uns par les autres, il y a une pression vers un axe commun. C'est cette pression qui, dans son immense cercle, entoure toutes les planètes, tous les soleils , toutes les étoiles, et tend peu à peu à les agglomérer et à en former un seul et immense système.

Nous voyons donc que chaque globe est divisé en partie dense et en partie fluide ; que celle-ci l'entoure, comme la pulpe entoure le noyau ; que ce n'est pas le noyau qui tourne dans sa pulpe ou son atmosphère, mais cette atmosphère , pressée contre le noyau , qui tourne dans l'espace , contenue par les atmosphères des autres globes.

Toutes ces atmosphères se touchent : c'est un mnr contre un mur , une roue contre une roue ; mais une roue qui supporte la pression , une roue élastique. S'il n'en était pas ainsi, ou si les noyaux des globes dénudés de leurs atmosphères se trouvaient en contact immédiat,

ie cette pression sans intermédiaire il résulterait un ffet analogue à celui du frottement de deux meules, *est-à-dire le brisement de Tune ou l'usure de toutes es deux.

Les atmosphères des globes servent donc non-seulement I les soutenir , comme une vessie gonflée d'air soutient m corps sur Teau, mais à adoucir la pression et à la YQdre progressive. C'est une base, un point d'appui âastique , comme serait un matelas qui cède au poids sans en être affaissé.

Gonséquemment, si deux globes pouvaient s'approcher, ce n'est pas le choc du globe même ou de sa partie dense qui briserait l'autre , il serait brisé avant que les deux noyaux se touchassent, par la pression extrême des deux atmosphères se comprimant l'une par l'autre. Peut-être seraient-ils brisés tous deux , à moins qu'un vide ne survînt et ne laissât échapper la surabondance da fluide.

Mais la pression extrême, qui peut décomposer les globes , les recompose avec la même facilité. Dans ce vide ouvert , les matières se précipitant , se rencontrent au centre. Elles y sont retenues et comprimées par celles <iui les suivent. Sous cette pression, elles s'unissent, se condensent, et un nouveau monde est créé.

C'est ainsi que la terre elle-même a pu être formée des débris d'autres planètes : la nature peu homogène des ■ûatériaux de sa charpente l'annoncerait assez.

Toutes les agglomérations de matières , et jusqu'aux ^rps animés, se constituent de même. Mais la pression, notamment dans ces derniers, agit principalement, non ^ Textérieur au centre, mais du centre à l'extérieur. C'est une attraction d'une part, une pre^ion de l'autre.

C'est encore une cause analogue qui maintient l'équilibre relatif de ces mêmes corps mobiles. Une pression.

en les entourant, les aide à demeurer debout ou dns )t position perpendiculaire. Si cette pression ëtait iuvindbk, elle les rendrait immobiles. Grâce k râastidté du inide, elle est facile à vaincre. Tous nos mouvemens sont donc une contre-pression; et un geste, quel qu'il soit, ne peut s'exécnter qu'en relbulant le fluide qui pèse sur nous.

C'est, d'ailleurs, ce poids du fluide qui nous rctieit sur la terre. Si cette pression atmosphérique cessait, Iok les corps agissant sur la surface et la terre dile-mâae seraient projetés sur le soleil , comme la inné le serait sur la terre.

Pour indiquer tous les effets de la pression, il faudrait noa-seulement un long article , mais un gros lim. Nous bornerons donc là notre esquisse , en la résumant ainsi :

La pression, comme la pesanteur , n'est qu'une censé* quence de la mobilité de la matière. Elle cesse d'an possible là où le mouvement ne l'est plus. Ainsi, la densité absolue, ou l'équilibre complet, exclut à la fois le mouvement, la pression et la pesanteur. Leur absence est l'immobilité.

Voyez : Poids.

CONFESSEUR. Au Pérou , les confesseurs , dam certains cas , bétonnent leurs pénitens dans l'église. C'est une manière un peu vi^e de leur ouvrir le paradis. Qu'importe! si la recette les y conduit, elle est boone.

