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même la rérolte par .son parfum de tabagie , par son haleine d'ivrogne.

S'il n'en est pas toujoars ainsi , s'il est de bons ménages même dans la boue , c'est que l'habitude émoussc la nature , car la nature n'aime que ce qui est propre 6t net.

Qne ne prenons-nous les animaux pour modèle : dans rétat de liberté, ils ne sont jamais dégoûtans. L'oiseau se pare pour sa femelle, comme die s'embellit pour lui.

Le quadrupède aussi, surtout à l'époque des amours^ se baigne et s'approprie : on le voit fréquemment lisser sa fourrure. Tous, sans exception, ont horreur des émanations qni s'échappent de leurs déjections. Le pourceau lui-même, s'il n'était pas enfermé, ne souffrirait jamais d'ordure dans son étable; et rendu à la vie sauvage, il est aussi propre que toute autre béte.

Si Ton reproche au buffle de se plaire dans la fange, c'est qu'on n'a pas approfondi les faits. Le buffle aime à se plonger dans les mares, les étangs bourbeux, mais c'est pour y chercher la fraîcheur et se préserver de la piqûre des taons. Celte eau vaseuse n'est pas de la fenge, et si l'étang était un égoût ou un réceptacle d'immondices, le buffle se garderait bien d'en approcher. Enfin, il n'est aucun animal qui veuille être dégoûtant, et quand il s'aperçoit qu'il l'est, il s'empresse de se débarrasser de sa souillure.

Ne craignez pas que votre chat se présente à vous et Tienne solliciter une caresse quand il est malpropre : c'est à peine s'il vous approchera si vous l'êtes vousmême, tant il craint que vous ne lui communiquiez vos taches et votre odeur.

Faites sortir votre cheval de l'écurie couvert de crotte et montez-le ainsi, vous verrez s'il piaffera, s'il lèvera la tête.

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Votre serin chante-t-il quand son plumage est souillé ou seulement sa cage? Non, il ne vent pas même manger, et la tristesse que lui inspire la saleté est si grande, quMl en mourra si elle continue.

Elle irrite certains animaux. Ce qui rend les chieos ennemis des mendians , des corroyeurs , des marchands de peaux , c'est leur mauvaise odeur. Cette mauvaise odeur e'carte , dit-on , de nos vergers , les petits oiseaux voleurs. Mettez dans vos cerisiers des débris de poissons ou de crustacés en dissolution , les moineaux ne se soucieront plus de vos cerises.

Il est d'autres animaux que ce méphitisme condnità la stupidité. J'ai lu qu'un tigre, long -temps chassé inutilement , s'étant , par hasard , frotté contre un arbre couvert d'excrémens, et ne pouvant s'en débarrasser, s'était laissé tuer sans même essayer de se défendre.

Tous les reptiles , même ceux que nous nommons hideux et dégoûtans, sont d'une propreté minutieuse. Ds ne souffrent sur eux aucune souillure , ils ont un dégoût prononcé pour les chairs puantes et corrompues , el ils ne se nourrissent que de proies vivantes.

L'homme , le roi des animaux , est un type unique sous ce rapport, c'est-à-dire qu'il est le seul des êtres terrestres qui ne soit pas propre. Il règne avec une couronne d'ordure.

Or , ceci est un grand mal , et la mortalité qui en résulte en est un plus grand. Cependant, qu'un moraliste, qu'un député , qu'un préfet aille proposer une mesure législative pour la répression de la malpropreté et une peine contre les individus qui la propagent par leur insouciance ou leur entêtement , le public n'aura pas assez de rires et les journaux assez d'épigrammes pour le stigmatiser. Trop heureux s'ils ne demandent pas qu'on l'enferme comme fou.

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DELIT. Dans notre civilisation , il est beaucoup de délits et même de vrais crimes que nul ne se reproche, parce qu'ils se fabriquent à peu près comme les épingles : l'un étire le laiton; Fautre le coupe; un troisième fait le corps de l'épingle; un quatrième la tête; un cinquième la pointe; un sixième réunit le tout; un septième le polit , etc. L'épingle est faite , tout le monde y a mis la main, et personne n'en est l'auteur.

C'est aussi ce qui met en repos la conscience de tant de gens. Un crime a été commis, sans doute, mais en sont-ils coupables? Non , car ils n'y sont que pour un cinquième ou un sixième au plus. Il est bien vrai qu'ils ont tenu les oreilles du patient tandis qu'on regorgeait, mais on l'aurait égorgé de même quand on ne les aurait pas tenues ; et prendre un homme aux oreilles ne le fait pas mourir. On les lui a peut-être tirées un peu fort; mais quel tort ceci encore a-t-il pu lui faire? Il ne le sentait pas, puisqu'on lui coupait la gorge.

