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puissance ; car , ne vous y trompez pas , en dehors de la forme la yie est inerte , Famé sommeille : elle oonserire la facullé de renouveler cette forme , d'en créer une autre , nais non d'agir sans elle. L'intelligence en dehors de la matière n'a d'action que sur l'intelligence et par l'intelligence.
Si cette f&rme n'avait dû vivre qu'un instant et vivre impuissante, si elle ne pouvait se renouveler, à quelle chose aurait-elle servi? Quoi! ce corps humain si complliqué, ce mécanisme si admirable aurait été fait pour durer quelques années, quelques jours, puis tomber sans pouvoir renaître! Autant croire que l'a me meurt avec Ini, et qu'avec la nouvelle forme naît une nouvelle ame. Mais que serait ceci, sinon encore du matérialisme ou la complète annulation de l'ame? Et quel individu raisonnable peut être matérialiste?
En supposant que cet individu existe, toujours faut-il qu'il soit conséquent dans sa croyance. Or, si toutes les aoies, comme toutes les formes , sont condamnées à une fin semblable, pourquoi un commencement si différent? Pourquoi cette inégalité de développement et d'action? Pourquoi cette dissemblance de forme, de force et d'intelligence?
Si la progression n'atteint que la forme, si la puissance créatrice n'a en vue que la perfection de la figure, je demanderai alors: comment y en a-t-il tant d'imparfaites? L'action créatrice est donc impuissante ou maladroite ? Elle fait comme ce statuaire insensé chargé d'ériger une statue : prenant un bloc de marbre , il le dégrossit et puis le brise. 11 prend un second bloc , il l'ébauche un peu plus, achète la tête, puis il le brise encore. 11 en prend un troisième , il lui fait de plus an bras , et le met aussi en poussière. 11 en prend un quatrième qu'il détruit de même, et toujours ainsi jusqu'à
ce quMl ait feibriqué une statue complète; et lorsque celle-ci est terminée et qu'il est content de son œuvre , il la brise comme les autres. Il n'est personne qui ne dise à ce statuaire qu'il a doublé et quadruplé la besogne, et qu'en déGnitive il a travaillé inutilement.
Au lieu de tant d'ébauebes sans résultat et de tant de brisures inutiles, n'est-il pas plus sensé de voir les choses telles qu'elles sont, et de reconnaître une croîœance insensible , sans cboc , mais sans entrave , sans prodige , mais sans chute; de voir, dans l'être simple, le commencement de l'être compliqué, et dans toutes les espèces, dans tous les individus de ces espèces, une forme, on état, une position, un acheminement pour arriver à une position plus élevée? En un mot, n'est-il pas plus naturel de croire que renchaînement des formes et leur rapport progressif existant matériellement, existent aussi moralement , parce que la cause morale précède toujours la cause physique , si on peut appeler cause ce qui n'est jamais qu'un effet?
Remarquez que cet enchaînement de formes résulte de fait de l'immortalité de l'ame ou de l'éternité de sa faculté d'action ; car que serait cette immortalité si l'ame, éternellement inerte, était incapable d'action? Or, cette puissance d'action ne peut lui venir que par son union à la matière , et l'on no saurait croire que cette faculté d'incarnation de Tame ou de création de la forme , se borne à une seule vie et à une vie de quelques années, pondant laquelle il se peut même qu'elle n'ait pas été libre.
Ensuite, cette égalité de partage, cette liberté d'être n'est-elle pas plus d'accord avec la nature, la justice, la majesté de Dieu? N'est-elle pas confirmée par le témoignage de nos sens, de nos yeux, de notre raison? N'estil pas plus satisfaisant pour cet orgueil de l'homme, plos
glorieax pour loi de savoir qu'il est arrivé à cet état d'intelligence par ses propres efforts et par le bon usage qu'il a fait de la liberté et des facultés que lui a données le Créateur, et que c'est encore par ces mêmes moyens qu'il se maintient où il est, afin d'arriver plus haut?
D'ailleurs, s'il a cette prétention, s'il aspire à un état plus élevé et plus heureux, il faut bien qu'il croie à une infériorité précédente. S'il a toujours été ce qu'il est, pourquoi deviendrait-il plus qu'il n'est? Evidemment , s'il n'y a rien en en-deçà de lui, il n'y a rien au-delà : Pnn est la conséquence de l'autre. Sa garantie d'avenir est donc l'existence d'un passé.
Quant à la position des autres créatures, si on les isole, que sera-t-elle, que pourrait-elle être? Si l'animal ne partage pas le sort de l'homme avant ou après, où seront sa place, sa fin, son emploi dans la création? Il ne serait ni œuvre, ni ébauche, ni esprit, ni matière, ni commencement, ni fin. Que serait-il* donc?
Ou il a une ame, ou il n'en a pas. Or, il en a une, puisqu'il vit et pense.
Cette ame est-elle destructible? Non, car la vie ne peut jamais devenir la mort ; et cette essence vitale , cette essence analogue au principe divin, ne périt pas.
Si elle n'est pas périssable , que deviendra-t-elle ? Partagera-t-elle l'avenir de l'homme? Ou dans son immortalité spéciale, ne doit-elle qu'immortaliser la forme? Mais en cela même elle n'atteindrait pas le but, car la forme est sujette à mille variations, et nous voyons tous les jours des types de formes qui disparaissent. Les bancs diluviens en présentent bien des exemples.
