‹ Hommes et chosesChapitre 89 sur 95 · DIG · texte numérisé non relu

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messieurs , le droit de dédaigner les femmes? Mais ce mérite, Teussent-ils , ce dédain en serait-il plus licite , plus toiérable? Non , il serait toujours une tache pour eux et pour leur époque. Le plus ou moins de respect qu'ont les hommes pour les femmes annonce a peu près le point de civilisation où ils sont. Quand ce respect diminue , c'est-à-dire quand Tamour moral entouré de son vernis de galanterie a £aiit place à Tamour physique et brutal, il y a décadence, et une nation marche vers la barbarie.

Pour avoir la preuve de ceci , jetez les yeux sur les diverses classes dont se compose un peuple : vous y verrez que c'est toujours dans les dernières que les femmes sont traitées par leurs amans, leurs époux, leurs enfans, avec le moins d'égard, disons même le plus de mépris. C'est là où elles reçoivent le plus d'injures et de coups; et l'on peut être assuré que les individus qui les maltraitent sont aussi les plus dégradés, les plus ignorans, les plus bruts.

Si la loi punissait sévèrement tous les abus de la force que se permet Thomme contre la femme, les sévices et même les injures, je suis convaincu que la marche de la civilisation serait plus rapide chez les peuples qui se civilisent, et la décroissance moins prompte chez ceux qui touchent à la barbarie.

Sans doute il existe un grand nombre de femmes volontairement dégradées, mais pourquoi les dégrade-t-OB plus qu'elles ne le sont ou ne veulent l'être? A ceci y a-t-il profit pour quelqu'un? Est-ce que la dégradation d'une femme relève la dignité d'un homme et contribue à le faire estimer davantage? C'est le contraire, et eu dégradant la femme , l'homme se dégrade plus qu'il ne la dégrade elle-même.

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la femme que dans Thomme, c'est-à-dire qu'à nombre égal , il se commettra plus de délits et de crimes dans une foule composée d'hommes que dans celle qui ne le serait que de femmes. Les hommes isolés ou ne virant qu'entr'eux, passant du sans-façon au laisser-aller, pois de la grossièreté au cynisme , tombent ainsi à l'abrutissement. Les femmes ne vivant qu'avec des femmes arrivent au même résultat, mais par une autre voie. Une vie de frivolités ou de comnoérages, une dévotion outrée et des pratiques minutieuses font, chez elles, ce que les excès font chez les hommes : décroître fintelligence.

Pour que cette intelligence , chez les hommes comme chez les femmes, prenne tout son développement, il hnl donc le concours des deux sexes ou une société qui les réunisse.

Si cette société n'a qu'un but matériel, ramour physique , la femme n'a encore aucune influence morale. Mise en dehors du cercle intellectuel , elle ne peut plus concourir à retendre; et cVst , malheureusement , où nous allons. On veut une femme pour sa fortum; , quelquefois pour sa beauté , jamais pour son esprit. Qu'une jeune fille ne soit connue que pour cette dernière qualité, elle ne se mariera pas , car nous en sommes à redouter Tesprit chez nos femmes, comme nous le redoutons chez nos valets.

Si l'on ne veut plus des femmes pour leur esprit, on n'en veut pas toujours pour leur raison. Quand on trouve l'un et l'autre, on l'accepte, on s'en félicite peut-être, mais certainement on ne les a pas cherchés.

Dans cette conduite de l'homme , il y a tout le vice da siècle: l'égoisme sensuel ou l'épicurisme animal. On veut de Fargent, parce que l'argent produit des jouissances; et l'esprit, pour de tels hommes, n'est pas une jouissance.

Le tort de la femme est de s'être prêtée à cette aber-

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