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DEMI-MORT. Que nous puissions mourir à moitié, une telle assertion va paraître absurde au premier ooap d'œil; mais au second, elle le semblera moins: il suffit de voir ce qui est. L'ame n'est pas tellement unie à la fonne qu'elle ne puisse en sortir jusqu'à certain point; et si un membre on une portion du corps peut abandonaer l'ame, on ne s'explique pas pourquoi l'ame ne pourrait pas partiellement sortir du corps, avec cette différenoe, toutefois , que l'ame étant indivisible , les portions qui s'écartent de leur centre ou de leur base vitale y retournent toujours, tandis que le membre séparé du tronc ne peut pas y être réuni.
Quant à la séparation partielle et momentanée de l'ame d'avec le corps , elle est positive à mes yeux : tel est l'effet de l'évanouissement et du sommeil léthargique. Un engourdissement, un choc, une blessure, une souffrance peut contraindre l'ame à se jeter hors dev l'enveloppe, soit spontanément, soit peu à peu.
L'atonie qui suit une grande effervescence, la fièvre, l'ivresse , la folie , me semblent être un effet analogue : l'ame dilatée est en partie hors du corps.
Dans la vieillesse, quelle serait la cause de l'affaiblissement des organes ou de la décrépitude et de Timpuissance, si ce n'était encore la séparation partielle de rame d'avec la forme? La vie du vieillard , moins bien unie à son enveloppe qu'elle ne l'était dans sa jeunesse, n'a plus la même puissance d'application : la dissolution commence. La portion d'élémens dont l'ame s'est emparée s'affaisse par son propre poids et retombe vers la masse.
Ceci a lieu , parce que cette amc se portant en dehors à la recherche d'une nouvelle matière, ne concentre plus ses efforts pour animer l'ancienne , pour empêcher ses molécules de se disjoindre. Bref, l'attraction vitale n'est
plos enitripète , elle devient centrifuge, elle se dilate et sVtend.
C'est alors que la forme, affaiblie et tombée annlessous de la faculté sensitive oa agissante de Tame, bien loin de la senrir, la gène et Tarrête : il' lui faut un autre corps. Mais avant de le produire , il est nécessaire qu'elle se débarrasse du vieux , ou de celui qu'elle ne peut plus utiliser.
Ainsi, la mort du corps est amenée par Taffaiblissement successif des facilités de la vie , causé par l'interruption de communication avec les élémens ou par la dilatation de Ta me dans ces élémens, ou bien encore par une secousse qui suspend ou arrête Faction des organes. La mort canséc par la vieillesse est le premier cas; la mort causée par un accident est le second. Mais dans Tone comme dans Tautrc circonstance, la séparation définitive de l'esprit d'avec la matière peut être précédée par des séparations partielles et momentanées : séparations qui, souvent, sont telles que l'ame ne tient pins au corps que par un point qui échappe à toutes les investigations, même à celles de la science. 11 est telle léthargie qui laisse l'homme dans une insensibilité presque totale. Son corps n'est plus susceptible de douleur, sauf sur ce point interne , si peu perceptible que les yeux humains , aidés de tous les instrumens de la science, n'ont pu encore découvrir son siège ni même en déterminer la position.
De là tant d'individus enterrés vivans et se réveillant pour mourir, peut-être dans toute la puissance de la vie, car pour peu que Famé tienne au corps , elle peut le ranimer tout entier; et nous en voyons journellement des exemples. Dans ces êtres arracha à une mort qui semblait certaine, il ne restait qu'un souffle , mais dans ce souffle était encore, sinon la pensée et la volonté, du moins la feculté; car s'il y avait eu cessation de la vie,
ne fût-ce que pendant une seconde, Tétre qui renaîtrait serait uu autre être n'ayant absolument rien de commun avec le premier.
Etablissons donc ici ce que nous appelons deminnort: c'est le corps qui meurt à moitié avant de mourir tout entier. Dans ce cas, comme dans Tautre , Tame ne meurt dans aucune de ses parties. Elle peut sommeiller et s'a£faiblir jusqu'à une insensibilité presque complète; mais immortelle dans sou iudividualité, toujours elle vit dans son intégralité.
Voyez : Décroissance, progression.
DENSITÉ, FLUIBITÉ. U matière, en passant de la densité à la fluidité, ou vice-versà, change de forme et de position , mais non de nature. Ses molécules , base première de toute substance, sont inaltérables. Si, dans chacun de ces deux états, elles ont une apparence différente, c'est qu'il y a plus ou moins de jeu eutr'elles par suite du resserrement du vide qu'elles contiennent; ou bien c'est qu'elles flottent dans une matière plus ou moins fluide, plus ou moins abondante.
Cette abondance même ne sufûrait pas : quand une matière se mélange à une autre , il faut qu'elle trouve place entre ses interstices. Alors ses interstices sont ie vide ou une substance compressible qui, dès-lors, a aussi ses vides. Aucun mélange de substance , aucune union de corps ne peut s'effectuer sans mouvement, et il n'y a pas de mouvement sans un espace libre. On conçoit qu'un corps dense puisse fonctionner dans celui qui l'est moins, parce qu'il en déplace, refoule ou cooiprime les parties , mais on ne comprend pas que ce corps moins dense puisse lui-même se mouvoir s'il ne rencontre pas le vide ou une matière plus légère, plus
dilatée que lui-même, et sur laquelle il a la même action que le premier corps a eue sur lui. Bref, pour admettre le mouvement de la matière , il faut concevoir que la matière est compressible et qu'elle a des vides en elle, ou bien quMl existe dans la région matérielle un espace pouvant servir de récipient et de lieu de refuge à Télément déplacé.