Si les animaux n'étaient destinés qu'à reproduire des êtres semblables à eux , pourquoi auraient-ils d'autres sensations possibles que celle de cette reproduction ? Créés à cette fin, ils n'auraient d'instinct que pour cette
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fin ou ce qui y mène. Pourquoi seraient-ils susceptibles d'espoir, puisqu'ils n'auraient pas d'avenir? Pourquoi le souvenir? Pourquoi la sensibilité? Pourquoi U douleur? Quoi ! après une vie de craintes, de d^irs, d'aagoisses, de souffrances, ils mourraient tout entiers! Dieu pourrait donc imposer la soc^rance pour la soufl&anoe! Mais ce serait absurde, ce serait atroœ. Aussi cda n'estnl pas : le mal ne peut pas exister pour le maà. La doulev est une expiation ou une transition , et dans tous les cas, une chose utile à l'être qui y est soumis. Elle est chez tous la voie du progrès et du renouvellemeot des facultés. Sans elle la vie serait on assoupissement ou une inârmité continuelle.
Dieu, ne l'oublions pas, est le principe de tout bien, de toute équité. Sa bonté s'étend sur toutes les créatures , faibles ou fortes. 11 les juge d'après leurs œuvres et les laisse se poser selon leur mérite.
Il n'est pas plus juste que la brute reste toiQ^Nirs brute , que l'homme reste toujours homme. Si la brute a la vie, elle a une ame. Si elle a une ame, elle a uo avenir. Cet avenir ne peut pas être le même que celui de l'homme, puisqu'elle est bien au-dessous de l'homme. Son avenir est donc de devenir homme , comme celui de l'homme est de devenir ange eu élu. Dire que la brute n'a pas d'avenir, c'est donner à croire que l'homme n'en a pas.
Que l'état de l'être reste fixe, qu'une forme ne puisse pas conduire à une autre forme, enfin qu'il n'y ait daos la matière que des catégories séparées par des barrières infranchissables, à l'instant la création s'arrête, et dans ce cercle de plomb tout est stagnant, tout est mort.
Alors Dieu n'est plus qu'une ombre : sa puissance se brise contre cette immobifité des créatures. Enfermé dans son apogée , enchaîué à sa perfection même , il n'a plus
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d'action possible que le monyement rétrograde ; car s'il ne progresse pas, il faut qu'il reste en place ou qu'il recule.
Vous le Yoyez : supprimez le mouvement ascendant de la TÎe ou cette progression éternelle dont la Divinité est h tête, vous tombez dans un matérialisme véritable ou une croyance pire que l'athéisme même , puisqu'elle vous offre un Dieu dans la période décroissante de son œuyre et la création luttant contre la décrépitude, sans restauration possible.
Encore une fois, ceci ne se peut Si le propre de la matière est d'être stagnante, celui de l'ame est de croître et de s*éleyer. Quelque haut que soit un être, il peut monter encore, il peut monter toujours. Quelque bas qu'il soit, il peut monter aussi et retrouver, par des vertus, tout ce qu'il a perdu par ses vices, car Dieu n'abandonne jamais celui qui espère en lui.
Nous le répétons donc en toute conviction : il n'y a qu'une seule et même nature d'ame. dans l'univers , qu'une seule essence de vie, dont toutes les formes sont les divers âges, les divers degrés de puissance et de volonté. Tout ce qui existe sur la terre ou dans les cieux esl une même famille dont les droits sont égaux et que Dieu , père de tout ce qui vit , pèse dans une même balance.
€R01X D'HONNEUR {Juillet 1848). C'est le papiermonnaie de la gloire. Alors, pourquoi le démonétiser?
Depuis que mon gamin a la croix, disait une honnête portière, je n'en puis plus rien faire.
C'est qu'en effet la dite croix est le plus mauvais présent qu'on ait pu faire au gamin; il aurait mieux valu l'envoyer à l'école avec une tartine et lui faire apprendre à lire.
— Il fut brave, me répondra-t-on. — La belle chose! Tous les gamins le sont. — Il fut fidèle à rhonneur. — A rhonneur? Y songez-vous? Lui gamin ! Est-ce qu'il sait ce que c^est que Thonneur? — Mais il a défendu l'ordre public. — Voulez- vous donc me faire pouffer? Défendre Tordre public, un gamin ! Le gamin a horreur de Tordre public et même de Tordre particuHer , autrement il ne serait plus gamin : c'est à cela même qu'on le reconnaît; c'est le signe caractéristique de son espèce.
Laissons ceci, puisque c'est chose faite : il est gamin, il a la croix ; il ne s'agit pas de savoir pourquoi il Fa, mais bien de voir ce qu'il en fera , on si vous aimez mieux, ce que cette croix fera de lui.
D'abord elle fera, ou plutôt elle a fait qu'il dédaigne monsieur son père le savetier et madame sa mère b portière, et qu'il vit très-mal avec monsieur son frère, le voyou qui, tout cadet qu'il est , prétend être Tainé , parce qu'il est plus grand d'un pouce et plus méchant d'une toise.
Il en résultera encore qu'il ne voudra ou qu'il ne pourra plus faire tel ou tel métier qui Taurait honnêtement conduit à Taisance. Qu'aura>t-il donc gagné à son ruban ? D'être toute sa vie un paresseux et peut-être un imbécile.
— Il se fera soldat, direz-vous; ce sont les qualités requises. — Je n'en disconviens pas , mais il a quatre pieds de haut et il est bâti comme un Z. — II grandira, il se redressera. — Je le souhaite; mais eût-il six pieds et devînt-il droit comme un I, Tarmée ne lui ofiTrira pas plus d'avenir que le reste. Rappelez-vous les décorés de Juillet et Tagrément qu'ils ont trouvé dans nos camps et nos garnisons. Hélas! c'est que les décorations, les titres, les signes distinctifs et commémoratifs, quels qu'ils soient , ne devraient jamais être donnés en récompense