Celui qui la lui a coupée dit : est-ce ma faute, à moi ? Est-ce que je lui en voulais, à cet homme? Est-ce moi qui l'ai été chercher? Si j'ai fait le malheur, je ne comptais pas le faire. D'ailleurs, si ce n'était moi, c'eût été un autre. Donc celui qui l'a amené ici est la cause de tout.

Celui qui l'a amené dit : ce n'est pas pour cela que je l'amenais; il s'agissait de lui faire peur. Mais le tuer, quelle horreur! J'ai toujours dit que je m'y opposais. Tout ceci m'est donc étranger.

Heureusement , ces cas de cour d'assises sont rares ; mais il en est qui le sont moins, sans être beaucoup plus honnêtes, et auxquels pourtant les plus scrupuleux ne se font faute de prendre part.

Par exemple : on a un fils , un neveu , un cousin , ivrogne, libertin, fripon, joueur, brutal, et qui, fléau de

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sa famille y sera certainement le bourreau de la femme qn'il épousera. De ceci nul ne doute, et le père, la mère , Toncle ou le cousin , moi us que qui que ce soit ; et pourtant oe père , cette mère , cet onde , ce cousin, cherchent une victime pour oe bourreau. Quand ils l'ont trouvée , quand iJs ont aperçu une jeune fille pure , belle , riche , douce et pieuse , et qui , dans son innocence , ne peut pas même soupçonner le mal , c'est elle sur laquelle ils jetteront leur dévolu, notamment si elle est orpheline , parce qu'alors elle est sans défense.

Il n'est pas de ruse , de mensonge , pa$ de fripunoerie qui ne soient mis en jeu pour tromper l'infortonée ou sa famille et pour empêcher que la vérité n'arrire jiUsqu'à elle. Chose incroyable ! c'est que vous trouvez mille gens disposés à vous y aider ; et si vous les consultez sur le coquin à marier , eux qui ne lui confieraient ni leor bourse, ni leur chien, ne vous dissuaderont pas de ki donner votre fille. Ils feront mieux , ils ne négb'geroBt rien pour vous y déterminer.

Puis quand , quelques années après , la malheureuse épouse sera morte de douleur ou peut-être île mauvais traitemens, ces gens-là s'en laveront les mains en disant: « Est-ce ma faute? J'ai aidé cette brute a se marier, mais non à tuer sa femme. Sans doute , il était bien probable que cela arriverait, mais je ue le lui ai pas conseillé. D'ailleurs, ce n'est pas moi qui eus la première idée de ce mariage , et vingt autres y ont contribué plus que moi. »

S'agit-il d'une spéculation douteuse, disons même malhonnête , alors chacun veut en tirer son épingle , sans en avoir fait ni la tête ni la (tointe. Il est bien évident qu'elle ne s'est pas faite toute seule ; et celui qui l'a piquée sur sa manche devrait , plus que personne , être certain qu'elle n'y a pas sauté d'elle^-même, et pourUBt

c'est ce qu'il voudrait se persuade)* et persuader aux antres. Il prétend à la fois profiter de la piqûre et n'âtre pas le piquent. « La mine de cet homme était immanquable, se dira-t*il; sa fortune était perdue, et puisque quelqu'un devait en hériter, autant moi qu'un autre. On prétœdra que j'avais intérêt à le jeter dans cette mauvaise voie, que je l'ai mal conseillé ; mais pourquoi a-t-il suivi mes conseils : je les croyais bons. D'ailleurs , je lui ai laissé de quoi vivre (cent écus de rente viagère), et certes, un autre n'aurait pas été si délicat. »

Si l'on raisonne ainsi qnand il s'agit d'argent, qu'estce donc qnand il est question de place? Il y en a une qui vous convient, mais elle est occupée. Celui qui l'a depuis vingt ans la gère bien : c'est un honnête homme , personne n'en doute. Mais son opinion, quelle est-elle? Son vote, que sera-t-il? Cet homme ne met-il pas la France ea danger? L'honnonr du pays avant tout!

La conscience ainsi plastronnée , et fort de votre dévouement à la patrie, vous lui volerez consciencieusement sa place. Dénonciation, mensonge, calomnie, tout vous semblera bon, car ce n'est pas assez que d'avoir remploi, il faut pouvoir le garder. Vous tuez donc l'homme par précaution , et après avoir mis sa famille à l'aumône , vous le mettez, lui, au ban de la société.