Pour appuyer ceci par un exemple , nous disons : les molécules sont moins écartées dans l'eau à Tétat liquide que dans Teau en vapeur , mais elles le sont plus dans l'eau glacée que dans l'eau liquide. 11 faut donc, pour chacune de ces transformations, plus ou moins d'espace; et l'eau, en s'étendant, prend cet espace sur le vide ou sur une substance qu'elle comprime ou qu'elle déplace, comme celle-ci, à son tour, en comprime ou en déplace une autre.
Rien n'est donc mobile et divisible qu'à l'aide du vide ou d'une matière autre que celle à diviser. Toute modification d'élément a lieu par Tintroduction d'un élément dans un autre ou par la séparation de chaque partie : séparation plus ou moins facile, selon la position ou selon la nature des substances. Il est des fluides dont les parties se réunissent , quelqu'e£fort que l'on fasse pour les tenir séparées, comme il en est qui pénètrent les corps partout où ils se trouvent en contact , parce que leurs molécules sont si tenues qu'il n'est point d'élément dont les interstices ne puissent les recevoir.
Ce ne sont pas toujours les corps les plus durs qui sont les moins dilatés. Nous venons de voir que l'eau glacée tient plus de place que l'eau liquide , probablement parce que la congélation a fait gonfler les molécules aqueuses et étendu le vide qui est en elle, ou bien qu'une autre substance a pénétré entre ces molécules.
C'est toujours par le gonflement des molécules ou par
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l'iatroduction d'une autre sabstance entre ce» laoléailcs, qifuB s'opère la dilatation d'un corps. C'est par leur resserrement et rcxpqlsion de la substance introduite ou sa condensation, que ce corps retourne à sa forme première.
11 ne faut pas confondre avec la dilatation d'un corp» la séparation des parties , bien qu'elle ait ordinairewiit lieu par suite de celte dilatation. Les molécules intérieures, en se gonflant , feront éclater renveloppe et parfois la masse entière, sans que les molécules de cette euTeloppe se soient elles-mêmes dilatées.
La pression et le choc divisent aussi un corps avant que les molécules soient mises en jnouvement o« en fermentation; mais cettQ pulv^'risatioo aide m ce monvemeut ou a cette fernaentation qui n'est que le gonfleoMQt des molécules.
La séparation des parties peut encore avoir lieu sans choc et seulement par Fintroduction, entre les moléenles, d'autres molécules qui s'y tassent et s'y gonflent, et qui y pratiquent une pression intérieure plus forte que la pression extérieure.
Le mouvement ou l'introduction subite d'un courant de matière dans une masse sufât pour la diviser. C'est p^r uue opération analogue que nous parvenons à entamer les corps durs. Si le marteau fend la pierre , c'est encore par l'irruption d'une matière dans une autre: seulement le poids de cette matière s'est accru de toute la pesanteur du choc, et l'introduction a eu lien sans qu'un vide préalable en ait facilité la voie. Ici, c'est l'absence de ce vide relatif ou absolu et d'une transition progressive de l'immobilité au mouvement, qui a produit la rupture.
Cette rupture est-elle uue dissolution ? Non , si les molécules de chaque fragment sont restées immobiles;
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mais elle a préparé cette dissolution : une matière broyëa est biea pltis facile à fondre et à vaporiser que celle qui est en masse. La dilatation peut ain^ être la conséquence de la division des parties ; et dans tous les cas , si la niatière est divisible, soit par le choc, soit par l'intro-» duction progressive ou le mélange d'une autre matière, c*est toujours parce qu'il existe en elle des vides relatife ou absolus, et que ces vides sont plus ou moins ouverts ou susceptibles de recevoir d'autres corps ou d'autres molécules.
S'il existait une matière repoussant toutes les autres, ce qui arriverait si elle était complètement dense ou dépourvue de vides, elle resterait isolée, comme sous k' machine pneumatique , faisant partout fuir le pleia. Courant après une base, elle traverserait tous les corps moins durs qu'elle et la terre elle-même. Mais cette substance en dehors de toute attraction et réfractaire à toute combinaison , ne servirait qu'à troubler l'ordre : eUe n'existe donc pas.
Ainsi , quelque ôompacte que semble un corps , il a des pores , des interstices , des vides que la matière extérieure tend toujours à remplir et qu'elle ne remplit jamais entièrement. Cette matière fait d'autant plus d'efforts pour les pénétrer qu'ils sont plus étroits : c'est ce qui rend les corps à pores serrés plus attractifs que les antres ou plus loog^temps attractifs.
C'est encore au moyen de ces vides irremplissables que la matière conserve son élasticité et son mouvement.
Plus la matière est élastique et susceptible de fermentation , plus elle çst mobile et pénétrante, plus aussi elle est divisible et apte à en diviser d'autres , mais, en même temps, moins elle reste divisée, parce qu'elle est la moins soumise à une attraction étrangère à elle-même. D'aUleurs, toutes le& substances, qne( que soit leur état de