On s'est fort disputé sur l'utilité ou le danger de It confession auriculaire. Laissant la question théologiqiKt qui n'est pas de mon ressort, je dirai que la confession, bonne en principe, peut avoir, à l'application, son M faible , parce que tous les confesseurs ne sont pas des

pôtres et pas davantage des casuistes. Au total , ici le lien remporte sur le mal; et si la confession ne pré* ieat pas tous les crimes , elle sauve beaucoup de rimineJs du désespoir et peut-être de la récidive.

U y avait autrefois , dans tous les Etats catholiques , 10 confesseur du roi. Dans quelques-uns , il y en a Dcure. Etrange fonction ! Le confesseur ne confesse pas e roi, ou s'il le confesse, il est le roi véritable.

Qu'un roi aille à confesse, je le conçois, puisque c'est a religion : c'est un devoir qu'il remplit* Alors il doit

aller , non comme roi , mais comme paroissien : par «nséquent, il n'a pas besoin d'un confesseur à lui. l est même utile qu'il n'en ait pas et qu'il se confesse icognito au premier prêtre qui sera au confessionnal.

Il est de fait que les confesseurs des rois ont, en lénéral , fait du mal aux peuples , aux rois et même à a religion , soit par une sévérité excessive et inopporune, soit par un relâchement et une facilité qui n'ont pas ité à l'avantage de la morale. En outre, ils ont voulu rop souvent gouverner à la fois le roi et le royaume.

k ne doute pas que les intentions de la plupart de X8 confesseurs de rois n'aient été bonnes; mais ils ne voyaient les affaires qu'à travers leur robe , et presque ^urs ils les voyaient mal. Aussi , l'histoire nous iontre que les Etats les plus mal gouvernés , l'ont été Nir la camahlla et le confessionnal.

Les jésuites étaient surtout friands de la charge de confesseur de rois. Je le conçois, chacun veut illustrer sa t)be. Le choix du confesseur à donner à tel ou tel souittiin était soigneusement discuté entre les che£s de ordre. C'était plus qu'une couronne qu'on octroyait a éla : il régnait sans responsabilité aucune.

Les rivalités et les haines qu'ont fait naître entre les ivers ordres religieux l'ambition de confesser le sou*

verain et de se supplanter dans sa confiance, a- donné Kea à des conflits fameux et à de longs scandales.

Aujourd'hui , les confesseurs des rois sont beauconp moins en vue, et s'ils les dirigent, on n'en sait rien on l'on n'en parle pas.

La confession a ses amatenrs passionnés :' il est des dévotes qui tiennent régulièrement leur curé une heure par semaine au confessionnal, pour lui conter les péchés qu'elles ne font pas. Si ces femmes étaient assez riches, elles paieraient un confesseur pour leur usage exchisif et seraient en confession permanente.

J'ai connu un vieux prêtre Bas-Breton, saint homoie s'il en fut et la charité même , car il distribuait aox pauvres son patrimoine et jusqu'à son mince traiteineot; mais aussi vif et colérique qu'il était humain , il aTait en horreur les longues confessions ; et quand elles doraient plus d'un quart d'heure, quelque fût le pénitent ou la pénitente, il le laissait là et s'en allait.

Parfois même il le jetait à la porte du confessionnal ou de l'église, et lui donnait l'absolution en l'envoyant au diable.

Quelques hommes connus ont eu aussi la manie delà confession perpétuelle. Le roi d'Espagne, Charles IV, avait la passion des montres, de la musique et des confesseurs. 11 pouvait si peu se passer du sien , qu'il le tenait toujours dans son antichambre. Quand il croyait eo avoir besoin, il le sifflait comme un chien. Le confesseur accourait; le roi se levait, allait dans l'embrasure d'une croisée lui débiter son cas , recevait l'absolution et le renvoyait attendre un nouveau coup de sifflet.

L'excellent monarque était de bonne foi. Il n'y avait de sa part ni grimace, ni hypocrisie. La peur de l'enfer ne le talonnait même pas trop : il cédait à l'habitude, aux idées de son enfance, dont il avait conservé la naïveté et l'innocence.

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