Bst-il un seul de vos parens , de vos amis qui vous fasse ici la moindre objection , le plus petit reproche ? Bien nu contraire, tous vous soutiendront des pieds et des mains dans votre œuvre de spoliation, si toutefois ifs n'espèrent pas obtenir la chose pour eux-mêmes ; car les places, aux yeux de certaines gens, sont comme les cha^ taignos en Bretagne, qui appartiennent do droit à qui peut les voler, dût-il, en les gaulant, casser la tête au propriétaire.

Telles sont les mœurs nationales. Nous crions après

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les sacrifices humains de l'Inde et de l'Afrique, nous réprouvons Tesclavage, et nous avons à Paris vingt mille malheureuses enregistrées à la police et offertes en sacrifice au public, c'est-à-dire aux loups et aux hiènes, qui en consomment par année en sévices, en excès, en maladies, un bon quart ou cinq mille au moins. C'est vingt fois plus qu'on ne brûle annuellement de veuves dans rindoustan; et pourtant à ces sacrifices de jeunes et belles filles, tout le monde aussi travaille de son mieux: les uns eu les séduisant, puis en les abandonnant; les autres sans les séduire, il est vrai, mais sans faire an pas, sans vouloir dépenser même un franc pour empêcher qu'elles ne le soient ; en les jetant à la porte , pauvres servantes, pauvres ouvrières, pour le motif le plus frivole, et en les laissant ainsi dans la rue sans pain, sans asile, pour y devenir la proie du premier venu.

Je connais telle dévote qui , par ses exigences , ses caprices et ses mauvais traitemens, même par la retenue injuste de leur salaire , a envoyé plus de malheureuses à la prostitution que la plus habile entremetteuse ; et ceci sans remords, sans y voir le plus mince péché; et, chose étrange, sans que son confesseur lui-même en aperçût.

Au fait, on a une servante parce qu'on en veut une; ou la cliasse, parce qu'on n'en veut plus. Qu'elle souffre, qu'elle meure, qu'elle se damne, c'est son affaire et non la nôtre, et nous en chasserons vingt par an.

Nous ferons plus , nous empêcherons qu'elles ne se placent ailleurs; nous leur refuserons un certificat et nous en dirons du mal. Et ce sont de pauvres filles que nous aurons, par de belles promesses, arrachées à leur village, à leur famille, à leur état. Et nous sommes honnête! et nous sommes charitable! et nous sommes dévot!!! Mais c'est l'usage , et en ceci encore , tout le monde vous viendra en aide.

Nous n'en finirions pas, si nous voulions passer en revue tous les délits, notamment ceux qui se commettent en commandite ou par société anonyme , car nous arriverions ainsi aux actions , aux gérans , aux compagnies , aux prête-noms, enfin à tous les fripons et à toutes les friponneries dont les journaux , leurs réclames et leurs bulletins d'annonces sont , à tant la ligne , les glorieux soutiens et les ardens missionnaires.

Mais ici encore , chacun se dit en tenant l'échelle au voleur et en empochant la bourse qu'il nous jette : ce n'est pas moi qui l'ai volée, c'est lui qui me l'a donnée.

DEMAIN. A demain, tel est le moyen de n'en jamais finir, et pourtant tel est le système du plus grand nombre. Il est des hommes qui ont dit: à demain tous les jours de leur vie , et qui le disent encore à l'heure de leur mort. Or , ce qu'ils ont remis ainsi de jour en jour est probablement ce qu'ils auraient fait en une heure , en moins, peut-être, et ils ont employé des mois, des années à se disputer avec eux-mêmes et à se donner les plus mauvaises raisons, pour ne pas le faire à l'instant. C'est cette porte qui crie et fait dire dix fois par jour à celui dont elle écorche les oreilles : j'y mettrai une goutte d'huile» Il y a quarante ans que cela dure, et s'il en vit quarante encore, cela en durera quarante de plus, parce qu'il n'y a aucune raison pour vouloir faire demain ce qu'on n'a pas fait aujourd'hui. Si Dieu, quand il voulut créer le monde, avait dit: à demain, le monde serait encore à faire.

Si vous m'en croyez, ne remettez pas à plus tard ce que vous devez exécuter à l'instant. S'il s'agit d'une chose juste, ne dites jamais : je ne puis pas ; car si elle est juste, c'est qu'elle est possible.

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